• Parachah : «THAZRIA/METSORA »



    Pensée :

    “Tout le temps que la plaie sera en lui, il sera impur ; il est impur ; il habitera seul, son habitation sera hors du camp.” (Le 13:46)

    “Et Yéshoua, l’ayant entendu, leur dit, ceux qui sont en bonne santé n’ont pas besoin de médecin, mais ceux qui se portent mal ; Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs.” (Mr 2:16-17)

    Nous pensons-nous justes ou pécheurs ? Si nous sommes vus comme justes c’est parce qu’IL nous a justifiés. Si nous sommes « dans le camp » c’est parce qu’IL est venu vers nous pour nous purifier. Si nous nous disons juste et sans péché, nous le faisons menteur et nous nous rendons coupables de « Lachon hara » de mauvaise langue, et notre place est hors du camp.  Ne soyons pas confus ou prétentieux au regard de notre condition de pécheur, mais ne soyons pas d’avantage confus au regard de Sa grâce…

    “C’est pourquoi aussi Yéshoua, afin qu’il sanctifiât le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte. Ainsi donc, sortons vers lui hors du camp, portant son opprobre ;” (Heb 13:10-13)



    PARACHAH
    : «THAZRIA/METSORA »  
    (ensemencera/galeux)


    Shabbat 29 avril 2017 
    (Commentaires de 2010-14)


    Lectures
    Parachah: Lévitique 12 :1 à 15 fin
    Haftarah: 2 Rois 7 :3 à 20
    Bérith Hadachah: Luc 17 : 1 à 6 et 11 à 19


    Rappel : les commentaires ne sont pas des études, mais des pensées que la lecture de la parachah nous inspire et nous permet, sur une année, de relier les textes de la Torah et des Prophètes aux textes de la Bériyth haHadachah, de l’Alliance renouvelée en Yéshoua.


    Résumé :
    Les chapitres 12 à 15 de la parachah Thazria (ensemencée) / Métsora (le lépreux ou le galeux) traitent de contamination qui émane du corps humain et de contamination qui se répand sur les tissus et les maçonneries. Cette parachah traite aussi des pollutions issues de l’homme et de la femme.



    L’ensemencée 


    Lévitique 12 : « YHWH Élohim parle à Moshéh pour dire : parle aux enfants d’Israël pour dire : une femme qui sera ensemencée et enfantera un mâle est contaminée (impure) sept jours. Selon les jours de ses menstrues elle sera contaminée ».

    Voilà une « bonne maladie », cependant la femme enceinte (ensemencée), qui met au monde la vie d’un enfant mâle ou femelle, sera néanmoins considérée en état d’impureté.

    Par la femme « ensemencée », la parachah Thazria nous apprend que l’impureté, la contamination, est déclarée dès qu’il y a perte du potentiel de vie, telle la perte de sang lors des menstrues. La femme accouchée ne porte pas de culpabilité, au contraire, mais la naissance de l’enfant, « la sortie d’une vie », nécessite un acte de retour à la pureté. La mitsvah fut respectée
    par Miryam, mère de Yéshoua homme, en plein accord avec son époux Yossef.

    Luc 2 :21-14 : « Le huitième jour auquel l’enfant devait être circoncis étant arrivé, on lui donna le nom de Yéshoua … Et quand les jours de leur purification furent accomplis, selon la loi de Moshéh, Yossef et Miryam portèrent Yéshoua à Yéroushalaïm pour le présenter au Seigneur … et
    pour offrir en sacrifice deux jeunes pigeons, comme cela est prescrit dans la loi de YHWH. »

    Miryam et Yossef suivirent avec soin la loi donnée à Moshéh. C’est au quarantième jour (7 + 33), les jours de sa purification accomplis, que Miryam présenta Yéshoua au sanctuaire, la purification rituelle lui permettant de réintégrer le sacré sans risque de contaminer. Cet épisode de vie
    démontre que Yéshoua, circoncis le 8ème jour, présenté le 40ème jour au sanctuaire, après les sacrifices rituels, est bien fils d’homme, venu d’Élohim, Juif né au sein du peuple judéen. La loi de Moshéh marquera toutes les étapes de Sa vie terrestre jusqu’à Golgoltha. Yéshoua vécut dans le respect de la Torah et dans l’amour d’Élohim. Notre parachah de ce shabbat nous rappelle aussi cela.



    Le Galeux
     


    Lévitique 13 : « YHWH parle à Moshéh et à Aharon pour dire : un humain en qui sera sur la peau de sa chair, oedème, dartre ou une tache blanche, c’est sur la peau de sa chair une touche de gale (lèpre). »

    La maladie de peau décrite par notre parachah n’est sans doute pas la lèpre (maladie de Hansen).
    C’est dès le 3ème siècle avant l’ère chrétienne, par la version dite « la septante » qu’il devint habituel de traduire par « lèpre ». La lèpre des Grecs (2ème siècle avant JC) semble n’avoir été qu’une sorte de psoriasis. Les anciennes traductions orientales rendent le mot hébreu tsara’at par garba (en akkadien garabu) terme qui désigne une maladie de peau indéterminée, mais sûrement pas la maladie de Hansen (lèpre). Parmi les centaines de squelettes de l’époque biblique découverts en terre d’Israël, il n’est pas fait mention de trace de la lèpre. Il apparaît qu’il faut effacer de nos bibles les mots « lèpre et lépreux » (d’après André Chouraqui qui a choisi de donner le mot « gale » sans lui attacher d’autre valeur que générique).

    La maladie de peau décrite par notre parachah serait bien particulière et spécifique d’une époque. Une maladie dont la cause serait liée à une souillure de l’être, et qui attesterait de la culpabilité du porteur contaminé.

    “Écoutez et comprenez, ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme ; mais ce qui sort de la bouche, c’est là ce qui souille l’homme.” (Mt 15:11)

    La cause des souillures, cause propre à l’intériorité de l’être, et notamment cette « gale », devait, par mesure de prévention, se voir à l’oeil nu pour être « traitée » par les sacrificateurs. Pourquoi ?
    Parce qu’Israël s’apprêtait à pénétrer en territoire de Canaan, terre du Royaume alors promis. Les enfants d’Israël devaient sanctifier, purifier « la terre » par leur présence. Ils ne pouvaient le faire qu’à la condition d’être eux-mêmes intrinsèquement purs.

    Les bénéi Israël devront donc se garder en état de pureté rituelle pour vivre en symbiose avec leur Élohim qui les gardera de la contamination. Toute racine de faute se révèlera « visuellement » immédiatement et sera traitée. Le sacrificateur devra décider de la mise « hors du camp » momentanée de la personne contaminée. 

    Des actes de rejets immédiats par condamnation furent visibles aussi lors de l’entrée dans la Qéhiyllah de Jérusalem. Hananiah et Shapirah furent mis « hors du camp » par mort instantanée. Croyons donc que l’entrée en terre promise des bénéi Israël était aussi « gardée » par une sanction immédiate et visible.

    « Si quelqu’un a méprisé la loi de Moshéh, il meurt sans miséricorde sur la déposition de deux ou de trois témoins, d’une punition combien plus sévère pensez–vous que sera jugé digne celui qui a foulé aux pieds le Fils d’Élohim, et qui a estimé profane le sang de l’alliance par lequel il avait été sanctifié, et qui a outragé le souffle de la grâce ? » (Hé. 10:28-29) 

    La question ouverte est : quelle faute de culpabilité générait l’apparition « extérieure » d’un état de contamination ? Gardons cette question en mémoire. 



    Les quatre galeux/lépreux annoncent la Bonne Nouvelle… (Selon la Haftarah)


    Le récit du deuxième Livre des Rois d’Israël dans son chapitre 7 présente la particularité d’utiliser l’une des 5 occurrences bibliques du mot hébreu
    « bessorah », retraduit par « bonne nouvelle » à travers le mot grec euaggelion [éuanguélion] et malencontreusement restitué en français par « évangile » (d’où provient évangéliste) , mots dénués donc de signification et d’authenticité biblique. La mise en prédominance de ce mot avait pour but de donner le change à « Torah » alors que toute la Parole est à considérer :
    « Torah » et « Béssorah » autrement dit : enseignement à la sanctification et bonne nouvelle.

    Dans cet épisode, la ville de Samarie – capitale du Royaume du Nord située sur le territoire de Ménashéh (assimilé à Éphraïm) - est assiégée par les Syriens. La vie des samaritains y est désespérée car la famine sévit. Mais quatre lépreux (Éphraïmites donc de leur état), rejetés de la cité pour leur maladie, décident de pénétrer dans le camp militaire que l’ennemi semble avoir abandonné. Ils y découvrent nourriture et butin qu’ils se partagent dans un premier temps.

    « Puis ils se dirent l’un à l’autre : Nous n’agissons pas bien ! Cette journée est une journée de bonne nouvelle ; si nous gardons le silence et si nous attendons jusqu’à la lumière du matin, le châtiment nous atteindra. Venez maintenant, allons faire rapport à la maison du roi. » (II Rois 7 :9)

    Ces craignants Élohim se ravisent donc et retournent « à la maison du roi » pour partager « la bonne nouvelle » avec ceux de la ville qui sont toujours « affamés ».

    Paradoxe : pouvons-nous donc être galeux, hors du camp et porteurs de bonne nouvelle ?

    Il semblerait dans cet épisode que le jugement et le regard critique qui doivent évoluer ne sont pas ceux des malades, plutôt enclins à l’altruisme, envers et contre tous.

    Expulsés de la cité et promis à une mort lente, par la maladie, la faim, ou l’épée syrienne, ces quatre « non valides » vont devoir convaincre les sentinelles et le roi que leur survie passe par la prise en compte de leur
    « bonne nouvelle ».

    Dans un premier temps, les sentinelles relaient le message mais le Roi craint le subterfuge et le piège. Il envoie pour authentifier la « bonne nouvelle », transmise par les 4 lépreux, 2 chars et 5 chevaux.

    **Hypothèse de lecture allégorique de cet épisode de la vie militaire d’Israël (idée originale proposée en 2004 par Joseph Shulam,) : 2 témoins « affamés » de la maison du Roi et de la cité assiégée (Jérusalem ?), portés par les 5 livres de la Torah, authentifient et croient que la « bonne nouvelle » n’est pas un mensonge ni un piège transmis par les 4 lépreux (4 « évangélistes », auteurs des 4 récits de la Bonne Nouvelle / Béssorah) .

    Réponse au paradoxe apparent: il nous faut être rejetés par les institutions officielles et les pouvoirs temporels en place pour que Elohim puisse nous appeler à Son service et nous utiliser à annoncer la Bessorah. Considérés comme impurs par la Cité dont ils sont résidents, les lépreux sont en même temps considérés comme habitants de la Cité par les ennemis de la ville. Rejetés de tous, ils sont choisis par Elohim pour propager la Bonne Nouvelle. Ainsi furent traités de nombreux disciples et les apôtres de Yeshoua de BethLéhem: ni Juif, ni Grec ! Rejetés par les uns, non acceptés par les autres.

     

    Aujourd’hui, cette difficulté persiste et s’amplifie. Les uns et les autres voudront-ils se reconnaitre et déceler leur propre parcours spirituel à travers ce profil type « du lépreux rejeté » ? Rejeté à la fois par les églises et les synagogues. Plus largement, tous les croyants en Yéshoua, qui adhérent
    au Shabbat, semblent devoir vivre ce double rejet, propre à tout lépreux.

    La consolation consiste alors à se souvenir de la prise en charge mosaïque de
    « cette maladie » tous les 7 jours par le Cohen qui officie d’éternité en éternité et qui nous dit : « Reste encore 7 jours de plus à côté de moinous nous reverrons dans 7 jours pour évaluer tes progrès. »

     


    Des origines de la lèpre spirituelle et de la façon de la combattre... (selon la Torah)


    L'origine "spirituelle" de la tsara'at/lèpre est la calomnie. La personne est atteinte de cette affection car elle est supposée avoir tenu des propos diffamatoires en expérimentant le Lâchon Hara (langue mauvaise). Le terme métsorâ (lépreux) est intimement lié à l'expression "motsi shem râ" (littéralement qui sort un nom mauvais). Un commentaire établit cette relation de façon très explicite : « Que signifie "Et ceci sera la loi du Métsorâ ?". Ceci sera la loi de celui qui sort un nom mauvais (propos calomnieux) ». [Arakhin 15b]

    Il y a deux parachiyoth dans la Torah où nous pouvons observer cette association "Lashon Harâ - Tsara'at", la plus évidente étant celle où Miryam critiquant Moshéh est immédiatement atteinte de lèpre : « Miryam et Aharon parlèrent de Moshéh, à propos de la femme kouchite qu'il avait pris ... et voici Miryam était atteinte de "Tsara'at" (lèpre). » (Nombres 12:1-10)

    Un autre passage met en relief cette relation « médisance-lèpre », il s’agit de l'épisode du buisson ardent, au cours duquel Moshéh lui-même a été victime de cette affection. Après avoir affirmé que les hébreux ne le croiront pas lorsqu'il déclarera être un envoyé l’Adonaï Elohim YHWH , il lui est
    demandé de mettre sa main « dans son sein ». Quand il la ressort, elle est recouverte de lèpre… « parce qu'il a tenu des propos calomnieux envers le peuple » expliquent les commentateurs.

    « Moshéh répondit et dit : Mais ils ne me croiront pas et ils n'écouteront pas ma voix ... Il mit sa main dans son sein, il la sortit et voici sa main était lépreuse (Métsora'at). » (Exode 4:1-6)

    Un autre commentaire explique que le péché de Lashon Harâ (propos accusateurs) est précisément le péché du serpent. Elohim pardonnera tout, excepté le péché du Lashon Harâ qui constitue le péché originel, duquel procèdent tous les autres. (voir "péché impardonnable")

    Une confirmation de cette pensée ?
    Pour se faire reconnaitre et accepté des Israélites encore esclaves de Pharaon, Moshéh – accompagné d’Aharon comme le stipule Exode 4 :30 – accomplit tous les signes qu’il a préalablement reçus au buisson ardent. Il(s) montre(nt) aux anciens comment il leur est donné de maîtriser le bâton-serpent. Puis, à la suite, comment il leur est donné de maîtriser leur propre lèpre/metsora.

    Élohim YHWH a voulu que la guérison de cette « metsora », par la maîtrise de l’accusation «Lachon Hara» (la vraie nature du serpent) soit l’une de Ses signatures, officielle et reconnue. L’Adon Yéshoua a signé Ses actes de la même manière. Puissions-nous reconnaître cette même signature dans nos assemblées.


    Parachah : «Thazria/Metsora »




    Le galeux/lépreux samaritain
    (selon la Bériyth Hadachah)


    Commentons les paroles et actes de notre Adon Yéshoua, dont témoigne le livre de Luc en liaison étroite avec les versets associés du Lévitique.. Par ailleurs, il ne servirait à rien d’étudier la Torah de Moshéhsans y découvrir notre seule source de Salut.

    Dans le récit « évangélique » de Luc, en lien avec la parachah METSORA, Yéshoua expose toute sa connaissance et sa maîtrise de la loi mosaïque.

    « Au cours de son voyage vers Jérusalem, Yéshoua passait entre la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre et se tenaient à distance. Ils élevèrent la voix et dirent : Yéshoua, Maître, aie pitié de nous ! En les voyant, il leur dit: Allez vous montrer aux sacrificateurs. Et, pendant qu’ils y allaient, il arriva qu’ils furent purifiés. L’un d’eux, se voyant guéri, revint sur ses pas et glorifia Élohim à haute voix. Il tomba face contre terre aux pieds de Yéshoua et lui rendit grâces. C’était un Samaritain. Yéshoua prit la parole et dit: Les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Mais les neuf autres, où sont-ils ? Ne s’est-il trouvé que cet étranger pour revenir et donner gloire à Elohim ? Puis il lui dit: Lève-toi, va; ta foi t’a sauvé. » (Luc 7, 11-19)

    Les dix lépreux ne forment-ils pas une communauté aux sens des dix justes d’Abraham ? Est-ce paradoxal de voir dans ces dix lépreux, tous les lépreux spirituels que nous pouvons être les uns et les autres au cours de nos vies de croyants implorant : « Maître, Adon, aie pitié de nous » ?

    Un des principaux thèmes de cette parachah traite d'une maladie affectant la peau appelée "tsara'at", souvent traduite par lèpre. Mais les commentateurs s’accordent à dire qu'il ne s'agit pas de la lèpre telle qu'elle est définie de nos jours. Qu’est donc cette maladie « Tsara’at » à taches blanches qui apparaît sur la peau de l’homme ? En fait qu’est un Metsora, un lépreux ? Au-delà des hypothèses médicales éligibles, nous voulons ici considérer cette gale/lèpre de façon spirituelle, et par conséquent ce n'est pas un médecin qui guérira cette maladie, mais un "docteur de l'être" : le bon Médecin le Seigneur… la guérison sera constatée par ceux qui sont habilités : le Cohen, le prêtre.

    L’Adon Yéshoua invite donc ces lépreux à se montrer aux sacrificateurs … conformément à la loi de Moïse.

    « Si un homme a dans la peau de sa chair une tumeur, ou une dartre, ou une tache blanchâtre, et qu’elle soit devenue, dans la peau de sa chair, une plaie comme de lèpre, on l’amènera à Aharon, le sacrificateur, ou à l’un de ses fils, les sacrificateurs. » (Lévitique 13 :2 selon Darby)

    Il ne peut s’agir dans ce récit d’une première « visite de diagnostic » car ces lépreux se comportent comme sachant-connaissant-maitrisant parfaitement leur état et leur maladie ; ils semblent déjà vivre hors du camp. Yéshoua leur prescrit donc une « visite de contrôle » en vue d’un retour éventuel au camp … conformément à la loi de Moïse.

    « C’est ici la loi du lépreux, au jour de sa purification, il sera amené au sacrificateur ; et le sacrificateur sortira hors du camp ; et le sacrificateur le verra, et voici, le lépreux est guéri de la plaie de la lèpre. »
    (Lévitique 14 :2 selon Darby)

    « Au jour de sa purification » renvoie également au jour où l’homme décide de se purifier, c'est-à dire de se repentir et de réaliser l’idéal de la pureté. Si les dix lépreux acceptent par obéissance d’aller consulter malgré leur état, c’est qu’ils espéraient être déclarés aptes par le Cohen officiant.
    Leur espérance fut donc récompensée. Mais seul l’étranger-samaritain a compris que le Sacrificateur « qui était sorti hors du camp … » pour le déclarer apte conformément à la loi de Moïse, était Yéshoua. « Va, ta foi t’as sauvé … » est bien une constatation d’une guérison finalisée et d’un état de pureté retrouvée. ( … alors le sacrificateur le déclarera pur … il lavera ses
    vêtements, et sera pur … )

    Yéshoua est ce Cohen « hors du camp » (sorti de la maison du Père) qui invite tous les lépreux à se présenter à Lui pour leur signifier leur guérison.

    Et Moshé a reçu de l’Adonaï Élohim YHWH de prescrire une « thérapie complémentaire » plutôt remarquable :

    « … le sacrificateur fera enfermer pendant sept jours celui qui a la plaie ; et le sacrificateur le verra le septième jour, et voici, la plaie est demeurée à ses yeux au même état … alors le sacrificateur le fera enfermer pendantsept autres jours. Et le sacrificateur le verra pour la seconde fois, le septième jour, et voici, la plaie s’efface …» (Lévitique 13 :4)

    Quel est la nature de cet « enfermement » auprès du Médecin-Cohen pendant 7 jours ? Il ne s’agit pas d’une privation gratuite de liberté mais d’une mise en « observation » pour protéger le patient de lui-même, le prévenir d’une rechute et confirmer sa lente guérison.

    Quel est la nature de ce cycle de 7 jours où tous les lépreux spirituels sont invités à faire constater par leur Médecin-Cohen leurs éventuels progrès ?

    Ne s’agirait-il pas de rencontrer de shabbat en shabbat notre Cohen Gadol pour lui faire constater que nous devons encore rester 7 jours de plus à ses côtés parce que la maladie s’est juste stabilisée, et ce, jusqu’à ce que nous soyons « délivrés de ce corps de mort » ?

    « L’homme alla dire aux chefs juifs que c’était Yéshoua qui l’avait guéri. Ils s’en prirent alors à Yéshoua, parce qu’il avait fait cela le jour du shabbat … » (Jean 5 :16)

    Les pharisiens et leurs descendants modernes nous objecteront qu’on ne « travaille » pas le jour de Shabbat ? L’Adon, qui est leur Maître à tous, leur opposera alors qu’il est permis de faire le bien, de soigner, de guérir, de sauver le jour de Shabbat. Ainsi qu’Il l’a démontré Lui-même à de nombreuses reprises à l’occasion de Son ministère.

    « … Mais Yéshoua leur répondit : Mon Père est continuellement à l’oeuvre etmoi aussi je suis à l'oeuvre. » [ Ndlr : le jour de Shabbat ! ]
    (Jean 5 :16 suite)

    Au cours de notre vie de croyant, la maladie spirituelle peut s’apparenter à une simple dartre, évoluer en lèpre, s’aggraver en ulcère, s’aggraver encore en lèpre sur l’ulcère, puis dégénérer en plaie généralisée nous obligeant à quitter le camp. La maladie peut également se stabiliser et se solder par des cicatrices et brûlures qui témoignent de notre guérison et de notre combat contre la maladie. Mais ces cicatrices peuvent se réinfecter et provoquer une nouvelle crise de lèpre invétérée : telle est la double logique d’aggravation puis d’atténuation décrite par la parachah METSORA.

    Au centre de cette double logique se positionne le Cohen qui constate, prescrit et réoriente le malade : hors du camp ou observation/enfermement à ses côtés selon un cycle shabbatique de 7 jours. La finalité de ce long processus de guérison (et de sauvegarde du camp) est de déclarer pur le malade qui n’est pas pour autant à l’abri d’une rechute et d’une nouvelle intervention du Cohen, qui oeuvre alors prioritairement à éviter les effets néfastes d’une possible propagation de la maladie dans la communauté.(Comme dans le récit des 10 lépreux de Yéshoua !)

    Comment envisager le retour définitif au camp après une période de longue maladie ? Moïse a également prescrit pour assurer ce retour :

    « Celui qui se purifie nettoiera ses vêtements, rasera tout son poil et se lavera dans l’eau; et il sera pur. Ensuite il pourra rentrer dans le camp, maisil restera sept jours hors de sa tente. Le septième jour, il rasera tout son poil, sa tête, sa barbe, ses sourcils, il rasera tout son poil ; il nettoiera ses vêtements, lavera son corps dans l’eau et il sera pur. Le huitième jour, il prendra deux agneaux sans défaut et une brebis d’un an sans défaut, trois dixièmes de fleur de farine en offrande pétrie à l’huile et un log d’huile. » (Lévitique 14 :8 selon Segond)

    7 jours hors de chez soi à se réjouir de sa guérison pour finir par un culte de reconnaissance le 8ème jour : voilà une prescription qui ressemble fort à la fête des cabanes programmée au 7ème mois de l’année.

    Cette fête de Soukkoth, dont les prophètes ont rappelé le caractère universel, présente donc toutes les caractéristiques du processus de réhabilitation du lépreux qui était un temps hors du camp, et qui est autorisé par le Cohen à réintégrer le camp. Quel symbole pour toute l’humanité ! C'est un message et une invitation pour tous les lépreux spirituels de la terre...

    Nous pouvons penser que le samaritain guéri par Yéshoua, considéré comme étranger en Israël, a respecté scrupuleusement les recommandations mosaïques avant de réintégrer sa maison : 7 jours à se réjouir hors du camp, puis une journée de culte pour valider sa réintégration.

    Conformément aux prescriptions mosaïques, l’ancien porteur de la maladie galeuse/lépreuse, par sa repentance, bénéficie d’une purification identique en tous points à l’investiture des sacrificateurs (Lé.8 :22-24). Baigné dans les eaux, il reçoit du sacrificateur le sang du mouton sur l’oreille droite,
    sur le pouce de sa main droite et sur le pouce de son pied droit. Ce qui signifie que dans ses pensées, dans son action, et partout où ses pas le conduisent, il se conduit selon l’exigence du sang qui l’a purifié. Le « purifié » reçoit également sur les mêmes parties du corps et de la tête l’huile d’onction. Il est donc « Messié » comme le sont le grand prêtre et le roi.

    A bien y regarder, la période de l’Omer que nous vivons actuellement, relève également de ce processus de guérison du lépreux : 7 fois 7 jours à compter scrupuleusement, de shabbat en shabbat, avant la sainte convocation et le culte spécifique de Shavouot … une période propice à la guérison et au progrès personnel, donc.

    A chaque Shabbat, nous lisons « Réphaénou Adonaï … » « Guéris-nous Seigneur, et nous serons guéris … »

    A tous ceux qui redécouvrent de shabbat en shabbat et avec toujours plus de joie, leurs racines hébraïques, n’oubliez pas pour autant d’annoncer la « bonne nouvelle ».

    Conformément au récit du livre des rois d’Israël, restons ces galeux/lépreux éphraïmites rejetés par la cité, mais qui témoignent de la béssorah / bonne nouvelle à tout le peuple.

    Conformément au récit de l’Alliance renouvelée, ne craignons pas d’être cet étranger-samaritain qui atteste et se réjouit publiquement de sa purification par le seul pouvoir de son Grand Sacrificateur.

    C’est en effet dans le prolongement de ces deux récits complémentaires de la Torah, lus à ce shabbat, que se comprend l’universalité de la Torah confiée à Moshéh: au bénéfice de tous les étrangers en terre d’Israël et au bénéfice de tous les « gaeux », les pécheurs.



    Une vision du Royaume



    L’entrée en Canaan, terre promise, devait être marquée par des signes forts. Les conséquences du « lachon hara » pouvaient se propager sur les hommes, sur les tissus des vêtements et les maçonneries des maisons, en somme sur tout ce qui constitue un revêtement, une protection. Toutes ces impuretés devaient être éradiquées du peuple au risque de ne pas être en condition de la sainteté requise à la possession et au combat du Royaume.

    La Qéhiyllah de l’Adon Yéshoua, le tout Israël, doit être de même en état de sainteté pour purifier toute la création et instaurer le Royaume messianique.

    Le Royaume est fait de pureté. Que vos demeures soient saintes, qu’elles soient des lieux où règne le Seigneur. Que vos vêtements soient purs, blancs, représentatifs des œuvres de la foi, comme le fin lin des sacrificateurs, comme les robes qu’obtiennent ceux qui se tiennent dans les lieux célestes en Apocalypse. Que votre corps soit saint et pur, car il est le Temple vivant, représentatif en toutes choses de votre sainteté intérieure, de votre cœur, là
    où la Seigneur fait Sa demeure.

    Par le symbole de la « gale » qui affecte autant la peau humaine que le vêtement et les maisons, c’est aussi la condition du Royaume qui nous est rappelée. Car c’est du cœur que viennent les bonnes et mauvaises pensées… Mais une source de « vie » peut-elle faire jaillir de l’eau douce, fraiche, désaltérante et simultanément de l’eau amère, chargée de poison ?

    Tel est un des enseignements de cette parachah qui, par le symptôme de la gale, convie les enfants d’Israël à faire téchouva (repentance) et à recevoir le Mashiah Yéshoua, acteur de notre renaissance d’entre les morts, Lui qui fut en travail dans la souffrance en versant Son sang et qui nous donne la vie éternelle.

    Yéshoua nous convie à entrer, par l’homme régénéré, dans « une Qéhiyllah glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable. » (Ephésiens 5 :27). !



    Shabbat shalom vé shavoua tov.




    JYH
    28/04/2017
    D'après "Blog Qéhila"
    (Copie autorisée et même souhaitable, à condition d'en redonner le texte intégral et les sources)




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    Parachah: «CHEMIYNIY» (Huitième)




    Pensée :

    C’est YHVH qui est Élohim.

    “Et le feu sortit de devant YHVH, et consuma sur l’autel l’holocauste et les graisses ; et tout le peuple le vit, et ils poussèrent des cris de joie, et tombèrent sur leurs faces.” (Le 9:24)

    “Eliyahou, le prophète, s’approcha, et dit, YHVH, Élohim d’Avraham, d’Yitshaq, et d’Israël, qu’il soit connu aujourd’hui que toi tu es Élohim en Israël, et que moi je suis ton serviteur, et que c’est par ta parole que j’ai fait toutes ces choses. Réponds–moi, YHVH, réponds–moi, et que ce peuple sache que toi, YHVH, tu es Élohim, et que tu as ramené leur cœur. Et le feu de YHVH tomba, et consuma l’holocauste, et le bois, et les pierres, et la poussière, et lécha l’eau qui était dans le fossé. Et tout le peuple le vit ; et ils tombèrent sur leurs faces, et dirent, YHVH, c’est Lui qui est Élohim ! YHVH, c’est Lui qui est Élohim ! Et Eliyahou leur dit, Saisissez les prophètes de Baal, que pas un d’entre eux n’échappe ! Et ils les saisirent ; et Eliyahou les fit descendre au torrent de Qiychon, et les égorgea là.” (1Ro 18:36-40 )

    Seigneur pour la gloire de Ton Nom, à cause de ceux qui t’aiment et à cause de ceux qui te haïssent, manifeste Toi avec éclat afin que personne ne puisse dire : «Où est l’Élohim d’Israël»  Que tous apprennent qu’IL ne sommeille ni ne dort Celui qui garde Israël (tout Israël) !



    Parachah: «CHEMIYNIY»





    PARACHAH : « CHEMIYNIY » 
    (Huitième)

    Shabbat du 22 avril 2017
    (Commentaire 2011)



    Lectures :
    Parachah : Vayyiqra /Lévitique 9 :1 à 11 :47
    Haftarah : Yé: hézqél / Ezékiel 36 :16-38
    Bérith Hadachah : Ivriym : / Hébreux 8 :5-12


    Rappel
    : les commentaires ne sont pas des études, mais des pensées que la lecture de la parachah nous inspire et nous permet, sur une année, de relier les textes de la Torah et des Prophètes aux textes de la Bériyth haHadachah, de l’Alliance renouvelée en Yéshoua



    Résumé de la Parachah:
     Après les sept jours dédiés à l’investiture d’Aharon et de ses fils au sacerdoce de Elohim, selon la stricte procédure montrée à Moshéh, le huitième jour Moshéh les appelait à accomplir leurs premiers actes sacerdotaux pour eux-mêmes et pour le peuple. Ce qu’ils exécutaient également selon les règles bien précises. La gloire de YHWH apparaissait alors sous forme d’un feu sur l’autel. Cette grande joie fut de courte durée car quelque temps après cet épisode deux des fils d’Aharon étaient tués par un feu. Suite à cet évènement des instructions complémentaires étaient données aux sacrificateurs et aux israélites. Tout Israël recevait alors des instructions concernant la distinction entre le pur et l’impur, et notamment en ce qui concerne les animaux, dans le cadre de l’alimentation et des contacts avec les cadavres de ceux-ci…

     


    Le germe du Royaume. Elohim parmi les siens.


    Le sanctuaire, image du céleste, est dressé parmi les hommes d’un peuple choisi : Israël ("lutteurs d'El", de toutes les tribus issues de Jacob). Les officiants, Aharon et ses fils sont investis de leur fonction sacerdotale.

    Ce sacerdoce, le culte, a pour objet le rapprochement (Qorban : traduit par sacrifice, ce qui n’est pas sémantiquement juste), l’objectif ultime est la réconciliation de l’homme et de son Créateur. Tout ceci s’exprime dans un environnement ne pouvant être que « saint » et « pur ». Alors, rien n'est laissé à l'initiative de l'homme, tout est fait selon les instructions divines que Moshéh a reçues, tant pour le sanctuaire et ses ustensiles que pour les vêtements des desservants, l’investiture de ces derniers et les modes « opératoires » des divers services qu’ils auront à rendre, ainsi que la définition des éléments d’origine animale et végétale qu’ils auront à présenter. L’extrême minutie et le détail de ce projet pourrait nous paraître « étouffant » cependant nous savons bien ce qu’il advient lorsque l’homme intervient avec ses propres pensées. Cette parachah nous en donnera un très grave exemple.

    Qu’est ce que ce sanctuaire [Miqdach] sinon qu’un environnement représentatif de la sacralité nécessaire à la présence [Chékhinah] de Elohim parmi les hommes [Immanou El] Elohim avec nous. Présence telle que l’Adam avant la chute, put la connaître en Éden, près de l’arbre de vie…

    Réfléchissons un instant au bouleversement, à la modification de dispensation, que cela impliquait alors sur la terre ! Depuis l’Éden, après 2500 ans, Élohim YHWH, décide de réinvestir par une concrétisation de sa présence, la Terre et son humanité. C'est ENORME !
    C’est une véritable révolution, l’assurance actée d’une recréation, d’une rédemption en marche, d’une capacité au retour à l’Éden. Ce  qui réduisait à rien toutes les puissances d’Égypte et qui n’apparaissait que de temps en temps sur le haut des montagnes d’une manière terrible, se veut maintenant parmi les hommes, au beau milieu du camp, extraordinairement accessible, en rapprochement, à l’écoute des consultations…
    Presque, seulement presque, mais pas tout à fait comme Adam pouvait le consulter.
    Comprenons-nous bien ce qui se passait dans le désert ?

     

    Ce n’est pas, comme plusieurs peuvent le penser, la mise en place d’une institution religieuse ou d’une tradition avec ses rites, comme si les rites pouvaient sauver. Mais il s’agit bien ici du projet d'Elohim de reconquête de la création. Ce qui s’inscrit dans une dynamique de sortie et de combat selon des règles qui ne sont pas celles du monde mais celles du Royaume, et certainement pas dans l’enlisement des rituels religieux tels que certains parmi le peuple souhaitaient les reconduire dans l’affaire du veau d’or. « Je suis YHWH ton Elohim qui te fais sortir » Où donc ? Vers où ? Vers MOI, à ma rencontre, pour la réconciliation.

    C'est dans ce sens que Paul dira : nous avons reçu le ministère de la réconciliation.

    « Le logos (La Parole) est devenu chair, Il a planté sa tente parmi nous. Nous avons contemplé sa gloire, gloire comme celle d’un Fils unique auprès du Père, plein de chérissement et de vérité » (Jean 1 :14 Chouraqui)

    « Oui tout vient d'Elohim, qui nous a réconciliés avec Lui par Mashiah, et nous a donné le service de la réconciliation » (II Corinthiens 5 :18 Chouraqui)

     

    Chers amis, si nous nous sommes approchés et si nous sommes entrés dans cette tente ... Le Corps du Mashiah, sanctuaire qui n’est pas fait « en image » mais fait de réalité supérieure. Attention à notre comportement, attention de comprendre OÙ nous nous trouvons ! Certainement, à l’exemple du sanctuaire du désert nous nous trouvons dans l’environnement de la présence du Père, environnement où les pensées et initiatives purement humaines ne sont pas recevables.

    Aharon et ses fils, qui avaient le privilège de fréquenter l’intérieur du sanctuaire et d’y officier, devaient eux aussi comprendre la signification stricte du comportement respectueux à adopter en lieu saint !

     


    Le syndrome d'Abel et de Caïn


    Abel [Hévél] et Caïn [Qayin] sont nés hors d’Éden, hors de la présence d’Élohim. L’instruction et le souvenir de cet endroit rendu délicieux par la présence de Elohim, vécu par leurs parents, n’a pas manqué de leur impulser un impérieux souhait de retour, retour possible qu’après réparation et réconciliation. C’est dans cet ordre des choses que les deux s’engageaient dans
    une démarche de rapprochement avec le Créateur dont les parents s’étaient séparés. La vision messianique ainsi portée par chacun, s’exprimait par un Qorban de substitution (rapprochement-offrande-sacrifice). La proposition d’Abel fut agréée, celle de Caïn ne fut pas approuvée. Nous connaissons la suite. (Voir Genèse) Abel fut appelé plus tard : Abel le juste.

    Tout le chapitre 9 de notre Parachah n’est que félicité, l’ensemble des prérogatives de Elohim se réalise à merveille. Ce chapitre se termine par une attestation de l’agrément de YHWH: le feu de la face de YHWH accepte l’holocauste en le consumant. Le peuple est dans la joie, car son « Qorban », sa demande de rapprochement, est agréée, comme le fut celle d’Abel.

    Mais bientôt la joie fit place à la tristesse.

    Que s’est-il donc passé avec les deux fils d’Aharon, Nadav et Havihou ? Les premiers versets du chapitre 10 nous laissent sans voix… Deux sacrificateurs en titre, consacrés, investis, rituellement purs, ayant officié à la suite de leur père Aharon, participant pleinement à l’acte de réconciliation se retrouvent brutalement mis à mort !

    Malgré tout leur engagement, sans doute tout leur dévouement, il nous est rapporté qu’ils agirent devant Elohim selon une voie qui ne leur avait pas été commandée. Ils ont cru bon (peut-être) de faire autrement pour apporter leur « petit plus ». Ils sont désapprouvés dans leur action de « service » et tués par le feu de la face de YHWH.

    Ils offrirent du parfum sur leur encensoir. Est-ce donc répréhensible ? N’était-ce pas de bon coeur qu’ils faisaient cela ? Elohim ne regarde-t-IL pas qu’au coeur ? (comme disent certains) 
    Oui notre Elohim regarde au coeur, sans doute, mais aussi et surtout à l’obéissance. Avoir la foi, c'est-à-dire « adhérer » c’est croire pour obéir, surtout lorsqu’on aspire à de hautes fonctions… et ne pas faire n’importe quoi. Car les pensées des hommes, même les plus louables, ne sont pas les pensées de Elohim. Au plus nous nous approchons du sacré, au moins nous avons de latitude d’écart. Le chemin qui mène au Père est étroit, large est celui qui mène à la perdition.

    La déviation observée chez Nadav et Avihou, fut peut-être celle empruntée par Caïn, dans sa proposition d’offrande qui ne fut pas agréée. Apporter notre propre oeuvre, issue de notre raisonnement et décision, pour aider Elohim (!) pour devancer les temps, pour ne pas dépendre entièrement de Lui et de ses « commandements », pour prendre notre destin en mains quitte à modifier certains ordres très clairs, en inventant d’autres voies… tout en nous convaincant que nous servons Elohim ! Quelle subtilité dans la séduction… Soyons sur nos gardes, et veillons à ne pas prendre nos « folies » pour inspiration du « saint esprit » c’est tellement facile ! Car notre Elohim est aussi un Élohim ardent, un feu dévorant. On ne se présente pas devant Lui
    avec un [ésh zarah] c'est-à-dire un feu étranger, profane, réprouvé.

    Nous pouvons toujours penser que la sentence envers Nadav et Avihou fut extrêmement sévère. Certainement, mais elle est pédagogiquement à la hauteur du risque encouru par tous ceux qui, volontairement ou de façon désinvolte ou en toute inconscience, se permettraient d’imposer à notre Créateur, des oeuvres non requises de sa Volonté. Toute l’écriture nous sert d’instruction. Cette instruction n’est pas que magistrale et théorique : « tu
    feras ceci, tu ne feras pas cela », elle apporte aussi dans l’exercice pratique de la vie, les preuves marquantes de sa réalité. L’épisode des deux fils d’Aharon est là pour nous le rappeler dans ce livre de Lévitique qui semble n’être constitué que de préceptes légalistes.

    L’obéissance ne se limite pas qu’aux oeuvres. Elle implique aussi le comportement dans l’environnement sacré – c'est à dire tout ce qui est censé baigner dans Sa présence; et ne sommes-nous pas Ses enfants qui vivons sous Son regard ? Ne sommes-nous pas Ses ambassadeurs ?

    – Jean écrit : « … de Yéshoua le Messie, le témoin fidèle, le premier né d’entre les morts, le souverain des rois de la terre, A celui qui nous aime, qui nous a déliés de nos fautes dans son sang, et qui a fait de nous un royaume, et des sacrificateurs pour Elohim son Père, à Lui la gloire et le pouvoir aux siècles des siècles ! Amen ! » (Apo 1 :6)

    Cette promotion très respectable de sacrificateur, que chacun s’empresse de se reconnaître, requiert néanmoins des précautions de sanctification et de respectabilité extrême, ce qui reste notre part de travail sur nous-mêmes…

     

     

    Le fond de l'assiette


    Suite au douloureux évènement de la mort des fils d’Aharon, Élohim, interdira à Aharon et à ses fils, et pour toutes leurs générations, de boire du vin ou des liqueurs fortes avant de pénétrer dans le sanctuaire sous peine de mort ! Cet interdit avait-il un rapport avec l’affaire des deux fils disparus ? Rien ne permet de l’affirmer. Toutefois, il reste que Elohim veut que ses serviteurs
    « gardent » toute leur tête pour pouvoir en permanence, et notamment en situation de sacerdoce et d’instruction du peuple, faire la distinction entre ce
    qui est sacré et profane, entre ce qui est pur et impur ou contaminé.

    Voilà un véritable défi pédagogique ! Comment, conférer à un peuple d’esclaves juste sorti d’Égypte, une conscience de discipline instinctive, au quotidien, qui permettrait à tout instant de juger pour faire la différence entre ce qui est pur et impur, entre de ce qui est édifiant (permis) et destructeur (inutile, voire nauséabond) ? Qu’est ce que l’homme se trouve obligé de faire au quotidien, pour vivre ou survivre ? Se nourrir.
    Pour cela il faut chercher, choisir, cueillir ou abattre, puis préparer, puis manger ! Y a-t-il une meilleure occasion d’apprentissage ?
    Bien entendu, si nous ne dépassons pas dans la réflexion le seul fond de notre assiette, nous nous occultons l’objet final de la nourriture biblique « pure » [tahor] et impure [tamé’] qui inclut tout ce qui a propension à « nourrir » l’homme pas simplement par la bouche et le ventre, mais aussi par les yeux, les oreilles, et le raisonnement : les pensées ; les idéologies ; les discours ; les lectures ; les actes ; les spectacles ; les habitudes ; les traditions ; etc… etc.

    La discipline alimentaire acquise intelligemment dès le plus jeune âge, et voulue de Elohim, prédisposera le futur adulte à appliquer son jugement dans tous les domaines, sur ce qui peut être estimé « pur » et sur ce qui est manifestement « impur » ou contaminé, et nous savons à notre époque de quoi il s’agit lorsque nous évoquons la contamination de l’impureté spirituelle, morale, fonctionnelle, qui submerge notre monde en gavant le ventre d’une humanité déboussolée.

     


    Objection pagano-chrétienne


    Actes 10. L’épisode de Corneille et de la vision de Pierre est souvent avancé pour argumenter (avec d’autres textes) que le disciple n’a plus à observer le principe de la nourriture, des animaux créés pour être une nourriture prise avec action de grâce.(cette particularité devait être connue de la civilisation ante diluvienne, Noah connaissait lui-même cette distinction dont il appliqua la règle)
    Pour avertir et convaincre Pierre de se rendre chez Corneille, le Seigneur envoie par trois fois une vision à Pierre. Une nappe pleine d’animaux impurs impropres à la nourriture, est présentée à Pierre. Il est demandé à Pierre de s’en nourrir. Évidemment Pierre refuse. Tout cela le rend perplexe, il ne comprend pas, puis arrivent les serviteurs de Corneille…
    (remarquons bien que dans la vision, la nappe est emportée sans que Pierre n’est fait, en rêve, un quelconque simulacre de se nourrir d’animaux impurs)

    Selon une interprétation, le Seigneur aurait voulu prouver à Pierre qu’aucune oeuvre ne rendait l’homme juste, et qu’il fallait désormais abandonner la Loi mosaïque. Pierre se pensait-il juste ? A lui et ses amis le Seigneur dit : si votre justice ne dépasse pas celle des pharisiens vous ne verrez pas le Royaume… Et ils ont répondu : Mais alors personne ne peut être sauvé ! Yéshoua les rassure : Ce qui est impossible aux hommes est possible à Elohim. Pierre, qui avait fait l’expérience de Pentecôte, devait être à cette époque bien conscient que les oeuvres, fussent-elles celles du respect de la loi ne sauvaient personne.
    Le sujet de Corneille attenant à cet épisode des actes se situe ailleurs, il est dans l’annonce de l’élection des païens (non juifs) et certainement pas de l'abolition de la règle alimentaire.
    Et à ce sujet s’exposent deux interprétations :

    Interprétation pagano-chrétienne: dorénavant les animaux impurs peuvent être mangés, la preuve : Pierre est envoyé vers un non-juif… Donc, la loi sur la nourriture des viandes pures et impures est caduque. Ceci conforte l’abolition de la loi mosaïque dans son ensemble.
    « Nous ne sommes plus sous la loi » !

    Interprétation des "disciples de Yéshoua": le Seigneur n’impose pas à Pierre de manger, la vision lui est retirée. Jamais le Seigneur n’aurait imposé à son disciple d’enfreindre la Torah.
    Le message adressé à Pierre est le suivant: Pierre, tu ne manges rien d’impur ? Alors saches que je t’envoie vers des hommes que tu pourrais considérer « à tort » comme impurs. Ils sont purs. Les hommes que J’ai choisis d’entre les nations, sont purs. Tu peux sans crainte te rendre chez eux, tu ne te souilleras pas. La prescription de la nourriture carnée pure et impure reste valide. On ne touche pas à la Torah.
    Voir aussi: http://jyhamon.eklablog.com/yeshoua-declarait-purs-tous-les-aliments-non-a91650621

     



    Aspect sous-jacent de la nourriture pure et impure biblique:


    Nourriture biblique et kacheroute ne sont pas identiques

    La Kacheroute rabbinique est un ensemble de prérogatives religieuses pharisiennes.
    Aucune nourriture ne peut être consommée si elle n’a pas fait l’objet d’agrément du rabbinat. Les listes de kacheroute définissent jusqu’aux marques de conserves en grandes surfaces etc. La kacheroute va jusqu’à expliquer comment les aliments ont à être stockés, préparés, comment la vaisselle doit être nettoyée. Ce n’est pas l’objet des prescriptions données à Moshéh.
    L’alimentation biblique sous un mode pédagogique du quotidien nous invite à réfléchir sur les diverses origines de nos aliments « vivant » qui marche sur la terre (ordre croyants) qui vole dans le ciel (ordre spirituel) qui nage dans les eaux (ordre des nations)…

    Car, notre « nourriture » passe aussi par les yeux et les oreilles. Ce que nous lisons habituellement… Ce que nous regardons habituellement… ce que nous écoutons volontiers… l’environnement que nous favorisons parce qu’il nous plait…. Forge à notre insu notre pensée profonde… comme notre nourriture forme notre métabolisme, positivement ou négativement.

    Quelqu’un a dit : Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es… Dis-moi ce que tu lis, écoutes et lis de manière répétitive, je te dirai aussi ce que tu penses…

    Si je mange du cochon, je ne mourrai pas (pas tout de suite) mais je sais que mon métabolisme se conformera à l’apport quotidien d’élément porcin et se modifiera en conséquence. Sur un aspect purement hygiénique nous savons ce qu’encourent les mangeurs de charcuterie et autres cochonnailles, sans parler des habitudes nutritionnelles du Sud-est asiatique traditionnel et aussi autres régions hyper industrialisées !… Mais il est probable que l’enseignement de la Torah sur le pur et l’impur ne se limite pas à cette seule considération ; ce serait étonnant !

    Si je suis abonné à des lectures tendancieuses, c’est parce qu’elles m’intéressent (comme un saucisson de cochon) mais le poison qu’elles contiennent en fines doses permanentes finiront par m’infecter (antisionisme, humanisme, universalisme, religiosité, … idéologie déviante, sans évidemment évoquer les lectures et autres informations complètement inutiles eu égard à leur immaturité. etc…)

    Oui, faisons très attention à ce qui se trouve dans notre assiette cérébrale, mélangé au pain quotidien de la Parole de Elohim…

    Animaux qui marchent - la Terre: Lecture et émission à caractère religieux, là se cachent les « faussaires » comme le porc, le chameau, le lièvre... La description nous révèle qu’un quadrupède « mangeable » doit avoir des sabots divisés en deux ongles ; ce qui est visible et sans ambiguïté. Toutefois il doit aussi être un ruminant ; là les choses se compliquent, car le ruminant est celui qui en possède le tube digestif ! Cela ne se voit pas à l’oeil et la manière de mastiquer la nourriture peut tromper. Alors… Attention aux « cochons et chameaux » hommes ou organisations ou lectures ou toutes autres choses, qui ont une apparence de « pur » car l’aspect extérieur serait acceptable, ils donneraient même l’impression parfois de « ruminer » ou le contraire, mais c’est un mensonge, car leur nature interne n’est pas « pure ».

    Animaux qui volent - le ciel: attention aux « affirmations des pseudos inspirés » inspirations et pensées soit disant divine, méditations non argumentées. Il est remarquable que la liste des oiseaux ne cite aucun oiseau « pur » mais que des oiseaux « impurs »… Ce qui ne peut que nous inciter à la plus grande vigilance de tout ce qui s’appelle « inspiration » ; ce n’est en somme que si l’ « inspiration » n’est pas repérée dans la liste des impuretés que l’on admettra qu’elle est peut-être acceptable ! Remarquons par ailleurs que dans le cadre des sacrifices agréés ne sont désignés que les seuls oiseaux de la famille des pigeons… Alors pour ce qui vient du ciel, fions nous au seul Rouah haQadoesh, souffle de sanctification, souffle de Vérité qui vient du Père, qui seul s’argumente pleinement sur la Parole écrite, en Yéshoua.

    Animaux qui nagent - les eaux: Informations de toutes provenances, les eaux représentant bien souvent les nations (la mer). Médias de toutes sortes, hollywood et c°…
    Mais il existe aussi des choses saines… les animaux aquatiques à écailles et nageoires. Néanmoins aucun animal des eaux ne se présente en sacrifice.

    L’analyse visuelle du monde animal, citée au chapitre 11, pour définir ce qui est « mangeable » et « abominable » ne correspond pas nécessairement à la classification du règne animal adoptée par nos zoologistes, et la répartition
    « pur-impur » laisse volontairement de nombreux doutes sur le cas de tel ou tel animal qui n’est pas explicitement désigné. Si nous voulons bien comprendre, sans que cela ne remette en cause le bien fondé de l’observance de la nourriture biblique, rappelons-nous les paroles de Yéshoua: (relire Matthieu 15 :1-20)

    « ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui contamine l’homme mais c’est ce qui sort de la bouche qui contamine l’homme »

    A ce propos, si nous manquons de sagesse dans nos paroles parce que nous ne réfléchissons pas toujours à la portée de nos dires : ce qui sort de notre bouche ou de notre plume ou de notre comportement, et qui pourrait être assimilé à du « lachon ara » (mauvaise langue) particulièrement envers les frères et sœurs en Yéshoua, sans négliger tous les autres… soyons conscients que nous ne respectons pas les commandements de Yéshoua qui sont ceux de Son Père, soyons conscients que nous enfreignons, peut-être involontairement la Torah d’Elohim, non pas dans les détails de traditions ou autres apportés par les hommes, mais dans le principe même porté par la Torah qui reste : Aime Elohim par-dessus tout et ton prochain comme toi-même… Puis appliquons avec beaucoup de soin le commandement « nouveau » donné par Yéshoua à ses disciples : « vous mes disciples, aimez-vous les uns les autres comme Moi Je vous ai aimé… » Ainsi par le lien de l’amour vous serez UN en Moi, comme Je suis Un avec le Père ! L’harmonie, la cohésion, l’unité de la qéhiyllah est à cette seule condition.

    La pédagogie de second niveau intéressant la mitsvah (commandement) de la nourriture, entrainera donc le disciple à ne rien faire sans réflexion, sans chercher à discerner le bon et le mauvais, dans tous les domaines, dans les détails comme dans les généralités ; afin de poursuivre la sanctification et la pureté souhaitées de notre Père. Car notre Elohim est Celui qui sépare le sacré du profane, comme IL sépare la lumière et les ténèbres, comme IL sépare le mensonge de la Vérité, c’est aussi Son oeuvre en chacun de nous. Grâce soit rendue à notre Seigneur Yéshoua qui nous envoie le Souffle de Vérité venu du Père et pallie nos carences pour nous conduire dans toute Sa Vérité.

     “Shimon Pétros, serviteur et envoyé de Yéshoua le Messie, à ceux qui ont reçu en partage l’adhérence de pareil prix avec nous, dans la justice de notre Élohim et du sauveur Yéshoua le Messie, Grâce et paix à vous, multipliées dans la connaissance d’Élohim et de Yéshoua notre Adon ! La puissance d’Élohim nous a donné tout ce qui regarde la vie et ferveur, à travers la connaissance de Celui qui nous a appelés par sa gloire et vertu, par elles IL nous a donné les très grandes et précieuses promesses, afin que par elles vous participiez à la nature d’Élohim, en fuyant la corruption qui est dans le monde par la convoitise…; pour cette même raison aussi, y apportant tout empressement joignez à votre adhérence,  la vertu ; et à la vertu, la connaissance ; et à la connaissance, la maîtrise de soi ; à la  maîtrise de soi , l’endurance ; et à l’endurance, la ferveur ; et à la ferveur, l’affection
    fraternelle, et à l’affection fraternelle, l’amour ; car, si ces choses sont en vous et y  abondent, elles font que vous ne serez pas oisifs ni stériles pour ce qui regarde la  connaissance de notre Seigneur Yéshoua Messie; car celui en qui ces choses ne se trouvent pas est aveugle, et ne voit pas loin, ayant oublié la purification de ses fautes anciennes. C’est pourquoi, frères, empressez vous d’autant plus à affermir votre vocation et votre élection, car en faisant ces choses vous ne faillirez jamais ; car ainsi l’entrée dans le royaume éternel de notre Adon et Sauveur Yéshoua Messie vous sera richement donnée.”
    (2Pi 1:1-11)

    Le texte de Pierre est directement lié à la pédagogie du tri de « l’assiette », car c’est pour nous qui avons cru, un travail permanent pour construire et entretenir en notre être avec le Seigneur, la sainteté dont IL veut nous revêtir.




    Shabbat Shalom véshavoua tov

     



    JYH
    21/04/2017

    D'après "Blog Qéhila"
    (Copie autorisée et même souhaitable, à condition d'en redonner le texte intégral et les sources)

     

     

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