• Beaucoup exhortent le gouvernement à modifier son approche face à l’assassinat de 1,5 million d’Arméniens, mais les considérations géopolitiques semblent l’emporter.

     

    Pourquoi Israël refuse toujours de reconnaître le génocide arménien

    Les membres de la communauté arménienne défilent avec des drapeaux et des torches le 23 avril 2015 dans la Vieille Ville de Jérusalem, à la veille du 100e anniversaire du génocide arménien sous l'Empire ottoman en 1915. (Crédit : AFP / GALI TIBBON)

    Avertissement de JYH: A chaque fois qu'il sera parlé de "Israël" dans cet article de "Times of Israël", il s'agira évidemment de "l'Etat terrestre de Juda" (qui se fait appeler "Israël") et non pas de "l'Israël de Elohim", celui des "Israëlites en Yéshoua".
    http://jyhamon.eklablog.com/l-etat-d-israel-est-il-l-israel-de-elohim-1ere-partie-nouvelle-version-a117302204
    A ce sujet, il convient de corriger une erreur trop commune qui consisterait à appeler "goy" (peuple) une nation autre que "Juda", ou "goïm" pour "les nations" comme équivalent de "païens", alors que "goy" est utilisé à propos d'Abraham:
    - "Je ferai de toi une grande nation (goy)" en Genèse 12:2
    - aussi bien que pour "Ismaël" en Genèse 17:20,
    - ou à plus forte raison pour "Israël" (tout Israël) comme "nation sainte" ou "peuple saint" (goy qadosh) et un "royaume de sacrificateurs" en Exode 19:6.
    Ainsi donc, il faut en finir là également avec les abus de langage, avec la dictature des mots confisqués et "l'usurpation d'identité" puisque des "goïm" sont les composantes de "Israël", "l'Israël de Elohim" (nation sainte, goy qadosh), et que Juda est un "goy" particulier, Ismaël aussi, etc... sans oublier que "Ephraïm" devient "mélo hagoïm", multitude de nations-peuples (Gen 48:19).
    Ce qui est expliqué dans cet article, c'est que pour des raisons "politiques" (terrestres) et certainement "religieuses" aussi, le "goy de Juda" n'a pas reconnu le génocide du "goy d'Arménie" !
    Si on ne comprend pas que des "goïm du judaïsme rabbinique" (du moins leurs "chefs") ne reconnaissent pas le génocide des "goïm chrétiens d'Arménie", on passe complètement à côté des réalités politico-religieuses du moment et encore plus à côté des prophéties pour les derniers temps à venir !
    NB: Un complément sur "l'Arménie berceau du christianisme" a été ajouté à cet article illustré par ailleurs avec des photos de "Wikipedia".




    S'adressant aux Nations unies à New York lors de la Journée internationale du souvenir de l’Holocauste au début de cette année, le président Reuven
    Rivlin a consacré une grande partie de son discours au sort des Arméniens, qui ont été tués par centaines de milliers entre 1915 et 1923.

    Rivlin a parlé de « cent ans d’hésitation et de déni » et a souligné qu’à l’époque, personne dans la Terre d’Israël n’avait nié que le massacre avait eu lieu.

    « Les habitants de Jérusalem, mes parents et les membres de ma famille, ont vu les réfugiés arméniens qui arrivent par milliers – affamés, pitoyables survivants de calamité. A Jérusalem, ils ont trouvé refuge et leurs descendants continuent à y vivre jusqu’à ce jour », a-t-il dit.

    Lors de son discours, il a prononcé le mot « génocide » neuf fois – mais jamais dans le contexte de ce qui était arrivé aux Arméniens. Ou bien l’a-t-il fait ?

    S’exprimant dans sa langue maternelle, Rivlin faisait référence au « retsach bnei haam haarmeni », qui signifie « l’assassinat des membres de la nation arménienne », mais qui rappelle le terme hébreu pour génocide, ‘retzah am’.

     

    Pour certains, le choix des mots était un intelligent dispositif rhétorique par lequel il a élégamment évité un piège diplomatique, puisqu’Israël n’a jamais reconnu officiellement le génocide arménien. La communauté arménienne en Israël, néanmoins, a été déçue.

    Rivlin était jadis connu comme l’un des plus fervents défenseurs du pays de la reconnaissance sans équivoque du génocide, a fait remarquer Georgette Avakian, membre du Comité du cas arménien en Israël.

    « Aujourd’hui, il est le président de l’Etat et les choses ne sont pas exactement comme elles l’étaient, » a-t-elle déclaré au Times of Israel. « Il n’a pas utilisé le mot génocide. Certes ,il a dit retsach bnei haam haarmeni, mais cela ne suffit pas ».

    Ce vendredi, le monde commémore le 100e anniversaire de l’assassinat en masse de près d’un million et demi d’Arméniens par les Turcs ottomans.

    En fait, pas le monde entier. Si d’innombrables autorités régionales et locales ont reconnu le génocide arménien, de l’Écosse, la Nouvelle-Galles du Sud et 44 États des États-Unis jusqu’à la province de Buenos Aires et la municipalité d’Alep en Syrie, l’écrasante majorité des pays dans le monde – y compris les Etats-Unis, Allemagne et bien sûr Israël – refusent de le faire.

    Dans la plupart des cas, les pays ne veulent pas se référer officiellement aux événements entre 1915 et 1923, au cours desquels les forces ottomanes ont massacré les citoyens arméniens dans un acte systématiquement planifié de nettoyage ethnique, comme un génocide, par souci de leurs liens avec la Turquie, qui est un membre de l’OTAN et un allié musulman important de nombreux pays occidentaux.

    Pourquoi Israël refuse toujours de reconnaître le génocide arménien

                                      Cadavres près d'Ankara, 1915

    Ankara nie résolument qu’un génocide ait eu lieu sur son sol et s’oppose de manière agressive à tous ceux qui adoptent cette terminologie.

    Au debut du mois, le pape François a fait référence à l’assassinat en masse des Arméniens comme « le premier génocide du 20e siècle ».

    La Turquie était furieuse : le souverain pontife avait rejoint « le complot » d’un « front du mal » contre le parti au pouvoir AK, a déclaré le Premier ministre Ahmet Davutoğlu. (Même si le Vatican avait déjà officiellement reconnu le génocide arménien en 2000, quand le pape Jean Paul II avait dit qu’il était un « prologue aux horreurs qui allaient suivre ».)

    Israël ne reconnaît pas officiellementle génocide arménien pour diverses raisons géopolitiques qui vont au-delà d’une détente espérée avec la Turquie.

    Ces considérations stratégiques pèsent si fortement qu’elles continuent de l’emporter sur la forte pression d’organisations juives et arménienness et même d’un nombre important de politiciens israéliens. Le déni permanent d’Israël du génocide arménien a survécu à plusieurs débats à la Knesset et même aux efforts déployés par un ancien ministre de l’Education pour inclure le sujet dans les programmes scolaires.

    « La position d’Israël n’a pas changé », a déclaré le porte-parole ministère des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, dans une interview la semaine dernière.

    « Israël et le peuple juif font preuve de solidarité et d’empathie envers le peuple et le gouvernement arménien à la lumière de la profonde tragédie qu’ils ont endurée pendant la Première Guerre mondiale. »

    Nahshon a soigneusement contourné le mot commençant par un g. Pareil pour la Knesset qui dans son communiqué de presse à propos de la délégation d’Israël à Erevan pour les événements commémoratifs officiels du week-end, se réfère simplement à la « tragédie arménienne ».

    Trois représentants israéliens doivent représenter l’Etat en Arménie : Les députés Anat Berko (Likud) et Nahman Shai (Union sioniste) et l’ambassadeur non-résident d’Israël en Arménie, Shmuel Meirom.

    « Israël doit reconsidérer sa position sur la question de savoir si le temps est venu de reconnaître le fait qu’un génocide arménien s’est produit. En tant que Juifs, nous devons le reconnaître », a déclaré Shai, dont le parti de centre-gauche sera probablement dans l’opposition.

    Dans une interview, il est allé jusqu’à qualifier les événements tragiques « d’Holocauste arménien » osant même dire qu’ils étaient « juste comme ce que les nazis ont fait aux Juifs ».

    Mais Berko, qui représente le parti au pouvoir en Israël, a évité ces termes.

    « Nous considérons cette horrible tragédie et nous nous identifions avec le peuple arménien, » a-t-elle indiqué la semaine dernière au Times of Israel.

    Jérusalem reconnaît la souffrance qui a frappé le peuple arménien et le montre en envoyant une « délégation respectable » à Erevan, a-t-elle ajouté, laissant entendre que c’est à peu près tout ce qu’Israël peut faire pour les Arméniens à ce stade.

    « C’est la position de l’État. Nous représentons l’État ; mon opinion personnelle sur la question n’est pas importante »,dit-elle au sujet du refus de Jérusalem d’appeler un génocide un génocide.

    Pourquoi Israël refuse toujours de reconnaître le génocide arménien

               Corps d'Arméniens massacrés dans la ville d'Adana, avril 1909.


    Faire référence aux événements d’il y a 100 ans comme une « horrible tragédie » est assez fort, et il n’est pas nécessaire de s’engager à les qualifier de génocide, a-t-elle soutenu, insinuant que les historiens sont encore peu clairs sur ce qui s’est exactement passé à l’époque.


    Est-ce que la reconnaissance du génocide arménien marginalise la Shoah ?

    En 2001, lorsque les relations avec la Turquie étaient bien meilleures qu’aujourd’hui, le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Shimon Peres, avait catégoriquement réfuté les « allégations arméniennes, » les dénonçant comme des tentatives pour créer un parallèle entre elles et la Shoah. « Rien de semblable à la Shoah n’a eu lieu. Ce que les Arméniens ont subi est une tragédie, mais pas un génocide », avait-il alors déclaré.

    Le caractère unique de la Shoah, estiment certains, empêche Israël de faire référence à la situation arménienne comme un génocide.

    Suivant cette logique tordue, reconnaître le génocide d’un autre peuple atténue en quelque sorte sa propre histoire tragique.

    D’autre part, un nombre croissant d’Israéliens soutiennent que puisque les Juifs ont subi un génocide, ils sont tenus d’être les premiers à le reconnaître s’il est fait à d’autres.

    Beaucoup d’importantes organisations juives, parmi elles l’Anti-Defamation League et l’Union for Reform Judaism, ont depuis longtemps reconnu le génocide arménien.

    « En tant que membres d’une nation qui a connu la Shoah et qui combat la négation de l’Holocauste, nous sommes obligés de montrer une sensibilité particulière envers la catastrophe d’un autre peuple », est-il écrit dans une pétition en ligne demandant au gouvernement israélien de reconnaître le génocide arménien.

    Parmi les signataires on note des Israéliens éminents de toutes les sphères, comme l’écrivain Amos Oz, l’historien Yehuda Bauer, le général à la retraite Amos Yadlin, l’ancien ministre du Likud Dan Meridor et une dizaine d’anciens députés et ministres. (Jusqu’à présent, environ 790 personnes ont signé la pétition).

    Malgré tout, les chances pour que que Jérusalem prenne en compte de si tôt leur appel restent faibles, selon Israël Charny, le directeur de longue date de l’Institut sur l’Holocauste et le génocide à Jérusalem et l’un des premiers et plus fervents défenseurs israéliens de la reconnaissance du génocide arménien.

    Pourquoi Israël refuse toujours de reconnaître le génocide arménien

    Pourquoi Israël refuse toujours de reconnaître le génocide arménien

     


    Déportation des habitants de Kharpout
    par les soldats ottomans en avril 1915


                                                               Camp de réfugiés arméniens en Syrie
                                                                                  (1915-1916)

    « Actuellement, le mieux que nous pouvons espérer, c’est que les représentants du gouvernement fassent des déclarations menschlich [décentes] de reconnaissance du génocide et de sympathie et d’identification du peuple juif avec le peuple arménien et la tragédie et le mal qu’ils ont subis ». estime-t-il.

    Mais Charny, qui a été invité par le gouvernement arménien à assister à la commémoration officielle d’Etat du génocide vendredi à Erevan, ne s’attend pas à une nouvelle tentative parlementaire de voter une reconnaissance officielle israélienne.

    Il a assisté à de telles discussions antérieures à la Knesset, au cours desquelles il a estimé que la majorité des députés sont en fait en faveur d’une loi sur la reconnaissance, mais qu’ils étaient toujours étouffés par les pouvoirs en place au ministère des Affaires étrangères et au bureau du Premier ministre.

    Même s’il est improbable qu’une telle loi soit adoptée par la 20e Knesset, Charny espère, à tout le moins, que « les gens qui veulent l’étouffer portent la honte et la responsabilité historique pour étouffer quelque chose qui est absolument de bonne foi, et dont on dispose des preuves évidentes, et qui est un précurseur de la Shoah ».

    Israël devrait prendre un exemple sur l’Arménie, qui a commencé à consacrer des ressources importantes à l’étude des autres génocides que le leur, dit Charny.

    L’équivalent arménien de Yad Vashem, le musée israélien de la Shoah, a récemment construit une nouvelle bibliothèque dédiée aux assassinats en masse des autres peuples, et les législateurs ont établi un jour de commémoration pour les victimes de tous les génocides.

    En comparaison avec l’Arménie, a-t-il suggéré, Israël semble égoïste et indifférent aux tragédies des autres gens, comme si les Juifs avaient le monopole de la souffrance.

    « Il n’y a rien en Arménie qui puisse minimiser la mémoire de leur propre génocide. Au contraire. Mais ils élargissent leur vision du monde », a-t-il expliqué.

    « Pour moi, c’est l’aspect le plus sage de notre tradition juive – il s’agit de l’Israël auxquel rêvent moi et beaucoup d’autres comme moi – qui serait capable de s’étendre à être aussi concerné par les génocides des autres, et pas seulement d’être préoccupé par la realpolitik ».



    Qu’est-ce qui, exactement, retient Jérusalem de reconnaître le génocide arménien ?

    Israël est un petit pays dans un quartier hostile qui ne peut pas se permettre de contrarier les quelques amis qu’il a dans la région. Même des États plus puissants refusent d’employer le terme de génocide, de peur de s’aliéner la Turquie, et bien que les liens entre Jérusalem et Ankara sont à un niveau historiquement bas, Israël sait que la reconnaissance du génocide arménien éloignerait toute perspective de réconciliation.

    Mais peut-être plus importante que les liens avec la Turquie est l’amitié naissante d’Israël avec l’Azerbaïdjan.

    Un pays musulman chiite modéré mais frontalier à l’Iran, qui est l’ennemi juré de l’Arménie et s’oppose donc à toute reconnaissance de la victimisation arménienne.

    Pourquoi Israël refuse toujours de reconnaître le génocide arménien

                               Déportation de populations arméniennes
                                    avec le chemin de fer de Bagdad


    En effet, les Azéris participent actuellement à une campagne visant à dépeindre les Arméniens eux-mêmes comme les auteurs d’assassinats en masse systématiques. Citant ce qu’on appelle le massacre de Khodjaly de 1992, dans lequel les Azéris ont été tués pendant la guerre du Haut-Karabakh, les fonctionnaires et les universitaires favorables au gouvernement de Bakou accusent les Arméniens de génocide.

    Lors de son discours de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste à l’ONU, Rivlin a effectivement cité Khodjaly parmi un certain nombre d’autres « génocides » apparents, au grand dam des Arméniens.

    En février, le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Liberman, a assisté à un événement en Azerbaïdjan commémorant les événements de Khodjaly, fâchant à nouveau l’Arménie.

    « Il est inapproprié que n’importe quel politicien puisse se permettre d’être attiré dans des manipulations azerbaïdjanaises bon marché », avait déclaré à l’époque le porte-parole du ministère arménien des Affaires étrangères Tigran Balayan.

    (Plusieurs articles dans la presse israélienne ont repris ces allégations, mettant l’accent sur un effort concerté de transformer les Arméniens de victimes en bourreaux.)

    Pour Avakian, du Comité arménien basé à Jérusalem, Israël refuse de reconnaître le génocide arménien « uniquement en raison d’intérêts matériels ».

    « C’est à cause des relations avec l’Azerbaïdjan et la Turquie, des ventes d’armes et d’autres questions économiques. Israël a oublié que le peuple juif a également connu un Holocauste horrible ».

    Bakou et Jérusalem ont en effet de solides liens commerciaux, en plus d’une méfiance mutuelle envers l’Iran.

    Pourquoi Israël refuse toujours de reconnaître le génocide arménien

    La circulaire 3052 du 24 avril 1915 signée par le ministre de l'intérieur Talaat Pacha ordonne aux autorités militaires et aux administrations de l'ensemble de l'Empire ottoman d'arrêter les élites arméniennes locales. C'est l'acte fondateur du démarrage des massacres de masse et le 24 avril 1915 est très rapidement retenu comme date du début des opérations

    Environ 40 % du pétrole utilisé en Israël provient d’Azerbaïdjan, et Jérusalem « vend aussi à son partenaire azéri des blindés de transport de troupes, des nombreux lance-roquettes, des fusils Tavor et des munitions » ont écrit en 2013 les chercheurs Anna Geifman et Dima Course de l’université Bar-Ilan.

    « Et puisqu’aucun des deux pays n’a assez d’amis au-delà de ses frontières, il devrait être clair que chaque partenaire contribue au lobbying indispensable de l’autre ».

    Il y a un puissant lobby au sein du gouvernement israélien qui met la realpolitik avant les principes, ce qui explique pourquoi des liens étroits avec l’Azerbaïdjan empêchent la reconnaissance du génocide arménien, dit Charny, le spécialiste des génocide basé à Jérusalem.

    « L’Arménie est un pays pauvre, en difficulté, un plus petit pays. Et ils ne valent pas grand chose dans leur shtetl là-bas en Arménie, par rapport à l’Azerbaïdjan florissant », a-t-il dit d’un ton sarcastique.

    Et pourtant, les efforts visant à placer la vérité historique et les considérations morales avant l’opportunisme politique viennent aussi bien de la gauche que de la droite en Israël.

    En 2000, le ministre l’Education d’alors, Yossi Sarid, (Meretz) a annoncé des un plan pour placer le génocide arménien dans les programmes d’études de l’histoire en Israël.

    « Le génocide est un crime contre l’humanité et il n’y a rien de plus horrible et odieux qu’un génocide. L’un des objectifs de notre éducation – notre principal objectif – est d’inculquer la sensibilité à l’atteinte à l’innocent fondée sur la seule nationalité », a-t-il dit lors du 85e anniversaire du massacre. « Nous, Juifs, en tant que principales victimes de la haine meurtrière sommes doublement obligés d’être sensibles, de nous identifier aux autres victimes ».

    Une décennie plus tard, en juin 2011, ce fut le député Arye Eldad, du parti d’extrême droite HaIhud HaLeumi, qui a présenté une proposition de loi pour déclarer chaque année le 24 avril comme Journée de commémoration du génocide arménien.

    Quelques semaines plus tôt, la Knesset avait tenu son premier débat sur la reconnaissance du génocide. Il est apparu qu’il y aurait une majorité pour la reconnaissance, mais la question n’a jamais été soumise au vote.

    Un autre homme politique de droite – il est aujourd’hui le président de l’Etat d’Israël – était l’un des défenseurs les plus virulents en faveur la reconnaissance du génocide arménien à la Knesset. En tant que député et président de la Knesset, Rivlin a fait valoir que l’impératif moral de ne pas nier la souffrance d’un autre peuple doit l’emporter sur tout besoin diplomatiques et géopolitiques d’Israël.

    Pourquoi Israël refuse toujours de reconnaître le génocide arménien

    Le président russe Vladimir Poutine s'inclinant devant la mémoire des victimes du génocide arménien,Tsitsernakaberd, en 2013.
    On peut rappeler que la Russie avait déjà défendu "Alep" aussi bien que "Van" et autres territoires dès les premiers massacres de 1896 et en 1913.


    C’est impensable pour la Knesset d’ignorer cette tragédie, avait dit Rivlin il y a deux ans dans l’hémicycle. « Nous exigeons des autres de ne pas nier la Shoah, et nous ne pouvons ignorer la tragédie d’une autre nation. »

    Il a même cherché à établir une session parlementaire annuelle à l’occasion du génocide arménien.

    « Il est de mon devoir en tant que Juif et Israélien de reconnaître les tragédies des autres peuples », avait déclaré Rivlin. « Les considérations diplomatiques, aussi importantes soient-elles, ne nous permettent pas de nier la catastrophe [vécue par] un autre peuple. »

    Aujourd’hui, en tant que chef d’Etat, dont les paroles ont tellement plus de poids sur la scène internationale, Rivlin fait face à un véritable dilemme : la clarté morale contre l’opportunisme politique. Alors que les Arméniens l’accusent de volte-face, d’autres défenseurs de la reconnaissance disent qu’il reste attaché à la cause.

    La façon dont il a marché sur la pointe des pieds autour du mot génocide lors de son discours à l’ONU n’est pas la seule manifestation de son apparente hésitation à utiliser par rapport à l’Arménie.

    En décembre, il a également décidé de ne pas renouveler sa signature sur une pétition annuelle appelant Israël à reconnaître le massacre comme un génocide. Les militants pro-israéliens de la reconnaissance ont été déçus, mais certains ont reconnu qu’un président ne pouvait pas signer des pétitions de ce genre.

    Pour Charny, le chercheur sur les génocide, les mérites pro-reconnaissance de Rivlin restent entièrement intacts.

    Certes, le président a évité de prononcer le mot génocide, mais il a donné de l’importance au massacre des Arméniens lors de son discours à l’ONU, en ayant suggéré que le prophète Jérémie aurait pleuré pour les Arméniens comme il avait pleuré pour le peuple d’Israël.

    Pour Charny, la référence de Rivlin au retsach bnei haam haarmeni compte ha’armeni equivaut à une reconnaissance complète du génocide arménien, « et je considère cela comme une étape symbolique majeure. »

    Le système politique d’Israël impose certaines limitations aux pouvoirs du président, mais « ce n’est pas une mince affaire lorsque le président d’un pays adopte une position comme celle=ci, » a-t-il ajouté. « C’est une percée et il est tragique qu’elle ne soit pas reconnue comme telle, que ce soit en Israël ou en Arménie. »

    En effet, il y a des indications claires que Rivlin n’a pas changé d’avis sur la question. Lors d’un point de presse pour les journalistes étrangers la semaine dernière, il a félicité le pape d’avoir reconnu le génocide arménien.

    « J’ai été le premier à dire que c’était un génocide », a-t-il dit. « Si nous ne parlons pas pour les Arméniens, que diront-ils pour nous ? » 




    COMPLEMENT:

    L'Arménie, berceau du christianisme

    JYH: Ce complément n'a évidemment pas pour but de valoriser une "religion d'hommes" plus qu'une autre mais de rappeler que si ces religions ne se comprennent pas, c'est tout simplement parce qu'elles ont toutes renié leurs véritables racines hébraïques, que ce soit dans les pagano-christianismes et leurs "Jésus" sans Torah-Loi (ou une Torah tronquée), ou les "judaïsmes pharisiens sans cohanim-prêtres" falsificateurs de Torah avec traditions (d'hommes) et fêtes non scripturaires (sans compter la fausse "filiation casher"), et surtout leur non reconnaissance de la "Torah vivante" qu'est Yéshoua, pourtant amplement prophétisé dans le Tanakh. 
    C'est donc là aussi un simple "descriptif" de ce qui est ou a été, des faits qui peuvent toutefois amener à réfléchir pour ceux qui auraient "l'Amour de la Vérité" (2 Th 2:10-12).



    L'Arménie et le Christianisme, quelle Histoire ! En effet, l'Arménie est la première nation a avoir adopté le "Christianisme" comme religion officielle dès le début du IVème siècle... Un voyage en Arménie sera l'occasion de plonger dans le passé de tout un pays.

    L'Arménie et l'Empire Romain

    L'adoption du "Christianisme" par l'Arménie est généralement datée du début du IVème siècle, la date exacte restant sujette à débat. L'Arménie est alors un royaume en autogestion placé sous la tutelle de l'Empire Romain. Tiridate IV, couronné par l'empereur Dioclétien, est alors un "païen" (non "goy qadosh"). La version romancée de l'histoire raconte que le roi et sa cour tombèrent gravement malades après avoir livré au martyr de jeunes vierges chrétiennes. Des légendes ajoutent même que le roi fut transformé en sanglier à la suite de ces méfaits.
    Grégoire l'Illuminateur, un arménien "chrétien" jusque là emprisonné à Khor-Virap pour avoir affiché sa foi, fut libéré par la sœur du roi. A force de prêches et de miracles, il soigna le roi et sa cour. Cet événement contribua à convaincre le souverain de se convertir au "Christianisme", faisant de l'Arménie le premier état chrétien au monde.

    La conversion de tout un peuple

    Une fois Tiridate IV converti, il travailla avec Grégoire l'Illuminateur à répandre le "Christianisme" dans toute l'Arménie. Les temples "païens" furent détruits et bientôt remplacés par des églises (pourtant elles aussi "pagano-chrétiennes").
    En 406, le moine Mesrop Machtots mit au point un alphabet arménien qui permit au pays de se détacher du grec, du syrien et du perse. L'Église arménienne put alors se construire et développer sa vision propre.
    Pour consolider l'essor de la religion au sein du pays, Grégoire l'Illuminateur, devenu évêque, passa les années suivantes à faire construire des centres d'éducation "chrétienne". Il travailla également à mettre au point l'organisation au sein de l'Église arménienne.

    Le premier empire chrétien au monde

    Malgré les débats entourant la datation de la conversion des arméniens, le pays se révèle être la première terre à adopter le "Christianisme" comme religion officielle. En effet, il a fallu attendre l'année 313 pour que l'Empire Romain consente à autoriser cette religion. Dans l'Empire, le "Christianisme" ne devint religion officielle qu'en 324.

    Berceau du "Christianisme", l'Arménie compte aujourd'hui de nombreux édifices religieux, témoin du passé du pays. Durant votre séjour en Arménie, vous pourrez, par exemple, visiter la cathédrale d'Etchmiadzine, toute proche de la capitale Erevan. Classée au patrimoine mondial par l’Unesco, c'est le plus vieil édifice "chrétien" du pays. Le monastère qui l'entoure est aujourd'hui le siège de l’Église apostolique arménienne.


    Que YHWH notre Elohim ait pitié de nos faiblesses et de nos incompréhensions, qu'IL envoie Son "esprit de grâce et de supplication" (Zach 12:10) et que "Yéshoua la Vérité" revienne pour mettre fin aux religions destructrices:
    http://jyhamon.eklablog.com/vivre-juif-et-ou-chretien-en-finir-avec-la-crise-d-identite-a126312658 



     

     JYH
    11/01/2017
    D'après: http://fr.timesofisrael.com/pourquoi-israel-refuse-toujours-de-reconnaitre-le-genocide-armenien/
    Et: http://www.evaneos.com/armenie/guide/851-l-armenie-berceau-du-christianisme/
    (Copie autorisée et même souhaitable, à condition d'en redonner le texte intégral et les sources)


     

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    Avertissement :

    Que le Rouah du prophète Daniel soit sur toute l'Assemblée des enfants
    du tout Israël ! Que ce Souffle puissant et intemporel vous éclaire sur
    les temps et les moments. Que tous puissent prophétiser et alerter le
    peuple. Que le temps du témoignage et de l'appel à la repentance puisse
    se concrétiser par la réconciliation du plus grand nombre, et donc, hélas,
    par la séparation des rebelles. Que nul ne se fourvoie et ne dissimule la
    vérité à son prochain. Que personne ne mette un obstacle sur le chemin
    du malvoyant pour le faire chuter. C'est aussi une Mitsvah !...

    Mais surtout, que les intercesseurs fassent leur job ! Qu'ils intercèdent...
    et qu'ils crient plus fort. Le Trône est si haut, et nous hélas.. si bas
    !




    ISRAËL 2017… grandeurs et décadences (source LaBNdR)

    free-palestine



    NdlR et de JYH : Nous partageons cet article qui circule déjà ici et là.
    Pour qu’il interpelle.
    Les 2 témoins seront mis à mort à Jérusalem, alias "Sodome et Egypte"… la ville qui "tue ses prophètes". Est-ce dur à entendre ? OUI… vous ne voulez pas l’entendre ? Passez votre chemin, nul n’est contraint de regarder une vérité qui met à mal ses propres convictions et sa foi.. mais n’oubliez pas dès lors de ranger vos Saintes Ecritures au rayon « contes et légendes fantastiques ». Bien désolé. Mais personne n’a dit que ce serait facile et indolore… surtout pas le Machiah !

    L’Etat hébreu version 2017 correspond-il à "l’idéal des Prophètes d'Israël"
    ? ... q
    uestion au potentiel polémique infini et porteuse de divisions irréconciliables !
    Pour autant, au sein même de "l’Israël politique"**, au sein des diasporas juives, et au milieu des assemblées des israélites greffés, quelques-uns osent aujourd’hui poser cette question tabou.
    Des précautions oratoires sont nécessaires pour regarder en face cette problématique et pour ne pas favoriser les débats stériles, annonciateurs de schismes et d’excommunications croisées.
    Nous voulons poser cette question avec d’infinies précautions pour être bien compris et ne pas générer en réaction, des caricatures de la part de ceux qui ne s’autorisent pas – c’est leur liberté – à se poser cette question.
    L’objet du préambule qui suit consiste donc à préciser « l’état d’esprit » qui nous anime, alors que nous posons sur le frère aîné et aimé, un regard interrogateur.

    **
     Note JYH: Un préalable indispensable à la compréhension de cet article (corrigé) est de savoir que "l'Etat d'Israël" n'est pas "l'Israël de Elohim", celui qui est "à venir".
    Il faudra donc, à un moment ou un autre, prendre connaissance de ceci:
    http://jyhamon.eklablog.com/l-etat-d-israel-est-il-l-israel-de-elohim-1ere-partie-nouvelle-version-a117302204
    http://jyhamon.eklablog.com/l-etat-d-israel-est-il-l-israel-de-elohim-2eme-partie-version-finale-a118606620
    D'autres ajouts ont été effectués en "marron" ou en bleu.



    Préambule

    « Quant à moi aussi, loin de moi que je pêche contre l’Adonaï et que je cesse de prier pour vous ; mais je vous enseignerai le bon et le droit chemin. »
    (1 Sam. 12,23) :
    C’est en ces termes que le prophète Samuel, abandonné de tous, continuait à assumer sa vocation de messager au sein de l’assemblée déviante des enfants d’Israël. Quel que soit le bilan, aussi désastreux soit-il, « ne pas cesser de prier pour "Israël" » !  « Malheur à moi si je n’annonce pas la Bonne Nouvelle… ! » clamait de même Shaoul de Tarse, Paul.

    Or, la Bonne Nouvelle, sur le modèle intangible de la Torah, recèle une part de « mauvaises nouvelles ». Bénédictions et malédictions sont effectivement liées et promises aux croyants comme aux rebelles. Cette dureté de notre propos introductif rejoint une parole du prophète Jérémie quand il dénonce les prêtres et les rois qui  « pansent à la légère la blessure de mon peuple en disant « Paix ! Paix ! » alors qu’il n’y a point de paix » (6,14).

    Les prophètes alertent mais ne sont pas écoutés. Ils avertissent durement en espérant une réaction. Par leurs paroles, ils appellent des malheurs sur les peuples qui ne prennent point garde aux appels récurrents à la repentance : « Je t’établis aujourd’hui sur les nations et sur les royaumes, pour que tu arraches et que tu abattes, pour que tu ruines et que tu détruises, pour que tu bâtisses et que tu plantes. » (Jérémie 1,11)

    Le sujet délicat, objet de cet article, est la "nation dite Israël", dans sa version dite moderne.
    Au sein des assemblées judéo-chrétiennes ou malheureusement "pagano-chrétiennes" qui se disent "amies d’Israël" sans savoir ce qu'est "Israël", nous pourrions passer notre chemin, fermer les yeux et nous contenter de regretter le sort médiatique, injuste et subjectif qui caractérise les prises de positions des observateurs qui haïssent ce jeune Etat. Pour autant, nous ne pouvons plus faire l’économie d’une analyse sans concessions et d’un bilan honnête : cet Etat, objet de prières soutenues depuis 1948, est-il conforme à "l’idéal des prophètes" ?

    Nous écarterons volontairement l’objection mécanique et facile qui consisterait à nous imposer le silence au prétexte que nous ne vivons pas
    "là-bas", au milieu du peuple israélien, et que nous ne sommes pas juifs au sens de la halakha rabbinique. Car, du milieu des nations aussi, peuvent, doivent, s’élever des voix amies de frères, pour dire et rappeler le « Shéma Israël », « Ecoute Israël ! ».

    A quel titre oserais-je (et oserions-nous) prendre la parole ? Nul titre, nul diplôme, aucun passeport, aucun arbre généalogique « casher », aucune expérience particulière (quoique)… juste la Parole pour justification :
    « Pour l’amour de Sion je ne me tairai point, pour l’amour de Jérusalem je ne prendrai point de repos… Sur tes murs, Jérusalem, j’ai placé des gardes; ils ne se tairont ni jour ni nuit. Vous qui la rappelez au souvenir de l’Adonaï, point de repos pour vous !… (Esaïe 62:1) 
    Tous les prophètes ont parlé durement, mais tous se sont greffés de façon authentique au peuple pour en partager le destin parfois funeste. Il ne s’agit donc pas de moraliser et d’adopter une attitude supérieure ou de s’octroyer un droit de jugement illégitime.
    Il s’agit de répondre par obéissance à ce que nous vivons comme une supplication à relayer un appel urgent à la repentance.
    Nous savons que c'est Elohim Lui-même qui enverra un "esprit de grâce et de supplication..." (Zach 12:10) mais nous ne pouvons être passifs en attendant.

    La question n’est donc pas de savoir si nous sommes dignes, légitimes ou présomptueux de nous aventurer dans une telle voie.
    Déjà en son temps, Yéshoua avait évité de répondre à une telle question polémique :
    « Yéshoua lui répondit: Ô homme, qui m’a établi pour être votre juge, ou pour faire vos partages ? Puis il leur dit: Gardez-vous… ... » (Luc 12,14).
    Episode « évangélique » qui fait écho à l’hostilité de terrain qui contraignit autrefois Moshéh dans son destin de libérateur : « Ce Moïse, qu’ils avaient renié, en disant: Qui t’a établi chef et juge ? C’est lui qu’Elohim envoya comme chef et comme libérateur avec l’aide de l’ange qui lui était apparu dans le buisson… » (Actes 7,35)
    Seul le sentiment impératif de devoir parler ou d’accepter les conséquences de notre silence doit guider notre délicate entreprise.
    Serons-nous a minima autorisés par nos censeurs à citer la Parole et à répondre aux accusations par les dires des Prophètes ? 

                   .ben-gourion-620_620x349
    Une "naissance" qui confond "Juda" avec le futur "Israël" ne peut en aucun cas être l'accomplissement de Esaïe 66:8 (Voir en fin d'article)
     


    « Écoutez la parole de YHWH, enfants d’Israël, car YHWH est en procès avec les habitants du pays: il n’y a ni vérité, ni fidélité, ni compassion, ni connaissance d’Elohim dans le pays. On se parjure, on ment, on tue, on vole, on commet l’adultère et on se livre à la violence: partout le sang est versé. C’est pourquoi le pays est dans le deuil… Il en sera du prêtre comme du peuple; je le punirai pour sa conduite et je ferai retomber sur lui ses œuvres. … car ils ont abandonné YHWH et ont cessé de lui obéir. La luxure, le vin et l’alcool leur ont fait perdre la tête. (Os 4, 1 – 11)


    « Je vous ai fait entrer dans un pays de vergers… Mais vous êtes venus, et vous avez souillé mon pays, et vous avez fait de mon héritage une abomination. » (Jérémie 2,7)  
    Ces versets concernent bien sûr le "tout Israël" historique et pas seulement "Juda".

    N’étant pas suspects de pulsions dites "antisémites" (nous n'avons pas de haine contre les descendants de Sem, quels qu'ils soient) ou "antisionistes" (surtout pas contre le "sionisme d'en haut"), nous oserons donc poser un regard interrogateur sur cet "Israël version 2017", objet des prières de tous nos anciens, depuis 1948.



    "Israël" 2017 : une société au bord de l’implosion

    Le modèle kibboutzique de "l’Etat hébreu" cher à David Ben Gourion a définitivement disparu.
    La gauche israélienne, loin de l’idéal sioniste , peine à redéfinir un programme orienté sur les droits territoriaux des palestiniens et sur la libéralisation des mœurs ; quant à la droite israélienne, protéiforme, elle revendique la privatisation de l’économie kibboutzique et la perte de la dimension communautaire qui caractérisa la renaissance du "royaume de Juda"... donc pas de "Israël". 

    La société "israélienne" (donc pas "Israëlite") est une société d’immigration, qui a accueilli et intégré des vagues successives et importantes « d’alliyot ». Ces vagues d’immigration se sont succédé : celle des juifs soviétiques, celle des juifs éthiopiens et actuellement celle de juifs français (sauf quand ils repartent = "yerida"). Tant bien que mal ces arrivants se sont intégrés dans le "melting pot" israélien, mais les disparités sociales, économiques, politiques et religieuses ont largement subsisté. Le résultat est une société extrêmement hétérogène qui présente des lignes de clivage très diverses et en perpétuel mouvement. A ces disparités s’ajoute la présence des minorités non-juives (Arabes israéliens, druzes,…) qui représentent environ 20 % de la population et qui sont eux-mêmes très divisés.  
    Dans quelle mesure les anciens clivages, arabes-juifs, religieux-non religieux, ashkénazes-séfarades, socialistes-capitalistes, etc…ont-ils été remplacés par de nouvelles lignes de faille ? Pour de nombreux observateurs avertis, ces antagonismes annoncent une probable implosion de la société israélienne.
    Sont ainsi cités comme facteurs de très haute instabilité, en plus des clivages ancestraux :

    • Le retour du religieux et du juif de stricte observance (le Harédi) et la résistance du juif laïque (le Hiloni) face à cette « radicalisation religieuse ».
    • Le paradoxal antagonisme entre le "sioniste" (religieux ou laïc) et le juif ultra-orthodoxe qui ne reconnait pas l’Etat hébreu.
    • L’impossible dialogue entre le Juif Sabra (de souche) et le juif issu de l’immigration occidentale et de l’immigration africaine.
    • L’activisme des « colons » face aux impératifs politiques et sécuritaires de l’Etat (massacre d’Hébron et assassinat de Yitzhaq Rabin, notamment).
    • L’antagonisme culturel et le modèle de vie urbaine qui oppose Tel Aviv à Jérusalem.

    La volonté d’assimilation culturelle et de « greffe » sur les standards occidentaux, caractérise définitivement les « nouveaux » israéliens. Cette ligne de faille interne à la société israélienne se trouve résumée dans le conflit que se livre à distance les deux capitales, administratives et religieuses.

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    Tel Aviv contre Jérusalem
     

    De l'akkadien "til abubi" (colline du dieu des tempêtes) selon Chouraqui,
    Tel Aviv a tout d’une grande capitale aux yeux de ses rivales occidentales, même si "l'Etat d'Israël" a choisi de redonner ce titre à l’antique Jérusalem depuis 1981. Avec plus de trois millions d’habitants, la zone urbaine de Tel Aviv constitue la plus grosse ville juive au monde, devançant largement la population juive de New-York.
    Un espace unique de « libertés retrouvées » pour près d’un million d’habitants, soit un Israélien sur sept. Tel Aviv est devenue le symbole d’un "Etat laïc" destiné à accueillir tous les Juifs dans une logique d’Etat-nation, au bénéfice d’une loi du retour qui permet à tout juif d’être accueilli.
    Tel Aviv reflète ce que la société israélienne est devenue : urbanisée, individualisée, paupérisée et déstructurée, aux antipodes des idéaux "sionistes" ruraux et collectivistes des fondateurs de l’Etat.
    Par ailleurs, l’immigration économique essentiellement non juive après l’effondrement du bloc soviétique et les famines en Ethiopie, ont largement contribué à faire de Tel Aviv une zone sociale hétérogène à haut risque d’implosion. Si Tel Aviv affiche sa prospérité économique par ses buildings et sa "city", il ne faut pas oublier que la « ville qui ne dort jamais » concentre une grande partie de la misère du pays, avec au sud des quartiers entiers de déshérités, où l’on retrouve surtout les noirs africains, yéménites, des Juifs orientaux, des Soudanais, des Thaïs aux conditions de travail et de vie précaires.
    Le Bureau central des statistiques (CBS) précise que 31% des Israéliens sont tombés dans la pauvreté alors que la moyenne est de 17% dans l’Union européenne, ex-pays de l’Est inclus.   Et tandis que beaucoup idéalisent cette « bulle » comme le reflet du caractère libéral et cosmopolite d’un pays moderne, ouvert et tolérant, la droite religieuse et nationaliste y voit d’abord un repère de "post-sionistes", de mécréants, et de Juifs peu soucieux des traditions.
    Tel Aviv n’est guère appréciée de la droite nationaliste et des ultra-orthodoxes qui y voient un lieu de débauche, une nouvelle Sodome et Gomorrhe. En effet, Tel Aviv a été élue première destination touristique gay au monde. Il faut bien reconnaître que la ville est un havre de paix pour les minorités sexuelles qui y vivent librement : chaque année la Gay-Pride de Tel Aviv fait le plein et a désormais même essaimé à Jérusalem ; ce qui n’est pas sans générer tensions et heurts entre les manifestants et les ultra-orthodoxes.

    "ISRAËL" 2017… grandeurs et décadences
    "Gay pride" israëlienne avec ses couleurs LGBT

    Cette année, le 21 juillet, les organisateurs de la Gay-Pride de Jérusalem attendaient 10 000 personnes. Ils furent presque trois fois plus nombreux à défiler dans le centre de la ville. Plusieurs responsables politiques comme le travailliste Isaac Herzog ou le centriste Yair Lapid ont fait le déplacement et participé à la parade 2016. Le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, a enregistré un message vidéo dans lequel il apporte un soutien sans ambiguïté à la communauté LGBT : « Aimer quelqu’un ne devrait jamais signifier vivre dans la peur et la terreur ».  
    En marge de ces défilés, près de 250 rabbins ultra-orthodoxes ont manifesté leur soutien, dans une lettre ouverte, en faveur de leur collègue, Yigal Levinstein, qui avait traité les homosexuels de « pervers », en s’expliquant :
    « Il existe un mouvement insensé dont les membres ont abandonné la normalité de la vie… Ce groupe rend le pays fou et a pénétré de toute sa puissance les forces armées, et personne n’ose ouvrir sa bouche et s’élever contre lui. »  
    En réponse, les organisateurs de la Gay-Pride ont répondu : « A Jérusalem, la Gay-Pride n’est pas une fête. C’est une manifestation contre ceux qui pensent que nous ne devrions pas être là ». Ils ont également annoncé la date de la Gay-Pride 2017 : ce sera le 21 juillet, quelques jours avant le 9 Av (Ndlr) !  



    Pour ou contre un Etat juif ?  

    L’idée du Judaïsme était que l’exil des Juifs devait durer jusqu’aux temps messianiques (ce qui s'oppose à la notion rabbinique "d'alya").
    Dès lors, il y a toujours eu une opposition très forte des ultra-orthodoxes juifs au "sionisme juif" naissant. Aujourd’hui, cet antagonisme atteint un point de non-retour : les "Juifs religieux" d’obédience hassidique ne veulent pas d’un "Etat juif", à contrario des "sionistes religieux", qui forment le noyau dur des colons idéologiques.
    Au nom de la même Torah et du même héritage, ces deux catégories de religieux, adoptent des postures politiques radicalement différentes et au final, peu conciliables.

    "ISRAËL" 2017… grandeurs et décadences

                    Juifs ultra-orthodoxes (haredim) brûlant le "drapeau".
     
    Les pionniers de l’Etat hébreu, considéraient que la religion était la forme que s’était donnée le peuple juif pour se maintenir en tant que communauté, en situation de Diaspora. A partir du moment où il y avait un Etat, la religion devait donc lentement disparaître. On ignore en règle générale que ce "sionisme politique" portait un projet de normalisation qui impliquait une sortie de la religion, afin de donner naissance à un juif nouveau, un homme libre dans une nation libre ! 
    En 2011, aux États-Unis, des centaines de rabbins américains ont organisé une manifestation en face de l’ambassade israélienne pour protester contre les violations israéliennes au Mont du Temple. Les manifestants ont accusé le gouvernement israélien d’encourager la corruption morale dans la ville sainte. D’après ces "juifs religieux", « les sionistes sont venus de Russie au XIXe siècle dans le but de répandre la corruption sur la Terre Sainte… ».
    En marge de cette manifestation, le rabbin William Handler déclarait que :
    « La seule voie à la paix au Moyen-Orient, c’est de nous unir pour combattre cette force séculière
    [ndlr et JYH : "l'Etat d'Israël" !]  
    Aux deux coins de l’échiquier politique, spirituel, religieux et moral israélien, sévissent aujourd’hui, deux personnages dont l’influence en Israël et dans l’opinion publique internationale, égale celle des Palestiniens :

    – A gauche, le journaliste Guidon Levy déclare que le Jour de la Libération de Jérusalem devrait être déclaré jour de deuil national. Raison invoquée : Jérusalem est la ville qui envoie « les métastases de l’occupant dans chaque quartier palestinien. Jérusalem souffre d’un cancer incurable… ». Pour ce grand intellectuel adulé des médias occidentaux, il suffirait de placer tout  Jérusalem sous contrôle palestinien pour que la paix et la sécurité s’installent durablement et « que guérisse Jérusalem ».  
    – A droite, le Rabbin ultra-orthodoxe Aharon yehouda leib Steinman, déconseille fortement aux Juifs français de faire leur Allyah. Raison invoquée : en "Israël" (l'Etat) on transforme leurs enfants en Hilonim, en laïcs dévoyés. Il vaut mieux donc que les Juifs français émigrent aux Etats Unis de sorte que leurs enfants continuent à étudier dans un environnement religieux, hors de l’influence des israéliens. Enfin, le Messie n’est pas encore arrivé et il n’y a donc nulle urgence à immigrer en "Israël" (d'ailleurs, le Messie reviendra "avec Son Israël", Apoc 17:14).  

    Qu’est-ce qui unit au-delà de leurs différences ces deux figures et faiseurs d’opinion en "Israël" (l'Etat) ? La réponse est évidente : c’est l’existence même de "l’Etat d’Israël" qu’ils remettent en cause et contestent en allant jusqu’à inviter les citoyens juifs à quitter le pays. Pour eux, cet état est pourri, dévoyé, cancéreux, colonialiste, il viole le droit élémentaire de l’Autre qui n’est pas juif et qui, pour la sensibilité orthodoxe, transforme ses habitants en juifs sans écoles toraïques, sans Yeshivot et donc sans religion.  

    Ces deux personnages que tout oppose, concentrent leurs énergies pour détruire "l’Etat d’Israël" de l’intérieur. Avec de tels citoyens engagés, cet "Etat d'Israël" n’a nul besoin d’arabo-palestiniens pour le combattre et l’affaiblir.  
    Yéhsoua avait dénoncé la division qui sévissait au sein du peuple, - saducéens contre pharisiens, judéens contre galiléens, zélotes contre esséniens,…- en appelant à l’unité de Son assemblée. Yéshoua savait que la nation toute entière disparaîtrait dans le jeu sournois et cynique de ces divisions : tout royaume divisé contre lui-même ne peut subsister, tombe en ruine… Aujourd’hui, nous devons hélas réitérer le même avertissement !



    Les Loups de Tel-Aviv  

    Dans une longue enquête intitulée « Les Loups de Tel Aviv », le Times of Israël a récemment dénoncé les méthodes de l’industrie financière de transactions en ligne, un domaine d’activité qui emploie des dizaines de milliers d’israéliens chargés d’inviter des « clients » à travers le monde, à parier en  ligne, sur le cours des devises à très court-terme. L’échelle de cette « industrie du jeu et du pari en ligne » est difficile à évaluer.
    Le Times of Israël pense qu’il existe plus de 100 entreprises « d’options binaires » israéliennes (nom de baptême et de référencement technique à la bourse israélienne) qui agissent depuis des immeubles de bureaux à Tel Aviv, Ramat Gan, Herzliya, Césarée, et ailleurs. Les initiés parlent d’estimations allant de un à dix milliards de dollars de bénéfice annuel pour cette industrie.  

    Selon la publication spécialisée Finance Feeds, 20 des 41 compagnies figurant sur la liste rouge de la CFTC (Commodity Futures Trading Commission – commission de régulation des marchés Wall Street) sont en "Israël" ("l'Etat"). La réputation mondiale d’Israël ("l'Etat") est entachée par cette escroquerie internationale de vol et de blanchiment organisée à l’échelle de la planète.  

    Selon le quotidien financier israélien Globes, un homme du nom d’Ariel Marom, ancien employé de plusieurs compagnies de cette industrie du pari en ligne,  a envoyé une lettre aux commissions d’Éthique et de Finance de la Knesset, en dénonçant un terrorisme économique ciblant les citoyens de plusieurs pays : « Quand cette information deviendra publique via des enquêtes dans les médias, le statut "d’Israël" ("l'Etat") dans le monde sera terni et cela relâchera une haine envers le peuple juif et "l'Etat d'Israël", entraînant des dommages considérables. »  

    Shmuel Hauser, président de l’Autorité israélienne des titres, promet de rassembler toutes les armes juridiques pour réprimer cette industrie qui arnaque des victimes du monde entier: « La répugnante fraude du Forex ruine notre réputation. C’est un problème national. »
    Nathan Sharansky,  le chef de l’Agence juive appelle tous les immigrants à rester éloignés de l’industrie, « qui utilise des méthodes immorales pour attirer des victimes innocentes ». L’ancien député et ministre a qualifié l’industrie des options binaires de "l'Etat d’Israël" de « répugnante, immorale et profondément nuisible au pays ».  

    Les « loups de Tel-Aviv » n’ont pas de morale et sont donc sans Loi. Avec de tels agissements, pensent-ils vraiment bénir la ville et le pays ? Ces irresponsables précipitent le pays dans une spirale mécanique de malédictions et renforcent un "antisémitisme" (au sens "anti-juif") mondial qui se repaît de ce type de comportements abjects. Est-ce pour offrir au monde ce triste spectacle qu’un certain "Etat d'Israël" a retrouvé ses frontières en 1948 ?    


    La classe politique israélienne  

    "L'Etat d'Israël" endure une série de scandales politico-financiers qui ébranlent ses institutions. Il ne s’agit plus seulement de financement illégal de partis politiques, mais de l’entrisme de groupes mafieux et des grandes familles dans les partis de gouvernement. Dix familles détiennent ainsi le pouvoir économique dans "l'Etat terrestre d'Israël", avec plusieurs milliards d’euros de patrimoine. Aucune d’entre elles n’a choisi d’entrer en politique pour participer aux décisions de l’État mais, tacitement, le pouvoir politique leur appartient déjà.
    Les « affaires » touchent d’abord les grands partis de gouvernement, comme le Likoud et le Parti travailliste. Comme en Europe, ces révélations génèrent abstention et montée des partis extrémistes. En « achetant des investitures de grands partis » et en finançant illégalement des campagnes électorales, des États étrangers et des groupes mafieux peuvent provisoirement prendre le contrôle du législatif et de l’exécutif. Les politiques qu’ils imposent ne répondent alors plus aux intérêts du peuple israélien. Le quotidien Yediot Ahranot, n’a pas hésité à titrer : « La mafia est entrée à la Knesset ».  

    De leur côté, en défaisant les gouvernements successifs, les juges de la Cour suprême*, créent une instabilité institutionnelle qui empêche toute négociation et résolution des questions stratégiques. Cette situation conduit à un exercice du pouvoir, par défaut, par la bureaucratie et l’armée. En définitive, "l'Etat d'Israël" s’éloigne tous les jours un peu plus du rêve communautaire de ses fondateurs (ce qui est logique compte tenu de sa nature originelle "terrestre" et "confuse").  

    *
    Cour suprême:

    "ISRAËL" 2017… grandeurs et décadences

                    Cour suprême, Jérusalem, financée par Rotschild (FM)
                        (Noter la "pyramide" et "l'oeil qui voit tout")

    "ISRAËL" 2017… grandeurs et décadences

                                 Peinture à l’entrée de la cour suprême  
                      Les Rothschilds avec Shimon Peres et Yitshaq Rabin... ... 


    Quelle opinion se font les Israéliens de leur classe politique ? Plus de 73% estiment que la corruption au sein du leadership israélien est très répandue, selon un sondage publié le 4 janvier par l’Israel Democracy Institute.  
    En 2015 une vaste affaire de corruption avait impliqué le parti Israël Beitenou ("Israël notre maison" !)* et une trentaine de personnalités politiques, des députés et ministres, avaient été arrêtés.
    * Les Prophètes nous disent que la  "Maison d'Israël" est "Ephraïm" et non pas "Juda".  

    Autre parti politique (Kadima), autre temps, autre scandale : la "Cour suprême d’Israël" a confirmé, début 2016, la peine de prison ferme de dix-huit mois pour corruption contre l’ancien premier ministre israélien Ehoud Olmert.
    Il devient ainsi le premier chef de gouvernement à être emprisonné dans son pays. L’ex-premier ministre a été condamné pour deux chefs d’accusation de corruption, liés à un énorme projet immobilier à Jérusalem, ville dont il était alors le Maire.
    Ehoud Olmert a ainsi rejoint en prison, l’ancien président israélien Moshe Katzav accusé et condamné à sept ans de prison ferme, pour viols et harcèlements sexuels !

    Le ministre des Finances Avraham Hirschson, accusé d’avoir détourné des fonds de la Fédération nationale des travailleurs, a été contraint de démissionner puis de rejoindre la prison pour cinq longues années et le ministre de la Justice Haïm Ramon a également été jugé pour agression sexuelle.  
    L’ancien ministre de la Santé et député du Shass (partie sépharade de la droite religieuse) Shlomo Benizri poursuit quant à lui un séjour en prison de quatre ans. Il suit ainsi l’exemple de son chef de parti, Arié Dery qui avait été jugé et condamné en 1999 à 4 ans de prison ferme pour corruption. Revenu en politique en 2013, il est de nouveau à la tête du parti religieux Shass et ministre de l’Intérieur. Ce qui autorise le ministre de l’Éducation et Ministre de la Diaspora, Naftali Bennett, président du parti nationaliste et "sioniste religieux" « Habayit Hayehudi » –  ex-homme d'affaires et millionnaire israëlien – , à affirmer "qu’Israël" ("l'Etat") a fait « un grand pas en avant vers une gouvernance plus morale et s’était purifié de la corruption. »  

    A gauche de l’échiquier politique, le chef de l’opposition israélienne Yitzhak Herzog fait lui aussi, l’objet d’une enquête pour corruption.  
    Mais les juges israéliens n’enferment pas que les politiques de leur pays. Cet été, c’est le Rabbi Eliezer Berland qui a été extradé d’Afrique du Sud. Accusé de plusieurs chefs d’agression sexuelle, la cour de première instance de Jérusalem a ordonné la détention de ce rabbin qui aurait admis dans un enregistrement avoir violé ses disciples femmes.  
    Assurément, "Israël" (l'Etat terrestre) est bien devenu une "nation" comme une autre. Mais quel gâchis, quel spectacle !  



    La terre contre la paix   

    Régulièrement, la société israélienne s’interroge sur l’opportunité de ce marché de dupe : la terre contre la paix ! Gaza, la Judée, la Samarie,  les plateaux du Golan, la frontière Nord-Liban, le Sinaï, les ‘colonies’, le tombeau de Rachel, Hébron, Jérusalem-Est… autant d’hectares de "terre sainte" à vendre contre des promesses de paix avec les voisins arabes.
    Paradoxalement, ce sont des gouvernements de droite qui n’ont pas hésité à actionner ce dispositif : Sharon a payé cher son retrait de Gaza. Mais l’acte fondateur de cette doctrine inique, fut assumé par Moshé Dayan, lorsque le général vainqueur et héros de la guerre des six jours, abandonna Jérusalem-Est à la Jordanie.  

    Aujourd’hui, "l'Etat d'Israël" continue à jouer avec les ennemis de ses ennemis et tente de se convaincre que cela suffit à en faire des amis.
    - Pour contrecarrer les plans de l’Iran chiite, "l’Etat hébreu" organise des exercices militaires avec les sunnites de la péninsule arabique, les wahhabites, maîtres de La Mecque.
    - Pour endiguer la Syrie alaouite, "l'Etat d'Israël" signe des accords économiques avec la Turquie d’Erdogan.
    - Pour garder un semblant de stabilité dans le Sinaï, Jérusalem revendique une amitié retrouvée avec Le Caire : « Dans ce temps-là, Hanani, le voyant, alla auprès d’Asa, roi de Juda, et lui dit: Parce que tu t’es appuyé sur le roi de Syrie et que tu ne t’es pas appuyé sur l’Adonaï ton Elohim, l’armée du roi de Syrie s’est échappée de tes mains. » (2 Chroniques 16,7)  

    Alors parce la société israélienne pense obtenir la paix en signant des traités territoriaux, "l'Etat d'Israël" n’obtiendra ni la paix, ni la terre. A plusieurs reprises, "l'Etat d'Israël" a clairement été invité à reprendre son héritage, récupéré dans des circonstances militaires quasi-miraculeuses. A chaque fois, Israël a reculé et tenté de négocier une paix qui mécaniquement s’éloigne de jour en jour. A forger des alliances, "l'Etat d'Israël" s’éloigne de son Alliance (ou du moins de celle qui avait été donnée au "tout Israël") .  

    Ce dilemme politique n’est pas nouveau et il accompagne l’histoire des "enfants d’Israël" (le "Tout Israël" historique, celui-là) depuis l’antiquité. Josué a conquis toutes les villes de Canaan en les vouant par anathème.
    A contrario, Saül a perdu sa royauté après avoir épargné le roi des Amalécites et en récupérant ses richesses (1 Samuel 15,9). Aujourd’hui, "l'Etat d'Israël" a épargné nombres de peuples d’alentour et garanti les droits des minorités en son sein. Mais les peuples d’alentour et les terroristes, parfois élus jusqu’au sein de la Knesset, n’épargneront pas cet "Etat d'Israël"… et c’est donc une folie !



    De quel "Israël" parle-t-on ?  

    Comment "l’Israël 1948 de Ben Gourion", soi-disant revendiqué et bâti sur "l’idéal des Prophètes", a-t-il pu valider des options militaires, politiques, sociétales, aussi éloignées des consignes bibliques ?
    Comment ce jeune Etat a-t-il pu se mettre ainsi en danger au point d’atteindre un point critique d’auto-destruction ?
    Ne soyons pas surpris ni ébranlés. C’est que cet "Israël 2017" n’est pas "Israël" !
    La nation israélienne [1948-2017] n’est qu’une recomposition partielle de "l’ex-royaume de Juda" et tant "d’israélites" manquent encore à l’appel ! "L’Israël moderne" (Etat) n’est pas sur son héritage territorial pérenne et entier.
    Là aussi, ce n’est qu’un "Israël partiel". L’Etat hébreu ne sait pas s’il veut être un Etat juif ou un Etat laïc. Il est en crise d’identité.
    Rappel: http://jyhamon.eklablog.com/l-etat-d-israel-est-il-l-israel-de-elohim-1ere-partie-nouvelle-version-a117302204
    "L'Etat d'Israël" est donc partiellement un "Etat juif". Quant à "l’Israël religieux" supposé, il est multiple, divisé, opposé et ne saurait donc subsister bien longtemps. Dans ce domaine aussi, "l'Etat d'Israël" n’est que partiellement à l’écoute de son Elohim et doit appeler de toutes ses forces "un Prophète comme Moïse". 
    "Israël 2017" n’est qu’un embryon du "véritable Israël" et n'est même qu'une partie du "Jacob en combat et en souffrance", qui doit grandir, évoluer, se transformer. Comme toute croissance en milieu hostile, elle sera douloureuse, très douloureuse... jusqu'à ce que "Sion enfante ses fils".   



    Comment prier pour Israël ?  

    Nous n’avons pas pour vocation à rester impuissants face aux tristes constats rappelés plus haut. Que faire pour ne pas se contenter de cette analyse critique qui ne servirait à rien si elle n’était pas assortie de recommandations concrètes ? Nous invoquerons donc l’action et les paroles du prophète Daniel, qui nous semblent intemporelles et écrites pour notre époque :

    « Nous avons péché, nous avons commis l’iniquité, nous nous sommes révoltés et nous nous sommes détournés de tes commandements et de tes lois. Nous n’avons pas écouté tes serviteurs, les prophètes, qui ont parlé en ton nom à nos rois, à nos chefs, à nos pères, et à tout le peuple du pays. »

    Un prophète contemporain pourrait facilement revendiquer ces mêmes paroles aujourd’hui : « Seigneur, à nous la honte, honte à nos rois, à nos chefs, et à nos pères, parce que nous avons péché contre toi… Tout Israël (pas seulement le "Juda" israëlien) a transgressé ta loi, et s’est détourné de ta parole. Aussi, les malédictions et les imprécations qui sont écrites dans la loi de Moïse, serviteur d’Elohim, se sont-elles répandues sur nous. »
    Qui pourrait croire que ces paroles ont été écrites il y a 2500 ans ?
    N’ont-elles pas été prononcées hier ? Ne pourraient-elles pas être prononcées demain ?
    « L’Adonaï notre Elohim a accompli les paroles qu’il avait prononcées contre nous et contre les chefs qui nous gouvernaient, il a fait venir sur nous une grande calamité…  car, à cause de nos péchés et des iniquités de nos pères, Jérusalem et ton peuple sont en opprobre à tous ceux qui nous entourent. »  

    Mais face à ce terrible constat sans concessions, le prophète s’interpose : « Maintenant donc, ô notre Elohim, écoute la prière et les supplications de ton serviteur, et, pour l’amour de ton Nom, fais briller ta face sur ton sanctuaire dévasté…Car ce n’est pas à cause de notre justice que nous te présentons nos supplications, c’est à cause de tes grandes compassions. » (Daniel 9, 4 à 19)  

    Inlassablement, le prophète ne demande pas grâce au nom de ses propres bonnes actions réputées inspirées. Il se contente de rappeler à son Elohim Ses propres engagements et promesses. Encore faut-il les Lui rappeler !
    C’est le travail du prophète que de se lever et d’interpeller son Elohim pour « exciter Sa jalousie » et qu’Il n’oublie pas Ses promesses.  

    Alors, qu’elle que soit la situation peu glorieuse de "l’Israël 2017", nous voulons adopter la posture de Daniel et harceler notre Elohim de nos supplications, ainsi qu’il est écrit : « Que ma langue s’attache à mon palais, Si je ne me souviens de toi, Si je ne fais de Jérusalem Le principal sujet de ma joie ! » (Psaumes 137:6)   
    Les veilleurs sur les remparts de Jérusalem, qui sont des intercesseurs, en vérité, sans compromis et en Souffle, doivent se rallier et se tenir sur la « brèche » ainsi ouverte dans les murailles "spirituelles" de Jérusalem.


      Conclusion  

    "Israël 2017" : confronté à des risques militaires récurrents sur ses frontières extérieures, soumis au harcèlement continu d’une guérilla terroriste qui l’encercle de sa « sainte » haine, exposé à une extrême tension interne qui fragilise son unité en tant que nation, rattrapé par une vague mondiale "d’antisémitisme" (au sens "anti-juif") qui angoisse les juifs en diaspora et terrorise les israéliens dans leur quotidien, le jeune "Etat nation d’Israël" n’a – à vue humaine – que très peu de chances de survivre.
    Le risque d’implosion de la société israélienne est aujourd’hui tel, que cet Etat ne saurait subsister dans sa configuration actuelle.

    Trop éloigné de "l’idéal des Prophètes" parce qu’attiré par l’idéal des faux-prophètes des nations, l’Etat hébreu moderne a attiré sur sa tête des charbons ardents et a oublié que son Elohim était un Elohim jaloux.
    Or, "l'Etat d'Israël" a toute liberté pour s’engager collectivement sur le chemin des bénédictions ou opter pour l’impasse des malédictions.  

    Que cet "Israël partiel", sinon partial, ne se mente pas à lui-même et que les veilleurs sur les remparts cessent de se mentir les uns aux autres et de se taire quand ils voient les nuages s’amonceler à l’horizon : un Etat aussi désuni et ignorant de ses propres valeurs, ne saurait subsister. Les prophéties sont hélas claires et sans ambiguïtés sur cette séquence eschatologique où Jérusalem est en partie détruite et où un tiers seulement de ses habitants semblent échapper au malheur. (Zacharie 13 fin et 14)  

    Pour subsister - et il faudra qu’il subsiste, au moins provisoirement -, cet "Israël 2017", comme le "tout Israël", est condamné à évoluer, changer, à retourner à ses fondamentaux et à retrouver son unité perdue.
    Ô "Israël" (ou qui te dit tel), où sont tes prophètes ? Il y a danger et il y a urgence.
    Ces prophètes, doivent aujourd’hui s’élever et prendre la parole [la Parole]. Dans l’attente de ces témoins puissants en langages et en actions, nous devons inlassablement rappeler au frère aîné que "le Prophète d’Israël" qui les appelle à revenir, est déjà là et bien vivant : puissent tous ceux du "tout Israël" reconnaître et suivre leur Machiah, l’Adon Yéshoua, seul capable de réunifier un Corps divisé et à la santé précaire !
    L’Adon Yéshoua a instamment prié pour l’unité de Sa maison car il savait que était le danger.

    Prions de même pour cette unité nécessaire de l’Assemblée et du peuple. Mais ne soyons pas aveugles et sourds à cette évidence : ceux qui au sein de "l’embryon Israël", œuvrent à la désunion, seront retranchés du "Tout Israël à venir". Comme tout accouchement, il se fera dans la douleur : « La femme, lorsqu’elle enfante, éprouve de la tristesse, parce que son heure est venue… Vous donc aussi, vous êtes maintenant dans la tristesse; mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira. » (Jean 16,21)  

    NdlR et de JYH : Nous sommes-nous auto-proclamés prophètes pour tenir un langage aussi dur et solennel ? Depuis 1948, nos anciens ont consacré leur vie au Seigneur et ont prié toute leur vie pour "tout Israël" et la Qehyillah en gestation. Ils étaient debout et appelés à veiller sur les remparts de la ville du grand Roi, bien avant d’autres !
    C’est aussi par respect pour leurs engagements et leurs sacrifices passés que nous avons ce droit/devoir d’inventaire en toute transparence. Que nos censeurs nous concèdent ce droit ou qu’ils fassent ce travail par eux-mêmes et nous céderons volontiers la place.
     


     Note JYH: Complément à la photo de David Grün (dit Ben Gourion) dans le préambule :

    Une partie de "Juda" se prend pour le "Verus israël" dans un "Etat israëlien".
    Mais cette notion de "Vrai Israël" doit être réservée à "l'Israël de Elohim", le "tout Israël spirituel", celui qui est encore "à naître" ! 

    La fausse lecture/interprétation de Esaïe 66:8 (en oubliant tous les autres versets prophétiques du chapitre et d'abord le 1er*) est dramatique !
     Nous ne sommes pas dans le "Millénium" et Sion n'a pas encore "engendré ses fils" !
    * 66:1 "Ainsi parle YHWH : Le ciel est mon trône, Et la terre mon marchepied. Quelle maison pourriez-vous me bâtir, Et quel lieu me donneriez-vous pour demeure ?"
    Peut-être faut-il demander aux "maçons-francs" ?!

    ... et à propos d'autres versets du même chapitre:
    Qui donc a vu une "Montagne SAINTE" à Jérusalem aujourd'hui ?
    Qui donc y a vu des "réchappés" amener des frères de "toutes les nations" comme offrande et des "enfants d'Israël" (12 tribus) avec
    des "vases purs" à la "Maison de YHWH" ? Quelle "Maison" ?
    ETC.. Oui, qui donc a vu aujourd'hui ?... seulement des menteurs et les victimes des illuminés.

    A ce sujet, il faudrait lire (absolument) ceci: 
    http://jyhamon.eklablog.com/pour-naitre-de-nouveau-il-faut-mourir-a108383178

    Quand il est écrit que "le salut vient des juifs", il n'est pas écrit que le salut vient de Einstein, Freud et Marx.
    Il n'est pas écrit non plus que le salut vient de Rockfeller, de Rotschild et des nanabs juifs de Hollywood.
    Enfin, il n'est pas écrit que le salut vient de Théodore Herzl, Ben Gourion et Shimon Peres ou Benyamin Netanyahou.
    Réfléchissez... et ne rajoutez pas des Ravs talmudistes et kabbalistes à ce triste échantillon, ils sont déjà assez nombreux.

    Si vous aimez les juifs, surtout quand ils se disent "messianiques", dites-leur la Vérité !
    ... et attendez-vous à être traités "d'antisémites" par les "marchands du Temple" et les "Zélotes".
    Si vous êtes "anti-juif", répétez-leur les mensonges de leurs chefs politiques et religieux !





    JYH
    16/10/2016
    D'après "Blog des deux Témoins de l'Apocalypse":
    http://les2temoinsdelapocalypse.info/israel-2017-grandeurs-et-decadences-source-lbdr/
    L'article original avait été publié dans le bulletin "Jérusalem", La bonne nouvelle du Royaume, Editions Patmos.
    (Copie autorisée et même souhaitable, à condition d'en redonner le texte intégral et les sources)




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