• Parachah : «Thazria/Metsora »



    Parachah : «THAZRIA/METSORA »



    Pensée :

    “Tout le temps que la plaie sera en lui, il sera impur ; il est impur ; il habitera seul, son habitation sera hors du camp.” (Le 13:46)

    “Et Yéshoua, l’ayant entendu, leur dit, ceux qui sont en bonne santé n’ont pas besoin de médecin, mais ceux qui se portent mal ; Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs.” (Mr 2:16-17)

    Nous pensons-nous justes ou pécheurs ? Si nous sommes vus comme justes c’est parce qu’IL nous a justifiés. Si nous sommes « dans le camp » c’est parce qu’IL est venu vers nous pour nous purifier. Si nous nous disons juste et sans péché, nous le faisons menteur et nous nous rendons coupables de « Lachon hara » de mauvaise langue, et notre place est hors du camp.  Ne soyons pas confus ou prétentieux au regard de notre condition de pécheur, mais ne soyons pas d’avantage confus au regard de Sa grâce…

    “C’est pourquoi aussi Yéshoua, afin qu’il sanctifiât le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte. Ainsi donc, sortons vers lui hors du camp, portant son opprobre ;” (Heb 13:10-13)



    PARACHAH
    : «THAZRIA/METSORA »  
    (ensemencera/galeux)


    Shabbat 29 avril 2017 
    (Commentaires de 2010-14)


    Lectures
    Parachah: Lévitique 12 :1 à 15 fin
    Haftarah: 2 Rois 7 :3 à 20
    Bérith Hadachah: Luc 17 : 1 à 6 et 11 à 19


    Rappel : les commentaires ne sont pas des études, mais des pensées que la lecture de la parachah nous inspire et nous permet, sur une année, de relier les textes de la Torah et des Prophètes aux textes de la Bériyth haHadachah, de l’Alliance renouvelée en Yéshoua.


    Résumé :
    Les chapitres 12 à 15 de la parachah Thazria (ensemencée) / Métsora (le lépreux ou le galeux) traitent de contamination qui émane du corps humain et de contamination qui se répand sur les tissus et les maçonneries. Cette parachah traite aussi des pollutions issues de l’homme et de la femme.



    L’ensemencée 


    Lévitique 12 : « YHWH Élohim parle à Moshéh pour dire : parle aux enfants d’Israël pour dire : une femme qui sera ensemencée et enfantera un mâle est contaminée (impure) sept jours. Selon les jours de ses menstrues elle sera contaminée ».

    Voilà une « bonne maladie », cependant la femme enceinte (ensemencée), qui met au monde la vie d’un enfant mâle ou femelle, sera néanmoins considérée en état d’impureté.

    Par la femme « ensemencée », la parachah Thazria nous apprend que l’impureté, la contamination, est déclarée dès qu’il y a perte du potentiel de vie, telle la perte de sang lors des menstrues. La femme accouchée ne porte pas de culpabilité, au contraire, mais la naissance de l’enfant, « la sortie d’une vie », nécessite un acte de retour à la pureté. La mitsvah fut respectée
    par Miryam, mère de Yéshoua homme, en plein accord avec son époux Yossef.

    Luc 2 :21-14 : « Le huitième jour auquel l’enfant devait être circoncis étant arrivé, on lui donna le nom de Yéshoua … Et quand les jours de leur purification furent accomplis, selon la loi de Moshéh, Yossef et Miryam portèrent Yéshoua à Yéroushalaïm pour le présenter au Seigneur … et
    pour offrir en sacrifice deux jeunes pigeons, comme cela est prescrit dans la loi de YHWH. »

    Miryam et Yossef suivirent avec soin la loi donnée à Moshéh. C’est au quarantième jour (7 + 33), les jours de sa purification accomplis, que Miryam présenta Yéshoua au sanctuaire, la purification rituelle lui permettant de réintégrer le sacré sans risque de contaminer. Cet épisode de vie
    démontre que Yéshoua, circoncis le 8ème jour, présenté le 40ème jour au sanctuaire, après les sacrifices rituels, est bien fils d’homme, venu d’Élohim, Juif né au sein du peuple judéen. La loi de Moshéh marquera toutes les étapes de Sa vie terrestre jusqu’à Golgoltha. Yéshoua vécut dans le respect de la Torah et dans l’amour d’Élohim. Notre parachah de ce shabbat nous rappelle aussi cela.



    Le Galeux
     


    Lévitique 13 : « YHWH parle à Moshéh et à Aharon pour dire : un humain en qui sera sur la peau de sa chair, oedème, dartre ou une tache blanche, c’est sur la peau de sa chair une touche de gale (lèpre). »

    La maladie de peau décrite par notre parachah n’est sans doute pas la lèpre (maladie de Hansen).
    C’est dès le 3ème siècle avant l’ère chrétienne, par la version dite « la septante » qu’il devint habituel de traduire par « lèpre ». La lèpre des Grecs (2ème siècle avant JC) semble n’avoir été qu’une sorte de psoriasis. Les anciennes traductions orientales rendent le mot hébreu tsara’at par garba (en akkadien garabu) terme qui désigne une maladie de peau indéterminée, mais sûrement pas la maladie de Hansen (lèpre). Parmi les centaines de squelettes de l’époque biblique découverts en terre d’Israël, il n’est pas fait mention de trace de la lèpre. Il apparaît qu’il faut effacer de nos bibles les mots « lèpre et lépreux » (d’après André Chouraqui qui a choisi de donner le mot « gale » sans lui attacher d’autre valeur que générique).

    La maladie de peau décrite par notre parachah serait bien particulière et spécifique d’une époque. Une maladie dont la cause serait liée à une souillure de l’être, et qui attesterait de la culpabilité du porteur contaminé.

    “Écoutez et comprenez, ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme ; mais ce qui sort de la bouche, c’est là ce qui souille l’homme.” (Mt 15:11)

    La cause des souillures, cause propre à l’intériorité de l’être, et notamment cette « gale », devait, par mesure de prévention, se voir à l’oeil nu pour être « traitée » par les sacrificateurs. Pourquoi ?
    Parce qu’Israël s’apprêtait à pénétrer en territoire de Canaan, terre du Royaume alors promis. Les enfants d’Israël devaient sanctifier, purifier « la terre » par leur présence. Ils ne pouvaient le faire qu’à la condition d’être eux-mêmes intrinsèquement purs.

    Les bénéi Israël devront donc se garder en état de pureté rituelle pour vivre en symbiose avec leur Élohim qui les gardera de la contamination. Toute racine de faute se révèlera « visuellement » immédiatement et sera traitée. Le sacrificateur devra décider de la mise « hors du camp » momentanée de la personne contaminée. 

    Des actes de rejets immédiats par condamnation furent visibles aussi lors de l’entrée dans la Qéhiyllah de Jérusalem. Hananiah et Shapirah furent mis « hors du camp » par mort instantanée. Croyons donc que l’entrée en terre promise des bénéi Israël était aussi « gardée » par une sanction immédiate et visible.

    « Si quelqu’un a méprisé la loi de Moshéh, il meurt sans miséricorde sur la déposition de deux ou de trois témoins, d’une punition combien plus sévère pensez–vous que sera jugé digne celui qui a foulé aux pieds le Fils d’Élohim, et qui a estimé profane le sang de l’alliance par lequel il avait été sanctifié, et qui a outragé le souffle de la grâce ? » (Hé. 10:28-29) 

    La question ouverte est : quelle faute de culpabilité générait l’apparition « extérieure » d’un état de contamination ? Gardons cette question en mémoire. 



    Les quatre galeux/lépreux annoncent la Bonne Nouvelle… (Selon la Haftarah)


    Le récit du deuxième Livre des Rois d’Israël dans son chapitre 7 présente la particularité d’utiliser l’une des 5 occurrences bibliques du mot hébreu
    « bessorah », retraduit par « bonne nouvelle » à travers le mot grec euaggelion [éuanguélion] et malencontreusement restitué en français par « évangile » (d’où provient évangéliste) , mots dénués donc de signification et d’authenticité biblique. La mise en prédominance de ce mot avait pour but de donner le change à « Torah » alors que toute la Parole est à considérer :
    « Torah » et « Béssorah » autrement dit : enseignement à la sanctification et bonne nouvelle.

    Dans cet épisode, la ville de Samarie – capitale du Royaume du Nord située sur le territoire de Ménashéh (assimilé à Éphraïm) - est assiégée par les Syriens. La vie des samaritains y est désespérée car la famine sévit. Mais quatre lépreux (Éphraïmites donc de leur état), rejetés de la cité pour leur maladie, décident de pénétrer dans le camp militaire que l’ennemi semble avoir abandonné. Ils y découvrent nourriture et butin qu’ils se partagent dans un premier temps.

    « Puis ils se dirent l’un à l’autre : Nous n’agissons pas bien ! Cette journée est une journée de bonne nouvelle ; si nous gardons le silence et si nous attendons jusqu’à la lumière du matin, le châtiment nous atteindra. Venez maintenant, allons faire rapport à la maison du roi. » (II Rois 7 :9)

    Ces craignants Élohim se ravisent donc et retournent « à la maison du roi » pour partager « la bonne nouvelle » avec ceux de la ville qui sont toujours « affamés ».

    Paradoxe : pouvons-nous donc être galeux, hors du camp et porteurs de bonne nouvelle ?

    Il semblerait dans cet épisode que le jugement et le regard critique qui doivent évoluer ne sont pas ceux des malades, plutôt enclins à l’altruisme, envers et contre tous.

    Expulsés de la cité et promis à une mort lente, par la maladie, la faim, ou l’épée syrienne, ces quatre « non valides » vont devoir convaincre les sentinelles et le roi que leur survie passe par la prise en compte de leur
    « bonne nouvelle ».

    Dans un premier temps, les sentinelles relaient le message mais le Roi craint le subterfuge et le piège. Il envoie pour authentifier la « bonne nouvelle », transmise par les 4 lépreux, 2 chars et 5 chevaux.

    **Hypothèse de lecture allégorique de cet épisode de la vie militaire d’Israël (idée originale proposée en 2004 par Joseph Shulam,) : 2 témoins « affamés » de la maison du Roi et de la cité assiégée (Jérusalem ?), portés par les 5 livres de la Torah, authentifient et croient que la « bonne nouvelle » n’est pas un mensonge ni un piège transmis par les 4 lépreux (4 « évangélistes », auteurs des 4 récits de la Bonne Nouvelle / Béssorah) .

    Réponse au paradoxe apparent: il nous faut être rejetés par les institutions officielles et les pouvoirs temporels en place pour que Elohim puisse nous appeler à Son service et nous utiliser à annoncer la Bessorah. Considérés comme impurs par la Cité dont ils sont résidents, les lépreux sont en même temps considérés comme habitants de la Cité par les ennemis de la ville. Rejetés de tous, ils sont choisis par Elohim pour propager la Bonne Nouvelle. Ainsi furent traités de nombreux disciples et les apôtres de Yeshoua de BethLéhem: ni Juif, ni Grec ! Rejetés par les uns, non acceptés par les autres.

     

    Aujourd’hui, cette difficulté persiste et s’amplifie. Les uns et les autres voudront-ils se reconnaitre et déceler leur propre parcours spirituel à travers ce profil type « du lépreux rejeté » ? Rejeté à la fois par les églises et les synagogues. Plus largement, tous les croyants en Yéshoua, qui adhérent
    au Shabbat, semblent devoir vivre ce double rejet, propre à tout lépreux.

    La consolation consiste alors à se souvenir de la prise en charge mosaïque de
    « cette maladie » tous les 7 jours par le Cohen qui officie d’éternité en éternité et qui nous dit : « Reste encore 7 jours de plus à côté de moinous nous reverrons dans 7 jours pour évaluer tes progrès. »

     


    Des origines de la lèpre spirituelle et de la façon de la combattre... (selon la Torah)


    L'origine "spirituelle" de la tsara'at/lèpre est la calomnie. La personne est atteinte de cette affection car elle est supposée avoir tenu des propos diffamatoires en expérimentant le Lâchon Hara (langue mauvaise). Le terme métsorâ (lépreux) est intimement lié à l'expression "motsi shem râ" (littéralement qui sort un nom mauvais). Un commentaire établit cette relation de façon très explicite : « Que signifie "Et ceci sera la loi du Métsorâ ?". Ceci sera la loi de celui qui sort un nom mauvais (propos calomnieux) ». [Arakhin 15b]

    Il y a deux parachiyoth dans la Torah où nous pouvons observer cette association "Lashon Harâ - Tsara'at", la plus évidente étant celle où Miryam critiquant Moshéh est immédiatement atteinte de lèpre : « Miryam et Aharon parlèrent de Moshéh, à propos de la femme kouchite qu'il avait pris ... et voici Miryam était atteinte de "Tsara'at" (lèpre). » (Nombres 12:1-10)

    Un autre passage met en relief cette relation « médisance-lèpre », il s’agit de l'épisode du buisson ardent, au cours duquel Moshéh lui-même a été victime de cette affection. Après avoir affirmé que les hébreux ne le croiront pas lorsqu'il déclarera être un envoyé l’Adonaï Elohim YHWH , il lui est
    demandé de mettre sa main « dans son sein ». Quand il la ressort, elle est recouverte de lèpre… « parce qu'il a tenu des propos calomnieux envers le peuple » expliquent les commentateurs.

    « Moshéh répondit et dit : Mais ils ne me croiront pas et ils n'écouteront pas ma voix ... Il mit sa main dans son sein, il la sortit et voici sa main était lépreuse (Métsora'at). » (Exode 4:1-6)

    Un autre commentaire explique que le péché de Lashon Harâ (propos accusateurs) est précisément le péché du serpent. Elohim pardonnera tout, excepté le péché du Lashon Harâ qui constitue le péché originel, duquel procèdent tous les autres. (voir "péché impardonnable")

    Une confirmation de cette pensée ?
    Pour se faire reconnaitre et accepté des Israélites encore esclaves de Pharaon, Moshéh – accompagné d’Aharon comme le stipule Exode 4 :30 – accomplit tous les signes qu’il a préalablement reçus au buisson ardent. Il(s) montre(nt) aux anciens comment il leur est donné de maîtriser le bâton-serpent. Puis, à la suite, comment il leur est donné de maîtriser leur propre lèpre/metsora.

    Élohim YHWH a voulu que la guérison de cette « metsora », par la maîtrise de l’accusation «Lachon Hara» (la vraie nature du serpent) soit l’une de Ses signatures, officielle et reconnue. L’Adon Yéshoua a signé Ses actes de la même manière. Puissions-nous reconnaître cette même signature dans nos assemblées.


    Parachah : «Thazria/Metsora »




    Le galeux/lépreux samaritain
    (selon la Bériyth Hadachah)


    Commentons les paroles et actes de notre Adon Yéshoua, dont témoigne le livre de Luc en liaison étroite avec les versets associés du Lévitique.. Par ailleurs, il ne servirait à rien d’étudier la Torah de Moshéhsans y découvrir notre seule source de Salut.

    Dans le récit « évangélique » de Luc, en lien avec la parachah METSORA, Yéshoua expose toute sa connaissance et sa maîtrise de la loi mosaïque.

    « Au cours de son voyage vers Jérusalem, Yéshoua passait entre la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre et se tenaient à distance. Ils élevèrent la voix et dirent : Yéshoua, Maître, aie pitié de nous ! En les voyant, il leur dit: Allez vous montrer aux sacrificateurs. Et, pendant qu’ils y allaient, il arriva qu’ils furent purifiés. L’un d’eux, se voyant guéri, revint sur ses pas et glorifia Élohim à haute voix. Il tomba face contre terre aux pieds de Yéshoua et lui rendit grâces. C’était un Samaritain. Yéshoua prit la parole et dit: Les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Mais les neuf autres, où sont-ils ? Ne s’est-il trouvé que cet étranger pour revenir et donner gloire à Elohim ? Puis il lui dit: Lève-toi, va; ta foi t’a sauvé. » (Luc 7, 11-19)

    Les dix lépreux ne forment-ils pas une communauté aux sens des dix justes d’Abraham ? Est-ce paradoxal de voir dans ces dix lépreux, tous les lépreux spirituels que nous pouvons être les uns et les autres au cours de nos vies de croyants implorant : « Maître, Adon, aie pitié de nous » ?

    Un des principaux thèmes de cette parachah traite d'une maladie affectant la peau appelée "tsara'at", souvent traduite par lèpre. Mais les commentateurs s’accordent à dire qu'il ne s'agit pas de la lèpre telle qu'elle est définie de nos jours. Qu’est donc cette maladie « Tsara’at » à taches blanches qui apparaît sur la peau de l’homme ? En fait qu’est un Metsora, un lépreux ? Au-delà des hypothèses médicales éligibles, nous voulons ici considérer cette gale/lèpre de façon spirituelle, et par conséquent ce n'est pas un médecin qui guérira cette maladie, mais un "docteur de l'être" : le bon Médecin le Seigneur… la guérison sera constatée par ceux qui sont habilités : le Cohen, le prêtre.

    L’Adon Yéshoua invite donc ces lépreux à se montrer aux sacrificateurs … conformément à la loi de Moïse.

    « Si un homme a dans la peau de sa chair une tumeur, ou une dartre, ou une tache blanchâtre, et qu’elle soit devenue, dans la peau de sa chair, une plaie comme de lèpre, on l’amènera à Aharon, le sacrificateur, ou à l’un de ses fils, les sacrificateurs. » (Lévitique 13 :2 selon Darby)

    Il ne peut s’agir dans ce récit d’une première « visite de diagnostic » car ces lépreux se comportent comme sachant-connaissant-maitrisant parfaitement leur état et leur maladie ; ils semblent déjà vivre hors du camp. Yéshoua leur prescrit donc une « visite de contrôle » en vue d’un retour éventuel au camp … conformément à la loi de Moïse.

    « C’est ici la loi du lépreux, au jour de sa purification, il sera amené au sacrificateur ; et le sacrificateur sortira hors du camp ; et le sacrificateur le verra, et voici, le lépreux est guéri de la plaie de la lèpre. »
    (Lévitique 14 :2 selon Darby)

    « Au jour de sa purification » renvoie également au jour où l’homme décide de se purifier, c'est-à dire de se repentir et de réaliser l’idéal de la pureté. Si les dix lépreux acceptent par obéissance d’aller consulter malgré leur état, c’est qu’ils espéraient être déclarés aptes par le Cohen officiant.
    Leur espérance fut donc récompensée. Mais seul l’étranger-samaritain a compris que le Sacrificateur « qui était sorti hors du camp … » pour le déclarer apte conformément à la loi de Moïse, était Yéshoua. « Va, ta foi t’as sauvé … » est bien une constatation d’une guérison finalisée et d’un état de pureté retrouvée. ( … alors le sacrificateur le déclarera pur … il lavera ses
    vêtements, et sera pur … )

    Yéshoua est ce Cohen « hors du camp » (sorti de la maison du Père) qui invite tous les lépreux à se présenter à Lui pour leur signifier leur guérison.

    Et Moshé a reçu de l’Adonaï Élohim YHWH de prescrire une « thérapie complémentaire » plutôt remarquable :

    « … le sacrificateur fera enfermer pendant sept jours celui qui a la plaie ; et le sacrificateur le verra le septième jour, et voici, la plaie est demeurée à ses yeux au même état … alors le sacrificateur le fera enfermer pendantsept autres jours. Et le sacrificateur le verra pour la seconde fois, le septième jour, et voici, la plaie s’efface …» (Lévitique 13 :4)

    Quel est la nature de cet « enfermement » auprès du Médecin-Cohen pendant 7 jours ? Il ne s’agit pas d’une privation gratuite de liberté mais d’une mise en « observation » pour protéger le patient de lui-même, le prévenir d’une rechute et confirmer sa lente guérison.

    Quel est la nature de ce cycle de 7 jours où tous les lépreux spirituels sont invités à faire constater par leur Médecin-Cohen leurs éventuels progrès ?

    Ne s’agirait-il pas de rencontrer de shabbat en shabbat notre Cohen Gadol pour lui faire constater que nous devons encore rester 7 jours de plus à ses côtés parce que la maladie s’est juste stabilisée, et ce, jusqu’à ce que nous soyons « délivrés de ce corps de mort » ?

    « L’homme alla dire aux chefs juifs que c’était Yéshoua qui l’avait guéri. Ils s’en prirent alors à Yéshoua, parce qu’il avait fait cela le jour du shabbat … » (Jean 5 :16)

    Les pharisiens et leurs descendants modernes nous objecteront qu’on ne « travaille » pas le jour de Shabbat ? L’Adon, qui est leur Maître à tous, leur opposera alors qu’il est permis de faire le bien, de soigner, de guérir, de sauver le jour de Shabbat. Ainsi qu’Il l’a démontré Lui-même à de nombreuses reprises à l’occasion de Son ministère.

    « … Mais Yéshoua leur répondit : Mon Père est continuellement à l’oeuvre etmoi aussi je suis à l'oeuvre. » [ Ndlr : le jour de Shabbat ! ]
    (Jean 5 :16 suite)

    Au cours de notre vie de croyant, la maladie spirituelle peut s’apparenter à une simple dartre, évoluer en lèpre, s’aggraver en ulcère, s’aggraver encore en lèpre sur l’ulcère, puis dégénérer en plaie généralisée nous obligeant à quitter le camp. La maladie peut également se stabiliser et se solder par des cicatrices et brûlures qui témoignent de notre guérison et de notre combat contre la maladie. Mais ces cicatrices peuvent se réinfecter et provoquer une nouvelle crise de lèpre invétérée : telle est la double logique d’aggravation puis d’atténuation décrite par la parachah METSORA.

    Au centre de cette double logique se positionne le Cohen qui constate, prescrit et réoriente le malade : hors du camp ou observation/enfermement à ses côtés selon un cycle shabbatique de 7 jours. La finalité de ce long processus de guérison (et de sauvegarde du camp) est de déclarer pur le malade qui n’est pas pour autant à l’abri d’une rechute et d’une nouvelle intervention du Cohen, qui oeuvre alors prioritairement à éviter les effets néfastes d’une possible propagation de la maladie dans la communauté.(Comme dans le récit des 10 lépreux de Yéshoua !)

    Comment envisager le retour définitif au camp après une période de longue maladie ? Moïse a également prescrit pour assurer ce retour :

    « Celui qui se purifie nettoiera ses vêtements, rasera tout son poil et se lavera dans l’eau; et il sera pur. Ensuite il pourra rentrer dans le camp, maisil restera sept jours hors de sa tente. Le septième jour, il rasera tout son poil, sa tête, sa barbe, ses sourcils, il rasera tout son poil ; il nettoiera ses vêtements, lavera son corps dans l’eau et il sera pur. Le huitième jour, il prendra deux agneaux sans défaut et une brebis d’un an sans défaut, trois dixièmes de fleur de farine en offrande pétrie à l’huile et un log d’huile. » (Lévitique 14 :8 selon Segond)

    7 jours hors de chez soi à se réjouir de sa guérison pour finir par un culte de reconnaissance le 8ème jour : voilà une prescription qui ressemble fort à la fête des cabanes programmée au 7ème mois de l’année.

    Cette fête de Soukkoth, dont les prophètes ont rappelé le caractère universel, présente donc toutes les caractéristiques du processus de réhabilitation du lépreux qui était un temps hors du camp, et qui est autorisé par le Cohen à réintégrer le camp. Quel symbole pour toute l’humanité ! C'est un message et une invitation pour tous les lépreux spirituels de la terre...

    Nous pouvons penser que le samaritain guéri par Yéshoua, considéré comme étranger en Israël, a respecté scrupuleusement les recommandations mosaïques avant de réintégrer sa maison : 7 jours à se réjouir hors du camp, puis une journée de culte pour valider sa réintégration.

    Conformément aux prescriptions mosaïques, l’ancien porteur de la maladie galeuse/lépreuse, par sa repentance, bénéficie d’une purification identique en tous points à l’investiture des sacrificateurs (Lé.8 :22-24). Baigné dans les eaux, il reçoit du sacrificateur le sang du mouton sur l’oreille droite,
    sur le pouce de sa main droite et sur le pouce de son pied droit. Ce qui signifie que dans ses pensées, dans son action, et partout où ses pas le conduisent, il se conduit selon l’exigence du sang qui l’a purifié. Le « purifié » reçoit également sur les mêmes parties du corps et de la tête l’huile d’onction. Il est donc « Messié » comme le sont le grand prêtre et le roi.

    A bien y regarder, la période de l’Omer que nous vivons actuellement, relève également de ce processus de guérison du lépreux : 7 fois 7 jours à compter scrupuleusement, de shabbat en shabbat, avant la sainte convocation et le culte spécifique de Shavouot … une période propice à la guérison et au progrès personnel, donc.

    A chaque Shabbat, nous lisons « Réphaénou Adonaï … » « Guéris-nous Seigneur, et nous serons guéris … »

    A tous ceux qui redécouvrent de shabbat en shabbat et avec toujours plus de joie, leurs racines hébraïques, n’oubliez pas pour autant d’annoncer la « bonne nouvelle ».

    Conformément au récit du livre des rois d’Israël, restons ces galeux/lépreux éphraïmites rejetés par la cité, mais qui témoignent de la béssorah / bonne nouvelle à tout le peuple.

    Conformément au récit de l’Alliance renouvelée, ne craignons pas d’être cet étranger-samaritain qui atteste et se réjouit publiquement de sa purification par le seul pouvoir de son Grand Sacrificateur.

    C’est en effet dans le prolongement de ces deux récits complémentaires de la Torah, lus à ce shabbat, que se comprend l’universalité de la Torah confiée à Moshéh: au bénéfice de tous les étrangers en terre d’Israël et au bénéfice de tous les « gaeux », les pécheurs.



    Une vision du Royaume



    L’entrée en Canaan, terre promise, devait être marquée par des signes forts. Les conséquences du « lachon hara » pouvaient se propager sur les hommes, sur les tissus des vêtements et les maçonneries des maisons, en somme sur tout ce qui constitue un revêtement, une protection. Toutes ces impuretés devaient être éradiquées du peuple au risque de ne pas être en condition de la sainteté requise à la possession et au combat du Royaume.

    La Qéhiyllah de l’Adon Yéshoua, le tout Israël, doit être de même en état de sainteté pour purifier toute la création et instaurer le Royaume messianique.

    Le Royaume est fait de pureté. Que vos demeures soient saintes, qu’elles soient des lieux où règne le Seigneur. Que vos vêtements soient purs, blancs, représentatifs des œuvres de la foi, comme le fin lin des sacrificateurs, comme les robes qu’obtiennent ceux qui se tiennent dans les lieux célestes en Apocalypse. Que votre corps soit saint et pur, car il est le Temple vivant, représentatif en toutes choses de votre sainteté intérieure, de votre cœur, là
    où la Seigneur fait Sa demeure.

    Par le symbole de la « gale » qui affecte autant la peau humaine que le vêtement et les maisons, c’est aussi la condition du Royaume qui nous est rappelée. Car c’est du cœur que viennent les bonnes et mauvaises pensées… Mais une source de « vie » peut-elle faire jaillir de l’eau douce, fraiche, désaltérante et simultanément de l’eau amère, chargée de poison ?

    Tel est un des enseignements de cette parachah qui, par le symptôme de la gale, convie les enfants d’Israël à faire téchouva (repentance) et à recevoir le Mashiah Yéshoua, acteur de notre renaissance d’entre les morts, Lui qui fut en travail dans la souffrance en versant Son sang et qui nous donne la vie éternelle.

    Yéshoua nous convie à entrer, par l’homme régénéré, dans « une Qéhiyllah glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable. » (Ephésiens 5 :27). !



    Shabbat shalom vé shavoua tov.




    JYH
    28/04/2017
    D'après "Blog Qéhila"
    (Copie autorisée et même souhaitable, à condition d'en redonner le texte intégral et les sources)




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