• Parachah «BEHAR» (sur le mont)

     

    Parachah «BEHAR» (sur le mont)




    Pensée :

    « Il jugera avec justice les faibles, et arguera avec droiture pour les débonnaires de la terre … la justice sera la ceinture de ses reins, et la fidélité, la ceinture de ses flancs. Le loup habitera avec l’agneau, le léopard couchera avec le chevreau ; le veau, le jeune lion, le buffle, ensemble, un petit enfant les conduira. … On ne fera pas de tort, et on ne détruira pas, dans toute ma sainte montagne ; car la terre sera pleine de la connaissance de YHVH, comme les eaux couvrent le fond de la mer.” (Esa 11:4-9)

    Le principe shabbatique du Royaume se propose dans la parachah « Béhar – Sur la montagne»  

    La Terre bénéficie des Shabbats. Les relations humaines sont marquées par l’espérance libératrice et par la juste redistribution incluses dans le fondement shabbatique…

    La fin de la parachah souligne l’interdiction des faux cultes en opposition à la prééminence de YHVH, sans Lequel il n’y aurait pas de véritable sanctuaire avec les hommes.

    « Car sur ma sainte montagne, sur la montagne haute d’Israël, parole du Seigneur, YHVH, là me servira toute la maison d’Israël entière » (Ez 20 :40) 






    PARACHAH : « BEHAR » 
    (sur le mont)

     

    Shabbat 28 mai 2016
    (Commentaire de 2008-13)

     

    Lectures :
    Parachah : Vayyiqra’/Lévitique 25 :1 à 26 :2
    Haftarah : Yirméyahou/Jérémie 32 :6-27
    Bérith Hadachah : Miphaloth/Actes 4 :32 à 5 :11



    Rappel : les commentaires ne sont pas des études, mais des pensées que la lecture de la parachah nous inspire  et nous permet, sur une année, de relier les textes de la Torah et des Prophètes aux textes de la Bériyth haHadachah, de l’Alliance renouvelée en Yéshoua. 

     


    Résumé de la Parachah
     :

    YHWH parle à Moshéh sur le mont Sinaï et l’instruit sur les cycles d’années à observer, pour la terre et pour l’homme afin que ces deux composantes, soient au bénéfice des bénédictions de Elohim.
    YHWH rappelle ainsi que, ni la terre ni l’homme ne disposent indéfiniment d’eux-mêmes, mais sont destinés à bénéficier du repos et de la liberté par la confiance, en observant le vouloir de Elohim.
    La Parachah commence par une notion de « Shabbat » (Ch 25 v 2) pour se boucler sur le respect de ce même Shabbat et du sanctuaire (Ch 26 v 2)

     


    Une économie révolutionnaire

     
    ... ou économie shabbatique. Quel économiste oserait de nos jours proposer un tel modèle d’organisation ? S’il s’en trouvait un, parions qu’il soit la risée de tous ses confrères, et désigné comme dangereux idéologue de la part de la grande finance et du capitalisme libéral en général.

    Cependant le modèle donné à Moshéh déterminera le mode de fonctionnement économique du Royaume sur terre.

    De quoi s’agit-il ? Pendant six années la terre est exploitée, cultivée ; la septième année elle reste en jachère ! La sixième année est censée être tellement productive qu’elle fournirait suffisamment de récolte pour couvrir les trois années qui suivent ! Tout cela sans rotation sectorisée de jachère, sans quota limitatif, sans engrais chimique, sans OGM… Sans gestion mondialisée de la nourriture qui laisse 800 millions d’humains en état de
    famine ou de sous alimentation.

    Le repos de jachère de la septième année appelée en hébreu Shémittah, est une observance faite de confiance dans la promesse de Elohim: car il faut avouer et particulièrement à notre époque de disette - malgré les super-productions lucratives - que personne n’oserait se priver volontairement d’une année sur sept de production, représentant plus de 14% de rendement potentiel ! C’est également une année de remise des dettes (voir Deutéronome 15) Quelle banque à ce jour abandonnerait pendant une année le remboursement de ses prêts ? Les bourses du monde entier s’écrouleraient, dirons-nous ! Nous sommes réalistes, les bourses du monde s’écroulent déjà et amplifieront encore leur faillite, parce que paradoxalement, ni l'Etat d'Israël ni les nations n’ont pris au sérieux la promesse liée à l’organisation de l’économie selon Elohim… sans encore évoquer le non respect des commandements : « tu ne convoiteras pas et tu ne voleras pas », qui ne font plus partie du monde de la finance, de la bourse, des OPA, etc. Au contraire, ces commandements de base sont perçus comme des inepties : convoiter l’entreprise d’un autre, convoiter le poste d’un autre, mettre le concurrent « sur la paille », mettre des gens « au chômage », les priver de ressources et dans les cas les plus graves les contraindre à la disette, à la mort de faim ! Ce tableau est-il exagéré ? Non, nous le savons.

    Le repos de la septième année s’affirme être une trêve tant pour l’agriculture que pour le monde des affaires… L’arrêt de toute exploitation, ne serait-il pas au plus grand bénéfice de la reconstitution de toutes sortes de ressources ? Pensons seulement aux espèces marines. Cette pause correspond par ailleurs à ce que les économistes admettent être le rythme de la respiration de l’économie qui se répète environ au cycle de sept ans ("cycles Juglar" pour les spécialistes).

    Il est très difficile de croire en la promesse de Elohim plutôt qu’en l’oeuvre de nos mains :

    « Mais que mangerons-nous si nous ne cultivons pas ? » C’est déjà cela qu’Israël devait apprendre. Le pouvons-nous à notre tour ? Dans d’autres circonstances que la culture de nos champs et pour tous autres domaines où nous avons à dire : le Seigneur sera le premier servi, mes oeuvres serviles ou de loisir attendront… Apprenons où se situent nos priorités, notamment lorsqu’Il est particulièrement présent, comme nous le rappelle la parachah : en Ses Shabbats. 

     Mais aussi dans les affaires du Père, dans « Son champ » que sont les hommes … Sommes-nous capables d’attendre sans nous affairer une année complète en comptant absolument sur Sa bénédiction qui couvrirait plusieurs années, qui de plus conférerait un surplus de fertilité spirituelle ? Sommes-nous capables d’abandonner au Seigneur sa propre oeuvre plutôt que de vouloir toujours maîtriser, gérer, organiser, planifier, ce que nous considérons peut-être à tort être notre propriété ?

    “Et elle avait une soeur appelée Miryam, qui aussi, s’étant assise aux pieds de Yéshoua, écoutait sa parole ; mais Marthah était distraite par beaucoup de service. Et étant venue à Yéshoua, elle dit, Seigneur, ne te soucies–tu pas de ce que ma soeur me laisse toute seule à servir ? Dis–lui donc qu’elle m’aide. Et Yéshoua, lui répondant, dit, Marthah, Marthah, tu es en souci et tu te tourmentes de beaucoup de choses, mais il n’est besoin que d’une seule; et Miryam a choisi la bonne part qui ne lui sera pas ôtée.”
    (Lu 10:39-42)

    Le repos de Shémittah est un repos de respiration, un repos de souffle, un moment de renouvellement, où l’on cesse d’investir à la manière du monde, où on laisse croître ce que Elohim fait croître pour sa création, avec sa sagesse qui dépasse de loin toutes nos pensées.

    Notre Père sait de quoi nous avons besoin, tant pour la terre que pour le corps, que pour l’esprit. S’IL imposait ainsi le cycle de Shémittah à Israël par la voix de Moshéh, ce n’est pas uniquement pour le sol et la nourriture terrestre, car dans le monde de Elohim tout est cohérent et harmonie, ce qui est vrai « pratiquement » l’est aussi « spirituellement ».

    Tous les sept shabbats d’années, sept cycles de sept ans, c’est a dire tous les quaranteneuf ans (Ch 25 v 8) intervenait le « Yovel *» ou jubilé. Ce Yovel était vu comme une cinquantième année qui se déclarait au jour de Kippour, jour des expiations et du pardon, ce qui est lourd de symbole.
    * Dérivé du mot « corne de bélier ».
    Note JYH: Les économistes ont aussi remarqué ces cycles de "cinquante ans" (cycles dits "Kondratieff")... mais n'en tiennent aucun compte !

    Réfléchissons un instant à cette relation….

    L’application du Yovel fut abandonnée au retour de l’exil de Babylone, car la population revenue sur le territoire d’Israël n’était plus suffisamment représentative de toutes les tribus d’Israël. Ce qui devrait être réparé dans les temps prochains, selon la prophétie d’Ezéqiel 37 :15

    S’il fallait inventer une loi contre tous les abus d’exploitation humaine, une loi anti-trust ou anti-spéculation ou anti-inflation ou anti-groupe hégémonique financier et autres, alors le modèle « Yovel » et ses déclinaisons concernant les propriétés, les prêts, et le travail des hommes, devrait servir d’archétype. Il est évident que de telles propositions de lois feraient fuir tous les accapareurs de ce siècle… Fini les O.P.A. à durée indéterminée, les disparitions par absorption des héritages ancestraux et du juste travail. Jugulés, les envolés de prix de vente de maisons et de terrains et de toutes formes masquées de travail inhumain et d’extorsion ; car tous les quarante-neuf ans, chacun, excédentaire ou déficitaire dans le résultat de ses activités, prospère ou tributaire d’un handicap de la vie, quel que soit son sort, retrouvait l’héritage, terrain ou maison, qui constituait son « capital » de départ.

    Pendant quarante-neuf ans, avec une pause tous les sept ans, les entrepreneurs « dynamiques » pouvaient s’exprimer, ce qui ne freinait pas l’initiative ! Toutefois, et au moins une fois au cours de la vie, l’homme qui s’était enrichi devait restituer à son compatriote ce que sa « bonne fortune » avait acquis de ce dernier, y compris dans l’anonymat bancaire. Quant-au défavorisé, au moins une fois dans sa vie, il retrouvait ce qui lui appartenait "de droit divin" (de Elohim).

    Tout est à Elohim, qui donne à chacun équitablement ; comprenons que la mesure de Elohim n’est pas la nôtre, IL rétribue de la même récompense celui qui travaille depuis le matin comme celui qui n’arrive qu’à la dernière heure.

    L’héritage de Elohim est inaliénable. Ce qu’IL a donné à "Israël", reste à "Israël" :
    « l’adoption, la gloire, les alliances, la Torah, le culte, les promesses, les patriarches dont le Mashiah selon la chair, le territoire défini du Nord au Sud de l’Est à l’Ouest, Amen »

    Quel que fut et quel que sera le parcours d’Israël, ceux qui se sont accaparés, bien souvent par usurpation et non par juste héritage, le dépôt d’Israël devront le rendre. Quant-à ceux qui viennent se « greffer » par adoption sur l’olivier franc, en participant à sa sève, ils deviennent Israël que leurs ancêtres l’eurent été ou non, ils reçoivent en promesse de Elohim leur juste part comme leurs frères déjà greffés selon leur nature en, et par Yéshoua.

    Bien sûr, il est douloureux de percevoir que certains potentiels bénéficiaires de cet héritage n’hésitent pas à le « brader » volontairement à leurs adversaires contre des promesses mensongères de paix, et que d’autres restent fermés à Celui qui est leur héritage suprême : Yéshoua le Mashiah d’Élohim. Nous ne les jugeons pas, nous les portons dans la prière…

    Nous attendons en veillant, le retour de Celui à qui appartient la rémunération, l’Héritier de qui nous sommes co-héritiers. Celui qui redistribuera ce qui a été dédaigné, dispersé ou usurpé car Il rassemblera cette fois le Tout Israël, réactivant ainsi la proclamation d'un « Yovel d'exception » Nous attendons le son du cor du Kippour de ce Yovel qui
    annoncera l’entrée dans le Royaume, où s’instaurera la Paix et la justice ; car

    "Vous observerez mes shabbats, et vous révérerez mon sanctuaire. Je suis YHWH. Si vous suivez mes lois, si vous gardez mes commandements et les mettez en pratique, Je mettrai la paix dans le pays, et personne ne troublera votre sommeil ; je ferai disparaître du pays les bêtes féroces, et l'épée ne passera point par votre pays… Vous mangerez des anciennes récoltes, et vous sortirez les vieilles pour faire place aux nouvelles. J'établirai ma demeure au milieu de vous, et mon âme ne vous aura point en horreur. Je marcherai au milieu de vous, je serai votre Elohim, et vous serez mon peuple." (Lévitique 26:2-3 &6 &:10-12)

    Quelle merveille ! Amen !

    Une remarque: dans cette Parachah, il est question de terre, d’hommes, et de cycles shabbatiques … On y mentionne aussi subrepticement le sanctuaire au verset 2 du Ch 26, « mes shabbats vous garderez et mon sanctuaire vous vénérerez, Je suis YHWH ». Où parle t’on de sanctuaire ? Il semble absent de notre parachah. Non il n’est pas absent, bien que plus apparent dans la parachah suivante

    "J'établirai ma demeure au milieu de vous, Je marcherai au milieu de vous."

    "Milieu de vous" : textuellement « dans vous ».

    "Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Elohim, et que le Souffle de Elohim habite en vous ?" (1 Corinthiens 3:16 NEG)

    "Car nous sommes le temple de l'Elohim vivant, comme Elohim l'a dit, J'habiterai et je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur Elohim, et ils seront mon peuple."
    (2 Corinthiens 6:16 NEG)

    Faîtes donc attention à vous ! Car vous êtes mon sanctuaire.

     


    Une année de grâce

     

    "L'Esprit de YHWH est sur moi, Parce qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres. Pour proclamer aux captifs la délivrance, Et aux aveugles le recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés, Pour proclamer une année de grâce (d’accueil) de YHWH." (Luc 4:18-19 NEG)

    Telles furent les Paroles d’ouverture de ministère, que prononçaient Yéshoua dans la synagogue de Nazareth, à Shabbat. Cette lecture d’Isaïe 61 est typique du « Yovel ». La bonne nouvelle annoncée aux pauvres, était aussi celle du recouvrement de leur héritage perdu depuis longtemps. Lui l’Héritier de Elohim était bien Celui qui pouvait « proclamer » l’année effective du Yovel.

    Compte tenu de la nature de sa mission parmi les hommes (le sanctuaire) qui consistait surtout au recouvrement de l’héritage en Elohim le Père, héritage de la relation définitivement réparée avec le Père, héritage retrouvé de la vie éternelle par la rançon du sang de l’Alliance… Nous pouvons penser, comme d’autres commentateurs, que l’année du témoignage de Yohanan
    hamatbil (Jean l’immergeur) et de l’intronisation de Yéshoua, qui annonçait Lui-même « une année de grâce », était une année de  « Yovel » avérée.

    Car Il dit : « Aujourd’hui cet écrit s’est accompli à vos oreilles » Vous avez entendu que c’est une année de Yovel, mais vous n’avez rien vu ! Le Yovel ne vous a été que « notifié » car il a perdu depuis longtemps la puissance de son application. Le Seigneur annonçait sans le dire explicitement, mais seulement en citant la Parole, que Lui proclamait véritablement le rétablissement d’Israël par le symbole du Yovel. Effectivement, les israélites de l’époque connaissaient bien la relation prophétique entre Yovel et Royaume. Il ne fit pas qu’en parler, Il fit les oeuvres de Son Père…

    A ce Yovel de l’antiquité correspond « Le Royaume en vous », « Mon Sanctuaire ». Au prochain Yovel, celui du retour correspondra « Le Royaume sur Terre comme dans les cieux ».

    Reviens bientôt Adon Yéshoua !

     

    Shabbat Shalom véshavoua tov

     

     


    JYH
    27/05/2016
    D'après "Blog Qéhila"
    (Copie autorisée et même souhaitable, à condition d'en redonner le texte intégral et les sources)

     

     

    « Parachah "Qédochiym" (Saints vous serez)L'Agneau et le Lion ! »
    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks

    Tags Tags : , , , , , , , ,