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    Parachah: EMOR (parle)



    Pensée :

    La « Ménorah » placée dans la partie sainte est allumée en permanence. Le peuple apporte l’huile des lampes et le Grand sacrificateur s’assure que la lumière brille perpétuellement.

    « Que votre lumière luise ainsi devant les hommes afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Mat 5 :16)

    Les douze pains de proposition sont renouvelés chaque Shabbat et les précédents consommés dans un lieu saint.

    « Faites ceci en mémoire de Moi » et « toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez la coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’Il vienne » (I Cor 11 :26)








    PARACHAH
    : EMOR 
    (parle)

     

    Shabbat  13/05/2017
    (Commentaire de 2012)



    Lectures :
    Parachah : Vayyiqra / Lévitique 21:1 à 24 fin
    Haftarah : Yéhézqél/ Ezékiel 44 :15 à fin
    Bérith Hadachah : Ivriym / Hébreux 9 :1-14

     


    Rappel :  les commentaires ne sont pas des études, mais des pensées que la lecture de la parachah nous inspire et nous permet, sur une année, de relier les textes de la Torah et des Prophètes aux textes de la Bériyth haHadachah, de l’Alliance renouvelée en Yéshoua.



    Résumé de la Parachah: 
     La liste des conditions de sanctification du Nom du Seigneur, de son approche, et à contrario du risque de sa profanation se poursuit dans la présente parachah.
    Parle aux sacrificateurs, parle à Aharon, parle à Aharon et à ses fils, parle à Aharon et à ses fils à tout Israël, ordonne aux israélites… Ses injonctions sont suivies de préceptes de sanctification, de pureté, en ce qui concerne le contact avec la mort et les marques de deuil, les critères de choix d’épouse pour les sacrificateurs et le grand sacrificateur, ainsi que de critères d’exclusion du sacerdoce, de la qualité des animaux présentés à l’autel. L’ensemble des saintes convocations de YHWH est inclus dans la liste des mitsvoth (commandements) de sanctification. L’huile et l’allumage permanent du chandelier « Ménorah » ainsi que la consommation des pains de proposition à chaque Shabbat sont également inscrits en fin de liste.
    La parachah s’achève sur ce qui pourrait apparaître comme un fait divers difficile, mais qui rejoint néanmoins le thème général de la sanctification et de la profanation.

     


    Je vous fait sortir d'Egypte pour être votre Elohim, Je suis
     YHWH 
    ( Lév 23 :33)

     

    Ce qui peut signifier : « Je ne serai votre Elohim qu’à la condition que vous sortiez pleinement de l’Égypte ; mais cela vous ne le pouvez pas par vous-mêmes, Je vous fais donc Moi-même sortir… Premièrement par une rupture franche, en abattant pour vous en libérer les puissances de l’Égypte c'est-à-dire du monde; secundo, ce qui est la raison de l’ensemble des prescriptions de sanctification dites mosaïques, en vous apprenant à vous débarrassez des habitudes et modes de fonctionnement du monde ; comment ? En vous faisant adopter les bonnes pratiques qui seront le signe de votre sanctification, de votre mise à part, jusqu’à ce que toute Ma Loi, Ma Parole, Mon Souffle, Ma Nature, soit inscrite dans vos coeurs… Car pour que Je sois votre Elohim en Vérité, vous devez être saints : « Vous serez saints car Je suis Saint »… Alors vous serez mes témoins ! Selon le modèle parfait du Fils que Je vous envoie » pour rendre véritablement vivante Ma Parole en vous, par la réconciliation possible en Lui et seulement par Lui.

    “Vous vous souviendrez ainsi de mes commandements, vous les mettrez en pratique, et vous serez saints pour votre Elohim.” (No 15:40 NEG)

    “Comme des enfants obéissants, ne vous conformez pas aux convoitises que vous aviez autrefois, quand vous étiez dans l’ignorance. Mais, puisque Celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite, selon qu’il est écrit : Vous serez saints, car Je suis Saint.” (1Pi 1:14-16 NEG)

    Il est important au titre de l’appel à la sanctification, quasi disserté de manière précise et analytique par Moshéh, rappelé et confirmé dans le principe et la nécessité par Pierre, de nous souvenir du sort dramatique des deux frères Nadav et Avihou, fils d’Aharon et sacrificateurs…
    Voir: http://jyhamon.eklablog.com/parachah-chemiyniy-a81639462
    Ces hommes, certainement saints, se sont approchés de la Divinité avec leur propre feu et encensoir, en négligeant le chemin obligé du « Kohen Gadol » le Souverain Sacrificateur et le seul feu admis, celui de l’autel… La Parachah de « Aharey moth » (après la mort) fut l’objet d’un commentaire à ce sujet… L’approche du Père, en Vérité et en Souffle, car la Parole est vie et souffle, ne peut se réaliser que par le « Kohen Gadol » en titre et en éternité : Yéshoua, qui nous impulse le Souffle de Vérité émanant du Père… Il n’y a pas d’autre chemin. Yéshoua n’est pas seulement Celui qui nous sauve à la croix, Il est le chemin obligé. Laisser croire qu’il existe d’autres possibilités mène à la catastrophe à l’instar de la démonstration faite par Nadav et Avihou.

    On ne peut paraître devant Lui avec nos propres vêtements, c'est-à-dire nos propres oeuvres et nos prérogatives et nos particularismes religieux et traditions des pères, tant du "judaïsme" que du "christianisme", que nous voudrions imposer comme légitimes ou comme alternative dans le Saint des Saints, c’est impossible… 

    Pourquoi dire cela : Car voici que jusque dans la salle des noces certains parviennent avec leurs propres habits, leur tradition, leur dogme, qui sont autant de feux étrangers pleins de bonnes intentions ; mais les bonnes intentions comme celles de Nadav et Avihou ne réalisent pas la volonté de sanctification voulue du Père. Ils meurent brûlés pour avoir fait ce qu’il ne leur avait pas été prescrit et pour bien signifier qu’on ne peut paraître devant le Père, qu’enfouis dans le Corps du Mashiah, Lui qui est la réalisation parfaite de la Parole, sans ajout ni retrait. Les contrevenants seront jetés dans les ténèbres du dehors ! C’est dur, oui. Mais c’est le Seigneur qui dit cela, ce qui nous oblige à prendre ces paroles très au sérieux.

    “Le roi entra pour voir ceux qui étaient à table, et il aperçut là un homme qui n’avait pas revêtu un habit de noces. Il lui dit : Mon ami, comment es–tu entré ici sans avoir un habit de noces ? Cet homme eut la bouche fermée. Alors le roi dit aux serviteurs : Liez–lui les pieds et les mains, et jetez–le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents.” (Mt 22:11-13 NEG)

    “Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais seulement celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour–là : Seigneur, Seigneur, n’avons–nous pas prophétisé par ton nom ? n’avons–nous pas chassé des démons par ton nom ? et n’avons–nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez–vous de moi, vous qui commettez l’iniquité.” (Mt 7:21-23 NEG)

    Ces personnes ne sont-elles pas parvenues à un niveau de puissance remarquable ? N’ont-elles pas accédé à des hauteurs spirituelles importantes ? Ne font-elles pas des miracles ?
    Nous admettons ici que ces miracles sont avérés et non des falsifications. Ces personnes n’ont-elles pas fait tout cela par le nom du Seigneur, donc à priori pour Sa gloire ? Et cependant le Seigneur leur dit potentiellement :
    « Je ne vous connais pas … vous commettez l’iniquité ». Cela nous pose une question délicate: quelle est la différence entre ceux ceux qui s'auto missionnent pour travailler pour le Seigneur et ceux qui sont appelés à travailler avec le seigneur. Réfléchissons à cela car la nuance est importante.
     
    Nous pourrions penser que ceux-ci ont accompli des actes qui ne leur ont pas été demandées…
    Ils ont agi selon leurs propres initiatives, il ont pensé travailler pour le Seigneur, mais ce dernier ne leur a rien demandé… Ce ne seraient en somme pas les oeuvres ni les commandements du Seigneur qu’ils auraient accomplis mais les leurs, en s’abusant sur leur bien-fondé.

    Soyons prudent, gardons les yeux rivés sur le Seigneur, en Lui demandant de nous instruire de Sa Vérité et de Sa Volonté. Méfions nous de nos pensées et des enseignements qui ne sont pas strictement alignés sur La Parole écrite et confirmés par le Souffle. Notre sanctification qui passe par l’obéissance est à cette condition, celle qui par le Messie nous permettra d’être saints car notre Père est Saint. Par le Fils IL nous fait sortir de nos « Égypte ».

    “En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père ; et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. Si vous m’aimez, gardez mes commandements.” 
    (Jn 14:12-15 NEG)

    Quelles sont ces oeuvres ? Celles du Père. Quels sont les commandements à garder ? Ceux du Père. Il n’y a pas ici de place pour l’improvisation, le sentimentalisme, les apports déformants du judaïsme ou du christianisme, qui sont autant de feux étrangers résultants de pulsions humaines.
    Note JYH: J'ajoute qu'il n'y a pas de place non plus pour les apports de la "franc-maçonnerie chrétienne" (et/ou juive) et son "égalité des sexes" dans tous les ministères... et que la Qéhila n'enseigne pas de nouveautés au Mashiah.
    (1 Cor 11:3; 1 Tim 2:12-14...)

     


    Les saintes convocations du Lévitique 23

     

    Ce sont des convocations suprêmes et non des invitations facultatives !  qui s’adressent à ceux qui estiment être acquis à l’Alliance de l’Élohim de la Bible ! L’ensemble de ces convocations procède de la même nature que les autres prescriptions, c'est-à-dire qu’elles contribuent à la sanctification du peuple de YHWH. Un peuple qui a autre chose à dire, à faire et à être que les autres nations, un peuple qui doit témoigner à l’humanité de l’intervention du Seul et Vrai Élohim, l'Elohim d’Israël, par le Fils de sa gloire, Yéshoua, Celui qu’IL nous a envoyé.

    Le peuple témoin de Elohim, le tout Israël, sous l’office de son Grand Sacrificateur - depuis 2000 ans et définitivement - Yéshoua, répondra donc aux éminentes convocations du témoignage.
    Ces convocations ne sont pas des rites religieux, elles sont des rassemblements de confirmation que la volonté de Elohim s’est réalisée et qu’elle se réalisera encore jusqu’à son terme. Chacune de ces convocations expriment les grandes étapes prophétiques de Son plan de rédemption.
    Ces saintes convocations sont en clair des actes prophétiques et certainement pas des traditions religieuses que nous aurions à loisir la possibilité d’observer ou d’ignorer en raison d'une pseudo-caducité de la Torah.

    Chaque « évènement » est l’expression d’un acte réalisé ou encore à venir.

    - Shabbat nous lie au futur Royaume
    - Le soir du Péssah (Pâque) nous lie au sacrifice salvateur
    - Les 7 jours des matsoth (pains sans levain) conséquents du Péssah nous lient à la pureté (le 1er jour et le 7e sont des saintes convocations)
    - La gerbe des prémices nous lie à l’agrément de l’Agneau divin en lieux célestes
    - Le jour de Shavouoth (pentecôte) nous lie au don de la Torah et du Souffle sacré (qui sont de la même nature)
    - Le jour de Yom Théroua (jour de clameur) prophétise l’appel précédent les terribles derniers jours
    - Le Yom Kippour (jour d’expiation) prophétise l’expiation générale à venir
    - Les 7 jours de Soukkoth (cabanes) nous inscrivent dans l’intronisation au Royaume, au retour du Mashiah. (le 1e jour est une sainte convocation)
    - Le huitième jour qui est une sainte convocation serait le relatif final de la remise du Royaume au Père.

    Rappelons dans le cadre de la sanctification à notre égard de la part du Seigneur, que les saintes convocations de YHWH n’ont pas propension à être modifiées, délaissées, comme si l’homme avait latitude d’en faire ce que bon lui semble, en changeant le calendrier ou en introduisant d’autres
    « fêtes » que l’homme sacralise ou en en supprimant, ce que le Seigneur ne lui a pas demandé !
    Voir: http://jyhamon.eklablog.com/jeroboam-inventeur-du-christianisme-moderne-a83323798

    Travaillons à notre sanctification qui est le support du bon témoignage, et les saintes convocations de YHWH, encore une fois sans ajout ni retrait, sont la marque prophétique du grand dessein de notre Père pour
    l’humanité. En répondant à l’appel des saintes convocations, nous entrons pleinement dans le témoignage de la Parole prophétique.

    Rachetons le temps… Car nous ne pouvons que constater, à notre époque, l’abandon généralisé de tout ou partie des « saintes convocations ». Ici et là, selon les confessions, il ne reste que Pâque et Pentecôte… sans parler des dates et de la connotation de ces « évènements ». Les autres solennités,
    tels Shabbat, la période des pains sans levain, les fêtes du 7e mois, c'est-à-dire la quasi totalité du calendrier d’Élohim, sont vidées de leur substance ! Oui ce constat est navrant !

    Mais n’avons-nous pas ici le résultat d’une sentence émise par le prophète Hoshéa ? (Osée)

    « Mon peuple périt parce qu’il n’a pas la connaissance. Puisque, toi, tu as rejeté la connaissance, je te rejetterai de mon sacerdoce ; comme tu as oublié la Torah de ton Élohim, moi, de même, j’oublierai tes fils. » (Os. 4:6)

     



    Interdit au sacerdoce

     

    Un animal présentant une malformation ne pouvait pas servir de victime sacrificielle. Analogiquement, un homme présentant une malformation ou un handicap ne pouvait servir au sacerdoce.

    Nous pourrions penser : c’est trop injuste ! Un aveugle ou un boiteux exprimant un véritable zèle et amour pour le Seigneur ne peut donc pas s’approcher du service… Cela n’était il pas parfois vécu comme une punition incompréhensible ? Cette situation posait certainement question qui appelait une réponse rationnelle. Nous retrouvons ce genre de réflexion dans les propos des disciples auprès du Seigneur :

    “Yéshoua vit, en passant, un homme aveugle de naissance. Ses disciples lui posèrent cette question : Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? Yéshoua répondit : Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché ; mais c’est afin que les oeuvres de Elohim soient manifestées en lui. Il faut que je fasse, tandis qu’il est jour, les oeuvres de celui qui m’a envoyé ; la nuit vient, où personne ne peut travailler.” (Jn 9:1-4 NEG)

    Voilà bien une révolution sur les « a priori » interprétés des hommes de cette époque, compte tenu de l’interdiction de sacerdoce imposée aux handicapés… Auraient-ils péché ou leurs parents ? Le Seigneur répond : Regardez ceux-là qui à cause de leur handicap sont interdits de s’approcher du sanctuaire, mais dont le coeur est peut-être moins aveugle ou moins boiteux que ceux qui se disent bien portants et sans défaut… Moi en ce jour Je les guéris, Je les rends aptes à s’approcher.

    N’était ce pas aussi la question de Yohanan hamatbil (Yohanan le baptiste) :

    “Yohanan, ayant entendu parler dans sa prison des oeuvres du Messie, lui fit dire par ses disciples : Es–tu celui qui doit venir, ou devons–nous en attendre un autre ? Yéshoua leur répondit : Allez rapporter à Yohanan ce que vous entendez et ce que vous voyez : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.”
    (Mt 11:2-5 NEG)

    Qu’est ce que cette oeuvre, sinon qu’une réhabilitation-guérison sans condition de tous ceux qui de coeurs purs sont tenus à l’écart de la Maison du Père mais que le Seigneur invite à la salle des noces… Ceci est bien le signe du Royaume et de la présence du Roi, du vrai Grand sacrificateur.

    “Et le maître dit au serviteur : Va dans les chemins et le long des haies, et ceux que tu trouveras, contrains–les d’entrer, afin que ma maison soit remplie.” (Lu 14:23 NEG)

    Ne serions nous pas tous de ces estropiés de naissance qui avons tellement besoin de l’intervention du Seigneur pour nous rendre apte à entrer dans sa Maison ?

     


    Shabbat Shalom vé-shavoua tov

     

    JYH
    12/05/2017
    D'après "Blog Qéhila".
    (Copie autorisée et même souhaitable, à condition d'en redonner le texte intégral et les sources)

     

     

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  • Pensée :

    Qédochiym… saints vous serez ! Quelle sublime finalité ! Sainteté soit, mais si c’est pour nous congratuler, sans propager la sainteté… Alors, comment ceux qui n’ont pas connu Celui qui est « La Parole » pourraient-ils rechercher Celui qui est « Qadoch » ?

    “Comment donc invoqueront–ils Celui en qui ils n’ont pas cru ? Et comment croiront–ils en Celui dont ils n’ont pas entendu parler ? Et comment en entendront–ils parler, s’il n’y a personne qui déclare ? Et comment y aura–t–il des messagers, s’ils ne sont pas envoyés ? Selon qu’il est écrit : Qu’ils sont beaux Les pieds de ceux qui annoncent la paix, de ceux qui annoncent de bonnes nouvelles !” (Ro 10:14-15)

    Parachiyoth doubles: « Aharey Moth » (après la mort) « Qedochiym » (Saints vous serez)


    Parachiyoth doubles :
    « AHAREY MOTH » (après la mort)
    « QEDOCHIYM » (Saints vous serez) !


    Shabbat 6 mai 2017
    (Commentaire de 2012)


    Lectures :
    Parachah : Vayyiqra/ Lévitique 16 à 20 fin
    Haftarah : Yéhézqél/Ézéchiel 20 : 1-20
    Bérith Hadachah : Matthathyahou/ Matthieu 3 : 1-12


    Rappel : les commentaires ne sont pas des études, mais des pensées que la lecture de la parachah nous inspire et nous permet, sur une année, de relier les textes de la Torah et des Prophètes aux textes de la Bériyth haHadachah, de l’Alliance renouvelée en Yéshoua.



    I - AHAREY MOTH

    Résumé:

    Après la mort de deux de ses fils, Elohim prescrit à Aharon le rituel sacrificiel de Yom Kippour, avec ses offrandes spécifiques : les rites à effectuer dans le Saint des Saints (Qodesh Haqodeshim) où réside la Shékhinah (présence de Elohim), la désignation d’un bouc émissaire et le renvoi pour Azazel dans le désert, par tirage au sort entre deux boucs. 
    YHWH interdit d’apporter des offrandes hors de l’enceinte du sanctuaire, insiste sur la valeur absolutrice du sang, ainsi qu’Il interdit sa consommation. Cette parachah est notamment lue à nouveau le jour du Yom Kippour car elle définit le périmètre et le contenu de cette convocation solennelle.

    Diverses déviances sexuelles, sont ici énumérées et interdites. Egalement interdite, la consécration des enfants à Moloch. Il est souligné que c’est parce que les Cananéens se sont complus dans ces pratiques que la terre les vomit. Un sous-entendu presque évident d’une condition sine qua non pour mériter de rester sur cette terre, Éréts Israël.

    La parachah Aharey Moth comporte à ce titre 2 prescriptions positives et 26 prescriptions négatives (26 étant la gématria du Tétragramme sacré). L'interdiction faite au Grand Prêtre, le Kohen Gadol, d'entrer dans le Saint des Saints chaque fois qu'il le désire, est ainsi liée au titre de notre parachah « après la mort » qui nous rappelle que dans la parachah précédente Chémiyniy, deux des fils d’Aharon ont péri pour s’être avancés
    « imprudemment et trop près » de Elohim.

    « Signifie à Aharon ton frère, qu’il ne peut entrer à toute heure dans le sanctuaire… s’il ne veut encourir la mort. » (Lévitique 16-2)

    C’est l’avertissement qu’a reçu Aharon après la mort de ses fils. C’est uniquement grâce au service de Yom Kippour (qui représente la réparation de l’alliance) qu’il pouvait pénétrer dans le Saint des Saints.

    Ces deux points : entrée dans un endroit sanctifié et la mort, sont clairement mis en rapport dans cette portion de la Torah. Il est important de constater que cette parachah établit un lien direct entre tout ce qui concerne le rôle du Kohen Gadol et les prescriptions de sainteté qui s’adressent à chacun des membres du peuple d’Israël. L'Elohim parfaitement saint (Qadosh Qadosh Qadosh) ne peut être approché qu’au prix d’un long et incontournable rituel de purification, opéré par un homme qui a dédié sa vie à cette seule fonction, au bénéfice d’un collectif, en acceptant de porter, supporter cette
    « médiation » par une vie sanctifiée.
    C’est toute la pédagogie exemplaire dont il sera dit: « Dans le rouleau de la Torah il est écrit de Moi »… Parole du Kohen Gadol par excellence: Yéshoua.

    La mort de Nadav et Avihou

    Verset 1 de notre parachah : « Et YHWH parla à Moïse, après la mort des deux fils d’Aharon, lorsqu’ils s’approchèrent d’Adonaï et qu’ils moururent ».

    Les derniers mots de ce verset pose une question. Pourquoi la Torah ajoute-t-elle « ils moururent », alors qu’il a déjà été mentionné « après la mort des deux fils d’Aharon » ?

    Selon certains commentaires, Nadav et Avihou auraient atteint l’extase spirituelle de la présence dans le Saint des saints (un aller simple), mais non au retour. Ce serait cela leur péché et la raison de leur mort !
    Ils « s’approchèrent de Elohim et moururent » : ils permirent à leur passion spirituelle de l’emporter sur leur mission dans ce monde. Ils outrepassèrent les limites de ce monde sans y être expressément invités. (Plus tard, l’apôtre Paul sera autorisé à effectuer ce voyage aller ET retour). Ce risque était connu car à l’occasion du don de la Torah, YHWH avait prévenu Moïse :

    « Descends avertir le peuple. Ils pourraient se précipiter vers YHWH pour contempler sa gloire, et beaucoup d’entre eux périraient.» (Exode 19-21)

    Cette volonté de s’approcher de Elohim par soi-même (et par ses propres mérites ou par une recherche extatique ?) serait à la base de la faute attribuée aux fils d’Aharon. N’étaient-ils pas de ceux qui furent invités avec Moshéh et Aharon et les anciens, pour monter sur la montagne ? Alors qu’Eléazar et Ithamar ne le furent pas. (voir Exode24)

    Toute leur faute découlerait d’une même erreur : croire que le croyant s’approche de Elohim par le retrait du monde plutôt qu’en s’y investissant. Cette conclusion du judaïsme télescope violemment quelques postures issues de la chrétienté qui prescrivent parfois un idéal de vie monastique, exactement inverse.
    La prière puissante et pressante de notre Adon Yéshoua ne fut-elle pas
    « de nous préserver du monde et non de nous ôter de ce monde ? » Aussi, ne faut-il pas chercher à être « retirés » tels des Nadav et Avihou mais rester témoins dans son temps pour le racheter, si possible.

    Tous les récits de la Torah ont un enseignement qui s’applique à chaque croyant ("adhérent") sans exception. 
    Quel est le message universel de l’histoire de Nadav et Avihou ?

    Nous pouvons parfois vivre une intense expérience spirituelle, un jour de Shabbat, de Fêtes ou de jeûne…Pendant un certain temps, nous sommes extraits de notre routine quotidienne, de nos anxiétés habituelles et il nous est permis de nous élever intérieurement. C’est à ce moment-là qu’il faut alors se rappeler que, quelle que soit l’intensité de ce moment privilégié, il faut envisager la poursuite de notre quotidien. Nul ne doit rechercher l’extase pour elle-même (de façon quasi-mystique), mais pour le retour qui la suivra. Une expérience « religieuse » n’a pas pour vocation de rester un vague souvenir ; elle doit rester active et éclairer chaque jour notre chemin. C’est ainsi que Elohim s’engage à bénir matériellement chacun d’entre nous, pour avoir su lier intrinsèquement le monde spirituel, aux problématiques matérielles. Notre environnement se trouve ainsi sanctifié par notre expérience spirituelle, et mécaniquement béni par Elohim.

    « Si vous marchez dans mes statuts et gardez mes commandements et les accomplissez, alors Je vous donnerai la pluie en son temps et la terre donnera ses produits... »

    Certains commentateurs présentent la mort de Nadav et Avihou comme la conséquence d’un comportement plus négatif. Ils moururent pour plusieurs motifs différents et chacun est un enseignement qui demande méditation :

    - après avoir saisi leur encensoir, y avoir mis du feu et jeté l'encens selon une procédure inadéquate ,
    - pour avoir apporté devant Elohim un éch zara, un feu étranger,
    - pour l’avoir fait en un lieu et en un temps qui n’étaient pas le bon et sans que cela le leur eût été commandé *
    - pour avoir enseigné une halakha (règle de conduite de loi orale) en ce lieu et en ce moment, alors qu'ils ne pouvaient pas le faire en cet endroit,
    - pour avoir enseigné et officié devant leur père alors que c’était son rôle à lui,
    - seul Moshéh pouvait entrer quand il le voulait, Aharon pouvait entrer à certains moments mais non pas eux qui ne pouvaient se substituer à ces grands,
    - pour être entrés là sous l'influence du vin ou d’un boisson forte,

    * La Torah utilise à de nombreuses reprises la phrase « comme YHWH l’avait ordonné à Moïse ». Or, dans cette parachah, il est stipulé au contraire : « ce que YHWH ne leur avait point ordonné »

    Ainsi, Nadav et Avihou ne seraient pas morts pour avoir transgressé une règle explicite, mais à cause d’une trop grande proximité de leurs êtres avec la Shékhinah de YHWH, ce qui ne leur était pas accessible, d’autant qu’ils présentèrent leur propre « feu »… Cet évènement pose le principe
    même de l’incapacité humaine à la présence de Elohim et de la nécessaire médiation, du rôle fondamental tenu par le Kohen Gadol, qui seul, peut tenir en présence de Elohim.

    Le judaïsme d’aujourd’hui, et depuis l’an 70, ne peut plus exister sur le modèle initial et révélé à Moïse, car ce Kohen Gadol n’existe plus. Il devient urgent pour les croyants et les adeptes du culte mosaïque version pharisienne, de redécouvrir cette figure essentielle du Kohen Gadol, au risque de générer de génération en génération, autant de Nadav et Avihou, et continuer à ajouter à la Torah : « ce que le Seigneur n’avait pas ordonné… » §
    Ce Kohen Gadol existe pourtant bel et bien, il est "Haï", "vivant" en présence de la Shékinah de Elohim pour notre salut (Yeshoua) à tous.


     

    Les deux boucs de Kippour


    Le jour de Kippour, le Kohen Gadol prenait deux boucs, l'un était pour YHWH et l'autre pour Azazel (le Satan ! selon l’interprétation la plus répandue, mais qui reste hypothétique). Ils devaient être rigoureusement semblables, mais leur sort était très différent. Le sang du premier était aspergé par le Kohen Gadol devant l'Arche sainte, dans le Qodesh Haqodeshim (Saint des Saints). Quant au second, il était envoyé dans le désert après que le Kohen Gadol l'ait chargé des péchés de tout Israël. Les deux boucs représentent deux caractéristiques distinctes du peuple. Le premier bouc symbolise l’aspiration à vivre une proximité avec Elohim. Elle est symbolisée par l'aspersion du sang sur l'autel. Quant au second, il représente la somme des pêchés d'Israël qui semblent contredire la précédente aspiration. Toutefois, ces péchés sont inspirés par des facteurs extérieurs à l’âme, qui reste pure dans son essence. Ainsi coexistent en chaque homme une force d’attraction (vers la sainteté) et une force de répulsion. La première est représentée par le Souffle (esprit) et la seconde par la chair.

    Le tirage au sort entre les deux « boucs » renforce la « fatalité » de cette dualité, laquelle ne saurait être dissociée dans ce monde-ci car propre à l’humanité depuis le premier Adam. Il ne s’agit donc pas tant d’haïr le bouc tiré au sort et jeté au désert, que d’apprendre à gérer-maitriser ce qu’il représente. Et cela est en nous, pour que nous l'emmenions également au désert... pendant que l'autre partie de notre être se répand sur l'autel en sacrifice agréable.

    Tout Israël, à Yom Kippour, prenait conscience de ce potentiel et rejetait ses fautes : celles-ci, par conséquent, se détachaient du peuple et tombaient comme des feuilles mortes. En ce jour, le Satan ne pouvait plus accuser. 
    L’Assemblée d’Israël était alors « sainte, sans tache, irréprochable…»

    Yom Kippour s'appelle aussi le jour du Grand Pardon. Pour que ce pardon soit effectif, il est demandé de faire Téchouvah, c'est à dire un retour ; un nouveau départ. La Téchouvah est une réparation, cette notion dépasse le problème du seul péché. Le mot "Hét" traduit par péché provient d'un verbe que la Torah utilise pour les archers du Roi David et qui signifie manquer la cible; le péché est donc tout autre chose qu'une infraction ou une violation. C'est un manquement à soi-même ! Le pécheur est un homme qui rate le bon sens de sa vie et « faire Téchouvah », c'est aspirer à revenir a Elohim. Tout processus de Téchouvah signifie : revenir à la maison de Elohim, parvenir à l'Etre « Le Vivant » qui est et réside au-delà du temps, l'Etre en lequel le passé, le présent et le futur sont unifiés en un « au-delà du temps ». A ce stade du processus de Téchouvah, tout se passe comme si rien n'avait jamais existé : cet état de Téchouvah précède la faute, il se situe avant la faute. C'est pourquoi le pardon est possible, puisqu’à ce stade du « retour » rien ne s'est encore réellement passé. Chacun a la faculté de revenir dans cet espace parfait où la faute n’existe pas : tel est le processus de réparation, de régénération de notre être. Mais approcher cet espace n’est pas autorisé en dehors de la pensée de Kippour, dans la centralité de l’action du seul Kohen Gadol possible.

    Puissions-nous être conscients que le « rideau » d’accès au Qodesh Haqodeshim est aujourd’hui constamment ouvert par l’action du Fils, qui permet à chacun de faire « retour » et de revenir à la Maison du Père. YHWH-Adonaï est parfait en Sainteté et ne peut pas être approché par l’homme pécheur qui n’aurait pas reçu le vêtement de pureté approprié, qui ne serait pas sous le couvert du sang de l’Agneau de Elohim. Voilà qui fut fait définitivement à Golgoltha... et confirmé à Shavouoth-Pentecôte... pour ceux qui "gardent les Commandements".

    L’Agneau du Pessah universel rejoint le bouc de Kippour dans sa vocation de grâce et de pardon.
    Il relie et réalise la dimension prophétique de toutes ces fêtes (mais encore "en espérance" pour l'accomplissement complet des "3 dernières fêtes")*. Son sang fut versé sur l’Autel pour nos pêchés ! Il fut donc tout à la fois le bouc sacrifié sur l’Autel et le bouc chargé de nos péchés emportés dans le désert … désert du séjour des morts qui ne put le retenir plus que trois jours et trois nuits et dont Il sortit vainqueur.

    Des deux (boucs – victimes expiatoires), Il n’en a fait qu’un… et c’est bien
    « Azazel » qui a aujourd’hui perdu sa puissance accusatrice.
    * On peut aussi considérer que Yom Kippour, fait central des "3 dernières fêtes", correspond à la "grande tribulation" au cours de laquelle "ils reconnaîtront Celui qu'ils ont percé".
    Dans ce cas, l'envoi de Azazel au désert correspond au fait que Satan sera ensuite "lié pour mille ans".


    Rester pur, veiller à son alimentation et s'approcher de YHWH


    C’est le thème central du livre de Vayyiqra.

    « Je serai sanctifié par ceux qui s’approchent de moi » (Lévitique 10:3).

    Mais comment un pêcheur peut-il s’approcher d’un Elohim Saint ?
    Sacrifice ou offrande se dit Qorban. La racine du mot offrande/Qorban signifie « s’approcher de » et n’a pas de connotation de « valeur ». Il ne s’agit donc pas de donner quelque chose de « valeur » mais bel et bien de se rapprocher.
    Dans les parachiyoth précédentes (Tazria et Metzorah notamment), nous avons vu pourquoi les personnes rituellement impures (tamei) n’étaient pas autorisées à se rapprocher de Elohim.

    Si une personne devenait tamei / rituellement impure :
    1) en péchant (désobéissance aux commandements)
    2) en entrant en contact avec la mort,
    3) par une perte de la vie (flux menstruel, etc…)
    alors la personne ne pouvait pas entrer dans la sainte présence de YHWH.

    L’état de métsora (gale) représentait un état d’impureté le plus extrême. Les instructions concernant le métsora nous rappellent que le Mishkan (Tente du rendez-vous…) devait être protégé du contact avec la mort Une personne pouvait uniquement approcher YHWH si elle était tahor (rituellement pure). Etonnamment, toutes les prescriptions liées à ces états de Tahor / Tamei
    (pur / impur) sont intercalées entre Lévitique 10 et 16, soit après la mort des deux fils Nadav et Avihou et l’interdiction de rentrer dans le Saint des Saints. (Y étaient-ils entrés… ?)

    Lévitique 16 reprend en fait le cours de l’histoire que nous avions quitté en lévitique 10, à partir duquel s’intercale cette grande parenthèse traitant des impuretés.
    Un des versets importants de la parachah Aharey Moth est Lévitique 17:11.

    « OUI, la vie de la chair est dans le sang. Ce sang, JE VOUS L’AI DONNE, MOI, pour faire sur l’autel le rite d’expiation de vos vies ; car c’est le sang qui expie pour une vie. »

    Ce verset donne un sens à tous les sacrifices et éclaire l’universalité du Sacrifice de Yéshoua.
    Lorsqu'une offrande était faite, le sang de l'animal était répandu sur l'autel. Symboliquement, nous pouvons comprendre qu'une vie (celle de l'animal) pouvait couvrir les péchés d'une autre vie (la vie de ceux du peuple).

    A ce stade de notre réflexion, il est utile de relever ce que Tony Robinson (restauration of Torah Ministries) a exposé à l’occasion de ses propres investigations : un parallèle étonnant entre Lévitique 17 et 18 et le passage central d’Actes 15. 

    En Actes 15:28-29, le premier concile de Jérusalem qui réunit les principaux apôtres et disciples de la première génération, est amené à imposer quatre exigences à l’attention des païens convertis. D’où proviennent ces exigences ? De la parachah Aharey Moth ! 

    Passage de la Torah          Sujet                      Passage du livre des Actes
    Lévitique 17:1-9     Adoration appropriée        Actes 15:29 (1° phrase)
    Lévitique 17:10-15 Alimentation appropriée    Actes 15:29 (2° et 3° phrases)
    Lévitique 18:1-30  Relations sexuelles appropriées  Actes 15:29 (4° phrase) !

    Nous sommes en mesure d’affirmer, sans l’ombre d’un doute, qu’Actes 15:29 est thématiquement relié à Lévitique 17-18, tout simplement parce qu’Actes 15:29 est un résumé de cette parachah Aharey Moth. Y compris l’ordre des "commandements", qui est le même. Les exigences données depuis Jérusalem en l’an 51 ap. "JC" aux croyants non juifs, sont les mêmes commandements que ceux donnés aux croyants sortis d’Egypte quelques 1500 années plus tôt. Preuve, s’il en fallait encore une, que la Torah est loin d’avoir été abolie par la première Qéhiyllah de Jérusalem.

    Lorsque la Torah mentionne de ne pas manger de sang, cela signifie de ne pas manger de viande qui n’a pas correctement été évidée de son sang. (porteur de vie)

    « Si quelqu’un des enfants d’Israël ou des étrangers qui séjournent au milieu d’eux prend à la chasse un animal ou un oiseau qui se mange, il en versera le sang et le couvrira de poussière. » (Lévitique 17:13)

    Qu’est-ce que la Torah veut dire par « un animal ou un oiseau qui se mange » ? Quels animaux et oiseaux peuvent-ils être consommés ? La réponse est donnée en Lévitique 11:1-47, passage dans lequel la Torah fait la liste de tous les animaux tahor/pur, qui peuvent être consommés. En fait, il y a deux exigences en une. Premièrement, l'animal doit être un animal comestible, et deuxièmement, l’animal doit être correctement vidé de son sang. Cela signifie que nous devons uniquement manger des animaux purs dont le sang a été correctement vidé.

    TOUT UN PROGRAMME ET UNE VRAIE REMISE EN CAUSE POUR CEUX DE LA "CHRETIENTE" VIVANT DANS UNE SOCIETE OCCIDENTALE QUI TUE SES ANIMAUX A L’ABRI DES REGARDS DANS DES ABATTOIRS OU PERSONNE NE RENTRE…

    Ainsi, le concile de Jérusalem donna le même commandement (que celui que nous retrouvons dans la Parachah Aharey Moth), aux croyants non juifs. Par conséquent, lorsque le concile demande aux croyants de s’abstenir du sang, il leur demande en fait d’observer toutes les lois alimentaires de la Torah (nous ne parlons pas ici de ‘cacherout’, qui est la somme de toutes les réflexions et commentaires au cours des siècles, avec ses inévitables dérives et dogmes humains)

    Voulons-nous signifier par là qu'en tant que croyants non juifs, nous sommes censés manger de la nourriture "pure" selon la Bible ? 
    Visiblement, oui ! Si nous sommes confus, c’est en partie parce que la chrétienté n’est pas au clair avec cette notion de consommation de sang. Ce commandement renvoie plus globalement à une alimentation saine et agréée au sens biblique du terme. Que chacun en ait en son temps une claire et authentique conviction dans son coeur ! Mais que personne ne puisse affirmer que c’est l’alimentation qui sauve ou qui condamne. A quoi servirait-il de
    « bien manger » si notre vie globalement n’est pas en ordre ? Et si notre vie est globalement plutôt en ordre, pourquoi se priver de la liberté de « bien manger » en sus ? Ainsi, ce n’est pas « le manger et le boire » qui nous sauverons, mais « le manger et le boire » peuvent matérialiser nos efforts quotidiens pour être purs, meilleurs et nous rapprocher de Elohim, et ainsi rendre témoignage à la Parole de Elohim, que nous tenons pour Vérité sans interprétation.

    Par ailleurs, ce commandement était-il adressé aux seuls israélites prisonniers du désert du Sinaï ? Qui sont ces immigrés et ces étrangers présents au milieu du peuple ? Le mot hébreu traduit par immigrés ou étrangers peut aussi être compris dans un sens de « prosélyte », adhérant à la foi de l'Elohim  d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Nous comprenons alors mieux ce que la Torah enseigne au croyant non juif, qui se repent et se greffe librement sur l’Alliance du Sinaï renouvelée par Yéshoua au Golgoltha. Se greffer sur l’olivier, sur l’Alliance renouvelée « d’Israël », ne signifie pas se greffer sur le judaïsme pharisien, ne confondons pas ! La cacherout rabbinique et la nourriture biblique, même si elles présentent des éléments similaires, ne sont pas miscibles ! Par ailleurs la loi sur les aliments carnés nous invite à regarder au-delà du « fond de notre assiette » et d’examiner tout ce qui nous imprègne : lecture, audiovisuel, spectacle, discussion… etc. C’est aussi tout cela notre nourriture ! Savons nous choisir « sainement » entre toutes ces propositions et faire le tri entre le pur et l’impur ? La nourriture de chaque jour nous rappelle à cette exigence… « Soyez saints, car Je suis Saint ».



    II – QEDOCHIYM


    Parachiyoth doubles: « Aharey Moth » (après la mort) « Qedochiym » (Saints vous serez)




    Cette parachah est très courte : 2 petits chapitres qui exposent pourtant 49 mitsvoth (recensées du 212 au 262) sur les 613 retenues par la tradition. En voici quelques unes :
    - le respect dû à la mère et au père (Vayiqra 19 :3),
    - le respect du Shabbat,
    - l'interdiction de constructions et de pensées idolâtres,
    - l'interdiction de récolter sur le dernier angle du champ, de la vigne (19 : 9-10),
    - le devoir de veiller au pauvre (19 : 10),
    - l'interdiction de fausser les mesures, de manquer à la parole, de ne pas payer à temps, de voler, de prononcer des verdicts injustes, de porter tort à autrui, de donner de mauvais conseils, de maudire, de ne pas porter aide aux victimes ni aux frères dans le besoin,
    - le devoir d'exhorter autrui (19 : 17), d'aimer son prochain comme soi-même (19 : 18),
    - l'interdiction de se venger (19 : 18),
    - de manger des fruits avant plusieurs années de croissance, de boire et manger avec gloutonnerie (19 : 18-24),
    - de pratiquer la divination (19 : 26), de se coiffer comme les adeptes d'autres cultes, d'imiter leurs pratiques et leurs usages (20 : 23),
    - le devoir d'honorer les vieillards (19 : 32),
    - le devoir de respecter l’étranger,
    - le devoir d'avoir des balances justes (19 : 36) et le devoir d’exécuter les décisions de justice qui concernent toutes ces fautes,
    - les interdictions nombreuses relatives à une conduite sexuelle déviante et inconséquente.

    Ces lois de sainteté peuvent donc revêtir un aspect juridique légaliste réservé aux seuls initiés. Or, l’invitation formelle – l’ordre divin non négociable – de devenir « saint / Qadoch » revêt un caractère
    universel qui ne peut souffrir le désintérêt, a priori, d’une parachah peu relevée et de lecture rébarbative. Car au-delà de l’absence d’une histoire qui ravirait petits et grands, ces mots de Vayiqra révèlent l’Histoire avec un grand H : celle du rapprochement de YHWH avec Son peuple.

    La consigne de vie individuelle et collective d’Élohim, qui s’apprête « à descendre du mont Horeb et à prendre place » au sein du camp d’Israël, se résume en deux axes :
    - soyez saints
    - ne vivez pas selon les règles et usages des autres peuples (conséquence du premier point).

    Or, la Haftarah et les livres de la Nouvelle Alliance sont associés à notre Parachah pour nous rappeler que le mauvais penchant est plus fort et que ce n’est pas notre Élohim qui a quitté le camp et abandonné Son peuple. C’est nous qui – quotidiennement – ne permettons pas à notre Élohim de
    s’installer dans notre camp et de faire Sa demeure chez nous.

    « Saint, vous serez… » : un futur en forme de promesse et d’encouragement. Attention, cet ordre divin révèle également une évidente non-bénédiction en cas de non-respect. Telle est la logique qui réunit cette semaine nos 3 textes en un seul.

    « Il tient en sa main la pelle à vanner et séparera le grain de la paille. Il amassera son grain dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint jamais. » (Matthieu 3:12)



    « Saints, vous serez… »


    « Et YHWH parla à Moshéh, disant : parle à toute l’assemblée des fils d’Israël, et dis-leur… » (19 :2).

    L’introduction originale de cette parachah commence par l'indication d'un rassemblement de tous les bnéi Israël : c’est la seule dans toute la Torah. Les autres mettent en scène Moshéh, seul face à Élohim, qui ensuite restitue à Aharon et aux sacrificateurs, qui ensuite restituent à leur tour à
    l’ensemble du peuple. Le moment est donc solennel et voulu comme tel par le Créateur. Pourquoi ?

    1/ Alors que de nombreuses mitsvoth (commandements) s'adressent uniquement à certains individus ou à certaines catégories de la communauté (sacrificateurs), la sainteté s'adresse à la nation tout entière. Elle est accessible et concerne chacun sans distinction aucune. C'est pourquoi le verset dit : Parle à toute l’assemblée.

    2/ Parce que cette parachah va résumer toute la Loi, les dix Paroles et toute la Torah.

    La parachah commence par une injonction particulière au futur* qui lui donne son nom : « qédochiym tiyou : saints, vous serez ». Par contre, elle se termine (20 :26) par la même injonction à l’impératif : « soyez pour moi saints : vihéyitém li Qédochiym ».

    * Certains commentateurs ont vu dans cette forme de futur une assurance qu’Israël ("tout Israël") serait Saint dans les temps messianiques.

    Entre le début et la fin de ce discours, toute une série de mitsvoth s’impose. Nous apprenons par là que, pour passer d’un futur à une réalité effective, le croyant va devoir respecter commandements et limites. La sainteté n’est pas un concept philosophique et spirituel, une qualité morale vague, mais elle est liée à une limite posée et clairement identifiée. La sainteté est un état de séparation: elle sépare de ce qui est impur et qualifie, en l’identifiant, ce qui est pur. Dès lors, il ne s’agit pas simplement de ne pas faire le mal - critère vague qui resterait soumis aux définitions aléatoires dans le temps, l’espace, les cultures - mais de pratiquer le bien, lequel est défini précisément
    et non soumis aux appréciations humaines.

    Cette définition de la sainteté donnée à tout Israël rassemblé, en un moment unique et solennel, n'est pas un privilège. C’est une exigence, dont il est dit qu’aucun autre peuple n’avait souhaité en hériter ; une exigence terrible qui a sa source dans les lieux célestes. Voilà pourquoi il n’est pas dit: « vous êtes saints et les meilleurs parmi les hommes alors Je vous choisis comme peuple et résiderai au milieu de vous » mais « c'est parce que Je suis saint que vous devez l'être. Vous le serez ou vous mourrez ! ». Si nous voulons que YHWH soit notre Élohim, si nous le choisissons entre tous les autres (faux) dieux pour qu’Il soit le nôtre, nous devons croire en cette parole. Ajoutons-nous à la Parole en paraphrasant de la sorte ? Au contraire, toute la suite de la Torah, l’histoire des prophètes d’Israël et les annonces de jugements sur la maison du Père et du Fils nous y invitent et nous confortent dans cette lecture.

    Ainsi, en Ezéchiel 20, Haftarah de la semaine :

    « Je leur enseignai les règles et les lois que j’ai établies pour que tous ceux qui les pratiquent puissent vivre. J’instituai le jour du shabbat pour manifester la relation qui les unit à moi et leur rappeler que moi, le Seigneur, je les consacre à mon service. Mais les Israélites se sont révoltés
    contre moi dans le désert. Ils ont négligé mes règles et méprisé mes lois, qui permettent de vivre à ceux qui les pratiquent. Ils ont gravement violé le jour du shabbat…J’ai donné ces recommandations à leurs enfants dans le désert: Ne vous conduisez pas selon les règles et les lois que vos pères se sont fabriquées, ne vous rendez pas impurs en adorant leurs sales idoles. C’est moi qui suis le Seigneur votre Élohim ! Conduisez-vous selon mes règles et acceptez d’obéir à mes lois. Consacrez-moi le jour du shabbat pour manifester la relation qui vous unit à moi et vous rappeler que je suis le Seigneur, votre Élohim. Mais eux aussi se sont révoltés contre moi. Ils
    n’ont pas observé mes règles et ils ont refusé de se conformer à mes lois, qui permettent de vivre à ceux qui les pratiquent. Ils ont violé le jour du shabbat. J’envisageai alors de ne plus contenir ma colère… »

    Et de même, en Matthieu 3 :7 le plus grands des prophètes d’Israël est obligé de démasquer publiquement la duplicité des pharisiens et des saducéens qui viennent à lui pour se faire immerger dans le Jourdain, conscients de leur état de non-sainteté mais se satisfaisant de leur état génétique et de leur appartenance communautaire pour échapper au jugement :

    « Yohanan vit que beaucoup de Pharisiens et de Sadducéens venaient à lui pour être baptisés ; il leur dit alors : Bande de serpents ! Qui vous a enseigné à vouloir échapper au jugement d’Élohim, qui est proche ? Montrez par des actes que vous avez changé de mentalité et ne pensez pas qu’il
    suffit de dire en vous-mêmes : Abraham est notre ancêtre.»

    L’histoire d’Israël et l’histoire des premières communautés de croyants sont aussi NOTRE histoire. Et la question de Yohanan se pose aujourd’hui à nous dans les mêmes termes : « Qui nous a enseigné à vouloir échapper au jugement d’Élohim qui est proche ? ». Sommes-nous devant les
    eaux du baptême comme une bande de serpents, ou respectons-nous les termes de l’Alliance d’Élohim que nous prétendons avoir fait nôtre ?

    « La hache est déjà prête à couper les arbres à la racine : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. Moi, je vous baptise avec de l’eau pour montrer que vous changez de comportement… » (3 :10).

    Quand le verset nous ordonne « Vous serez saints », nous ne devons pas penser que nous pouvons être aussi saints qu’Élohim Lui-même car la suite du verset précise « car Moi, YHWH votre Élohim, Je suis saint » : ce qui signifie que la sainteté d’Élohim est au-dessus et plus grande que celle des justes les plus illustres.

    Ce verset nous demande alors de travailler à imiter la sainteté d’Élohim en sanctifiant notre vie.
    « Vous serez saints » signifie donc que nous atteindrons la sainteté d’Élohim
    « car Moi, YHWH votre Élohim, Je suis saint », et « J’ai le pouvoir de communiquer Ma sainteté à ceux qui gardent mes commandements » (ceci est un commentaire-midrash en forme de paraphrase pour faciliter la compréhension !). N’oublions pas qu’Élohim a créé l’être humain « à Son image » comme un « partenaire et un fils pour la création ».

    Avons-nous donc le pouvoir et la vocation d’être comme Élohim, d’être Son image dans son attribut de sainteté ? Oui, car en nous conférant Sa sainteté, Il nous a doté de la capacité de devenir Ses enfants, conçus de Sa nature supérieure, des bnéi Élohim. Qédochiym nous parle donc de ce
    potentiel infini.

    Un commentateur explique qu’être saint consiste avant tout à s'écarter de la débauche et des pêchés en général car, dit-il, partout où tu trouveras une barrière devant la débauche, tu trouveras mention de la sainteté.

    Ainsi, dans la cérémonie du mariage, lorsque l'homme passe la bague au doigt de sa future épouse, il lui dit : te voilà sanctifiée pour moi selon la loi de Moshéh et d'Israël, ce qui n'est pas sans rappeler la demande faite aux bnéi Israël par YHWH : « Soyez saints ». Car finalement le mariage
    est un rempart contre la débauche : lorsqu'un homme épouse une femme, celle-ci n’est consacrée désormais qu’à lui, elle est interdite aux autres hommes. L'acte du mariage consiste dès lors à se séparer de la débauche.

    Respecter le Shabbat, respecter ses parents, respecter le Shabbat de ses parents, respecter le Shabbat de YHWH.


    Qédochiym ne traite pas simplement de la sainteté du corps et des croyants, car il s’agit également de sanctifier l’espace et le temps dans lesquels nous nous plaçons.

    Ainsi, la sanctification du temps est-elle acquise par le respect du Shabbat, qui ne doit pas être seulement le dernier jour de la semaine. En effet, dans le judaïsme, les jours de la semaine n'ont pas un nom de planètes ou de dieux comme dans les calendriers occidentaux usuels mais chaque jour biblique a un chiffre qui le nomme "premier jour dans le Shabbat", etc. Ainsi chaque jour en sa nature est coparticipant de la sainteté du Shabbat et doit être vécu en conséquence.

    Il faut noter la primauté donnée par Élohim au respect des parents. En fait, juste après l’annonce solennelle d’appel à la sainteté, deux piliers indissociables constituent le premier commandement : respect …

    1/ …des parents, et pour le judaïsme, de la mère d'abord, instigatrice et propagatrice de la morale et de l'éducation,

    2/ …du Shabbat.

    La Torah a élevé l'honneur, le respect et la vénération dûs aux parents au niveau des sentiments que nous devons éprouver pour notre Père des cieux. Nous devons obéir à nos parents, accepter leur autorité et leur témoigner notre gratitude. Depuis le berceau jusqu'à la tombe, le respect du Shabbat et des parents sont des facteurs éducatifs qui forment l'homme à la sainteté. Mais le premier pas vers la Qedouchah, la sainteté, est le respect des parents.

    Malheureusement le sens de notre époque est à la déstructuration de la famille, à la séparation des parents qui n’offrent plus alors la protection spirituelle et sociale nécessaire aux enfants, bientôt livrés à eux-mêmes. La Torah intégrait bien ces notions pour y palier.

    Un être humain, à partir de sa naissance, est conçu de telle sorte, que plus il grandit, plus il coupe le lien qui le rattachait originellement à ses parents. Le "non" du bébé, qui devient enfant, ainsi que la révolte de l'adolescent sont inscrits dans le développement normal de chaque être. La Torah ordonne de mettre une limite à cet éloignement naturel. Cette limite est l'expression d'un comportement saint.

    Voici un commentaire célèbre sur ce commandement : « Révérez chacun votre mère et votre père, et observez mes jours de Shabbat ». Cela veut dire : toi et tes parents devez obéissance, collectivement, de génération et génération. Mais si tes parents te demandent de transgresser l'un des
    commandements, notamment le Shabbat, c'est à Élohim qu’il faut obéir. Le respect dû aux parents est donc subordonné à l'obéissance aux autres lois éternelles de notre Créateur. Ce sont Mes Shabbat que vous devez observer. Toi et ton père vous me devez obéissance. C'est pourquoi ne
    l'écoute pas pour abolir Mes paroles. Ainsi, si les parents veulent être respectés, ils s’efforceront de montrer qu’ils gardent la Torah. Et ainsi, de générations en générations…jusqu’à l’avènement du Mashiah.

    Respect des parents et observance du Shabbat : tant que ces deux piliers subsistent nos rapports avec Élohim se maintiennent sur un terrain solide, mais l'expérience nous apprend que si l'un des deux piliers vacille, le second est entraîné dans sa chute.

    L'idéal de sainteté commence à prendre forme quand l'homme respecte ses parents non point par piété filiale mais par obéissance au commandement et quand il observe le repos Shabbatique, non point au nom du progrès social mais en tant que journée consacrée et bénie par le Seigneur.



    La retenue qui sied aux Qédochiym


    Le qualificatif « saint » implique la retenue personnelle. Confronté à de nombreuses tentations, l’homme est invité à contrôler ses impulsions immédiates.
    La parachah nous commande également de ne pas se venger ni de garder rancune. Cela nécessite très certainement la maîtrise de soi, dans nos actions, nos paroles et même dans nos pensées. Mais une personne qui parvient à ce contrôle existe-t-elle ?

    Nous pouvons imaginer qu’une telle personne serait un individu simple, naïf ou inspiré, qui ne voit jamais de mal en quiconque. Or, il s’agit plus vraisemblablement d’un homme puissant qui a atteint un véritable contrôle de sa personne.

    Dès lors, qu’est-ce que la puissance selon la parachah Qédochiym ? Pendant longtemps, les gens ont pensé qu’il s’agissait d’acquérir la domination sur les autres. Désormais nous réalisons qu’il s’agit en fait de la maîtrise de soi-même.

    « Et pour cette raison même, concentrant tous vos efforts, joignez à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance, à la connaissance la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi la ténacité, à la ténacité la piété, à la piété l’amitié fraternelle, à l’amitié fraternelle l’amour. » (2 Pi 1:5-7)

    La Parole nous met dès lors en garde contre la tendance opposée : ne pas agir à l'image des bêtes qui vivent sur terre et éviter de devenir esclave de nos sens en recherchant les plaisirs qu'une curiosité croissante et malsaine prétend épuiser sans jamais pour autant y parvenir.

    C'est pourquoi la Loi proclame ici l'ordre général de la retenue dans le domaine des actes licites après avoir auparavant spécifié les actes rigoureusement interdits. La Sainteté implique la tempérance qui consiste à modérer les désirs et les passions. Elle comporte la sobriété dans la satisfaction de nos appétits, la fuite devant toutes les espèces d'impureté, la modération dans le langage. Elle transcende ainsi le niveau de la morale ordinaire.

    Vue sous cet angle, la Sainteté ne constitue pas un commandement biblique faisant partie des 613 mitsvoth mais représente un ordre général qui caractérise toute la Parole. Une grande partie de la parachah est consacrée à des directives aidant à atteindre ce contrôle de soi, dans des domaines
    divers de la vie sociale et donc dans les relations humaines. Le point d’orgue sera le célèbre enseignement: « Aime ton prochain comme toi-même » (Lévitique 19:18)



    « Aime ton prochain comme toi-même »


    « C’est là toute la Torah, le reste en est le commentaire : aime ton prochain comme toi-même ».

    L’idée que toute la Torah se concentre autour du thème des relations avec autrui est intrigante. Très souvent, on divise les lois de la Torah en deux groupes : celles qui concernent les relations de l’homme avec Élohim, comme l’observance du Shabbat, et celles qui relèvent des relations avec autrui, comme l’interdiction de voler ou de porter un faux témoignage dans une affaire de justice.

    Nous devons comprendre que si nous observons convenablement ce commandement, nous ferons de même pour les autres commandements telle l’interdiction de voler ou de porter un faux témoignage. Toutes les lois régissant les relations avec le prochain sont en effet incluses dans
    l’injonction « Aime ton prochain ». C’est un grand principe parce qu’il inclut quasiment la moitié de la Torah : toutes les lois concernant les relations humaines.  

    La perle de notre parachah : preuve de Sa grande connaissance et de Sa maitrise de la Loi, Yéshoua cite ce commandement en faisant explicitement référence à Qédochiym : « respecte ton père et ta mère ; aime ton prochain comme toi-même. » (Matthieu 19:19). La juxtaposition de ces
    deux commandements dans un même verset ne peut être le fruit du hasard mais témoigne que ce commentaire est le fruit d’un grand commentateur de la Torah, et pour cause : ce commentateur en est aussi l’auteur !

    « A ce moment-là, un docteur de la Loi intervint et posa à Yéshoua une question pour l’embarrasser.
    - Maître, lui dit-il, qu’est-ce que je dois faire pour être sûr d’obtenir la vie éternelle ? Yéshoua lui répondit :
    - Qu’est-ce qui est écrit dans notre Loi ? Que dit-elle à ce sujet ? Comment la comprends-tu ?
    Aime le Seigneur ton Élohim, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée, lui répondit-il, et aime ton prochain comme toi-même.
    Excellente réponse, lui dit Yéshoua, fais cela et tu auras la vie. »
    (Luc 10 :25)

    Confirmation que cette parachah révèle le secret de la Sainteté et donc de la vie. Alors que ce docteur de la Loi interpelle Yéshoua en Sa qualité de Maître, il tente néanmoins de Le provoquer et de Le mettre en difficulté. Pour répondre à cette question essentielle de la vie éternelle, Yéshoua
    n’invente pas de nouveaux commandements mais renvoie son contemporain à la Loi de Moshéh. « Que dit-elle ? ». En sommant le docteur de la Loi de faire ce qu’il vient opportunément de dire en résumant la Loi, Yéshoua le renvoie à ses propres contradictions et faiblesses : car en tentant de déstabiliser Yéshoua, il n’a pas appliqué ce commandement. D’où la réponse du Maître : « fais cela…sous-entendu, tu le l’as pas fait…et moi que tu croyais surprendre, je te surprends dans tes mauvaises pensées… ». Nous sommes tous des « docteurs de la Loi » qui répondons parfois correctement à la question du Maître. Oui, nous avons bien compris… mais il nous reste encore à faire !

    - « En effet, des commandements comme : Tu ne commettras pas d’adultère, tu ne commettras pas de meurtre, tu ne voleras pas, tu ne convoiteras pas, et tous les autres, se trouvent récapitulés en cette seule parole : Aime ton prochain comme toi- même. » (Romains 13:9)
    - « Car la Loi se trouve accomplie (est rendue complète)* tout entière par l’obéissance à cette seule parole : Aime ton prochain comme toi-même. » (Galates 5:14)

    (*La nuance ainsi rendue est que la parole : « tu aimeras ton prochain comme toi-même » complète parfaitement la Torah, et non que la Torah consiste dans le seul « amour du prochain »; le terme [plêroô/péplêrokhai] est relatif à l’action de remplir, de compléter, de rendre complet, d’achever… et non pas d’être suffisant en soi. Dictionnaire Bailly) 

    Cette pensée et ce commandement tiré de Qédochiym ont clairement été valorisé par Yéshoua. De fait, ce commandement devenu central pour la « chrétienté » renvoie à notre parachah Qédochiym « soyez saints… ».

    Loin d’être rébarbative et réservée aux initiés, Yéshoua nous dit combien cette parachah résume tout ce qu’Il fut et que nous devons, à sa suite, nous efforcer d’être. A tous nos amis "chrétiens" encore prisonniers du paganisme de Nicée, nous devons maintenant dire avec force : notre Sauveur nous renvoie tous, collectivement, à cette parachah Qédochiym qui stipule solennellement : respectez vos parents, gardez mes shabbat, aimez votre prochain comme vous-même ». 



    Shabbat shalom vé shavoua tov.


    PS: On peut voir les commentaires de l'année dernière ici:
    http://jyhamon.eklablog.com/parachah-qedochiym-saints-vous-serez-a107659116



    JYH
    5/05/2017
    D'après "Blog Qéhila"
    (Copie autorisée et même souhaitable, à condition d'en redonner le texte intégral et les sources)





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