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    Parachah "Qorah"

     

    Pensée :

    « Au matin, YHVH fera connaître qui est à Lui et qui est consacré, IL le fera approcher de Lui ; celui qu’IL choisira IL fera approcher de Lui »

    Tous ne sont-ils pas saints disait Qorah ! Toute l’assemblée ! La réponse est non. Seul Celui et ceux que YHVH désignent sont en « sanctification » pour pouvoir approcher… Il ne suffit pas de penser croire et dire "je crois". Mais être agréé en Yéshoua et trouvé fidèle dans l’obéissance. Qorah et les autres croyaient ils en YHVH ? Certes. Étaient-ils conformes en obéissance ? Non.







    PARACHAH
    : « QORAH » 
    (Qorah, "Koré")

     

    Shabbat 24 juin 2017
    (Commentaires de 2010)

     

    Lectures :
    Parachah : Bémidbar / Nombres 16 :1 à 18, fin
    Haftarah : Shémouel A /I Samuel 11 :14 à 12 :22
    Bérith Hadachah : Yohanan / Jean 18 :28 à 19 :16

     

    Rappel : les commentaires ne sont pas des études exhaustives, mais des pensées que la lecture de la parachah nous inspire  et nous permet, sur une année, de relier les textes de la Torah et des Prophètes aux textes de la Bériyth haHadachah, de l’Alliance renouvelée en Yéshoua.

     

    Résumé de la parachah:
    Une révolte est fomentée contre Moshéh et Aharon. A travers la double épreuve de la présentation des brasiers et des bâtons, Elohim confortera son choix sur Moshéh, Aharon et la famille de Lévi.
    Les murmures ne cessent pas pour autant et une plaie mortelle éclate dans le camp. Aharon intervient, la plaie est stoppée.
    Suite à ces évènements, YHWH Élohim, rappelle à Aharon sa charge, la charge des lévites, leurs droits et leurs spécificités.

     


    Révolte, coup d'état, ambition...



    « Qorah, fils de Yitséhar, fils de Qehath, fils de Lévi, Datân et Abiram, fils d’Éliab, et On, fils de Pélèth (Éliab et Pélèt étaient fils de Ruben) furent orgueilleux ; ils se dressèrent contre Moshéh, ainsi que deux cent cinquante des Israélites, princes de la communauté, considérés dans les solennités, hommes de renom. Ils s’attroupèrent alors contre Moshéh et Aharon… »
    (Nombres 16 traduction Bible de Jérusalem)

    Ce chapitre 16 de Bémidbar contient le récit d'une double révolte contre Moshéh et contre Aharon : celle du Lévite Qorah contre le sacerdoce d’Aharon et celle des rubénistes Dathan et Abiram contre la souveraineté de Moshéh, accusé d’avoir privé le peuple de tous les avantages de sa situation en Egypte pour le livrer à l'existence du désert.

    Tous deux petits fils de Qéhat, il nous faut noter que Moshéh et Qorah sont cousins germains et par ailleurs mis à part et rachetés comme tout lévite parmi le peuple. Toutefois, Qorah est l’ainé de sa branche alors que Moshéh n’est que le 3ème de la sienne. Un traditionnel conflit de type « droit
    d’ainesse » est dès lors perceptible.

    Pour donner de l’écho à son entreprise de rébellion organisée, de putsch ou de coup d’état, Qorah n’hésite pas à associer à sa démarche des fils de Ruben, les ainés de Jacob destitués de leurs droits d’ainesse pour un crime, comme pour signifier au peuple que Moshéh a lui-même outrepassé le droit coutumier des peuplades sémites.

    « C'en est assez, vous avez assez longtemps usé de ce pouvoir usurpé… ». Telle est en substance la réaction politique qu’opposent Qorah et ses 250 hommes de renoms choisis parmi toutes les tribus, à Moshéh et Aharon, choisis quant à eux par Élohim. Mais la querelle politique qui cherche le pouvoir et les richesses matérielles, ne peut s’embarrasser des élections "divines" (de Elohim) qui invitent les hommes de Elohim à la recherche d’une spiritualité authentique et à un culte agréable.

    Ces deux conceptions de la « gestion de la Cité » et de l’exercice du pouvoir associé, renvoient à deux conceptions distinctes et inconciliables du monde futur. Qorah et ses gens, ne veulent pas d’un royaume où ils n’auraient pas leur place en haut de la pyramide. Sortir d’Egypte, oui ! Mais avec toutes ses richesses et ses modèles à reconstruire.

    La "chrétienté" historique est de ce point de vue, représentative du
    « syndrome Qorah ». Elle-même « lévite, rachetée à grand prix et mise
    à part », elle conteste aux sacrificateurs israélites une place plus élevée et ne peut ou ne veut se contenter de son propre appel. Elle accepte de sortir de son Egypte, mais pour la ré-matérialiser aussitôt sous une forme connue qui l’avantage et qui flatte son besoin de pouvoir.

    N’en est-il pas également ainsi au sein de quelques-unes de nos propres assemblées ? N’y-a-t-il pas ici et là dans nos communautés, quelques Qorah, riches, puissants, intrigants, pour s’opposer aux oints d’Élohim (et allant jusqu'au mensonge, à la calomnie, et même aux menaces de mort pour "faire taire". Jézabel est morte mais pas son "esprit") ? Ne faisons-nous pas partie nous-mêmes des 250 rebelles qui, attirés par les flatteries, le goût de l’argent et du pouvoir, s’opposent dès lors à la volonté divine ? Que chacun se pose la question et y réponde !



    La sainteté requise



    La démagogie politique de Qorah consiste à utiliser et détourner une sentence divine pour mieux imposer son propre modèle humain : « Toute l'assemblée, tous sont saints. » Elohim l'avait dit : Vous me serez un royaume de sacrificateurs et une nation sainte (Exode 19.6).
    Pour Qorah, tous les Israélites sont consacrés et par conséquent égaux. Qorah, le lévite, n’accepte pas d’être au service des kohanim, les sacrificateurs fils d’Aharon.

    Piège classique de l’utilisation d'une partie seulement de la Parole. Il est si facile de déceler une phrase qui flatte ses propres instincts et d’oublier la sentence qui suit mais qui les condamne.

    Les rebelles lévites et non-lévites pensent ici pouvoir accomplir la fonction propre du sacerdoce en lieu et place des kohanim désignés par Elohim. Qorah est à leur tête et il a pris sur lui de convoquer le peuple à l'entrée du parvis, ce qui est une usurpation manifeste du pouvoir politique, car seul Moshéh avait le droit d’effectuer une pareille convocation.

    Les 250 rebelles meurent par le feu d’Elohim (châtiment analogue à celui de Nadab et d'Abihu, Lévitique 10) et les familles des rubénites concernées sont englouties dans le sol. Au final, plus de 14 700 israélites disparaissent suite à cette rébellion politico-religieuse. Elohim ne peut en effet laisser profaner impunément ce qu’Il a sanctifié. Le profane ne peut survivre face au sacré : ainsi en est-il de notre engagement personnel à servir. Que chacun mesure donc en conscience s’il veut et peut s’approcher davantage du sacerdoce, sans crainte d’y être un « étranger » ou « profane », sans rien n’y introduire d’extérieur à la sacralité de Elohim. 

    La relation intime à Elohim le Père ne se décrète pas ! Elle se construit sur Son autorisation expresse, par le Fils, et ne dépend donc pas de l’homme qui sollicite avec violence à ses risques et périls. « Nul ne va au Père que par Moi, et nul ne vient à Moi que si le Père ne l'attire » (Jean 14:6 et 6:44)

     


    Salut de Elohim et choix de Elohim



    Notons que très pédagogiquement, ce n’est pas Moshéh qui intervient pour stopper la plaie mais Aharon, en sa qualité de Grand Sacrificateur.
    Il fonctionne comme médiateur entre Elohim et le peuple.
    Aharon va se placer avec le parfum au milieu de l’assemblée qui a péché pour officier en dérogation aux rites ordinaires. Le Kohen Gadol quitte exceptionnellement le sanctuaire pour aller sauver le peuple en se plaçant en son sein et au contact de la plaie. C’est à cette seule condition que s’arrête la colère d’Élohim. Une épreuve de foi qui nous rappelle l’action même de Yéshoua, notre Kohen Gadol, qui se place au milieu des siens pour stopper la malédiction de la mort. N’avait-Il pas quitté exceptionnellement le Sanctuaire avant de le retrouver ?   

    Quand l’homme pécheur est trop éloigné du Sanctuaire pour effectuer son propre rachat selon le rite, alors le Kohen Gadol sort au péril de sa propre vie pour aller le chercher malgré lui : voilà ce que nous enseigne l’action sacerdotale d’Aharon. Une action prophétique et messianique, qu’assurera Yéshoua le Mashiah de Elohim.

    Nous faisons également une relation à la fonction du sacrificateur qui
    « sépare » ce qui est pur de l’impur pour stopper la contagion, et déclarer apte au service, et à l’intégration de la communauté (qéhiyllah-assemblée). N’est-ce pas ce rôle qui lui est confié dans le Lévitique, aux chapitres
    13 ;14…Parashah Thazria Métsora ?

     


    Le bâton fleurissant et la confirmation du sacerdoce d'Aharon et de la prérogative de la tribu de Lévi



    Ce récit se rattache indirectement à ce qui précède : Elohim veut prévenir toute nouvelle tentative de révolte contre Aharon en confirmant solennellement et aux yeux de tous les chefs de tribus, les privilèges de la tribu de Lévi. Il ne s’agit plus ici de défendre la position des sacrificateurs vis-à-vis des lévites, mais celle de toute la tribu de Lévi vis-à-vis du reste du peuple.

    Boutons, fleurs et amandes : les boutons n’ont pas fait place aux fleurs et les fleurs aux fruits ; les trois manifestations chronologiques de la vie végétale furent simultanément visibles sur la verge choisie. Telle est le signe de l’élection et de la primauté du sacerdoce sur toute autre considération  d’ordre politique. Les bâtons des princes – symbole de commandement terrestre – n’ont pas fleuri et porté de fruits. Le sacerdoce d’Aharon semble s’affranchir de lois temporelles et des saisons : il échappe au cycle classique de l’homme terrestre, il est déjà témoin et révélateur d’une nouvelle nature à venir.


    La révolte de la veille et sa finalité dramatique semblent ne pas avoir suffi. Il faut encore désigner concrètement l’élection par un signe visible et placé au sein du Sanctuaire. Une dérogation supplémentaire et un compromis de plus accordé par Elohim à un homme qui a besoin de voir et de toucher, pour se souvenir et respecter les ordres "divins" (de Elohim).

    Ainsi tout le peuple craignit que la plaie de la veille ne soit pas complètement stoppée et s’engagea à ne plus s’approcher du Tabernacle, laissant enfin la primauté de l’élection au regard du sacerdoce à la lignée d’Aharon.

    Cet épisode qui réunit puis distingue le bâton d’Aharon du milieu des bâtons des princes de tribus, nous enseigne que le sacerdoce n'a rien à faire avec le politique et que le politique ne saurait s’occuper du sacerdoce. Elle nous apprend aussi qu’on ne peut penser et vivre profane tout en prétendant pouvoir s’occuper du sacré. Cela le peuple dans le désert l’a compris… Où en
    sommes-nous aujourd’hui ? Ne n’est pas en vain que le Seigneur dira :
    « si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume… »

    Avons-nous bien compris et appliqué cet enseignement dans nos églises-assemblées ? Nos prêtres-Pasteurs sont-ils bien consacrés et mis à part ou s’occupent-ils de leurs communautés en pensant à plaire ou flatter les pouvoirs temporels ? Soyons assurés qu’ils ne détiennent alors dans leurs mains aucunement le bâton vivant d’Aharon mais le bâton mort d’un prince politique, et qu’ils n’ont dès lors devant notre Adon, plus aucune prérogative sur les brebis.



    Les Kohanim et les Lévites



    Ce chapitre institue une garde au Sanctuaire pour ne plus jamais revivre d’autres profanations comme celle générée par la révolte de Qorah. C’est au terme de cette garde permanente, que la colère de Elohim s’estompe. Mais pour assurer cette tâche au service de Elohim et sous la direction des kohanim, les lévites ne peuvent se consacrer à aucune autre. Il leur est désormais interdit de posséder terres et héritages. Par contre, ils vivront de la dîme et veilleront à faire vivre les sacrificateurs de la dîme de leur dîme.

    Il est utile de souligner que l’usage de la dîme est directement et uniquement liée à « l’économie du Sanctuaire » et aux sacrifices. La dîme systématique prélevée sur le peuple n’a pour seule vocation que de permettre à la loi mosaïque dans sa partie sacerdotale et sacrificielle, de fonctionner. Elle n’a pour seconde fonction que de permettre la garde permanente jour et nuit du
    Sanctuaire en permettant aux lévites de ne pas avoir à chercher terres et héritages pour assurer leur subsistance. La dîme ne consiste qu’en produits alimentaires.
    ceux (celles) qui aujourd’hui pratiquent dans leur propre intérêt le prélèvement de la dîme, la parachah Qorah leur intime alors de restituer tout héritage et toute possession et de ne vivre que pour la seule garde du Sanctuaire.
    Être Kohen donne des droits… et des devoirs. Celui de ne plus vivre pour soi et de ne plus s’appartenir.

    A ceux qui se présentent au peuple comme lévites et kohanim, qui réclament la dîme et l’exercice du sacerdoce, souvenez-vous de Qorah le lévite qui réclama toutes ces choses pour lui-même.
    Rappel: http://jyhamon.eklablog.com/la-dime-hier-et-aujourd-hui-a93026833

    Ne disons pas comme Qorah : « mais toute l’Église est sainte ! » Car il y aura certes des sacrificateurs et des lévites parmi les nations ; mais ils seront choisis et oints.

    « Et ils amèneront tous vos frères, d’entre toutes les nations, en offrande à YHWH, sur des chevaux, et sur des chars, et dans des voitures couvertes, et sur des mulets, et sur des dromadaires, à ma montagne sainte, à Jérusalem, dit YHWH, comme les fils d’Israël apportent l’offrande dans un vase pur à la maison de YHWH. Et j’en prendrai aussi d’entre eux pour sacrificateurs, pour Lévites, dit YHWH. » (Esaïe 66, 20)

    Par contre, que chacun dans l’assemblée-qéhiyllah se présente lui-même comme « sacrifié » et comme offrande : dans ce sens, nous sommes alors tous prêtres du Très-Haut. Nous sommes dès lors tout à la fois, l’objet et l’acteur du sacerdoce, à l’image de notre seigneur Yéshoua, Agneau de Elohim et Grand Sacrificateur… ET ROI. Que chacun puisse opérer cela pour lui-même avant de songer à et prétendre édifier une économie sacerdotale pour le compte du frère, en destituant l’Israël d’Élohim, le reléguant à la tribulation de l’angoisse de Jacob, en estimant que la révélation (Torah) qu’il a reçue n’a plus la capacité de nous instruire.

    Ne nous regardons pas comme "supérieur" en évoquant une sainteté 
    présomptueuse, accaparée par supercherie, à la manière d’un Qorah qui dit :
    « tout le peuple est saint ! » nous risquerions alors d’en entraîner plusieurs dans l’erreur de l’usurpation et de la désillusion qui en résultent.

    « Moi, je rends témoignage à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre, que si quelqu’un ajoute à ces choses, Elohim lui ajoutera les plaies écrites dans ce livre; et que si quelqu’un ôte quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Elohim ôtera sa part de l’arbre de vie et de
    la sainte cité, qui sont écrits dans ce livre. » (Apocalypse 22, 20)

    Ne pas ajouter signifie : ne pas inventer !
    Ne pas ôter signifie : ne pas déclarer caduque et obsolète !

    En son temps, Qorah a opéré ces deux déviances. Il a inventé une « sainteté immédiate du peuple » en lieu et place « d’une sainteté à venir » et il a déclaré caduque « le sacerdoce d’Aharon » qui n’avait pas encore atteint son but. 



    Shabbat Shalom véshavoua tov.




    Présentation PDF:
    https://dl.dropboxusercontent.com/u/38717170/jyhamon.eklablog.com-Parachah_Qorah__Blog_de_Jean_Yves_Hamon.pdf



    JYH
    23/06/2017
    D'après "Blog Qéhila"

    (Copie autorisée et même souhaitable, à condition d'en redonner le texte intégral et les sources)




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    5 commentaires
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    Parachah « Chélah Lékha »



    Pensée :

    Un murmure, un « lachon hara » contre Moshéh. Puis un doute en ce qui concerne le pays promis, suivi d’un murmure généralisé… se soldent par l’abandon du « chemin » initial pour errer 40 ans dans le désert ! Ainsi les hommes cherchent souvent un prétexte pour satisfaire leur pulsion et ne pas obéir…

    Ce qu’Élohim veut est “que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité ;” (1Ti 2:4)

    Si nous avons été menés par grâce sur le chemin de la Vérité qui mène à la Vie ! Nous faudrait-il trouver un prétexte pour satisfaire nos « envies » et changer de voie ?

    “n’abandonnant pas le rassemblement* de nous–mêmes, comme quelques–uns ont l’habitude de faire, mais nous exhortant l’un l’autre, et cela d’autant plus que vous voyez le jour approcher. Car si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés,” (Heb 10:25-26) 
    Voir aussi: http://jyhamon.eklablog.com/2-assemblee-au-lieu-de-reunion-a71995651

     




    PARACHAH: « CHELAH LEKHA » 
    « Envoie pour toi-même (des explorateurs) »


    Shabbat 17 juin 2017
     (Commentaire 2012)


    Lectures
    :
    Parachah : Bémidbar / Nombres 13 : 1 à 15 fin
    Haftarah : Chophétiym / Juges 2
    Bériyth Hadachah : Miphaloth/Actes 13 1 à 27 

     
    Rappel : les commentaires ne sont pas des études, mais des pensées que la lecture de la parachah nous inspire et nous permet, sur une année, de relier les textes de la Torah et des Prophètes aux textes de la Bériyth haHadachah, de l’Alliance renouvelée en Yéshoua.

    Résumé de la  Parachah: Cette partie (sidrah) très narrative est présentée comme étant celle de « la faute des explorateurs », les méragliym (espions). Elohim cède à la demande du peuple d’envoyer des méragliym, espionner la terre de Kénaan qu’Il a promis en héritage aux béney Israël (enfants d’Israël). Ils en rapportent des fruits gigantesques mais aussi un récit démotivant mettant en scène des géants qu’Israël ne pourrait pas vaincre. Seuls Yéhoshoua (Josué) et Kaleb estiment la conquête possible et ne mettent pas en doute la capacité de Elohim à mener ce nouveau combat pour son peuple. Le peuple se lamente et se rebelle contre ses chefs. YHWH exprime alors sa volonté de les exterminer tous et de les remplacer par un peuple de lévites, issu de Moïse. Celui-ci s’interpose et obtient une adaptation de la sentence de Elohim : ce peuple héritera comme promis du pays mais à la génération suivante (les petits-enfants). Ceux de la génération présente, périront tous à terme dans le désert. Mais les dix explorateurs qui ont mal parlé, meurent quant à eux, immédiatement.

    Meurt également et immédiatement dans ce désert, l’homme qui profane le Shabbat en ramassant du bois. La parachah s’achève alors sur le commandement des franges, tsitsit, et le rappel de ce qui sous-tend tous ces drames et ces espérances : « pour que vous soyez saints (qédochim) face
    à votre Elohim. »

    Pour les spécialistes, cette parachah très narrative, ne comporte que 3 commandements, dont deux mitsvoth positives (prélever la halah et mettre des tsitsit) et une mitsvah négative (ne pas nous laisser égarer par ce que voient nos yeux). Cette parachah est aussi selon la tradition rabbinique*, à l’origine de l’instauration de la date du 9 av, où tout Israël pleure sur la destruction du Temple et sur son propre renoncement. Ce serait* aussi à cette date que les explorateurs firent renoncer Israël à entrer dans la terre promise. Tout Israël vit donc encore aujourd’hui, au rythme des conséquences des choix opérés par les acteurs de cette parachah. !
    Note JYH: L'utilisation du conditionnel laisse le droit de rester sceptique ou prudent et on se souvient aussi de ce que pense Yéshoua des "traditions rabbiniques".
    - En tout cas, la destruction du 1er Temple concernait "tout Israël", sans tradition rabbinique, et le destruction du second seulement les juifs (Maison de Juda), mais sans "Arche d'Alliance", sans Shekina... et avec traditions...
    - Quand Aggée prophétise pour dire que "La gloire de cette dernière maison sera plus grande que celle de la première, dit YHWH-Adonaï Sebaot; Et c’est dans ce lieu que je donnerai la paix, dit YHWH-Adonaï Sebaot." (Aggée 2:9) il ne parle évidemment pas d'un deuxième (ou troisième ?) temple réservé aux "juifs" mais du dernier "Temple" pour "tout Israël" dont on sait aujourd'hui qu'il est constitué d'abord de "pierres vivantes" à l'image du Mashiah Yéshoua.

     


    Les Méragliym, les explorateurs

     

    Il faut d’abord se souvenir de la fin de la parachah précédente ;
    « Béhaalotekha » s'était achevée sur un bref récit relatant une critique du comportement de Moïse par son frère Aharon et sa soeur Miryam. Cette critique, s’apparentait à de la médisance, et comme nous l'avons vu dans la
    parachah « Métsora », c'est une faute qui est punie par une maladie de la peau. Miryam la prophétesse, n’a pas échappé au jugement et dut donc quitter le camp des saints, durant sept jours.

    La transition avec le récit des méragliym est donc importante à relever car c’est de ce même péché de médisance, de lachon-hara, (langue mauvaise) que vont se rendre coupable dix explorateurs sur douze. Dix des douze espions firent un récit démoralisant de ce qu'ils virent. Ils portèrent un témoignage dont le but était de détourner le peuple de se rendre dans la terre
    promise, pour de multiples motifs. Il est donc également question de médisance, mais d’un autre ordre et d’une autre gravité : celle-ci porta directement sur Éréts-Israël, sur la terre promise par YHWH. Le manque de confiance dans la Providence de Elohim, et surtout la diffusion de fausses
    nouvelles sur Éréts-Israël se soldèrent par une errance de quarante ans, une année par journée d'exploration. C’est un point très particulier : les commentateurs insistent sur le fait que Elohim a été prêt à pardonner toutes les fautes de Son peuple mais pas celle qu'ils accomplirent contre la terre
    d'Israël et Il les fit mourir dans le désert pour ce crime. A réfléchir longuement pour les générations d’aujourd’hui, qui en eretz Israël ou en diaspora, dénigrent encore leur propre terre pour satisfaire un discours humanisant et politiquement correct. Cet avertissement est valable pour tous ceux de la "chrétienté" qui critiquent ouvertement ce que la pensée dominante qualifie de « sionisme ». 
    Nota: Depuis Yéshoua, il faut toutefois s'attacher à distinguer un "sionisme terrestre" et même des "sionismes terrestres" - dont l'un est le germe de l'anti-Mashiah -... du "sionisme spirituel", le "Sionisme d'en haut ", la "Montagne Sainte", celle qui "engendrera ses fils" (Esaïe 66:8) et qu'on ne peut comparer à la Sion idolâtre et idolâtrée d'aujourd'hui.
    "Ainsi parle YHWH: Le ciel est mon trône, Et la terre mon marchepied. Quelle maison pourriez-vous me bâtir, Et quel lieu me donneriez-vous pour demeure ?Toutes ces choses, ma main les a faites, Et toutes ont reçu l’existence, dit YHWH. Voici sur qui je porterai mes regards : Sur celui qui souffre et qui a l’esprit abattu, Sur celui qui craint ma parole." (Esaïe 66:1,2 repris en Actes 7:49,50) ... donc pas sur l'orgueil des va-t-en guerre statufiés et vénérés par les "hommes".
    Faisons donc très attention à ceux qui utilisent le "lâchon-hara" (sinon des menaces de mort) lorsqu'on leur explique Esaïe 66 (par exemple !) à la lumière de la Bériyth Hadashah... en osant voir ce "lachon-hara" chez nous !
    Non, "Israël", l'Israël d'en haut, n'est pas encore "né" (ou plutôt "engendré") en tant que "goy qadosh" (nation sainte) et "en un jour"... car Yéshoua n'est pas encore revenu et Ses élus non plus.
     -JYH-


    Une autre interprétation consiste à considérer le sort que l’Adonaï a réservé à ceux qui ont critiqué le sable et la pierre. A plus forte raison, jugera-t-Il ceux qui critiquent leurs semblables, qui sont bien plus que de la pierre et du sable !

    « L’Adonaï YHWH parla à Moïse et dit : Envoie des hommes, un de chaque tribu, choisis parmi les chefs, pour explorer le pays de Canaan que je donne aux Israélites… C’étaient tous des chefs des Israélites… Pour la tribu de Juda: Kalev, fils de Yephounné… Pour la tribu d’Ephraïm: Hochéa, fils de Noun… » (Nombres 13 : 1,8)

    Notre réflexe biblique à ce stade de notre lecture de la Torah est: le binôme Ephraïm-Juda est déjà présent ! Mystère et profondeur insondable des Écritures…

    En effet, les deux explorateurs qui survivront à cette aventure de quarante jours, sont Kalév (Caleb) et Hochéa (Osée), que Moïse-Moshéh rebaptisera en YéHoshoua (Josué) en lui ajoutant un YOD dans son nom (soit la plus petite lettre du Tétragramme sacré - signe d'humilité - qui est aussi la lettre dont il est dit qu'il est interdit de l'enlever de la Torah -pour que personne ne délie ce que Moïse a lié-). Certains disent également que c’est le YOD que perdit Saraï en devenant Sarah (ainsi la Torah ne se contredit pas, car le YOD perdu a été retrouvé !). Ainsi, les deux princes d’Ephraïm et de Juda
    forment un attelage cohérent, unis, et rendent témoignage ensemble de leur foi en YHWH et en Ses promesses. Ensemble, ils sont DEUX TEMOINS et crient à ceux d’Israël qui ne veulent pas entendre et à ceux des nations qui ne veulent pas écouter :

    « cette terre est à nous par décret de Elohim et nous y installerons le Royaume au Nom de YHWH»

    Note JYH: Il faut s'habituer à distinguer:
    - un "judéo-centrisme" installé en "Eretz Israël" actuel et qui dit parfois:
     "Nous installerons le Royaume...", y compris "par les armes" et "avec nos rois terrestres"... mais Tsahal et le Mossad ne sont pas Yéshoua et Ses élus.
    - un "verus Israël" (le vrai Israël spirituel) qui associe "Ephraïm et Juda" , entre autres, dans une attente du retour de Mashiah (après L'avoir "reconnu" souvent au prix du sang de la "grande tribulation-Yom Kippour") pour "revenir avec Lui" et vaincre "tous Ses ennemis" (Apoc 17:14). Donc, rien à voir avec le "verus Israël catholique" non plus !
    ... les deux sont historiquement et prophétiquement complémentaires.
    Hoshéa-Josué (d'Ephraïm) et Kalev-Caleb (de Juda) sont une allégorie pour aujourd'hui... et qui laisse entendre qu'il faudra une "détresse de Jacob" dans son combat "terrestre" avant que celui-ci devienne "l'Israël d'en haut", la "révélation des fils de Elohim" (Rom 8:19), les "frères du premier-né" (Romains 8:29; Colossiens 1:15 et 18; Héb 1:6; Apoc 1:5), donc "ressuscités" comme "l'homme nouveau", le "nouvel Adam". 
    On remarquera que Moshé (Moïse) qui n'est toujours pas entré en "terre promise" y entrera alors lui aussi.



    Intéressant à noter, la Torah mentionne que deux hommes parmi les explorateurs rapportèrent un sarment et une grappe de raisins sur une perche, qu’ils portaient à deux. Les commentateurs expliquent que cette allusion de la Torah à « deux personnages » présents du côté d’Hébron,
    renvoient explicitement au binôme Josué-Caleb et non aux autres princes d’Israël. Que le couple « Éphraïm-Juda » rapporte de son exploration de quarante jours le fruit de la vigne, est un signe prophétique et sacerdotal évident. Ces deux-là auront à se mettre d’accord prochainement sur le
    bon usage du fruit de la vigne ! ... alors faisons bien attention à l'ange vendangeur d'Apoc 14:18-19 et à la "colère de Elohim" ! (JYH)

    Un peu d'hébreu: « Choisis parmi eux les chefs (Nassi). » (Nombres, 13:2).
    Dans le mot de « Chef = Nassi » se trouve les lettres : alef, yod et noun : soit le mot « éyn », qui signifie « rien » ou « il n’y a pas ». Mais il y a aussi les lettres yod et shine : soit le mot « yésh » qui signifie « il y a ».
    Cette double signification contradictoire du mot Nassi veut nous faire entendre que tant que les chefs se donnent une importance illégitime, alors il leur est assuré qu'ils ne sont rien. Mais, par ailleurs s'ils se considèrent comme n'étant rien de plus que ce que leur confère leur responsabilité, alors ils sont véritablement quelque chose.

    Notons également que le représentant d’Éphraïm bénéficie d’une première bénédiction spéciale de la part de Moïse avant son départ. C’est pourquoi, seul Caleb est mentionné en Nombres 14,24, Josué ayant déjà été cité et béni.
    « Mais mon serviteur Caleb, parce qu’il a été animé d’un autre esprit et qu’il m’a pleinement suivi, je l’introduirai dans le pays où il est entré, et sa semence le possédera. »

    En bénissant Josué en premier, et en lui ajoutant une des lettres du Tétragramme, Moïse signifie déjà que le Prince d’Éphraïm le remplacerait et que lui Moïse, ne rentrerait pas en terre promise.Très logiquement, Moïse pouvait s’attendre à mourir suite à cette exploration…si elle avait été positive. Aussi désigna-t-il son successeur à ce moment précis. Mais n’oublions pas que Moïse vécut quarante années de plus, grâce au (ou à cause du ?) péché des dix explorateurs. En effet, si la mission n’avait pas été un échec, Israël prenait immédiatement possession de Canaan et Moïse aurait pu achever ici sa mission ( ?)

    Pourquoi cette mission fut-elle un échec ? Parce qu’elle ne fut pas commandée, voulue, par Elohim.
    En effet, comme l’atteste le titre de la parachah, « envoie pour toi-même…» signifie « envoie sur ton initiative et si tu le veux, mais je ne te demande rien... ». Quel péché ont donc commis ces explorateurs qui souhaitèrent partir en éclaireurs ? Cette mission d’exploration n’aurait pas dû avoir lieu car ce que Elohim promet en don, est par définition bon et désirable. Ceux d’Israël
    auraient dû rester derrière la nuée et à l’abri de l’Ange qui ouvrait la voie car ils savaient quels miracles et quelle protection leur offrait cette colonne de nuée et de feu. Qu’avaient-ils donc à reconnaître…la nuée éclairait tout et ouvrait le passage ! Moïse céda toutefois aux demandes des chefs du peuple en décrétant cette mission. Elle fut un échec retentissant qui impacta toute cette génération et celle d’après... belle leçon pour les "chefs du peuple d'aujourd'hui" qui n'écoutent pas ou ne peuvent encore écouter le vrai Maître du shabbat. (JYH)

    « Ce sont vos petits enfants dont vous avez dit qu’ils seraient livrés en butin, ce sont eux que j’y ferai entrer et qui connaîtront le pays que vous avez dédaigné. Pour vous, vos cadavres tomberont dans ce désert, et vos fils seront nomades dans le désert pendant quarante ans, portant le poids de votre infidélité, jusqu’à ce que vos cadavres soient au complet dans le désert. » (Nombres 14,31)

    Pourtant, les hommes choisis par Moise pour cette mission importante, sont des « personnages considérables entre les enfants d'Israël » (Nombres 13:3). Les commentateurs rajoutent :
    « tous éminents parmi eux et testés par Josué »...
    ... malgré leur niveau moral et social, ils ont tous fauté. La génération des explorateurs est la génération qui a vu les plaies d'Égypte, le passage de la mer des joncs, qui a bénéficié du don de la Torah et qui fut nourrie tous les jours de la Manne du ciel.
    Cette génération est appelée dans la littérature rabbinique « génération qui sait », mais elle aussi, s'est trompée. C’est pourquoi, le jugement-justice de Elohim fut à la mesure de leur renoncement.
    Pourquoi « les explorateurs n’ont pas tiré les leçons de ce qu’ils avaient vu infligé à Miryam ». La médisance de Miryam était un avertissement solennel à destination des princes d’Israël mais ils n’en ont pas tenu compte dans leur rapport d’exploration.

    Notons que quarante ans plus tard, et fort de cette expérience, Josué, devenu chef du peuple, n’enverra que deux explorateurs à Jéricho pour prendre la ville. Nous pouvons en déduire que l’exploration des douze sous Moïse n’avait pas qu’un but militaire et de renseignement tactique, ce
    qu’elle aurait dû s’efforcer de rester. Lorsqu'on envoie des explorateurs avant la conquête d'un pays, leur mission consiste à repérer les points faibles de l'ennemi, la topographie du terrain ainsi que l'emplacement de ses places fortes afin d'organiser plus efficacement la guerre de conquête.
    Mais en exigeant de partir à douze, les princes greffèrent à cette mission un caractère politique et de pré-partage de la terre : peut-être fallait-il reconnaître par anticipation les meilleures places, les meilleurs endroits, pour mieux les revendiquer. Ils considérèrent leur mission sous un autre angle
    que celui envisagé par Moïse. Ils semblaient vouloir observer cette terre pour déterminer si elle conviendrait à l'installation des béney Israël. Cette divergence de vues donne lieu à des rapports d'explorations diamétralement opposés. Il apparaît donc que la faute des explorateurs ne se situe pas exclusivement au niveau du contenu de leur rapport, mais au niveau de la conception qu’ils avaient de ce voyage. Au final, les princes d’Israël ne voudront pas de cette terre promise, à l’exception de Éphraïm et Juda (via Josué et Caleb), que l’histoire biblique consacrera comme véritables héritiers de la terre au travers même de l’appellation des royaumes du Nord et du Sud !

    En période de batailles, de combats et de témoignages, les reconnaissances et les explorations, se font par deux. Les missions à douze (la totalité des composantes de l’Assemblée donc) revêtent un caractère plus institutionnel, politique, diplomatique : à ne faire que sur ordre authentifié au risque de s’entendre dire comme à Moïse « envoie pour toi-même si tu y tiens ! »

     


    Le rapport d'exploration des explorateurs

     

    « Au bout de quarante jours, ils revinrent de cette reconnaissance du pays. » (13,25).

    La bénédiction solennelle de Moïse sur Josué-Éphraïm dut en irriter plus d’un parmi ceux des « vrais » fils de Jacob-Israël. De la même façon, notons que la parachah qui suit est celle de Qorah. La révolte de ceux de Qorah n’est que le prolongement, l’aboutissement, la concrétisation, l’éclatement de ce qui était déjà en gestation au travers de cette exploration non prescrite par YHWH.
    Cet enchaînement de conflits politiques n’est pas un hasard et la Torah veut nous indiquer que la réelle motivation du renoncement des dix explorateurs fut une motivation de pouvoir.

    Le rapport de mission comporte deux points essentiels :
    1) la Terre est bien telle qu’elle nous avait été décrite dans les promesses ;
    2) mais, les difficultés et les obstacles seront tels qu’il est préférable d’y renoncer et de retourner vers l’Égypte, et de changer de chef !

    « Tous les Israélites murmurèrent contre Moïse et Aaron, et la communauté tout entière leur dit : Que ne sommes-nous morts au pays d’Égypte ! Que ne sommes-nous morts du moins en ce désert ! Pourquoi Yahvé nous mène-t-il en ce pays pour nous faire tomber sous l’épée, pour livrer en butin nos femmes et nos enfants ? Ne vaudrait-il pas mieux retourner en Égypte ? Et ils se
    disaient l’un à l’autre : Donnons-nous un chef et retournons en Égypte. » (14,2)

    Cette congrégation réitère la même erreur que celle commise à l’occasion de la faute du veau d’or : retour en Égypte, changement de leader, renoncement au projet messianique, et au final, abandon de la foi des patriarches et retour aux idoles égyptiennes. C’est pourquoi la sanction fut si lourde.

    Remarquons qu’au moment le plus important, où Israël doit réaliser son destin, les grands d’Israël succombent à la tentation du découragement et de l’autodestruction : ils s’opposent à Moïse, porteur du projet messianique dans toutes ses dimensions, à la fois religieuse, nationale, morale, spirituelle et politique. Or, ce découragement, qui mena réellement à l’autodestruction de toute cette génération, ne nous est pas décrit simplement comme un fléchissement du courage physique devant des difficultés purement pratiques, matérielles ou techniques. Une des expressions employées dans le rapport des explorateurs, nous montre qu’il s’agissait d’un découragement moral, d’un fléchissement de l’espérance, d’une perte de la foi, cette même foi qui leur avait donné le courage de sortir d’Égypte. En effet, le verset 31 du chapitre 13 leur prête la formule suivante :

    « Nous ne pouvons pas marcher contre ce peuple, car il est plus fort que nous »

    Or, le mot « miménou » qui signifie «plus que nous » peut être vu comme une contraction du mot « mimén-Hou » qui signifie « plus que Lui » ! L’intention secrète des explorateurs était-elle de dire que les géants de Canaan étaient plus forts que Elohim ? Telle est l’hypothèse posée par l’enseignement traditionnel. C’est à un renoncement total et à un découragement absolu que se sont laissés aller les princes d’Israël. Ils ont été la cause du prolongement de l’exil et de l’anéantissement de leur génération. Et ils ont engendré un désastre (toutefois voulu par Elohim) pour toutes les générations à venir, au travers de la date du 9 av qui continuera à marquer tragiquement tout Israël, date à laquelle la "chrétienté" ferait bien de s'associer pour prévenir son propre renoncement au projet messianique !
    ----
    Mais voir plus haut à propos des "deux
     et/ou troisTemples". Ni le "Juda" (rabbinisme) ni le "Ephraïm" (chrétienté) d'aujourd'hui ne sont capables d'interpréter une "date" dans une éventuelle signification prophétique pour "l'Israël à venir". Seul un "petit reste" de Ephraïm et Juda est actuellement en situation "d'exploration" de cet Israël-là !
    - JYH -
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    Pour nous aujourd'hui: le découragement, le renoncement, les envies d'abandon et d'autodestruction, peuvent de même nous marquer durablement et nous empêcher d'avancer vers le Royaume promis.
     « Mourir pour mourir » (pour reprendre la rhétorique des hébreux dans le désert), peut-être préférerions-nous mourir en « Egypte, notre Egypte intérieure, qui n'est pas si mal après tout... ». Alors cette Parachah est là pour nous réveiller et nous invite à écouter le cri des deux témoins, Josué et Caleb, le cri unique mais à deux voix de Ephraïm et Juda: « Josué... et Caleb... dirent à toute la communauté des Israëlites: "Le pays que nous sommes allés reconnaître est un bon, un très bon pays. Si l’Adonaï YHWH nous est favorable, il nous fera entrer en ce pays et nous le donnera. C’est une terre qui ruisselle de lait et de miel. Mais ne regimbez pas contre l’Adonaï YHWH. Et n’ayez pas peur, vous, du peuple de ce pays, car nous n’en ferons qu’une bouchée. Leur ombre protectrice les a quittés, tandis que l’Adonaï YHWH est avec nous. N’en ayez donc pas peur. » (14,6)
    Pour ceux qui doutent que le Royaume est à la porte, pour ceux qui estiment que ce combat est réservé à d'autres, pour nous qui parfois doutons de notre implication dans ce combat surnaturel, pour nous qui négligeons le don de la Vie future que le Père nous a promis pour mieux nous concentrer sur notre reste de vie présente, il nous est dit au travers de cette Parachah:
     « Ne négligez pas tels les explorateurs, le don parfait qui vous a été réservé. Il est bon, agréable et désirable par nature. Soyons des Josué, soyons des Kalev, et exhortons-nous les uns les autres à partir avec zèle à la conquête de ce qui nous a été promis par la Grâce du Fils.»  
    Ne nous abandonnons pas au renoncement, au découragement, à l'autodestruction, mais soyons avertis que ce qui arriva à la première génération qui sortit d'Egypte, arrivera de même à la dernière génération qui sortira de Babylone, de Sodome et d'Egypte !

    A propos du verset 27 du chapitre 13 :« voici ce qu’ils racontèrent et dirent: nous sommes venus vers cette terre où tu nous as envoyés : vraiment, elle ruisselle de lait et de miel et voici un de ses fruits… », les commentateurs relèvent que le procédé de "lachon harâ", de médisance, n’est efficace, que si l’on exprime d’abord des choses vraies avant de proférer le mensonge. Cette
    analyse est précise et très juste ; cet enseignement doit nous inviter à la vigilance envers nos propres propos sur la pente meurtrière du "lachon-harâ" qui commence toujours par... une gentille vérité, avant de solder par un odieux mensonge !
    C'est effectivement une méthode très utilisée dans le rabbinisme, le Talmudisme et finalement chez tous les "religieux terrestres". (JYH)


    Ainsi, toute la génération qui est sortie d’Égypte, ne rentrera-t-elle pas en Canaan ! Ni leurs enfants, mais seulement leurs petits-enfants…Toutefois, pour bien montrer que le châtiment se terminerait bien par la réalisation de cette promesse et par souci de justice, Elohim indiqua à Moïse immédiatement après cette lourde sentence, plusieurs mitsvoth (préceptes) à observer
    « quand vous serez arrivés dans le pays que je vous destine pour votre établissement » (15,2). C’est ainsi que naît l’espérance messianique qui permet à toute une génération de tenir et de survivre, si ce n’est pour elle-même, alors pour ses petits-enfants. Ainsi devons-nous vivre de même…

     


    La faute volontaire et la transgression du Shabbat

     

    « Et ils trouvèrent un homme ramassant du bois le jour du Shabbat...toute la communauté le fit sortir du camp et le lapida jusqu’à ce que mort s’ensuivît, comme YHWH l’avait ordonné à Moïse » (15, 32)

    Cette lapidation « incompréhensible et hallucinante » pour nos esprits occidentaux du XXIème, intervient juste après l’avertissement et la dénonciation de la faute volontaire et délibérée, en opposition à la faute involontaire, par mégarde, inadvertance, imprudence…dont la prise en charge
    par le Sacrificateur est possible et plus aisée.

    « Mais si un Israélite ou un étranger commet délibérément un péché, il m’offense et il sera exclu du peuple. Il sera responsable de son exclusion, pour avoir méprisé ma parole et violé mes commandements.» (15,30)
    Certaines versions rajoutent « cette âme portera le poids de sa propre
    faute » sous entendu, cette faute ne peut pas être prise en charge par le Sacrificateur.

    La raison d’être des mitsvoth de la Torah est de parfaire l’homme, de le faire accéder à un niveau spirituel toujours plus élevé. Ainsi, si au lieu de se mettre véritablement au travail, l’homme fait preuve de paresse, se met à « s’amuser» (âme usée ou user son âme) et passe son temps libre à vaquer à de vaines occupations, c’est le signe évident qu’il se fiche éperdument de la tâche
    supérieure dont Elohim l’a pourtant rendu responsable. Étant donné que l’homme n’a été créé que pour vivre une vie de Torah, son refus de se soumettre au joug divin sous-entend que son existence dans ce monde n’a aucune valeur et qu’il aurait mieux fallu qu’il ne soit pas créé ; telle est la conclusion de l’enseignement traditionnel sur ce verset.

    C’est pourquoi le retranchement de l’individu du peuple d’Israël par Elohim Lui-même, est extrêmement grave. Elle est hautement plus grave que les peines de mort qui pouvaient être infligées par un tribunal type «sanhédrin ». La sentence d’exclusion de l’assemblée insinue que l’individu a commis une faute tellement grande que les peines capitales « classiques » ne sont pas en mesure de racheter sa faute. Il n’existe donc plus aucune échappatoire ou prise en charge pour cette faute délibérée. Cet être est définitivement perdu et l’homme qui a méprisé la parole de Elohim et annulé son commandement est ainsi condamné à l’éviction à perpétuité ; il ne peut pas exister plus grand malheur…Et pourtant !

    Pourtant, il existe une interprétation extraordinaire de ce verset – prouvant qu’un homme ayant atteint ce point de non-retour - peut, si sa théchouvah, son repentir, est profondément sincère, retrouver sa place au sein de l’Assemblée. Pour comprendre cet enseignement extraordinaire, il
    est nécessaire de reprendre ce verset, mot par mot, mais avec le vocabulaire originel hébreu :

    « parce qu’il a méprisé בזה la parole de Elohim » : le mot בזה peut se lire aussi זהב , ce qui signifie "de l'or".
    « et Sa mitsvah il l’a annulé הפר » : le mot הפר peut se lire également פרה , ce qui signifie "fructifier".
    « cette âme sera retranchée הכרת תכרת » peut se lire הכתר תכתר , ce qui signifie ‘"sera couronnée".
    « cela est sa faute עונה » : le mot עונה peut se lire aussi ענוה , ce qui signifie "humilité".

    Ainsi, par simple inversion ou rotation de l’ordre des lettres, ce verset change complètement de sens, si l’homme choisit de même « d’inverser » et de changer sa façon de voir et d’envisager autrement son désordre intérieur. Voici ce verset transformé par le miracle de la repentance :
    « Parce qu’il a rendu la parole de Elohim comme de l’or, et Sa mitsvah il l’a faite fructifiée, cette âme sera couronnée. Cela par sa modestie. » Rien ne peut lever la sentence divine... excepté la repentance, par le pardon.

    La Torah est vivante et vivifiante… là où est la mort, se cache la vie, Yéshoua n’est-Il pas la Torah vivante ! C’est un enseignement d’une importance extrême car par la force de la théchouvah, l’homme à la capacité d’effacer les plus extrêmes décrets, même les plus irréversibles. Cette profonde théchouvah (retour, repentir) ne peut s’opérer que si l’homme prend conscience de son infinie petitesse et s’il accepte de s’éloigner de son orgueil et de sa fierté.

    Alors, si cet homme repentant prend conscience de son état de non sanctification face à l'Elohim infiniment saint, et qu'il rend Sa Parole aussi précieuse que l'or, multiplie, décuple et fait fructifier les commandements du Fils, qui sont ceux de la Torah, alors Elohim, notre Elohim et notre Père, non seulement le sauvera de la peine la plus grave, mais couronnera son âme des plus beaux diadèmes. Et cela, le sang de l'Agneau nous l'assure. 

    La transgression volontaire du Shabbat (peut-être par découragement de cet homme qui vient d’apprendre qu’il est condamné à mourir dans ce désert !) fut considérée comme une faute nécessitant la peine capitale, car cet homme réfutait le principe du Shabbat de Elohim qui n’est rien d’autre que le Royaume shabbatique.

    Cela signifie également que le respect du shabbat n'est pas réservé qu'aux temps messianiques et à la seule terre d'Israël. Au contraire, cela signifie qu’en période de dispersion, de confusion, d’apprentissage, d’éloignement du Royaume, ou de jugements, le respect du Shabbat est un témoignage des plus importants car le plus ténu, qui, par le Seigneur du Shabbat, Yéshoua, nous relie à Celui qui doit encore nous maintenir à distance de Sa Sainteté, dans notre propre intérêt.

    Couper ce lien, c'est renoncer au Royaume, c’est continuer à errer dans le désert ou retourner en Égypte-Babylone-Sodome, synonyme de mort, c’est la mort.

    Grâce soit rendue à Yéshoua, notre Grand Sacrificateur, qui par le don de sa vie, nous délivre de la mort en nous faisant sortir de toutes nos
    « Égypte ».


    Shabbat shalom véshavoua tov. 




    JYH
    16/06/2017
    D'après "Blog Qéhila"
    (Copie autorisée et même souhaitable, à condition d'en redonner le texte intégral et les sources)




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