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    Yeshoua le pharisien (suite)

    Avant de nous traiter de "pharisiens", il faudra donc préciser si c'est en tant qu'adeptes de Hillel (et de Yeshoua) ou de Beth Shammaï !
    - JYH -




    Yéshoua le nazaréen, Yéshoua le pharisien (deuxième partie) Francesco MICCICHE

     

    Suite de l'article du même nom paru sur ce Blog

    http://discernerlesondushofar.eklablog.com/jesus-le-nazareen-jesus-le-pharisien-a102377169

     

    Cet article de Francesco MICCICHE est très dense mais il vaut le détour car il est fondamental pour comprendre le contexte des réponses de Yéshoua (Jésus) aux religieux de son époque. Interpréter ces réponses hors de ce contexte peut nous amener à des contresens doctrinaires contraires à la pensée de Yéshoua, en particulier en ce qui concerne le Shabbat et la Loi. Alors bonne lecture....

     

    Source de cet article: http://netivotolam.voila.net/les_disputes_pharisiennes.pdf

     Yéshoua le nazaréen, Yéshoua le pharisien (deuxième partie)

     



    Les disputes pharisiennes de Yéshoua

     

    Si nous lisons le nouveau testament en ignorant ou sans tenir compte du contexte juif de l’époque de Yéshoua (Jésus), nous lui ferons dire des choses qu’il n’a pas dites, ou nous lui prêterons des intentions qu’il n’avait pas. Cela fait de Yéshoua un anti-pharisien et anti-juif, et a pour effet de produire de l’anti-judaïsme ou de l’anti-sémitisme.

    Or Yéshoua était loin d’être anti-juif. En disant à la samaritaine « Ne sais-tu pas que le salut vient des Juifs ? » (Jean 4.22), Yéshoua confirme que le peuple d’Israël* reste le peuple témoin de Elohim (Dieu).
    * Note JYH: Il faut néanmoins savoir faire la distinction entre "Juda" et "Israël" (tout Israël) : http://jyhamon.eklablog.com/l-etat-d-israel-est-il-l-israel-de-elohim-1ere-partie-nouvelle-version-a117302204 

     

    De plus, voyant son peuple, le peuple Juif, divisé et fractionné en plusieurs sectes (et que les disputes entre sectes tournaient parfois au drame), il dira « J’ai voulu vous rassembler comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, mais vous ne l’avez pas voulu » (Matthieu 23.37) 

     

     

    Yéshoua le nazaréen, Yéshoua le pharisien (deuxième partie) 

     

     

    Yéshoua voulait rassembler les Juifs (mais aussi "tout Israël" comme déjà dit plus haut) comme une mère rassemble ses enfants. Sans oublier qu’il pleure en prophétisant la destruction de Jérusalem (Luc 19.41).

     

    Il faut savoir que les disputes entre sectes juives allaient parfois jusqu’à la guerre civile, comme par exemple celle qui a opposé les pharisiens aux sadducéens, durant le règne d’Alexandre Jannée entre l’an 106 et 76 avant l’E.C. Une année lors de la fête de souccot, Alexandre fils d’Hyrcane, qui était grand prêtre sadducéen, a corrompu la cérémonie de la libation de l’eau, ce qui déclencha une guerre civile qui dura 6 ans et fit plus de 50000 morts. A cette époque, Alexandre fit crucifier 800 pharisiens.

     

    Après cette guerre, les pharisiens vécurent en parfaite union, jusqu’au jour où Beth Shammaï voulut imposer 18 mesures ou règles (Shabbat 13b) à tous les juifs. Beth Hillel s’opposa à ces mesures. Le Talmud rapporte qu’à cause de cette dispute plusieurs membres de Beth Hillel furent assassinés. En découvrant ces 2 détails historiques importants, nous comprenons mieux pourquoi Yéshoua était un adversaire redoutable, premièrement des pharisiens de Beth Shammaï, et deuxièmement des sadducéens.

     

    Si nous tenons compte du contexte juif de l’époque de Yéshoua, nous serons vite persuadés que toutes les disputes que Yéshoua a eues avec les scribes et les pharisiens étaient quelque chose de courant et normal parmi les pharisiens. Elles portaient le nom de disputes « lèshem shamaïm », disputes « au nom du Ciel », que l’on peut qualifier de disputes théologiques.

     

    Nous avons déjà passé en revue les différentes sectes juives avec leurs particularités. Dans le Talmud il existe des qualificatifs voir des insultes typiquement juives, ce sont des insultes sans être des insultes, ce sont plutôt des critiques. Ces critiques que nous trouvons dans le Talmud sont identiques à celles des évangiles. En voici la liste :

     

    Hypocrite

    Race de vipère

    Sépulcre blanchi

    Fils de Bélial (ou fils de Satan / fils du mal)

    Synagogue de Satan

    Bâtisseur de mur (ceux qui empêchent aux gens l’accès facile à Dieu)

    Mur blanchi

    Insensé

     

    Le Talmud témoigne que l’attitude de Yéshoua envers les pharisiens n’avait rien d’extraordinaire par rapport à certains autres rabbins de son temps.

    Note JYH:
    Les références au Talmud seront tolérées ici uniquement dans la mesure où elles sont explicatives d'un contexte et où elles montrent que Yéshoua utilisait des citations contre leurs auteurs eux-mêmes.
    Ceci ne fait évidemment pas de Yéshoua un "talmudiste" (et/ou kabbaliste), n'en déplaise aux néo-religieux qui s'égarent dans la grande nébuleuse "juive messianique".
    http://jyhamon.eklablog.com/les-sages-d-israel-pas-sages-et-pas-d-israel-a126228712

     

    Les critiques que Yéshoua faisait des pharisiens de beth Shammaï, ainsi que celles que l’on trouve dans les rouleaux de la mer morte dans le document de Damas, où Shammaï est appelé « Prédicateur du mensonge » et les shammaïens « des traîtres qui construisent des murs rachitiques », ne sont pas plus hostiles que celles faites par rabbi Dosa ben Harkinas, un célèbre sage du premier siècle, qui appela son frère Yehonathan « le fils permier-né de Satan » (traité Yevamot 16a du Talmud.), parce que Yehonathan avait tranché en suivant l’opinion de beth Shammaï au lieu de beth Hillel, dans un cas sérieux concernant le mariage et le lévirat.

     

    Dans Sanhedrin 103a, il est écrit : "Rabbi Chisda a dit au nom de Rabbi Yirmeyahou bar Abba : quatre catégories de Pharisiens n'apparaîtront pas devant la présence de Elohim (Dieu). Ce sont la catégorie des moqueurs, la catégorie des menteurs, la catégories des hypocrites et la catégorie des calomniateurs." Et il cite à chaque fois des versets Bibliques pour prouver que ces quatre catégories de personnes ne pourront pas se présenter devant la présence de Elohim (Dieu).

     

    Dans Sotah 20a, il est écrit: "Rabbi Yehoshoua a dit: un pieux insensé, un trompeur habile, un Pharisien efféminé et la plaie des Pharisiens provoquent la destruction du monde."

     

    Ces passages du Talmud nous montre clairement qu’au 1er siècle, ce genre de disputes étaient chose courante : c’était déjà le cas avant Yéshoua, les disputes entre Shammaï et Hillel en sont la preuve. En découvrant ces deux personnages, nous aurons l’impression de découvrir une introduction aux évangiles et nous ne nous sentirons pas étrangers à leurs discours et disputes. Nous comprendrons mieux tout le contexte du livre des actes des apôtres et des polémiques du vivant de Yéshoua et de l’après-Yéshoua.

     

     

    Shammaï et Hillel

     

    Hillel était président du sanhédrin pharisien de l’an -30 jusqu’en l’an 10 de l’ère chrétienne. Yéshoua avait alors entre 14 et 16 ans. A la mort d’Hillel, Shammaï qui était vice-président du sanhédrin lui succéda jusqu’en l’an 30. La mort de Shammaï coïncide plus ou moins avec celle de Yéshoua. Cela signifie que depuis son adolescence et tout au long de son ministère, c’est Shammaï qui est le président du sanhédrin. Lorsque Shammaï meurt, il cède la place à Gamaliel (petit-fils de Hillel) dont les fils et petit-fils lui succèderont jusqu’à la fin du 2e siècle.

     

    Il est intéressant de noter que Siméon fils de Gamaliel II (2e siècle), quelques 200 ans après son ancêtre Gamaliel et 5 générations après Hillel, enseigne encore aux sages du peuple juif de ne pas imposer aux peuples des contraintes trop difficiles à supporter trop difficiles à supporter (Avoda Zara 36a)

     

    Si nous comparons cet enseignement à celui du chapitre 15 des actes des apôtres, verset 19, la ressemblance est frappante. Nous avons déjà parlé de l’héritage que constitue l’enseignement familial de Hillel, qui, détail une fois de plus très important, est de descendance davidique, comme Yéshoua.

     

    Hillel et Shammaï étaient tous les deux contemporains de Yéshoua. Ce contexte historique nous montre pourquoi Yéshoua sera confronté quotidiennement aux disputes qui opposent ces deux écoles pharisiennes. Il devra en effet prendre position sur des halakhot (lois) existantes.

     

    Shammaï et Hillel forment le couple de sages le plus célèbre de l’histoire talmudique. Shammaï est le tenant de la rigueur de la loi, Hillel penche quant à lui toujours pour une interprétation plus souple de la loi.

     

    Une histoire fort célèbre raconte qu’un non juif est allé trouver Shammaï pour lui demander « Apprends-moi toute la Torah le temps que je me tienne sur un pied, et alors je me convertirai au judaïsme ». Shammaï le chassa avec la baguette qu’il avait toujours dans la main à cette époque. Ce même non juif alla alors trouver Hillel, et lui fit la même requête. Hillel lui répondit positivement. Il lui dit :

     

    1) Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu’on te fasse

     

    2) Voilà toute la Torah, maintenant va et étudie le reste.

     

    Ces deux maîtres fondèrent deux écoles pharisiennes rivales, beth Hillel et beth Shammaï.

     

    L’école de Shammaï était la plus représentée avant la destruction du temple ; Yéshoua, qui dans 90% des cas citait Hillel (l’indulgence) avait alors un grand nombre de contestataires, étant donné que les disciples de Shammaï étaient plus nombreux que ceux d’Hillel.

     

    Conclusion : Lorsque Yéshoua se dispute avec les scribes et les pharisiens, il s’agit de shammaïens et non pas tous pharisiens confondus.

     

    Beth Shammaï utilisait la tactique de se concerter et de s’assembler en groupe pour affronter beth Hillel dans le temple (voir Betsah 20a dans le Talmud), exactement comme ils le faisaient lorsqu’ils affrontaient Yéshoua (voir Matthieu 22.15)

     

    Il est donc très important lorsque nous lisons le nouveau testament, que nous puissions faire la distinction et comprendre avec quel type de pharisien Yéshoua est en conflit, afin de ne pas loger tout le monde à la même enseigne et risquer de tomber dans l’anti-judaïsme, voir même l’anti-sémitisme.

     

    Après l’an 70, à cause de la destruction du temple, provoquée par les zélotes, qui étaient des pharisiens de Beth Shammaï, il y eut un changement radical : l’école de Hillel fit dès lors prévaloir ses vues.

     

    Après une lutte de près d’un siècle, les sages déclareront en l’an 135 à Yavné que les deux écoles enseignaient la Parole de Elohim (Dieu), mais la règle sera dorénavant de suivre beth Hillel.

     

     

    Les enseignements d’Hillel, de Yéshoua et de Shammaï

     

    A) Faire des nations des disciples

     

    Hillel a enseigné « Aime l’humanité et rapproche-la de la Torah » (Pirké Avot 1.12).

     

    Yéshoua a demandé à ses disciples « Faites de toutes les nations des disciples » (Matthieu 28.19).

     

    Shammaï a enseigné « Aucun non juif ne mérite une part dans le monde à venir » (à la résurrection) (Sanhedrin 105a).

     

    Shammaï évitait le plus possible le contact avec les non juifs.

     

     

     

    B) Les riches et les pauvres

     

    Hillel n’hésita pas à critiquer l’opulence dans laquelle vivaient à son époque les familles riches et puissantes de Jérusalem (Avot 2.7)

     

    Yéshoua traites les sadducéens de voleurs et de corrompus (Marc 11.17). Il demande aux riches d’abandonner leurs richesses pour servir Elohim (Dieu) (Matthieu 19.21).

     

    En tant que président du Sanhédrin Hillel s’efforça de rendre l’étude de la bible le plus accessible possible à tous ses semblables, alors qu’à cette époque les enseignants avaient souvent tendance à effectuer une sélection pour choisir leurs élèves.

     

    Shammaï par exemple choisissait des gens de bonne famille et fortunés, et très probablement avec un quotient intellectuel élevé.

     

    Hillel refusait de se comporter de la même façon. Il enseignait la Torah à des ouvriers sur le chemin du travail et recevait chez lui ceux qui souhaitaient lui poser des questions. Il définit cependant des critères élevés pour ses élèves : il fallait étudier la Torah avec abnégation, avec des intentions pures et non pour d’autres raisons (Avot 1.12-13). Hillel enseignait aussi « N’étudie pas la Torah pour en faire une couronne » (par orgueil, pour se faire remarquer par les autres) et « Celui qui exploite la couronne (de la Torah) périra » (Avot 1.14).

     

    Hillel enseignait toutes les couches sociales du peuple, les riches comme les pauvres, les juifs et les non juifs : l’enseignement d’Hillel est basé sur l’amour du prochain. Il enseigne les deux commandements les plus importants de la Torah : aime Dieu et aime ton prochain. Il enseigne aussi qui est ton prochain.

     

    Yéshoua a aussi des critères élevés : « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. » (Matthieu 5.48)

     

    Il condamne l’attitude de certains pharisiens qui font en sorte de se faire voir des hommes (Matthieu 6.5).

     

    Yéshoua enseigne aussi toutes les couches sociales du peuple, de la prostituée au docteur de la loi – il mange chez les publicains, chez les pharisiens et les gens de mauvaise vie.

     

    A travers la parabole du bon Samaritain, Yéshoua définit aussi qui est notre prochain.

     

     

     

    Yéshoua le nazaréen, Yéshoua le pharisien (deuxième partie)

     

     

    Les 7 sortes de pharisiens

     

    La première question à laquelle nous devons répondre est : que signifie le terme pharisien ?

     

    Pharisien vient de l’hébreu peroush, signifiant « être séparé ».

     

    Ce n’est cependant pas la définition retenue par le dictionnaire ni l’image qu’en donne le christianisme.

     

    Dans le dictionnaire Larousse nous trouvons plusieurs définitions :

     

    Pharisaïque : qui tient du caractère ou des habitudes des pharisiens :orgueil pharisaïque.

     

    Pharisaïsme : caractère des pharisiens. Hypocrisie, duplicité,fausseté, fourberie

     

    Pharisien : membre d’une secte de Juifs qui se distinguaient par une minutieuse observance des règles de la loi mosaïque. Homme hypocrite ou orgueilleux.

     

    L’image que le christianisme a aujourd’hui du pharisien est sans aucun doute un héritage des pères de l’église et de l’église catholique : un pharisien, c’est un hypocrite et un orgueilleux. En effet, Yéshoua va s’opposer vivement à ce type de pharisien.

     

    Les rabbins recensent 7 types de pharisiens dans le Talmud (Sotah 22b) :

     

    1). Les « Forts d’épaule », Ils écrivent leurs actions sur leur dos pour se faire honorer des hommes.

     

    2). Les « Pointilleux », qui vont par les rues, traînant, pour se faire remarquer ; en faisant de petits pas sans lever les pieds.

     

    3). Les « Cogne-tête, » ceux là ferment les yeux, soi-disant pour ne pas voir les femmes et vont se cogner le front contre les murs.

     

    4). Les « Humbles renforcés » qui marchent pliés en deux. Ils se montrent comme s’ils avaient déjà tout accompli, et veulent en faire plus.

     

    5). Les « Pharisiens de calcul » qui ne pratiquent la Loi que pour avoir les récompenses qu’elle promet, et non par amour pour Elohim (Dieu).

     

    6). Les « Pharisiens de la peur », qui ne font le bien que dans la crainte du châtiment.

     

    7). Les « Pharisiens du devoir », ceux là sont les bons.

     

    Pour le christianisme le pharisien est un hypocrite et un orgueilleux. Les rabbins n’hésitent pas non plus à dénoncer ce type de pharisien. Cependant, réduire l’image du pharisaïsme à ces 2 types de personnages serait une grave erreur, car quasi l’entièreté de la doctrine chrétienne est pharisaïque : la résurrection des morts, le baptême, l’exorcisme (chasser les mauvais esprits), le royaume de Elohim (Dieu), etc. Les pharisiens du devoir, décrits dans le Talmud, ceux-là sont les bons.

     

    Nous allons passer en revue plusieurs passages du Talmud pour avoir une meilleure compréhension de ce qui se passe dans le nouveau testament.

     

    a) les pharisiens qui étaient riches

     

    Nous apprenons par le talmud que Hillel était un pauvre (Yoma 35b ; Sotah 12a).

     

    Hillel a dit : « Au plus quelqu'un a de possessions matérielles, au plus il a de distractions (Pirkei Avot 2:7). Rabbi Yehoudah HaNassi, un descendant d'Hillel, a dit : « Celui qui accepte les plaisirs de ce monde est privé des plaisirs du Monde-à-Venir (à la résurrection), et vice-versa » (Avot d'Rabbi Nathan 28:43a).

     

    Yéshoua était ainsi d'accord avec Beth Hillel lorsqu'il déclara :

     

    « Malheur à vous qui êtes riches, car vous avez reçu votre consolation. Malheur à vous qui êtes rassasiés, car vous serez affamés. Malheur à vous qui riez, car vous serez dans le deuil et vous pleurerez. Malheur à vous lorsque les hommes parleront de vous en bien, car c'est ainsi que leurs pères agirent avec les faux prophètes » (Luc 6:20-26).

     

    Yéshoua a dit : « Bénis êtes-vous, pauvres ; car à vous appartient le Royaume de Dieu » (Luc 6:20). Yéshoua prêchait l'Évangile « aux pauvres » (Luc 4:18). Hillel était le porte-parole des Juifs pauvres, alors que Shammaï était celui des Juifs riches.

     

    Or les Shammaïens dirigeaient le Sanhedrin pharisien à cette époque-là, et étaient par conséquent très riches . Les Shammaïens provenaient de bonnes familles et d'un haut rang social.

     

    Beth Shammaï a établi le déroulement des évènements selon les conditions de vie des riches (Berakhot 8:1). Par exemple, Hillel acceptait la bénédiction sur le pain comme s'appliquant à l'entièretédu repas, étant donné que le pain était l'aliment principal des pauvres. Beth Shammaï trancha différemment en se basant sur le repas des riches, et déclara qu'il fallait une Berakhah (bénédiction) différente sur tous les aliments (Berakhot 6:5).

     

    L’opinion de Beth Hillel était que « tout le monde devait être enseigné », aussi bien les riches que les pauvres, alors que l'ancienne tradition de Beth Shammaï était de n'instruire que ceux qui provenaient de bonnes familles, qui étaient sages, érudits, et riches (Avot d'Rabbi Nathan 1:3).

     

    Shammaï fait une distinction entre les riches et les pauvres, il élève les gens de bonne famille, les sages et les érudits.

     

    Faire une distinction entre les riches et les pauvres, ce n’est pas ce que la Torah enseigne. En effet, la Torah enseigne à ne pas favoriser les riches, ni à défavoriser les pauvres (Lévitique 19.15). Ces halakhot shamaïennes sont donc des lois d’hommes. C’est contre ces lois que Yeshoua va s’opposer.

     

    b) les Pharisiens qui s'opposaient à ce que l'on prêche aux pécheurs repentants

     

    Yéshoua aurait mené une vie « séparée des pécheurs » (Hébreux 7:26). Mais, tout en étant éloigné des pécheurs DÉLIBÉRÉS, il enseignait et s'associait aux pécheurs REPENTANTS. Dans Matthieu 9:10, après avoir vu Yéshoua manger avec des gens de mauvaises mœurs, les Pharisiens furent offusqués. Et Yéshoua leur répondit :« Ce ne sont pas ceux qui sont bien portant qui ont besoin de médecin, mais les malades » (Matthieu 9:12).

     

    La réponse de Yeshoua ne peut se comprendre que dans le contexte d'un autre débat entre Beth Shammaï et Beth Hillel. Beth Shammaï disait que la Torah ne devait être enseignée qu'à ceux qui étaient sages, humbles, de bonnes familles et riches, alors que Beth Hillel trancha qu'il faut enseigner la Torah à tout le monde, sans distinction (Avot d'Rabbi Nathan, fin du chap. 2).

     

    Hillel a dit : « Au plus il y a de Torah, au plus il y a de la vie » (Pirkei Avot 2:6) et aussi « Là où les hommes dispersent, toi tu dois rassembler !Et là où il n'y a personne intéressé par la Torah, toi conserve-là !Et là où il n'y a pas d'hommes, toi sois un homme !»

     

    Yeshoua a dit une chose similaire en disant : « Celui qui n'assemble pas avec moi disperse !» (Luc 11:23).

     

    c) les pharisiens qui « lient de lourds fardeaux » et les imposent aux hommes

     

    Pour rappel, une halakha (pluriel halakhot) désigne une obligation religieuse à laquelle doivent se soumettre les juifs, aussi bien dans leur relation avec leur prochain que dans leur rapport à Elohim (Dieu). Elle englobe pratiquement tous les aspects de la vie, naissance, mariage, les joies et les peines, l’agriculture, le commerce, l’éthique et la théologie. Le mot halakha est dérivé du mot halakh, qui signifie « marcher ». En effet, ce système de lois enseigne la voie que doit suivre le peuple juif. C’est-à-dire la marche à suivre que le rabbi enseigne à ses disciples.

     

    Yéshoua a dit de ses adversaires qu'ils « lient de lourds fardeaux» (Matthieu 23:4) et « filtrent le moucheron » (Matthieu 23:24) et imposent la dîme sur « la menthe, l'aneth et le cumin » (Matthieu 23:23). Toutes ces phrases font là encore référence, non pas à tous les Pharisiens, mais à ceux de Beth Shammaï. Rabbi Eliezer, le Shammaïen (Shabbat 130b ; Niddah 7b), par exemple, enseignait que les plantes et les arbres cultivés pour leurs graines devaient aussi voir leurs feuilles, leurs gousses et leurs tiges se faire dîmer également (Ma'asserot 4:5-6). Imaginez un peu le temps et le travail que représentaient de telles halakhot (règles) impossibles à réaliser.

     

    Si nous ne comprenons pas la pensée Hébraïque, nous ne pouvons pas comprendre la phrase « ils lient de lourds fardeaux. » Le mot « lier » est un terme halakhique, qui signifie « proclamer une décision halakhique qui rend obligatoire », et « délier » signifie« proclamer une décision halakhique qui rend exempt. » Ce que Yéshoua veut dire ici c'est que ces gens tranchent des Halakhot qui rendent pesante la vie d'un Juif religieux. Beth Shammaï imposait une dîme sur l'huile achetée à des Juifs non-pratiquants, alors qu'Hillel ne le demandait pas. Cela illustre très clairement qui Yeshoua était en train de critiquer. Là encore, il ne s'agit clairement pas de TOUS les Pharisiens, mais de ceux de Beth Shammaï.

     

    La miséricorde caractérisait la doctrine d'Hillel (Midrash Vayikra Rabbah 34:3 ; Nedarim 39b ; Sanhedrin 11a). Lors d'une discussion concernant le Jour du Jugement, Beth Hillel enseigna que ceux qui n'étaient pas totalement justes, mais qui avaient plus de bonnes actions que de mauvaises actions, recevront la miséricorde de Elohim (Dieu), alors que Beth Shammaï enseigna qu'ils goûteront aux feux de la Géhenne (Tosefta Sanhedrin 13:3 ; Rosh HaShanah 16b).

     

    Hillel a enseigné : « Rends tes dispositions toujours sympathiques pour ton prochain » (Ketoubbot 17a). Rabbi Yochanan ben Zakaï, le disciple directe d'Hillel, avait l'habitude de dire : « Je désire la miséricorde et non les sacrifices » (Avot d'Rabbi Nathan 1:4).

     

    Yéshoua a dit, « Je prends plaisir à la miséricorde et non dans les sacrifices » (Matthieu 12:7) et « Mon joug et mon fardeau sont légers » (Matthieu 11:30), comme le joug et le fardeau des Hilléliens. De par cette phrase, il est clair que Yeshoua n'est pas en train de dire qu'avec lui, il n'y a plus de Halakhot ni de règles à suivre. Au contraire, ce qu'il dit, c'est qu'il se base sur des Halakhot et règles qui sont réalisables, comme celles de Beth Hillel, et non pas comme celles de Beth Shammaï, qui sont IMPOSSIBLES à appliquer.

     

    D'ailleurs, c'est le sens du verset : « Les commandements de Elohim (Dieu) ne sont pas pénibles » (1 Jean 5:3)

     

    La Halakhah d'Hillel n'était pas pénible, c'est celle de Shammaï qui l'était. Loger TOUS les Pharisiens et TOUT le Pharisianisme sous la même enseigne serait donc une erreur.

     

    d) les pharisiens qui n’accomplissent pas leurs devoirs à cause d’un vœu

     

    Yéshoua condamna les Pharisiens pour avoir permis aux gens de consacrer tous leurs biens au Temple, rendant ainsi impossible de pourvoir aux besoins de leurs parents (Marc 7:12 ; Matthieu 15:39).

     

    Notons qu’une telle halakhah n'existe nulle part dans toute la littérature Rabbinique. L'opinion majoritaire du Talmud est qu'il est interdit, et peu importe les raisons et les circonstances, de consacrer tous ses biens au Temple (Arakhin 28a et 6:2).

     

    Par contre, il existe un cas Talmudique qui ressemble fort à ce que Yéshoua est en train de dire ici, et qui nous indique qu'il parlait là encore à des Shammaïens. En effet, le Talmud (Shabbat 127b) mentionne l'histoire d'un Shammaïen, qui malgré l'interdiction Talmudique de consacrer tous ses biens au Temple, consacra « tous ses biens au Ciel », et à cause de cela, il fut incapable de payer le salaire de ses employés (Sheitot d'Rabbi Chaï Gaon, sur Shemot 40).

     

    Lorsqu'on lui réclama de payer les salaires, ce Shammaïen déclara qu'il ne pourrait plus jamais se défaire d'un vœu fait au Temple (Nazir 9a), mais il changea d'avis plus tard (Arakhin 28a), étant donné que payer le salaire de son employé est une obligation Biblique.

     

    Dans ce sens-là, lorsqu'il s'adressa à ces Shammaïens, Yéshoua avait raison de dire : « Vous rejetez le commandement de Elohim (Dieu), afin de garder votre tradition (Shammaïenne) » (Marc 7:9).

     

    Ici encore, Yéshoua s’oppose vivement aux lois shamaïennes, appelées lois d’homme.

     

    e) les pharisiens qui prônaient la vengeance

     

    Yéshoua condamna les Pharisiens pour avoir enseigné « œil pourœil » au sens littéral (Matthieu 5:38-39). Or, JAMAIS ce verset d'un œil pour un œil et d'une dent pour une dent ne fut interprété littéralement dans le Judaïsme. En fait, le SEUL Rabbin dans toute la littérature Rabbinique à avoir interprété « œil pour œil, dent pour dent » au sens littéral est Rabbi Eliezer (Bava Kama 84a), qui était connu pour n'avoir jamais dévié des enseignements de Beth Shammaï (Shabbat 130b ; Niddah 7b).

     

    Nous pouvons donc en déduire qu'il tirait son enseignement de ce qu'a dit Shammaï, et que c'est de l'interprétation de Beth Shammaï que Yéshoua était en train de parler ici. Il y a de nombreux passages dans le Talmud qui enseignent à ne pas répondre ni aux provocations ni aux insultes, mais de les ignorer. Hillel lui-même a dit : « Ce qui t'est détestable, ne le fais pas à tes semblables » (Shabbat 31a). Yéshoua fera écho à cet enseignement en disant: « Tout ce que vous voulez que les hommes vous fassent, faites-le pour eux » (Matthieu 7:12).

     

    Il est à noter que Yéshoua reprendra aussi les Esséniens, qui avaient instauré une halakha disant qu’il faut haïr son ennemi. Dans le même contexte, Yéshoua reprendra aussi les Zélotes et les Esséniens qui étaient des gens armés, en disant de ne pas tirer l’épée. Car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée (Matthieu 26.52). Cette prophétie de Yéshoua s’accomplira malheureusement en l’an 70 avec la destruction du temple. Les Zélotes (de l’école de Shammaï) seront littéralement tous massacrés par les Romains. Les pharisiens d’Hillel étaient contre toute révolte armée contre l’oppresseur romain.

     

    f) les pharisiens meurtriers

     

    Yéshoua condamna les Pharisiens en disant : « Vous êtes les fils de ceux qui ont tué les prophètes » (Matthieu 23:29-37). Yéshoua cite les Pharisiens comme ayant déclaré, « Nous ne nous serions jamais joints à l'effusion de sang des Prophètes si nous avions vécu à l'époque de nos pères. » Yéshoua leur répond, « Vous témoignez ainsi contre vous-mêmes que vous êtes les fils de ceux qui ont ont tué les prophètes », indiquant par-là qu'il y a un lien étroit entre ces Pharisiens à qui il s'adresse et ceux qui ont tué les « prophètes ». Or, comment les Pharisiens de son époque pouvaient-ils avoir un lien étroit avec les Juifs qui ont assassinés les prophètes des temps Bibliques ? C'est que, par le terme « Prophète », Yéshoua, ici, n'est pas en train de parler des prophètes des temps Bibliques.

     

    Les tous premiers débats entre Beth Hillel et Beth Shammaï concernaient « dix-huit mesures (halakhot) » (Shabbat 13b) que Beth Shammaï cherchait à imposer aux Juifs. Beth Hillel s'opposa à ces mesures et le Talmud rapporte qu'au cours du débat, pour faire imposer leur point de vue, un certain nombre des membres de Beth Hillel furent assassinés par les membres de Beth Shammaï (Talmud Bavli Shabbat 17a ; Talmud Yeroushalmi Shabbat 1:3).

     

    Beaucoup des disciples d'Hillel, dont certains qui furent tués ce jour-là, étaient appelés dans le Talmud « Prophètes » (Soukkah 28a ; Bava Batra 134a). Ce massacre des disciples de Beth Hillel qui permis aux disciples de Beth Shammaï d'être majoritaire dans le Sanhedrin Pharisien eut lieu quelque part entre l'an -20 et l'an -10 avant l'E.C., et Yéshoua prononça ces paroles quelque part aux alentours de l'an 30 de l'E.C., faisant donc de ces Pharisiens de Beth Shammaï les fils des Pharisiens Shammaïens qui assassinèrent les Prophètes. Plus loin, Yéshoua accusa ces mêmes Pharisiens de Beth Shammaï d'avoir assassiné Zekharyah ben Barachie dans le Temple (Matthieu 23:35), comme nous le relate également Flavie Joseph (Les Guerres des Juifs 4:335).

     

    Shammaï avait enseigné que celui qui engage ou envoie quelqu'un pour aller tuer une autre personne est lui-même coupable de l'assassinat (Kiddoushin 43a), d'où les paroles de Yéshoua : « Vous témoignez ainsi contre vous-mêmes que vous êtes les fils de ceux qui ont tué les prophètes », car ce n'était peut-être pas vous au sens littéral, mais puisque ce sont des membres de Beth Shammaï qui l'ont fait, et que vous restez associés à Beth Shammaï malgré ce qu'ils ont fait, vous témoignez donc bien contre vous-mêmes que vous êtes la postérité de ses assassins qui tuèrent les disciples d'Hillel, ainsi que Zekharyah ben Barachie.

     

    Tout cela sont les preuves que ce ne sont pas les Pharisiens que Yéshoua est en train de condamner ici, mais qu’il condamnait Beth Shammaï. Les Pharisiens de Beth Hillel étaient connus pour avoir interdit à un Juif de livrer un autre Juif aux occupants Romains, peu importe le crime qu'il avait commis. Tout devait se régler en famille, entre Juifs, et c'est la raison pour laquelle Gamaliel intercéda au Sanhedrin Pharisien pour que les Nazaréens aient la vie sauve.

     

    g) les pharisiens qui interdisaient de prier pour un malade un jour de Shabbat

     

    Yéshoua a guéri un homme un jour de Shabbat par la prière uniquement, sans toucher la personne (Matthieu 12:9-14).

     

    Au verset 10, « Ils demandèrent à Yéshoua : Est-il permis de faire une guérison les jours de shabbat ? C'était afin de pouvoir l'accuser » il s’agit d'un autre débat entre Beth Shammaï et Beth Hillel quant à savoir s'il est permis de PRIER pour un malade un jour de Shabbat (Tosefta Shabbat 17:14). Beth Hillel a permis une telle prière. Beth Shammaï l'a interdite. La Halakhah suit Beth Hillel, et aujourd’hui encore, dans toutes les Synagogues, lorsqu'à Shabbat il y a une personne qui est appelé à la Torah qui souhaite que l'on prie pour un malade, la prière « Mi SheBerakh » est prévue à cet effet.Hillel enseigne que guérir par la foi, un jour de shabbat, est permis (Tosefta 7.14). Yéshoua dira qu’il est permis de faire le bien un jour de shabbat (Matthieu 12.12).

     

    C’est ce qui est encore enseigné dans les synagogues aujourd’hui : un homme a l’obligation de porter secours à un autre homme s’il est en danger, même si c’est un jour de shabbat. Si quelqu’un a absolument besoin d’un médicament le jour du shabbat, il faut le lui procurer, car dans ce cas la vie a priorité sur le respect du commandement. En effet, Elohim (Dieu) dit qu’il donne les commandements « afin que vous viviez » (Deutéronome 4.1).

     

    C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre Matthieu 12.1-5 lorsque les disciples de Yéshoua avaient faim un jour de shabbat, et qu’ils se mirent à arracher les épis de blés car ils avaient faim : ils avaient absolument besoin de manger. La réponse de Yéshoua en est la preuve :

     

    David et ceux qui étaient avec lui avaient faim, ils avaient absolument besoin de manger. Le sacrificateur prit les pains de proposition consacrés à l’Eternel et les donna à David qui était en fuite. De plus Yéshoua était un pharisien galiléen, et la tradition halakhique galiléenne permettait le froissement des épis de blé à la main le jour du shabbat.

     

    La connaissance de tous ces petits détails nous évite de tirer de fausses conclusions, comme par exemple que Yéshoua aurait aboli le shabbat. Yéshoua n’a jamais enfreint la Torah, puisqu’il dira de ne pas enlever un seul yota (yod) de la loi ni même un petit trait de lettre (Matthieu 5.17-20).

     

    En plus de prier pour un malade le jour de Shabbat, la remarque de Yéshoua selon laquelle « Le Shabbat a été donné à l'homme et non pas l'homme au Shabbat », sous-entend d'autres disputes entre les deux écoles Pharisiennes, comme par exemple le fait que Beth Shammaï a interdit de promettre l’aumône aux pauvres à Shabbat dans la Synagogue, même pour le mariage d'un orphelin Beth Shammaï a interdit de faire un arrangement de fiançailles à Shabbat, de discuter à Shabbat de l'éducation d'un jeune enfant, de réconforter à Shabbat les endeuillés et même de visiter les malades à Shabbat, alors que Beth Hillel permet tout cela (Tosefta Shabbat 17:14 ; Shabbat 12a).

     

    Tous ces passages talmudiques confirment qu’avec les halakhot d’Hillel, la vie religieuse d’un juif était plus légère, au contraire de celles de Shammaï, qui étaient impossibles à réaliser. Yéshoua appellera les halakhot de Shammaï « lois d’hommes », alors que les commandement de Elohim (Dieu) sont qualifiés de légers.

     

    h) les pharisiens qui interdisaient de porter à Shabbat

     

    Yéshoua aurait guéri un homme paralysé à Shabbat et lui aurait demandé de porter son lit et de rentrer chez lui (Jean 5). Les Pharisiens présents considéraient cela comme étant une transgression du Shabbat. Toute personne étrangère à la loi Juive pourrait penser que de ce fait, Yéshoua a aboli le Shabbat, et qu'il n'y a donc plus d'obligation de pratiquer le Shabbat. Mais il y a un problème avec ce raisonnement. La Loi Juive permet de porter à Shabbat sous deux conditions :

     

    1. si la ville ou le quartier dans lequel on se trouve est entourée de murailles, porter des objets le Shabbat est permis (Néhémie 13:15-20) ;

     

    2. s'il n'y a pas de murailles, il faut construire autour du quartier ce que l'on appelle un Erouv, qui est un câble placé sur des poteaux entourant le quartier, et qui qui sert donc de « muraille » symbolique. Il y a un Erouv autours du quartier Juif d'Anvers, ainsi que dans les villes du monde ayant une forte concentration de population Juive, comme à Londres,Manchester, New-York.

     

    C'est précisément la raison pour laquelle le porteur de bois décrit dans la Torah (Nombres 15:32-36), fut mis à mort, parce que dans le désert, il n'y avait ni murailles ni Erouv, ce qui fait qu'il avait l'interdiction de porter du bois et de le faire entrer chez lui. Mais Jérusalem était une ville entourée de murailles, et il n'y avait donc aucune raison d'interdire à cet homme de porter son matelas.

     

    i) Les Pharisiens qui se lavaient les mains AVANT de verser le vin

     

    Dans les évangiles, les Pharisiens se plaignent auprès de Yéshoua du fait que certains de ses disciples ne se lavent pas les mains avant de manger (Matthieu 15.1). Une fois de plus, pour bien comprendre pourquoi Yéshoua se dispute avec certains pharisiens à ce sujet, il faut connaître les halakhot des deux écoles différentes, Beth Shammaï et Beth Hillel. Il s’agit en effet d’une autre dispute entre ces deux écoles pour savoir à quel moment le lavage des mains doit avoir lieu. (Mishnah Berakhot 51b). Selon le Talmud (Berakhot 43a), les repas des pharisiens commençaient par une coupe de vin, et ce n’est qu’après qu’on rompait le pain. Beth Shammaï enseigne que les mains doivent être lavées AVANT d’avoir rempli la coupe de vin. Beth Hillel enseigne que le lavage des mains devait avoir lieu plus tard, avant de rompre le pain.

     

    Le Talmud explique (Berakhot 52a et b) que Shammaï avait peur que la coupe soit rituellement souillée A L’EXTERIEUR si les mains n’étaient pas lavées avant. Hillel considérait qu’il est permis d’utiliser une coupe souillée à l’extérieur.

     

    Aujourd’hui encore il n’y a pas d’obligation de se laver les mains pour boire le vin, alors que le repas n’a pas encore commencé, mais seulement avant de rompre le pain, moment où l’on considère que le repas a commencé.

     

    Par conséquent le passage de Matthieu 15.1 nous dit que Yéshoua, là encore, tranche selon Hillel concernant l’EXTERIEUR de la coupe et qu’il souhaite se laver les mains plus tard, avant le pain.

     

    Le Talmud précise que ceux de Beth Shammaï considéraient tous ceux qui suivaient Hillel comme étant des gens qui mangent avec des mains souillées et impures, puisque selon eux la coupe souillée rendait aussi les mains souillées. En effet Hillel enseignait que si la partie extérieure d’un ustensile devient impure, l’intérieur reste pur. Mais si la partie intérieure devient souillée, le tout est impur (Mishnah Kelim 25.6).

     

    Yéshoua utilise la même règle qu’Hillel lorsqu’il dit, « Vous pharisiens (de Beth Shammaï) vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et à l’intérieur vous êtes plein de rapine et de méchanceté » (Luc 11.39, Marc 7.15 ; Matthieu 15.11).

     

    Le Talmud enseigne exactement la même chose (Sotah 4b et Shabbat 62b). La preuve que Yéshoua et ses disciples ne mangeaient pas sans s’être lavé les mains se trouve dans Actes 10.13 Mais Pierre dit:" Non, Seigneur, car je n’ai jamais rien mangé de souillé ni d’impur."

     

    Voilà comment tous ces faits historiques sur Hillel et Shammaï dans le Talmud, ainsi que le contexte social (les riches et les pauvres, les sadducéens, l’hypocrisie des pharisiens de Shammaï) peuvent nous aider à mieux comprendre les disputes relatées dans les évangiles.

     

    j) Les pharisiens qui aimaient être vus

     

    Matthieu 23.5-6 Ils font toutes leurs actions pour être vus des hommes. Ainsi, ils portent de larges phylactères, et ils ont de longues franges à leurs vêtements; ils aiment la première place dans les festins, et les premiers sièges dans les synagogues;

     

    Bien entendu, il s’agit encore d’un débat entre Beth Hillel et Beth Shammaï, en ce qui concerne la longueur des franges qui pendent au vêtement d’un Juif. Le traité Menachot 41b explique tout cela en détail. Evidemment, les phylactères et les franges de Beth Hillel étaient plus discrets que ceux de Beth Shammaï.

     

    « Ils font toutes leurs actions pour être vus des hommes ». Yéshoua a enseigné l’humilité. Il dit « Je suis doux et humble de cœur » (Matthieu 11.29), et encore « Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé » (Matthieu 23.12).

     

    Voici ce qu’enseigne Hillel dans midrash vayikra rabba 1.5 : Mon humiliation est mon élévation, et mon élévation est mon humiliation. Hillel a aussi enseigné « Ne sois pas sûr de toi jusqu’au jour de ta mort, et ne juge personne tant que tu ne t’es pas trouvé à sa place » (Pirké avot 2.4).

     

    Hillel a grandi dans une famille d’extrême pauvreté. Lorsqu’il devint rabbin, il proclama que tous ceux qui voulaient étudier dans son école pouvaient le faire gratuitement. L’école de Beth Hillel fut la première école gratuite accessible à tout le monde, alors que Shammaï n’acceptait que les riches et ceux qui provenaient de grandes familles juives nobles. C’est sans doute la raison pour laquelle les disciples de Beth Shammaï aimaient humilier et se moquer de ceux de Beth Hillel. Les disciples d’Hillel étaient prêts à s’effacer par humilité devant les disciples de Beth Shammaï (Erouvin 13b).

     

    k) Les pharisiens de la circoncision et les pharisiens de l’immersion (baptême)

     

    Un autre grand débat faisait partie du quotidien des 2 écoles rivales, Beth Shammaï et Beth Hillel : à partir de quel moment un non Juif voulant se convertir peut être considéré comme étant Juif ? Dans ce contexte, se convertir signifie appartenir à Elohim (Dieu) pour avoir part à la résurrection (au monde à venir), pour être sauvé.

     

    Shammaï enseignait qu’un non Juif qui voulait se convertir (être sauvé) devaient d’abord être circoncis et observer la loi (Torah).

     

    Dans Yevamot 46b, Rabbi Yehoshoua de Beth Hillel trancha que si un non juif voulait se convertir au judaïsme, il devait d’abord passer par la purification du mikvé et être immergé (baptisé) ; à partir de ce moment-là il est considéré comme juif, et il peut alors commencer à étudier la Torah et on lui demandait de commencer par observer les commandements de Noé qui sont les suivantes: 

     

    - l’interdiction de l’idolâtrie (Genèse 3.5)

    - l’interdiction du blasphème (Genèse 9.6 – le meurtre est considéré comme un blasphème puisque c’est porter atteinte à l’image de Elohim (Dieu), l’homme étant créé à son image)

    - l’interdiction du meurtre (Genèse 9.6)

    - l’interdiction du sang (Genèse 9.3-4)

    - l’interdiction de l’immoralité sexuelle (Genèse 6.1-5)

    - l’interdiction du vol (Genèse 2.17)

    - l’obligation d’instaurer des cours de justice pour faire respecter ces commandements (Genèse 9.6).

     

    En observant ces commandements le converti devient alors un ben Noa’h (fils de Noé).

     

    Ainsi le processus de conversion se faisait petit à petit, sans étudier trop de détails.

     

    En étudiant la Torah chaque shabbat à la synagogue, ce nouveau converti découvrirait les règles à suivre. Seulement après ces étapes, s’il voulait aller plus loin, il était alors circoncis.

     

    A la circoncision, il prenait l’engagement de se soumettre à toutes les règles de la Torah, ce que Yéshoua confirme aussi dans Matthieu 5.17-20.

     

    Voilà pourquoi Paul dit aussi dans Romains 2.25 « la circoncision est utile si tu mets en pratique la loi » (voir aussi Romains 3.1-2).

     

    Pourquoi selon Beth Hillel l’immersion est prioritaire par rapport à la circoncision :

     

    Hillel enseignait que ce sont là les 3 étapes que Elohim (Dieu) a donné, dans l’ordre, dans le désert.

     

    Première étape : Dans Exode 19.10 Dieu dit à Moïse, « Sanctifie le peuple aujourd’hui, et demain ils laveront leurs vêtements », signe de purification par l’eau, comme Aaron et ses fils se sont lavés avant d’être ordonnés prêtres pour servir dans le tabernacle.

     

    Parallèlement Paul enseigne dans 1 Corinthiens 10.1-2 :

     

    « Frères, je ne veux pas que vous ignoriez que nos pères ont tous été sous la nuée, qu’ils ont tous passé au travers de la mer, qu’ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer »

     

    Deuxième étape : Après la purification par l’eau, ils reçurent la Torah, qu’ils ont appris à connaître. Ils ne pouvaient pas la connaître avant de l’avoir reçue, et c’est sur cela qu’Hillel veut attirer l’attention : comment un non juif peut-il accepter la Torah s’il ne la connaît pas ?

     

    Troisième étape : C’est seulement après que les hébreux furent circoncis par Josué, juste avant d’entrer dans la terre promise, car les enfants nés dans le désert n’étaient pas circoncis pour 2 raisons:

     

    - voyager dans le désert était déjà assez pénible, ils ne pouvaient pas ajouter de souffrances supplémentair

     

    - pour des raisons hygiéniques

     

    Ce conflit entre Beth Shammaï et Beth Hillel se retrouve dans le chapitre 15 des Actes des apôtres. Pourquoi ? Après la mort et la résurrection de Yéshoua, des milliers de Juifs crurent en Yéshoua le nazaréen et sont devenus Juifs nazaréens (Actes ch. 3 et 4, Actes 21.20). Parmi ces Juifs il y avait des sacrificateurs (Actes 6.7), des pharisiens (Actes 15.5) et des chefs de synagogue (Actes 18.8).

     

    Parmi les pharisiens qui crurent en Yéshoua, il y avait, déjà du vivant de Yéshoua, ceux de Beth Hillel. Mais dans Actes 15.1-5, les pharisiens nazaréens dont il est question sont de Beth Shammaï.

     

    C’est avec eux que Paul et Barnabas eurent pas mal de conflits (Actes 15.2). En effet, Paul était un pharisien de Beth Hillel, ayant étudié avec Gamaliel, le petit-fils d’Hillel. Ce sont ces pharisiens de Beth Shammaï que Paul appelle « ceux de la circoncision » (Galates 2.12), version Darby ou Osty (« les circoncis » dans d’autres versions).

     

    Ceux de la circoncision sont donc les nazaréens de Beth Shammaï.

     

    C’est pourquoi le conflit se retrouve au sein de la nouvelle secte nazaréenne : Paul et les autres disciples ont le même combat que Yéshoua avec Beth Shammaï.

     

    Quelle opinion vont retenir Jacques le frère de Yéshoua, responsable de l’assemblée de Jérusalem, et les disciples de Yéshoua ?

     

    Il vont adopter à la lettre l’opinion Beth Hillel – cela est confirmé par le Talmud (Yevamot 46b et Sanhedrin 56a).

     

    Actes 15.19-21 C’est pourquoi je suis d’avis qu’on ne crée pas des difficultés à ceux des païens qui se convertissent à Elohim (Dieu), mais qu’on leur écrive de s’abstenir des souillures des idoles, de l’impudicité, des animaux étouffés et du sang. Car, depuis bien des générations,Moïse a dans chaque ville des gens qui le prêchent, puisqu’on le lit tous les jours de sabbat dans les synagogues.

     

    On retrouve toutes les interdictions du verset 20 dans la Torah, et elles correspondent aux lois de Noé (voir supra) :

     

    - s’abstenir de l’idolâtrie (Lévitique 17.7-9)

     

    - s’abstenir du sang (Lévitique 17.10-11)

     

    - s’abstenir des animaux étouffés (Lévitique 17.12-16) : il s’agit de pratiques idolâtres

     

    - s’abstenir de l’impudicité (Lévitique 18.1-26)

     

    Ce ne sont donc pas ici de nouvelles règles (halakhot) que les disciples vont prescrire, mais bien celles de Beth Hillel. En effet, Jacques, le frère de Yéshoua précise bien dans ce passage de ne pas créer de difficultés aux nouveaux convertis car Moïse (la Torah) est lue chaque Shabbat à la synagogue, ils auront donc l’opportunité d’apprendre la Torah petit à petit. Jacques dicte ici les étapes que doivent suivre les païens qui se convertissent à Elohim (Dieu), à savoir

     

    1) observer les lois de Noé,

     

    2) apprendre la Torah chaque shabbat à la synagogue. Remarquons aussi que ni la synagogue ni le shabbat ni l’étude de la Torah (Moïse) ne posent un problème à la première communauté nazaréenne.

     

     

    l) Les pharisiens qui permettaient le divorce pour n’importe quelle raison

     

    C’est l’un des très rares cas où Yéshoua s’aligne du côté de Beth Shammaï, contre Beth Hillel. Shammaï enseigne qu’un homme ne peut divorcer de sa femme que s’il trouve chez elle quelque chose lié à la nudité :

     

    - façon indécente de s’habiller, promiscuité avec d’autres hommes

     

    - pour cause de sexe (absence de chasteté, adultère)

     

    - si elle refuse systématiquement les rapports intimes

     

    - si la femme ne peut pas avoir d’enfants

     

    Hillel lui était beaucoup plus large dans les raisons pour lesquelles un homme pouvait divorcer.

     

    Voilà pourquoi la question posée à Yéshoua dans Matthieu 19.3-12 est la suivante : « Est-il permis de répudier sa femme pour un motif quelconque» ? Il s’agit en fait de la controverse entre Beth Hillel et Beth Shammaï.

     

    A ce sujet Beth Hillel permettait le divorce beaucoup plus facilement que Beth Shammaï. De longues explications en hébreu seraient nécessaires pour comprendre les raisons pour lesquelles Hillel avait cet avis sur le divorce. Ceci dit, cette fois Yéshoua se range du côté de Beth Shammaï, alors que ses disciples pensaient qu’ils trancheraient de nouveau comme Beth Hillel. Ce ne fut pas le cas, d’où la réaction des disciples :

     

    Matthieu 19.10 Ses disciples lui dirent: Si telle est la condition de l’homme à l’égard de la femme, il n’est pas avantageux de se marier.

     

    Ce n’est pas le seul cas où Yéshoua se range du côté de Beth Shammaï, qui ne l’oublions pas est le tenant de la rigueur de la loi.

     

    Il suffit de lire Matthieu chapitres 5, 6 et 7 pour se rendre compte que Yéshoua peut aussi être très rigoureux. Il va même encore plus loin que Shammaï dans la rigueur lorsqu’il adopte quelques halakhot esséniennes.

     

    1) La halakha des serments

     

    Matthieu 5:33-37 Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens: Tu ne te parjureras point, mais tu t’acquitteras envers le Seigneur de ce que tu as déclaré par serment. Mais moi, je vous dis de ne jurer aucunement, ni par le ciel, parce que c’est le trône de Elohim (Dieu); ni par la terre, parce que c’est son marchepied; ni par Jérusalem, parce que c’est la ville du grand roi. Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux rendre blanc ou noir un seul cheveu. Que votre parole soit oui, oui, non, non; ce qu’on y ajoute vient du malin.

     

    Yéshoua rejoint ici la halakha des Esséniens :

     

    Geniza A, Col.15 lignes 1-3 : « [Un homme ne] jurera pas par Aleph et Lamed (Elohim) ni par Aleph et Dalet (Adonaï) mais par les vœux de ceux qui entrent dans l’alliance. Il ne mentionnera pas la Loi de Moïse, parce que le nom de Elohim (Dieu) y est écrit en entier, et s’il jure par elle puis commet un péché, il aura profané le Nom "Divin" (de Elohim). »

     

    2) La halakha des voyages

     

    Matth. 10:9-11 N’acquérez ni or, ni argent, ni monnaie de bronze pour l’emporter à la ceinture, ni sac pour la route, ni deux tuniques, ni sandales, ni bâton, car l’ouvrier mérite sa nourriture. Dans toute ville ou tout village où vous entrerez, informez–vous pour savoir s’il s’y trouve quelqu’un qui est digne, et demeurez chez lui jusqu’à ce que vous partiez.

     

    Luc 22:36-38 Et il leur dit: Maintenant, au contraire, que celui qui a une bourse la prenne et que celui qui a un sac le prenne également, que celui qui n’a point d’épée vende son vêtement et achète une épée. (…) Ils dirent : Seigneur, voici deux épées. Et il leur dit : C’est assez.

     

    Ici Yéshoua rejoint encore les Esséniens, voir Les Guerres des Juifs de Josèphe 2:8:4 (version anglaise, traduction libre) :

     

    « Ils (les esséniens) n’ont pas de ville propre, mais beaucoup d’entre eux vivent dans chaque ville ; et si l’un d’entre eux vient d’un autre lieu, ce qu’ils possèdent est à disposition de celui-ci, comme si c’était à lui ; et il entre chez ceux qu’il n’a jamais connu auparavant, comme s’ils les connaissaient depuis longtemps. C’est pourquoi ils n’emportent rien lorsqu’ils voyagent dans des régions éloignées, mais ils prennent néanmoins leurs armes avec eux, par crainte des voleurs (…) »

     

    On voit dans ce passage que la mise en commun de tous les biens était une halakha essénienne.

     

    C’est ainsi que le Talmud et l’histoire (Flavius Josèphe, les documents de la Mer Morte) peuvent venir nous éclairer au sujet des disputes pharisiennes que nous rencontrons dans les évangiles :

     

    il ne s’agit là que de polémiques entre Hillel et Shammaï. L’entièreté du chapitre 23 de Matthieu en est un exemple. L'intégralité des disputes que nous trouvons dans les évangiles se retrouvent dans le Talmud.

     

    Yéshoua, le maître des halakhot

     

    Jean 3 :1-2 Mais il y eut un homme d’entre les pharisiens, nommé Nicodème, un chef des Juifs, qui vint, lui, auprès de Yéshoua, de nuit, et lui dit: Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Elohim (Dieu); car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Elohim (Dieu) n’est avec lui.

     

    Un des chefs pharisiens dit à Yéshoua : « Nous savons que tu es un docteur venu de Elohim (Dieu) ». Il est clair que Yéshoua le nazaréen est un grand maître en matière halakhique. La halakha (marche à suivre) nazaréenne est composée d’halakhot :

     

    - pharisiennes hilléliennes

     

    - pharisiennes shammaïennes

     

    - pharisiennes galiléennes

     

    - esséniennes

     

    Sans oublier celles que Yeshoua en tant que rabbi, chef et maître de la communauté nazaréenne, a instauré lui-même. En effet, nous lisons souvent dans les évangiles des passages où Yeshoua dit « Vous avez appris qu’il a été dit (…) Mais moi je vous dis (…) », instaurant ainsi ses propres halakhot.

     

    Yeshoua est le seul rabbi qui a pu rassembler dans le cercle de ses 12 disciples toutes les sectes juives. En effet, Jacques et Jean fils de Zébédée, André et Pierre sont esséniens. Matthieu Levy, qui récolte les taxes pour le temple, est sadducéen. Judas et Simon le cananite sont zélotes (de « kénani » = le zélé) . Les pharisiens sont Philippe, Barthélémy, Thomas, Jacques et Thaddée (les scribes faisant partie des pharisiens)2

     

    Après avoir rassemblé les 12 disciples qui représentent symboliquement les 12 tribus et donc Israël, Yeshoua a réussi à créer un équilibre parfait entre miséricorde et rigueur de la Torah, par le biais de ses halakhot.

     

    Matthieu 23.23 (…) vous laissez ce qui est plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité: c’est là ce qu’il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses.

     

    Il accepte et enseigne toutes les sectes juives qui sont représentées par les Douze comment observer la Torah. Avec la secte nazaréenne, Yeshoua parvient à rassembler Israël et toutes les sectes juives en un seul groupe, pour faire la volonté de Elohim (Dieu), être un comme lui est un, laissant ainsi un message silencieux, puisque les actes crient plus fort que les mots. Moi, Yeshoua, je suis celui qui rassemble tout Israël.

     

    Rappelons-nous quelques paroles du Messie : Je ne suis venu que pour les brebis perdues de la maison d’Israël. Je suis le bon berger. J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie. Celles-là, il faut aussi que je les amène. Il y aura un seul troupeau, un seul berger. Afin que tous soient un.

     

    Allez, faites de toutes les nations des disciples.

     

    La 3e partie de l’étude traitera de « Yeshoua et le Talmud ».

     

    MICCICHE Francesco miccichef@yahoo.fr

     

    Les droits de diffusion, reproduction, représentation et d’exploitation du contenu de cet article, restent propriétés de leur auteur. Aucun contenu ne peut être reproduit ou transmis, même partiellement, sous aucune forme, sans avoir eu préalablement l’autorisation écrite de l’auteur. Pour toute demande, merci de nous contacter. (miccichef@yahoo.fr)

     

     

     

    1 Flavius Joseph, Antiquité des Juifs, ch.14 section 2

     

    2 Voir l’annexe pour plus de détails sur les sectes d’origine des apôtres.

     

    ---------------

     

    Annexe 3 : Secte d’origine probable des apôtres

     

    - André

     

    Jean 1.37-40 : André est disciple de Jean Baptiste.

     

    Jean Baptiste étant lui-même d’origine essénienne à cause de sa prédication dans le désert, de l’importance donnée à la Tévila (baptême). De plus, l’apocryphe protévangile de Jacques 16 :3-8, relate que sa mère l’a caché dans une caverne dans le désert pour le soustraire au massacre des enfants ordonné par Hérode. Or Flavius Joseph décrit les esséniens comme récupérant et élevant les enfants que les parents abandonnaient (Guerres des Juifs).

     

    Donc, André était d’origine essénienne.

     

    - Pierre

     

    Matthieu 4.18 et Jean 1.41-42 : Son frère est Pierre, probablement lui-même

     

    « essénien » car frère d’André (les familles appartenaient normalement à la même secte), de plus Pierre est décrit comme portant une épée (Jean 18.10), ce qui est une caractéristique des esséniens de voyager armés (voir Flavuis Joseph cité page 43 de l’étude).

     

    - Jacques et Jean

     

    Matthieu 4.21, Marc 1.19 et Luc 5.10 : Jacques et Jean, fils de Zébédée, sont associés de Simon. Donc probablement de la même secte.

     

    Matthieu 20.20-23 et Luc 22.24 : Dans Matthieu, la mère des fils de Zébédée demande que ses fils soient à droite et à gauche de Yéshoua. Dans Luc, nous comprenons que cela signifie de donner aux apôtres un rang dans la « hiérarchie » de la Kéhilah. Cela se réfère d’une tradition essénienne décrite dans le Manuel de Discipline (ou Rouleau de la Règle) 1QS 6.8-11, selon laquelle chaque membre de la communauté est renseigné sur la place qu’il occupe dans la hiérarchie.

     

    Marc 3.17 : Yeshoua les surnomme fils de la fureur/tonnerre, ce qui correspond bien au caractère essénien.

     

    - Matthieu

     

    Matthieu 9.9 et Marc 2.14 : Matthieu est péager et lévite, ce qui était la marque des Sadducéens, puisqu’ils étaient lévites et servaient l’autorité romaine, notamment en prélevant des impôts.

     

    Il est donc probablement Sadducéen.

     

    - Simon

     

    Matthieu 10.4, Simon est surnommé « Cananite » de l’Hébreu « Kénani » :le Zélote.

     

    Simon était donc un Zélote.

     

    - Judah

     

    Matthieu 10.4, Judah est surnommé l’Iscariote. Ce mot est difficile à comprendre. Selon certain, ce la signifie l’Ish Kariot, « l’homme de Kariot ». Mais un ancien manuscrit biblique du 16ème siècle transcrit Judah Sicariot. Les Sicaires étaient le nom que les Romains donnaient aux Zélotes du nom de leurs couteaux.

     

    Judah était donc probablement Zélote. Les Zélote étant des bandits, on comprend pourquoi Judah se comporte en voleur et en traître (Matthieu 16.15 et Jean 12.4-6).

     

    - Philippe, Barthélemy, Thomas, Jacques Ben Alphée et Thadée

     

    Matthieu 10.3 : Ils sont probablement pharisiens comme Yeshoua, et c’est probablement pour cela qu’on ne leur donne pas de caractéristiques particulières.

     

    Remarque : Dans la liste de Matthieu 10.2-4, Marc 3.16-19 et Luc 6.14-6 : Les apôtres sont divisés en 3 catégories : les 4 premiers cités sont les esséniens, les deux derniers sont les Zélotes, et les 6 du milieu sont les Pharisiens, hormis Matthieu qui est peut-être Sadducéen.




    JYH
    3/12/2013
    D'après: http://nikkos.over-blog.fr/2013/12/yeshoua-le-nazar%C3%A9en-.-yeshoua-le-pharisien.html
    (Copie autorisée et même souhaitable, à condition d'en redonner le texte intégral et les sources)





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    Le Messager de Sa Face

     


    LE MESSAGER DE SA FACE



    «
    Au dessus de la porte d’une des grandes églises de New York, on peut voir
    un groupe de célébrités : Emerson, Einstein, Confucius, Bouddha, et autres
    personnages. Et dans ce groupe, "Jésus" ! »

    Ce texte est issu de l’ouvrage « L’autorité du croyant » de John A. Mac
    Millan (1873 – 1956). Ce cliché nous interroge quant à l’importance, à la dimension, à la place, et jusqu’à la réalité, que tout un chacun prête ou affirme de Celui qui est le Fils, Yéshoua, le mystère d’Élohim.



     Et vous, qui dites vous que je suis ?


    Si nous réfléchissons à ce qui nous semble être une intolérable représentation, que nous estimons aisément comme émanant d’une société laïco-humaniste, nous réalisons aussitôt que le monde dit de la foi, n’est
    pas exempt d’appréciations contestables en ce qui concerne le Fils ! De plus, loin d’être homogènes, les opinions y sont également multiples.

    La question lancée par le Seigneur auprès de ses disciples resterait-elle toujours valable de nos jours ?

    “Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Yéshoua posa à ses disciples
    cette question : « Au dire des gens, qu’est le Fils de l’homme ? » Ils dirent :
    « Pour les uns, Jean le Baptiste; pour d’autres, Élie; pour d’autres encore, Jérémie ou quelqu’un des prophètes. » –– « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis je ? » Shimon Pierre répondit: « Tu es le Messie, le Fils de l'Elohim vivant. » (Mt 16:13-16 Jer)

    Malgré la réponse éclairée de Shimon Pierre, le débat reste bien d’actualité, tant dans le monde non croyant, comme dans les religions ne reconnaissant pas le Fils, mais également chez ceux qui se réclament du Messie.
    Si nous posions la question à diverses sensibilités du "christianisme" : « Qui dites vous qu’IL est, précisément ? » nous serions peut-être surpris des réponses données, de telle sorte qu’après avoir échangé sur le sujet, quelque uns pourraient conclure que : « Décidément nous n’honorons pas le même Messie » !

    Mais alors, qui est le Fils ? Des centaines de livres ont été écrits à ce sujet… Nous n’ajouterons donc pas à la cacophonie ambiante, car nous n’avons pas toute la Vérité et nous ne connaissons que partiellement.
    Nous nous bornerons à reprendre certains éléments de la Parole qui méritent
    d’être remis en mémoire.  



    Montre nous le Père…


    Souhait, espérance, besoin profond, curiosité ? Plusieurs ont demandé à voir Elohim, tout en craignant de le voir :

    « Moïse dit, Fais moi voir, je te prie, ta gloire. (…). Et IL dit, Tu ne peux pas voir ma face, car l’homme ne peut me voir et vivre ». (Ex 33 :17-23)

    Néanmoins YHWH répondit favorablement à la requête de Moïse ; à la condition suivante :

    « Et YHWH dit, Voici un lieu près de moi, et tu te tiendras sur le rocher ; et il arrivera, quand ma gloire passera, que je te mettrai dans la fente du rocher, et je te couvrirai de ma main jusqu’à ce que je sois passé ;
    puis je retirerai ma main, et tu me verras par derrière ; mais ma face ne se verra pas. » (Ex 33:17-23 DRB)

    L’affaire est entendue, personne ne peut voir la Face du Père, y compris Moïse, dont il est dit qu’il parlait « bouche à bouche » avec Elohim, mais dont il ne voyait qu’une représentation, une image, une ombre. Nous dirions en termes modernes: une interface, c'est-à-dire une expression qui nous soit compréhensible, adaptée à la nature humaine tout en étant le strict reflet de la gloire inexprimable et insupportable de Elohim.

    « Il n’en est pas ainsi de mon serviteur Moïse. Il est fidèle dans toute ma maison. Je lui parle bouche à bouche, je me révèle à lui sans énigmes, et il voit une représentation de YHWH. » (No 12:7-8 NEG)

    Ce n’est pas ce qui rebuta Philippe, alors qu’il demandait à Yéshoua :

    « Philippe lui dit, "Seigneur, montre nous le Père, et cela nous suffit". Yéshoua lui dit, "Je suis depuis si longtemps avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ? Celui qui m’a vu, a vu le Père ; et comment toi, dis tu, Montre nous le Père ? Ne crois tu pas que moi je suis dans le Père, et que le Père est en moi "? » (Jn 14:6-11 DRB)

    Nous pourrions extrapoler la réponse faite à Philippe et dire : vous ne pourrez voir et n’entendrez rien d’autre qui puisse être plus proche et représentatif du Père que le Fils, car :

    « Elohim, personne ne l’a jamais vu. Le seul Fils engendré qui étant dans le
    sein (intérieur) du Père l’a fait connaître (exposé) » (Jean 1:18 - grec au mot à mot)

    « Il est écrit dans les prophètes: Ils seront tous enseignés de Elohim. Ainsi quiconque a entendu du Père et a appris vient à moi. Non que quelqu’un ait vu le Père, sinon celui qui est auprès de Elohim ; celui–là a vu le Père. Amen, amen, je vous le dis, celui qui adhère (à cela) a la vie éternelle. »
    (Jn 6:44-47)

    « Yéshoua lui dit, je suis le chemin et la vérité et la vie ; aucun ne va au Père sinon par moi » (Jn 14:6 )

    Par ces quelques versets, Yéshoua affirme qu’il est le Seul qui puisse assurer la relation convenable de la créature avec le Père, car Lui seul connait le Père dont IL est l’unique issu. Il n’y a pas d’alternative, toute tentative étrangère au Fils est irrémédiablement vouée à l’échec. C’est pour cela qu’IL est le
    « Yéshoua - Salut - Sauveur » (Strong 03444: "yeshuw'ah"=salut). Le Seigneur se révèle ainsi aux hommes comme étant le seul recours, le seul intermédiaire et médiateur auprès du Père. 
    (1 Tim 2:5)

    Qu’était donc ce « rocher » dans la fente duquel Moïse fut caché ? Qu’était la main qui couvrit Moïse ? Qu’était cette représentation de Elohim avec laquelle Moïse parlait dans la tente de la rencontre ? Nous avons la réponse par les quelques textes qui précèdent.

    Le peuple dans le désert était-il pour autant tenu à l’écart de la présence de
    Celui qui 1500 ans plus tard viendrait parmi les siens ?

    «Frères, je ne veux pas que vous ignoriez que nos pères ont tous été sous la nuée, qu’ils ont tous passé au travers de la mer, qu’ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer, qu’ils ont tous mangé le même aliment spirituel, Et qu’ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était le Messie. »
    (1Co 10:4 NEG)
    Nota: C'est JYH qui souligne ici pour rappeler aux pagano-chrétiens que "l'assemblée-Qéhila du peuple de Elohim" (Israël=lutteurs d'El) existait bien avant leur "ekklesia" (leurs "églises") qui serai(en)t soi-disant apparue(s) à leur "Pentecôte" (Chavouot) !
    C'est hélas la caractéristique arrogante des christiano-païens qui se croient le centre du monde et de son Histoire et même le "nombril de Elohim"... ce qui n'a rien à voir avec "la prunelle de Son oeil" (Israël, "tout Israël") à laquelle il ne faut "pas toucher"... surtout eux qui abandonnent la Sainte Loi (Torah) de YHWH et remplacent tout par "Jésus-Dieu" !  



    Le Messager de Sa Face


    Le Seigneur, non encore connu sous le terme de Fils, était bien présent au désert, c’est ce que le précédent texte de Paul nous affirme dans le sens spirituel. Le Fils dans sa dimension "divine" (élohimique ?) était déjà à l’oeuvre auprès du peuple de Elohim, Israël.

    “Voici, j’envoie un « ange » (messager) devant toi, pour te garder dans le chemin, et pour t’amener au lieu que j’ai préparé. Prends garde à toi à cause de sa présence, et écoute sa voix ; ne l’irrite pas ; car il ne pardonnera point votre transgression, car mon Nom est en Lui (YesHuW'aH). Mais si tu écoutes attentivement sa voix, et si tu fais tout ce que je dirai, je serai l’ennemi de tes ennemis et l’adversaire de tes adversaires.” (Ex 23:20-22 DRB)

    Si nous remontons à l’épisode du « Buisson ardent » nous le retrouvons
    également : « L’ange (messager) du Seigneur lui apparut dans une flamme de feu, du milieu du buisson. Il regarda : le buisson était en feu et le buisson n’était pas dévoré(…) “Le Seigneur vit qu’il avait fait un détour pour voir, et Elohim l’appela du milieu du buisson: « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! » (Ex 3:2 TOB)

    Le Messager de Sa Face



    Le prophète Isaïe parlera aussi de cet ange en lui associant une action bien
    caractéristique du nom qu’Il portera.

    “Et il dit, Certainement ils sont mon peuple, des fils qui ne mentiront pas ; et il est devenu leur sauveur. Dans toutes leurs détresses, il a été en détresse*, et l’Ange de sa face les a sauvés ; dans son amour et dans sa miséricorde il les a rachetés, et il s’est chargé d’eux, et il les a portés tous les jours d’autrefois" (Esa 63:8-9 DRB* cette phrase fait l’objet de controverses)

    Cet Ange est l’expression visible et le porte Parole du Père. Cet ange : le NOM du Père est en LUI*. Réalisons ce que cela signifie en termes de relation entre Elohim et cet Ange : Nous dirons conformément à la réalité qu’IL est l’Image et la Parole et le bras de l'Elohim invisible. Il est Celui qui sauve Israël et lui assure le chemin vers la promesse "divine" (de Elohim).
    * Voir: http://jyhamon.eklablog.com/le-nom-au-dessus-de-tous-les-autres-noms-a100180783 



    Le Messager qui ne donne pas son nom


    Manoah ne savait point que c’était un ange de YHWH. Et Manoah dit à l’ange de YHWH : Quel est ton nom, afin que nous te rendions gloire, quand ta parole s’accomplira ? L’ange de YHWH lui répondit : Pourquoi demandes-tu mon nom ? Il est merveilleux. Manoah prit le chevreau et l’offrande, et fit un sacrifice à YHWH sur le rocher. Il s’opéra un prodige, pendant que Manoah et sa femme regardaient. Comme la flamme montait de dessus l’autel vers le ciel, l’ange de YHWH monta dans la flamme de l’autel. A cette vue, Manoah et sa femme tombèrent la face contre terre.” (Jug 13:15-20)

    D’autres entités célestes, telles que Gabriel ou Mikael, n’ont pas caché leur
    « nominatif ». Ici avec l’annonce de la naissance de Samson, un Juge qui commencerait à délivrer Israël… le Messager de Elohim ne déclina pas
    son identité. Pourquoi ? Car ce n’était pas encore le temps, il dit simplement à
    Manoah : « mon nom est une merveille », c'est-à-dire extraordinaire, mystérieux, non encore dévoilé. Pourquoi ? Parce qu’il fera l’objet d’une annonce "divine" (de Elohim) ultérieure, à Miryam. Il sera l’Immanou-El (El avec nous) annoncé par Isaïe, ce nom sera : Yéshoua. En effet, quel autre ange pouvait se mêler au feu d’un holocauste, donc au culte, à la victime entièrement consumée offerte au Père, et monter dans la flamme ?

    Remarque sur le mot « ange » : il est emprunté au grec "aggeloj" [anguélos],
    dont le correspondant hébreu est "mlak" [mal’akh] ce qui signifie messager. Les deux mots, grec et hébreu, ont la même signification. 



    Le Messager qui enlève l’iniquité


    Le prophète Zacharie eut une vision mettant en scène trois personnages : le grand sacrificateur de son époque Yéhoshoua ; le Satan ; et l’Ange de Elohim.
    Cette scène céleste est extraordinaire, car elle atteste prophétiquement que
    l’Ange, Le Messager de YHWH, a le pouvoir d’enlever l’iniquité, y compris face à l’accusation irréfutable, il a par ailleurs le pouvoir de revêtir l’ex-accusé de vêtement pur, dont l’analogie à la robe de la salle des noces
    ou des rachetés d’Apocalypse ne fait ici aucun doute.

    « Et il me fit voir Yéhoshoua (Josué), le grand sacrificateur, debout devant l’Ange de YHWH, et Satan se tenant à sa droite pour s’opposer à lui. 
    Et YHWH (une ancienne version dit l’ange de YHWH) dit à Satan, Que YHWH te tance, Satan ; que YHWH, qui a choisi Jérusalem, te tance !
    Celui–ci n’est il pas un tison sauvé de feu ? Et Yéhoshoua était vêtu de vêtements sales, et se tenait devant l’Ange. Et l’Ange prit la parole et parla à ceux qui se tenaient devant lui, disant, Ôtez de dessus lui les vêtements sales. Et il lui dit, Regarde, j’ai fait passer de dessus toi ton iniquité, et je te revêts d’habits de fête. …. »  (Za 3:1-5 DRB)

    Quel est cet Ange qui parle au nom de YHWH et qui a le pouvoir d’ôter l’iniquité ?



    Centralité et plénitude


    Compte tenu de ce que nous venons de rappeler, notre propos est de réévaluer
    – élever aux yeux des hommes et dans nos coeurs - la dimension du Fils, parfois réduite par l’appréciation indélicate des croyants : gloire du Fils
    abaissée au niveau d’autres hommes ou réduite quant à sa "divinité" et sa plénitude. Car Il est pleinement Fils d’Adam et pleinement Fils d’Élohim.
    (IL le devient plus précisément le jour de Sa résurrection: "Elohim l’a accomplie pour nous leurs enfants, en ressuscitant Yeshoua, selon ce qui est écrit dans le Psaume deuxième: Tu es mon Fils, Je t’ai engendré  aujourd‘hui." Actes 13:33)

    « Le Fils est l’image de l'Elohim invisible, le premier–né de toute la création »
    (Col 1:15 NEG)

    Notre propos est aussi de resituer sa place parfois escamotée, mise en arrière plan, ou perçue comme auxiliaire vis-à-vis d’autres aspects religieux, alors qu’il est le centre et le tout de la révélation ! L’origine et la conclusion,
    l’Aleph et le Tav (alpha oméga), le Premier et le Dernier. Il n’est pas un personnage secondaire de la révélation, Il est la révélation du Père pour nous. Il ne peut en conséquence être perçu et présenté et honoré de manière dépréciée.
    Note JYH: Personnellement, je m'oppose à une forme de "christocentrisme" qui a conduit des centaines de millions à un "Jésus-Dieu" qui serait aussi "le Père" et "l'Eternel" (YHWH)... et que l'on prie même "au nom de Jésus" !
    Ceci est de l'idolâtrie pour "nier le Père" (Elohim) et ne plus pouvoir "L'adorer en esprit et en vérité".
    On parle bien ici de "centre"... de la révélation, pas moins, pas plus. 
    (Voir le développement plus loin, ci-dessous)

    “Car par lui ont été créés toutes choses, les choses qui sont dans les cieux, et
    les choses qui sont sur la terre, les visibles et les invisibles, soit trônes, ou seigneuries, ou principautés, ou autorités, toutes choses ont été créés par lui et pour lui ; et lui est avant toutes choses, et toutes choses subsistent par lui; et il est le chef du corps, de l’assemblée (mais Elohim est le "chef du Mashiah", 1 Cor 11:3), lui qui est le commencement, le premier–né d’entre les morts, afin qu’en toutes choses il tienne, lui, la première place ; car, en lui, toute la plénitude s’est plue à habiter, et, par lui, à réconcilier toutes choses avec elle–même, ayant fait la paix par le sang de sa croix, par lui, soit les choses qui sont sur la terre, soit les choses qui sont dans les cieux.”
    (Col 1:16-20 DRB)

    Il plonge son origine d’avant la fondation du monde

    « Et maintenant toi, Père, glorifie moi auprès de toi–même de la gloire que
    j’avais auprès de toi avant que le monde soit. » (Jn 17:5 NEG) 
    (Ceci ne peut être dit qu'en tant que "la Parole", pas en tant que "nouvel Adam")




    Sans confusion


    Le Fils est très clair dans sa relation avec le Père : « Le Père et Moi sommes UN ("echad"=intimement unis) Si vous êtes en Moi alors vous êtes aussi avec le Père ».

    Mais jamais le Seigneur n’a réclamé d’être l’égal du Père, Il rappellera que le
    culte, le sacerdoce, c'est-à-dire l’acte sacrificiel de la réconciliation, est dû au Père seul. Il dira également: priez le Père en mon nom et Moi je vous exhausserai.
    Il n’y a pas de confusion dans ses propos ; ni vis-à-vis du Père, ni vis-à-vis
    du Souffle de Vérité, dit « Esprit Saint». Jamais Il ne s’aligne en compétition avec d’autres, qu’ils soient des Bouddha, Confucius ou philosophes
    de toutes natures et autres champions de religion, si ce n’est qu’Il précise:

    « Yéshoua leur dit, amen, amen, je vous dis, Avant qu’Abraham naisse, je
    suis. » (Jn 8:58 grec mot à mot)
    Note JYH: Tenir compte du fait que ce "je suis" (présent) grec n'est pas l'équivalent de "YHWH, éhié asher éhié, je serai qui je serai".
    http://jyhamon.eklablog.com/je-suis-et-alors-a63881609
    http://jyhamon.eklablog.com/je-suis-en-exode-3-14-et-je-suis-en-jean-8-58-a55844957
    Et surtout: http://jyhamon.eklablog.com/23-avant-qu-abraham-fut-au-lieu-de-abraham-devienne-a107708152


    « et voici, il y a ici plus que Jonas (...) et voici, il y a ici plus que Salomon» (Mat 12 :41)

    « Or, je vous le dis, il y a ici quelque chose de plus grand que le temple. »
    (Mat 12 :6)

    Or, qui a-t-il de plus grand que le temple qui est censé être investi de la présence "divine" (de Elohim), la Shékhinah ? Plus grand également que le temple fait de pierres vivantes car Il en est le Chef.
    Rappelons-nous qu’Il est le Chef du Corps, et cessons de contrarier sa volonté en lui imposant notre volonté, tout en pensant l’honorer et servir le Père ! Cessons de le travestir, de le défigurer, pour lui faire tenir le rôle qui nous arrange, qui nous flatte, qui nous sert, comme faisaient les idolâtres et les
    religieux opportunistes de l’antiquité jusqu’à nos jours.

    Le Père Lui a tout confié, et l’a relevé jusqu’à Lui ! Ceci devrait déterminer chez ses disciples un comportement d’immense amour très respectueux.
    Aussi respectueux que celui des êtres célestes qui se prosternent (s’inclinent) devant Lui, comme devant Celui qui est assis sur le trône (Apocalypse 5)

    « Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils, afin que tous
    honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils
    n’honore pas le Père qui l’a envoyé. » (Jn 5:22-23 NEG) 



    Prescience de l’incarnation (venue en chair)


    « Élohim créa l’Adam dans son image(1) dans l’image (d’) Élohim le créa(2) » (Ge 1:27 hébreu mot à mot. "dans" peut être lu : "avec")

    (1-2) Cette phrase semble répéter deux fois une même action ! La répétition de phrases qui ont la même signification n’est pas un caprice littéraire de la Bible. Notamment dans les textes aussi sensibles que ceux de la Torah. La double création assistée de l’image d’Élohim nous suggère que la fin du
    sixième jour de la création a vu et verra une double apparition de l’ «Adam ».

    “C’est pourquoi il est écrit : Le premier homme, Adam, devint une âme vivante. Le dernier Adam est devenu un Esprit vivifiant.” (1Co 15:45 NEG)
    Voir: http://jyhamon.eklablog.com/de-l-ame-vivante-a-l-esprit-vivifiant-a100410969

    La relation fusionnelle de la créature avec le Créateur ne peut se réaliser que par l’expression de l’intermédiaire de Elohim, le Messager de Sa Face, le
    Fils, l’image de l'Elohim invisible, la Parole, la Torah vivante qui vint habiter en chair pour accomplir la réconciliation (et comme "premier-né" d'une "nouvelle création").

    « Et la Parole devint chair, et habita au milieu de nous… » (Jn 1:14 DRB)

    Quelle chair peut abriter une telle gloire sinon qu’une chair qui est elle-même
    l’image, conçue pour ce qu’elle doit recevoir ? Le Tabernacle, qui devait recevoir la présence de Elohim, n’était-il pas fait selon l’image supérieure de la réalité céleste ? L’homme, future pierre vivante de ce Temple, est dans ce cas l’image capable, selon certaines conditions, de recevoir pleinement la réalité supérieure de son image : la Parole ; le Fils ; le Messie en nous l’espérance de la gloire ! Car le Seigneur a promis : « Moi et Mon Père
    nous ferons notre demeure chez vous »

    Le Messie d’Élohim, Yéshoua, Roi de gloire… Tristement, suivant la présentation du serviteur souffrant relatée par Isaïe 52-53, nous continuons à le mésestimer, à le mépriser, à le défigurer, à le rejeter, ou pire à l’utiliser pour trente pièces d’argent… là même où Il est supposé être honoré, jusqu’à taire son nom pour ne pas choquer les sensibilités de ses détracteurs !

    Seigneur ! Pardon pour les hommes car ils ne savent ce qu’ils font, et pardonne-nous, nous aussi, car tu sais que nous t’aimons. Seigneur Tu viens du Père, Tu nous as tout donné, et que faisons-nous de Toi !

    C’est pourquoi il est écrit : j’écrirai ma Torah dans leur coeur. La Torah vivante qui s’installe dans les coeurs c’est Yéshoua, qui veut, Lui et le Père faire sa demeure en nous. Si nous défigurons la Torah, si nous dégradons
    le Fils, ce qui revient au même, nous dégradons et détruisons ce qui doit
    s’installer en nous-mêmes !
    Nous craignons alors la sentence qui pourrait être terrible:

    « Je vous le dis en vérité, Je ne vous connais pas» (Mat 25 :12)

    Le Messager de Sa Face



    Pause


    Jusqu’alors nous sommes attachés à remettre en valeur quelques affirmations
    de la Parole en ce qui concerne la majesté de Yéshoua, le Fils et Messie de
    D.ieu le Père, Le Messager de Sa Face. Nous avons redit de quelle gloire le Père L’a honoré, mais aussi constaté comment les hommes L’ont abaissé.
    Nous voulons continuer notre réflexion sur ce thème en visitant les textes pour discerner les diverses intentions de ses contemporains à son égard. Intentions claires ou cachées qui se dégagent des relations qu’ils entretenaient avec Lui. Pour, enfin, nous reposer la question qui se répète toujours comme si elle était quotidienne et sans fin : « Et vous, qui dites-vous que Je suis ? »



    Les tendances


    Les Judéens, les Samaritains et les hommes pieux de la diaspora, du premier
    siècle, attendaient un Messie; selon l’interprétation prophétique majoritairement comprise en ce temps. Ils n’attendaient pas particulièrement
    un Messie souffrant, exception faite de rares clairvoyants, mais un Messie
    qui délivrerait la terre d’Israël du joug étranger et qui assurerait  l’indépendance nationale et le réveil spirituel d’Israël, sans oublier le rassemblement des tribus dispersées dans l’exil… ceci, dans l’environnement historique que nous connaissons. Les espérances messianiques étaient réelles, fortes, mais les attentes se différenciaient selon les visions relatives aux divers clans religieux et selon leurs intérêts : zélotes, sadducéens, pharisiens, esséniens, samaritains, hellénistes … sans oublier les sensibilités liées aux statuts sociaux, et sans évoquer les opportunistes de tous bords, tels les hérodiens. Ainsi, l’accueil fait au Rabbi Yéshoua fut sujet à des comportements allant de l’enthousiasme sans détour à la haine meurtrière. Limitons nos commentaires à trois types de comportements: la reconnaissance,
    le rejet et la récupération.
    Pourquoi ces choix ? Parce qu’ils sont toujours d’actualité.



    La reconnaissance


    Le chapitre 4 du livre de Jean nous explique comment de nombreux Samaritains reconnurent le Seigneur pour le Messie annoncé et Sauveur du
    monde :

    « Aussi, quand les Samaritains vinrent le trouver, ils le prièrent de rester auprès d’eux. Et il resta là deux jours. Un beaucoup plus grand nombre crut à cause de sa parole ; et ils disaient à la femme : Ce n’est plus à cause de ce que tu as dit que nous croyons ; car nous l’avons entendu nous–mêmes, et nous savons qu’il est vraiment le Sauveur du monde. » (Jn. 4:40-42 NEG)

    Les Samaritains étaient avec force dédain évités, car jugés infréquentables.
    Ils n’avaient pas l’habitude d’être visités par un Rabbi et la présence de Yéshoua fut un véritable évènement. Ils ne discutèrent pas des semaines
    pour être convaincus de la messianité de Yéshoua. Il ne fit pas de miracle en Samarie, et c’est par Sa seule Parole, directement par le coeur, que ces
    derniers le reconnurent. Les Samaritains, qui sont des « sang mêlés » d’Israélites et de goyim, quelque peu représentatifs de l’Éphraïm de notre siècle, furent nombreux à rejoindre la première Qéhiyllah de Jérusalem.

    Cette relation spontanée, authentique, n’est pas sans nous rappeler l’accueil fait aujourd’hui, à « la Bonne Nouvelle du Royaume » en pays d’Afrique subsaharienne, ainsi que parmi d’autres peuples d’humble condition.
    (Encore qu'il faille relativiser aujourd'hui cet accueil qui s'est souvent transformé de façon dramatique en "bonne nouvelle de la réussite terrestre, de la prospérité, du bien-être charnel... et même de la "sorcellerie charismatique"... comme ailleurs !)

    Notons pour mémoire, la stupéfiante reconnaissance de Shimon qui sera par la
    même occasion nommé Pierre (Petros).

    « Simon Pierre répondit : Tu es le Messie, le Fils de l'Elohim vivant. »
    (Mt. 16:16 BFC).

    Qu’avait de particulier ce poissonnier galiléen ? Rien justement, sinon le coeur ouvert d’un disciple, prêt à recevoir une révélation, sans mérite, sans demande, par pure grâce. En une courte phrase, une lourde vérité est posée :

    Tu es le Messie, de Elohimle fils de David, celui que tous attentent ! Mais de
    plus, Tu es FILS d’Élohim, le Vivant !

    Cette vérité, qui se présente ici dans la bouche de Shimon- Pierre en deux affirmations, serait la bienvenue sous la plume de certains amis qui s’arrêtent à la première affirmation, en taisant la seconde ! Ces deux révélations sont indissociables, sinon la reconnaissance de ce qu’IL EST en vérité n’est pas au rendez-vous : fils de David selon la chair, le Messie … soit ! mais surtout
    Ben Élohim Haï, Fils de l'Elohim Vivant, car là réside toute la puissance.

    Rappelons nous aussi que « pierre » s’écrit "abN". Ces trois lettres allient intimement en hébreu les mots « Père-Fils », et il est dit que sur cette
    « Pierre - abN » Je bâtirai ma Qéhiyllah, assemblée bâtie sur le fondement
    « Père-Fils », avec ceux qui reconnaissent le Fils et le Père. Cela ne peut
    être que le résultat d’une révélation intime. Les enseignements, s’ils sont bons,
    aident à la croissance, mais le germe et la fécondation ne peuvent venir que d’en haut (révélation).
    JYH: A noter par ailleurs que le grec distingue "petros" (simple pierre) de "Petra" (Rocher)  et que c'est d'abord sur la "révélation" du "Rocher" que se bâtit l'église-Qéhila. La Bible parle aussi du "fondement DES apôtres" (Eph 2:20) et non pas du "fondement de Shimon-Pierre".


    Après
    sa résurrection alors que son aspect physique était différent, les disciples en chemin vers Emmaüs le reconnurent aussi sur Sa Parole :

    « Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent; mais il disparut de
    devant eux. Et ils se dirent l’un à l’autre : Notre coeur ne brûlait-il pas au–dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait
    les Écritures ? » (Luc 24:31-32 NEG).

    Voila des disciples convaincus, mais néanmoins troublés par la tournure apparente des événements. Cependant, ne croyaient-ils pas à la messianité et à la "divinité" (il faudrait peut-être inventer le mot "élohimité" ?) et aux promesses de Yéshoua ? Alors le Seigneur leur explique la Parole, de Moïse en passant par les prophètes, et pour compléter tout ce rappel, Il accepte leur invitation et rend grâce pour le repas … Leurs coeurs
    « brûlaient », ils le reconnurent. Est-ce le long discours des Écrits ou la
    force des Écrits relatifs au Mashiah qui touchaient leurs coeurs ? Nous pouvons connaitre la Bible et d’autres ouvrages par apprentissage intellectuel, avoir accumulé un grand savoir … tout cela sera de l’érudition et non de la connaissance selon le Souffle, si le Mashiah n’est pas né en nous. La connaissance, c'est-à-dire en hébreu sémantique: la "pénétration", est un acte du "divin" (de Elohim). Dans ce cas, comme pour les disciples d’Emmaüs, nos coeurs peuvent « brûler » en entendant et en lisant Sa Parole … car nous Le reconnaissons.

    La place n’est pas suffisante pour évoquer d’autres récits de reconnaissance de Yéshoua par des hommes aux coeurs purs et simples qui se mettaient à battre plus fort lorsque le Seigneur leur parlait. Que ces derniers soient Samaritains, Juifs du peuple et notables, ou soldats romains …



    Le rejet


    Il ne s’agit pas de désintérêt mais de conflit d’intérêt, sous forme de farouche opposition. Comme les visions d’Abel et de Caïn, le messianisme de Yéshoua et les projets concurrents ne pouvaient, et ne peuvent toujours pas, coexister.

    Le rejet du Messie s’appuyait sur la séduction philosophique pour les uns,
    sur un esprit partisan dogmatique pour d’autres, mais aussi sur l’hypocrisie du
    « politiquement correct » bien évidemment imprégné d’intérêt … Ce fut le compromis historique des principaux religieux, supportés de vauriens de la populace et des autorités politiques, que le diplomate Pilate fut contraint de laisser faire.

    « Dès ce moment, Pilate cherchait à le relâcher. Mais les Juifs criaient : Si tu le relâches, tu n’es pas ami de César. Quiconque se fait roi se déclare contre César (…) Pilate dit aux Juifs : Voici votre roi. Mais ils s’écrièrent : Ôte, ôte, crucifie-le ! Pilate leur dit : Crucifierai-je votre roi ? Les principaux sacrificateurs répondirent : Nous n’avons de roi que César. » (Jn. 19:12-15 NEG)

    Texte affligeant … nous y entendons un discours d’intention politico-religieuse déterminé à l’assassinat politique, frôlant la haine, pour raison d’Etat, ou plutôt pour raison d’intérêts peu louables. Comment des religieux censés être « patriotes » peuvent-ils s’allier aux ennemis du peuple, en les adoubant, en glorifiant César, pour parvenir à bout de leur mauvais dessein.
    Cette façon de faire n’est certainement pas étrangère à notre temps, où tous les intérêts l’emportent sur le bon sens dit de l’honnêteté, de la justice, de
    l’objectivité… Même Ahmadinedjad trouvait des flatteurs parmi les peuples de la terre, y compris en Israël.

    Certes, à l’époque du Seigneur, l’économie florissante du Temple en enrichissait beaucoup et la pérennité de cette situation nécessitait la paix sociale, sous peine d’intervention des Romains. Mais un Rabbi d’exception, de plus en plus soutenu par le peuple, veut changer les habitudes,
    Il veut réformer le Temple, Il chasse les marchands ! Il devient dangereux, d’autant qu’Il interfère à l’autorité des plus éminents. Il s’en prend aussi aux religieux, dont les doctrines sont autoproclamées comme vérité et ceux-ci
    se retrouvent désignés « race de vipère » « vous avez pour père le diable »
    « vous détruisez la Torah en adhérant à des ordonnances d’hommes » …
    Comment ces « sages », qui ont fait tant d’années d’études, peuvent-ils se
    laisser traiter ainsi par un fils de charpentier qui n’a pas cinquante ans ? Et par dessus tout, Pilate ne verrait pas d’objection à ce qu’Il devienne Roi. Le Seigneur n’était ni flatteur, ni démagogue.
    Ainsi Il ne recueillait la faveur que de ceux que le Père Lui donnait. Les
    autres, qui n’avaient pas reçu l’amour de la vérité pour adhérer, Le rejetaient.

    « Parce que vous n’êtes pas mes brebis ».

    Dire des vérités qui dérangent, même avec douceur, désigne toujours implicitement ceux qui sont dans l’erreur ou qui se plaisent dans le mensonge. La vérité est tranchante, la vérité sépare… La vérité impose un choix : humilité et acceptation ou orgueil et rejet.

    Ce qui fut le sort de Yéshoua Messie, Le Fidèle et Le Véritable, sera aussi le
    sort de ses disciples, car le disciple n’est pas plus que le Maître… Disciples de Yéshoua, préparez vous à être, comme votre Seigneur, rejetés. Votre témoignage dérange, car vos vérités dévoilent les intentions mauvaises des
    « habitants de la terre » et le mensonge des esprits de parti et des esprits de « marchand » introduits dans la « Maison du Père ».





    L'instrumentalisation récupération


    Quelque peu différente du rejet immédiat, mais pouvant le précéder, se situe la tentative de récupération utilitaire. La récupération d’un homme renommé, médiatique, est une stratégie bien connue du monde politique.
    C’est un atout, gage de succès d’un projet politique. Comment utiliser les
    capacités, la légitimité populaire et le charisme d’un tiers pour atteindre les objectifs ?

    Le Mashiah Yéshoua est venu pour que les hommes Le suivent et non le contraire. Mais certains tentèrent néanmoins soit de L’enrôler à leur parti, soit de conduire ses actes pour les adapter à leur vision.

    Nous connaissons l’affaire de Judas l’Ishkériot, dont le Satan emplit le coeur, en le séduisant sur le possible dénouement du dernier Péssah, celui de la Croix … Judas voulait-il adapter le destin du Seigneur à sa propre vision ? Ce que nous pensons c’est qu’il fut séduit par cette pensée. Si le Seigneur se retrouvait contraint de s’imposer, en utilisant Sa puissance, alors tout le
    peuple et les responsables devraient se ranger derrière Lui. Ce type de comportement s’opposait directement à la mission de l’Agneau, le Messie souffrant, qui serait vainqueur du péché et de la mort. La vision de Judas
    était véritablement celle de l’adversaire !

    L’épisode de la fête de la dédicace, Hanoukkah (?... voir le lien sur "Hanoukkah, ci-dessous), rapporté par Jean, est le reflet d’une volonté analogue. Le Seigneur se promenait sous le portique du Temple, comme Il le faisait à son habitude lorsqu’Il était à Jérusalem, c’était alors la fête nationale de la dédicace:

    « Les Juifs l’entourèrent, et lui dirent : Jusqu’à quand tiendras-tu notre esprit en suspens ? Si tu es le Messie, dis le nous franchement. Yéshoua leur répondit: Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les oeuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi. Mais vous ne croyez pas, parce que vous n’êtes pas de mes brebis. » (Jn. 10:24-26).

    Hanoukkah est le grand symbole de la libération juive de l’occupant Séleucide. Cette fête d’institution rabbinique, les religieux la hissèrent à une haute importance et lui conférèrent le titre messianique de « Lumière du monde ». Pour ces derniers et leur tradition le Messie souhaité ne pouvait
    que se ranger à leur vision de Hanoukkah. Si Yéshoua, cet homme que le peuple suit, s’avère être le Messie attendu, il serait alors utile qu’Il se déclare, non pas seulement à Soukkoth comme Il le fit, mais à Hanoukkah,
    attestant ainsi que la tradition pharisienne serait la bonne. Peut-être les
    religieux, se seraient-ils alors engagés à l’insurrection armée, en droite ligne de leurs éminents prédécesseurs maccabéens.
    Le Seigneur ne fut pas dupe du stratagème, et leur fête de la lumière se solda par une tentative de lapidation de Celui qui est la véritable Lumière du monde.
    (Raison supplémentaire de refuser cette fête "religieuse" malgré sa séduction auprès des évangéliques dits "messianiques" mais en manque de "Noël" !)... voir: http://jyhamon.eklablog.com/quelques-verites-sur-h-anoukah-et-noel-a103316009
    Le messianisme de Hanoukkah s’opposait à celui de Yéshoua. « Parce que vous n’êtes pas mes brebis ».

    Cet épisode se rattache à la Parole de Yéshoua, toujours prophétique :

    « Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, celui–là vous le recevrez. »(Jn. 5:43 DRB).

    Le christianisme dit « des nations » a foisonné et foisonne toujours de récupération de la personne d’un « Jésus utilitaire ». Imposer un dogme, une religion, un empire, voire même un « business », tout en restant légitime ne peut se justifier aux yeux de tous que si le Messie est des nôtres !
    Toutes ces choses ahurissantes, les hommes s’en rendent coupables « Parce
    que vous n’êtes pas mes brebis ». C’est le berger qui choisit ses brebis, et non les brebis qui « modélisent » le berger (!). Former, adapter, modeler le Fils à notre image, afin qu’Il serve nos intérêts, relève d’un acte idolâtre : se fabriquer un "dieu" qui satisfait nos envies. 
    Et vous, qui dites vous que Je suis ?

    Les réponses à cette question peuvent prendre des allures étonnantes.
    Mise à part la réponse de Pierre que nous espérons nôtre, Yéshoua, dont le nom hébreu fut quasiment effacé et remplacé par un alias « Jésus » gréco-latin, est reçu par certains comme un prophète idéaliste d’exception, ni fils de Elohim, ni ressuscité, et dont l’histoire légendaire propre au Moyen-Orient aurait été inventée par ses disciples.
    Cette légende fort utile à la maîtrise sociale méritait d’être entretenue. Sa notoriété s’arrête alors à la seule utopie emblématique qu’Il représente, et dont des hommes audacieux se sont emparés pour asseoir leur propre projet politico-religieux.

    D’autres l’acceptent bien comme fils de David, réalisant la prophétie, mais sans Lui reconnaître son antécédence "divine"= Fils de Elohim, conçu en Miryam par le couvert du Rouah HaQodesh; bien qu’ils attendent le retour d’un Messie.

    D’autres encore ne le voient qu’en tant que « Jésus qui sauve et qui guérit » mais ne le perçoivent pas du tout comme Roi des juifs, Roi du tout Israël, et Roi des rois, qui revient bientôt.

    D’autres estiment qu’Il n’était pas, homme exempt de péché originel.

    D’autres à la manière du « Christ cosmique » ne L’acceptent qu’en termes de
    modèle transcendant de l’évolution humaine, et sans capacité d’intervention dans notre monde pratique.

    D’autres déjà cités, Le rangent parmi une des expressions spécifique du "divin" (élohimien ?) pour les Israélites, qui ne serait pas à surévaluer par rapport à d’autres  « envoyés de dieu » révélés à d’autres peuples.

    Pour couper court à cette liste que chacun pourra compléter de ses propres
    observations, n’oublions pas la grande majorité des « croyants » qui estime simplement avoir la vision vraie du Messie tout en demeurant dans l’erreur dogmatique, ou dans la désobéissance au regard de Sa Parole, ce qui est aussi une manière de le défigurer. Etc.
    (Voir dans les commentaires, en bas de page, l'avis résumé et éclairé d'un frère)

    Que nos propres consciences nous interrogent, chacun, chaque jour, en nous redemandant : « Et pour moi, qui est-IL ? » Une honnête réflexion de notre
    part pourrait nous être fort salutaire. Si, dans la vérité du Souffle et de l’Écriture, nous comparons notre réponse à la révélation faite à Pierre. « Tu es le Messie, Le Fils de l'Elohim Vivant », si véritablement Il vit en nous, alors la réponse du Souffle nous donnera une vraie assurance.
    « Parce que vous êtes mes brebis ».



    CONSEQUENCE


    Famille et identité


    Dans de précédentes réflexions nous évoquions le phénomène de la question
    identitaire. Qui suis-je vraiment malgré l’étiquette que l’on m’a imposée ou l’étiquette que je me suis choisie parce qu’elle me plait ?

    Nous l’avons bien compris : chaque famille ou dénomination religieuse voulant
    s’attribuer la légitimité de l’élection divine, se persuade par quelque raisonnement de ses maîtres en théologie, d’être de « bonne identité », c'est-à-dire assurément « vrais enfants du vrai Elohim »

    Ce débat, qui touche à l’exclusivité de l’élection des saints, se concentre sur la notion de « famille légitime » : quelle est la « famille » de l’élection légitime au regard de toute la Parole, la révélation "divine" (de Elohim) ?

    A cette très lourde interrogation qui nous engagerait à des considérations tant spirituelle que génétique, le Seigneur Yéshoua répond d’une manière surprenante. Pour apporter son enseignement à ce propos, il s’empare d’une circonstance banale qui met en jeu sa propre famille selon la chair. Quoi de plus sensible, à travers tous les siècles, que la relation familiale ?
    Cet objet ne peut que nous interpeller dans le plus profond de nos entrailles, c’était l’effet souhaité ; un effet tranchant pour qu’il n’y ait plus de discussion ou tergiversation en l’occurrence.

    La Parole du Seigneur est souveraine, néanmoins nous constatons qu’elle est
    peu entendue. 



    Le prétexte et le choc


    Survinrent sa mère et ses frères, qui, se tenant dehors, l’envoyèrent appeler. La foule était assise autour de lui, et on lui dit : Voici, ta mère et tes frères sont dehors et te demandent. Et il répondit : Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? Puis, jetant les regards sur ceux qui étaient assis tout
    autour de lui : Voici, dit-il, ma mère et mes frères. Car, quiconque fait la volonté de Elohim, celui–là est mon frère, ma soeur, et ma mère.”
    (Mr 3:31-35 NEG)

    Comment ce Prince d’amour, le Fils bien aimé, Yéshoua, peut-Il prononcer
    une chose pareille, à l’égard de sa mère et de ses frères, donc de sa très proche famille selon la chair ?

    A vue et sensibilité et selon l'émotionnel humain, cette sentence est incompréhensible, choquante. En opposition complète à notre concept affectif familial, et difficilement alliable à des phrases comme : « aime ton prochain
    comme toi-même » ou « laissez venir à moi les petits enfants »… Quel tort
    avaient sa mère et ses frères pour être évincés de la sorte ? Ce n’est guère
    aimable de la part d’un bon fils, ne devait-il pas plutôt leur faire bon accueil,
    d’autant qu’il est écrit : Tu honoreras ton père et ta mère…

    Cette déclaration est de prime abord déplaisante, contraire à toutes douces
    amabilités que l’on serait en droit d’attendre d’un serviteur de Elohim, ou plutôt de la notion bien humaine que nous imaginons être l’expression de l’Amour. Posons-nous toutefois la question : Pourrions-nous, à l’exemple du Seigneur, reléguer ouvertement notre famille non croyante, nos amis non croyants, et par extension notre peuple selon la chair ou la géographie, tout
    en projetant sur d’autres personnes leurs titres de mère, de frères, d’amis, de
    peuple… ?

    Et pour expliquer notre comportement, oserions-nous dire : vous ne m’êtes
    pas indifférents, mais mes vrais frères et mon vrai peuple sont d’autres que
    vous. Avouons que nous ne sommes pas très certains de notre réponse, tellement nous détesterions nous ressentir sans coeur, infidèles, déloyaux, ingrats.

    Cet épisode du ministère de Yéshoua et sa déclaration restent dures à entendre. Particulièrement si nous réduisons toujours l’Amour de principe "divin" (de Elohim), à la seule expression de l’affectif humain. Sans nous étendre sur ce point, et sans minimiser les sentiments de tendresse et de protection, nous avons à être lucides et ne pas confondre : "Amour divin agapê" et ses déclinaisons avec ce que nous appelons, "amour humain", qui nous
    réduit à l’émotionnel et à l’humanisme. Une analogie à ces principes dirait : ne
    confondez pas « or massif » et « dorure » même si l’aspect extérieur vous y
    invite !

    Cependant ces paroles sont celles du Seigneur, il les a prononcées avec intention. Intention de « mise en ordre » dans notre entendement de la réalité de relation familiale dans le domaine divin (de Elohim).
    Nota: Nombreux sont, parmi nous, ceux qui n'ont pas eu de problème de choix à faire... la famille selon la chair s'étant éloignée d'elle-même...

     


    Une nouvelle dimension de la famille



    Sans ambages, le Seigneur annonce une autre définition de la famille, définition qui s’émancipe du seul lien de chair. Sur sa Parole, l’Adon instaure un relationnel révisé selon le principe du Souffle (esprit) et non sur le seul principe du monde.

    “Mais il répondit : Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Elohim, et qui la mettent en pratique.” (Lu 8:21 NEG)

    Le texte parallèle de Luc apporte une précision intéressante sur l’enseignement et l’institution que le Mashiah a voulu nous laisser :

    « Ma famille en Vérité, sont ceux qui sont imprégnés de la Parole du Père et qui en vivent la pratique. C'est-à-dire ceux qui obéissent de coeur à la Parole, car telle est leur nature ».

    Ainsi, ceux-là qui adhérent à la Parole, réalisent le « Shéma Israël » ce qui signifie : entendre pour obéir, ils sont donc Israël, l’Israël en Yéshoua. Voila une excellente proposition de définition de la famille divine (de Elohim).

    «
    Entends Israël », cet ordre sous tend un principe élémentaire que nombre
    d’organisations religieuses, trop figées dans leurs doctrines, n’ont plus la capacité de réaliser : entendre, l’Écrit et le Souffle, sans distorsion traditionnelle ou dogmatique, sans ajout ni retrait, pour obéir.

    « En effet, aimer Elohim implique que nous obéissions à ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles, » (1Jn 5:3 BFC)

    Ce verset de Jean est éloquent. Si, volontairement nous n’obéissons pas, ou si
    volontairement nous préférons obéir à des préceptes d’hommes, ajoutés ou retranchés à Sa Parole… Pouvons-nous encore nous dire abusivement : « Je suis de sa famille ! » ou de dire tout aussi abusivement « J’ai Abraham pour
    Père ! ». La question reste ouverte et posée à chaque conscience.

    Dans la scène de Marc 31 :35, le Seigneur nous laisse soupçonner que notre
    « famille, communauté, peuple » ne sont plus prioritairement définis par
    la chair, le gène, le groupe, fusse t’il une assemblée dite de croyants, mais par la Parole et ses fruits. La Parole et ses logiques fruits, deviennent le
    « marquage » de la famille. Les notions d’appartenance « selon la généalogie » ou d’appartenance de « clocher » semblent dépassées; non pas supprimées,
    abolies, comme sans valeur, mais dépassées, comme transformées, par un nouveau déterminant : la mise en pratique de la Parole de Vérité, selon le modèle de Yéshoua, la Parole vivante.

    Le Seigneur nous signale que notre nature est changée. En conséquence, nos
    liens relationnels évoluent. Et le critère prioritaire, voire sélectif, de notre
    nouvelle relation devient : ceux qui écoutent la Parole pour la mettre en pratique, c'est-à-dire « Vous mes disciples ». Disciples, exclusivement choisis par Yéshoua.

    Si nous décidons de ne pas nous conformer à ses paroles, nous ne sommes pas
    ses disciples. Si nous visitons des « croyants, pseudo-disciples ou non disciples » sans témoigner avec sagesse des vérités que nous savons dérangeantes, sans confesser Yéshoua Messie Fils de Elohim, tout en s’adonnant par courtoisie à des pratiques injustifiées ou en s’accommodant des
    dogmes erronés au nom de la tolérance, pensons nous toujours être « disciples du Mashiah » ?
    Est-ce de ce genre de comportement que les envoyés (apôtres) et disciples furent animés dans leur quête ? Non, Pierre dont la conduite ne fut pas exemplaire dans l’affaire « des tables » se fit bien remettre à « sa place »
    par le frère Paul ! (Galates 2 :11)

    Être disciple et témoin du Mashiah en se faisant juif avec les judaïsants et hellène avec les hellénisants ne consiste pas en compromis, mais en une sage et
    intelligente adaptation du langage et du comportement de manière à bien se
    faire comprendre sans heurter.
    Soyons circonspects, partout où nous allons, souvenons nous que nous sommes prioritairement ses témoins, afin que nous n’ayons pas à rougir lorsque nous sommes devant Lui.

    L’abandon des pratiques et des dogmes erronés, hérités des traditions des églises et de la synagogue et du monde, ne s’impose pas avec violence de l’extérieur, mais ne peut être que le fruit de la conscience du Messie en nous. Le dépouillement de toute vaine pratique ou vain enseignement est le résultat du travail du Souffle de Vérité, plus tranchant qu’une épée, séparant mensonge et vérité… Ensuite, confronté à l’évidence, chacun fait ses choix sans contrainte, dans la liberté du Mashiah, de sa vérité qui nous affranchit, et en conséquence chacun fait également le choix de la famille selon le Souffle…

    Le Messager de Sa Face



    Au risque de la famille selon la chair, le dilemme


    « Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle–fille et sa belle–mère ; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi » (Mt 10:35-37 NEG)

    Nouvelle atteinte émotionnelle à notre sensiblerie humaine. Décidément le
    Seigneur ne nous épargne pas, y compris dans ce qui serait le bien le plus précieux aux hommes de paix : le bonheur et l’harmonie familiale. Le Seigneur prévient: Je serai un sujet de division même au sein des familles. L‘adhésion au Messie et à tout ce qu’il représente de valeurs peut ne pas être accepté de tous, et peut générer jusqu’à de l’opposition. Prions pour qu’il n’en soit pas ainsi et que les membres de nos familles selon la chair soient gagnés par le Seigneur…
    Mais il faut faire aussi le bilan réel : nous connaissons nombre de frères et
    soeurs qui ont perdu leur famille à cause du Messie et de la recherche de Sa vérité ! Que le Seigneur de miséricorde les console par une relation renouvelée et soutenue avec la famille de la foi. Est-ce à dire que tout est perdu et que notre rôle, celui de la réconciliation avec le Créateur, s’arrêterait à ce stade, comme une fatalité ! Ayons en nous les sentiments qui étaient en Yéshoua, et pour exemple ceux qui animaient son disciple Paul.

    “Je dis la vérité en Messie, je ne mens point, ma conscience m’en rend témoignage par le Souffle de sanctification : J’éprouve une grande tristesse, et j’ai dans le coeur un chagrin continuel. Car je voudrais moi–même être anathème et séparé du Messie pour mes frères, mes parents selon la chair, qui sont Israélites, à qui appartiennent l’adoption, la gloire, les alliances, la loi, le culte, les promesses, et les patriarches, et de qui est issu, selon la chair, le Messie, qui est au–dessus de toutes choses, Elohim béni éternellement. Amen ! Ce n’est point à dire que la parole de Elohim soit restée sans effet.
    Car tous ceux qui descendent d’Israël ne sont pas Israël, et bien qu’ils soient la postérité d’Abraham, ils ne sont pas tous ses enfants ; mais il est dit : En Isaac sera nommée pour toi une postérité, c’est–à–dire que ce ne sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de Elohim, mais ce sont les enfants de la promesse qui sont regardés comme la postérité.” (Ro 9:1-8 NEG)

    Quel amour ! Paul ne souhaite ici qu’une chose ; c’est que sa famille selon la chair, qui possède une richesse énorme en Elohim, ne reste pas en dehors de la grâce, mais qu’ils deviennent aussi participants à la famille, l’assemblée de Yéshoua. Alors Paul, ce géant d’amour, a compris que « son peuple selon la
    chair » serait au bénéfice de la grâce, à l’expresse condition que ceux qui ont reçu miséricorde, intercèdent pour que ceux qui restent encore pour un temps éloignés de la grâce reçoive la miséricorde à leur tour. Ainsi toute la richesse accumulée aujourd’hui pendant trois mille cinq cent ans sera mise au bénéfice de toute la Qéhiyllah, de toutes les nations, non selon la tradition mais selon le Souffle, la Vérité.

    Paul supplie pour les siens, et le Seigneur aurait rejeté sa famille selon la chair ?
    L’histoire nous permet d’affirmer le contraire. Miryam, sa mère, ses frères et
    soeur furent bientôt convaincus de la messianité et de la filiation "divine" (de Elohim) de Yéshoua. A la croix, Yéshoua remit sa mère aux bons soins d’un disciple, et son frère Jacques (Yaaqov), selon la chair et le Souffle, fut le second «chef» de la Qéhiyllah de Jérusalem après Pierre.

    Mais soyons toujours conscients de la réalité parfois déchirante : Ma famille par excellence est celle du Mashiah. Mes frères et mes soeurs, mon clan, mon
    peuple, sont ceux qui appartiennent au Mashiah ; Lui-même m’a désigné la place de frère ou soeur parmi eux :

    « Et le Seigneur ajoutait chaque jour à l’assemblée ceux qui devaient être sauvés.” (Ac 2:47 DRB)

    Le Seigneur nous a choisi, honorons son choix ! Si par priorité de chair, nous préférons rester ou retourner aux traditions des hommes, alors Il nous dit clairement : « celui la n’est pas digne de Moi » (Mt 10 :37). Néanmoins
    respectons les choix de chacun avec miséricorde.



    Un commandement nouveau


    La nouvelle relation de famille ainsi révélée à ses disciples permettra à l’Adon de dire :

    « Mes petits enfants, (…) Je vous donne un commandement nouveau : Aimez vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez vous les uns les autres. A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples… » (Jn 13:33-35 NEG)

    Cette mitsvah ou ordonnance serait nouvelle bien qu’il soit déjà écrit : "aime ton prochain comme toi-même" (Lévitique 19:18).
    Effectivement, cette mitsvah est nouvelle, car l’amour dont il est question ici entre les disciples est d’une nature supérieure au nécessaire amour « affectif ou humanitaire » du prochain. « Il faut donc que vous vous aimiez comme Moi Je vous ai aimés » car si l’amour entre disciples n’est pas plus que l’amour humaniste, comment observera t’on la différence entre les disciples et le monde ?

    Ce n’est pas si simple à vivre, car chaque « croyant » est en droit de se penser en conformité avec cette mitsvah, tout en étant peut-être bien éloigné.

    Notons aussi que le critère de l’appartenance à la famille de la foi, de
    l’adhérence, la Qéhiyllah des disciples de Yéshoua, n’est pas un acquis inconditionnel comme le code génétique de la chair, car vis-à-vis de la Vérité et de son application, ce qui est la foi, nous sommes toujours en possibilité de naufrage :

    « Ainsi donc, que celui qui croit être debout prenne garde de tomber ! »
    (1Co 10:12 NEG)

    « La recommandation que je t’adresse, Timothée, mon enfant, selon les prophéties faites précédemment à ton sujet, c’est que, d’après elles, tu combattes le bon combat, en gardant la foi et une bonne conscience.
    Cette conscience, quelques–uns l’ont perdue, et ils ont fait naufrage par
    rapport à la foi. » (1Ti 1:18-19 NEG)

    « Mais, vous mes disciples, si vous vous aimez les uns les autres, si vous faites
    vôtre mon nouveau commandement, sans oublier les autres, alors il n’y aura pas de naufrage, car chacun prendra soin de l’autre, ».
    L’Amour, le vrai, fera son oeuvre : car la volonté du Père est que tout homme
    parvienne à la connaissance de la Vérité pour être sauvé, et qu’aucun ne se perde

    « … Mais il se tiendra debout, car le Seigneur a le pouvoir de l’affermir.” » (Ro 14:4 NEG)

    “Tu l’as fait un peu moindre que les anges ; tu l’as couronné de gloire et d’honneur, et l’as établi sur les oeuvres de tes mains ; tu as assujetti toutes choses sous ses pieds ; car en lui assujettissant toutes choses, il n’a rien laissé qui ne lui soit assujetti ; mais maintenant nous ne voyons pas encore que toutes choses lui soient assujetties ; mais nous voyons Yéshoua, qui a été fait un peu moindre que les anges à cause de la passion de la mort, couronné de
    gloire et d’honneur, en sorte que, par la grâce de Elohim, il goûtât la mort pour tout. Car il convenait pour lui, à cause de qui sont toutes choses et par qui sont toutes choses, que, amenant plusieurs fils à la gloire, il consommât le chef de leur salut par des souffrances. Car, et celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous d’un ; c’est pourquoi il n’a pas honte de les appeler frères, disant, J’annoncerai ton nom à mes frères ; au milieu de l’assemblée je
    chanterai tes louanges. Et encore, Moi, je me confierai en lui. Et encore, Me voici, moi, et les enfants que Elohim m’a donnés.” (Heb 2:7-13 DRB)



    Article connexe: http://jyhamon.eklablog.com/un-fils-unique-en-son-genre-pour-un-elohim-unique-explications-a120664850





    JYH
    27/11/2013
    D'après "Blog Qéhila" (avec mes excuses pour l'exclusion de "Dépointieu" remplacé par "Elohim" et mon problème récurrent avec la "divinité déusienne et/ou théosienne" ;) )
    (Copie autorisée et même souhaitable, à condition d'en redonner le texte intégral et les sources)




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