• La semence du Serpent

    Pour en finir avec les obsessions et fantasmes sexuels de W M Branham, eux-mêmes issus de l'une des présentations du "péché originel" chez les catholiques romains, cette bonne étude sur "la semence du serpent"...

    La semence du Serpent

       Par "Michel Ange", avec "l'esprit grec" et l'imagination romaine !

     

    Enoncé synthétique de la théorie de la semence du serpent:

    La théorie de la semence du serpent est une explication du sens caché de la chute de l’homme, en Eden, et du péché originel. Elle a été enseignée par William Branham. Pour cette théorie, l’homme et la femme, créatures parfaites, n’avaient pas besoin de se reproduire par le moyen sexuel. Ils auraient pu obtenir, s’ils l’avaient voulu, une descendance par une action créatrice divine, comme ce fut le cas pour leur propre création. Jusqu’à ce que le serpent, animal évolué proche de l’homme, ouvre les yeux de la femme sur la possibilité de transmettre la vie par l’acte sexuel, tente Eve et l’amène à emprunter cette voie détournée, l’inclinant à désobéir à l’ordre divin qui avait été donné à l’homme.

     

    La théorie de la semence du serpent va encore plus loin en prétendant qu’Eve eut un rapport sexuel avec le serpent, à la suite de leur dialogue au sujet du fruit de l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal, et que cette créature serait donc le père biologique de Cain.
    Le serpent, animé par le diable, aurait été un hominidé marchant et parlant, une créature animale supérieure «le plus rusé des animaux des champs» (Gen. 3/1), dont la malédiction a fait disparaître toute trace originelle (Gen. 3/14).
    Adam ayant donc à son tour « connu » sa femme (euphémisme d’un rapport sexuel), cette dernière aurait été enceinte de deux semences différentes, enfantant des jumeaux de pères différents.
    Abel est reconnu quant à lui comme le fils naturel d’Adam.
    Cette théorie explique ainsi les raisons des divergences d’adoration entre les deux hommes, la jalousie de Cain et son caractère meurtrier, s’appuyant sur le verset du Nouveau Testament qui dit que «Caïn était du malin» (1 Jean 3/12), ce qui permet, aux yeux de ceux qui croient dans la théorie de la semence du serpent, de justifier la paternité de ce dernier.

    Par extension, cette théorie incline à justifier bien des choses par le moyen de ces filiations, le monde étant peuplé par ces deux semences … il y aurait donc, par induction, la possibilité d’expliquer pourquoi certains acceptent D.ieu (Elohim) dans leur vie et pourquoi d’autres Le refusent, en un mot la validation originelle d’une prédestination génético-spirituelle. Ce principe serait encore en vigueur aujourd’hui.

    On cherchera donc à répondre bibliquement ici aux questions soulevées par ces affirmations.

    QUI EST LE SERPENT, D’APRÈS LES ECRITURES ?

    «Le serpent était plus rusé qu’aucun animal des champs que l’Eternel (YHWH) D.ieu avait fait; et il dit à la femme: Quoi, D.ieu a dit: Vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin ?» (Genèse 3:1).

    Le texte est explicite sur 3 points au moins :

    1) le serpent est un animal

    2) il est placé au sommet de la création animale;

    3) c’est un animal qui parle (ponctuellement, comme l’ânesse de Balaam, ou pas);

    Il est donc permis de penser que le serpent n’avait effectivement pas sa forme actuelle puisque lors de sa malédiction, D.ieu le condamna à ramper, ce qui laisse supposer que son moyen de déplacement était autre (Genèse 3/14); quelle était son apparence exacte ? Nul ne peut le dire.

    L’imagerie religieuse l’a toujours représenté sous l’apparence d’un reptile, ce qui n’a évidemment pas contribué à l’éclaircissement du sujet. Le récit de la création est un texte ouvert, au symbolisme puissant, qui laisse place à quantité d’interprétations. Les plus péremptoires ne sont pas les moins suspectes. Nous devons donc prendre garde dans nos réflexions personnelles et méditations à ce que nos raisonnements demeurent attachés à l’ensemble de la révélation des Ecritures (Psaume 119/60), ce qui sera pour nous un exercice protecteur, qui nous gardera d’échafauder (ou d’inclure trop vite) des raisonnements approximatifs. C’est cela aussi, «amener nos pensées captives à l’obéissance de Yeshoua Ha Mashiah (Jésus-Christ)» (2 Corinthiens 10/5).
    «L’amour de la vérité» dont parle également l’apôtre Paul (2 Thessaloniciens 2/10) contient cette dimension de fidélité à la révélation des Ecritures. Nous croyons tout ce qui est écrit mais rien que ce qui est écrit. La seconde épître à Timothée dit que «Toute Écriture est inspirée de D.ieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice» (3/16), ce qui nous engage à une position de confiance vis-à-vis des textes bibliques; confiance dans leur qualité et leur origine, mais pas dans l’interprétation qu’on peut en faire au moyen d’une intelligence indisciplinée ou dévoyée.

    Seul, un attachement et un respect des Ecritures permettra au lecteur de la Bible d’éviter les écueils qui jalonnent Sa compréhension, et perturbent la bonne réception des révélations qu’elle contient : «La somme de ta Parole, cela, c’est la vérité» (Ps. 119/60).

    L’IDENTITÉ DU SERPENT

    Alors que le livre de l’Apocalypse nomme clairement le diable «le serpent ancien» dans 4 passages différents (12/9, 14, 15 et 20/2), le livre de la Genèse (3/1) affirme tout aussi clairement que le serpent est originellement un ANIMAL créé par D.ieu. On ne peut donc confondre les deux personnages (puisque le second est resté dans un statut animal, mais simplement modifié). L’interprétation la plus communément admise est donc que le diable animait par son inspiration l’animal/serpent, instrumentalisant cet être – avec son consentement ou pas, ce n’est pas écrit – dans le but de faire échouer le plan de D.ieu et amener l’homme à déchoir de sa position privilégiée de «gouverneur» de la création, place au demeurant convoitée par satan, et dont la suite des événements démontrera effectivement qu’il atteignit son but (Luc 4/6).

    LE SENS DU PÉCHÉ ORIGINEL D’APRÈS CETTE THÉORIE

    Bien que certains s’en défendent, les enfants de D.ieu qui adhèrent à cette théorie se trouvent donc en situation d’affirmer que l’acte sexuel (ou de procréer) est le fruit de l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal, et que cet acte est ainsi mis au rang de «porte» du péché dans l’humanité, puisque c’est ce «fruit» que le serpent aurait vanté à la femme et qui la séduisit : le sexe comme l’instrument de l’affranchissement de la tutelle divine réductrice.
    L’esprit de cette théorie donne donc à l’acte sexuel une place démesurée, dans le sens qu’il devient, effectivement, la cause de la malédiction de l’homme et par voie de conséquence de toute la création; ce serait LE moyen par lequel l’humanité est tombée (raisonnement qui a animé l’église catholique durant des siècles, il faut le souligner, et qui a favorisé l’obscurantisme et la condamnation des femmes, puisque la femme y joue le rôle de vecteur principal du péché). Cette théorie va subtilement dans ce sens, probablement à l’insu de son auteur.

    L’homme (l’être humain), perfection de la création et image de D.ieu, est ramené ainsi au rang d’une créature dont le centre de gravité se situera … en dessous de la ceinture. Or les Ecritures ne montrent pas cela du tout. C’est le coeur qui est mauvais, et non le sexe : «Car du coeur viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les fornications, les vols, les faux témoignages, les injures» (Matthieu 15:19 et Genèse 8/21-Esaïe 1/5). C’est l’orgueil qui éloigne de D.ieu – et non le sexe. Il s’agit là d’une contradiction avec l’ensemble de la révélation des Ecritures, qui mettent cette théorie et son inspiration en porte-à-faux avec la vérité expliquée dans la Bible. Cette contradiction suffirait à elle seule pour nous faire rejeter tout son ensemble, car D.ieu ne peut se contredire.
    TOUTES les inspirations prophétiques DOIVENT être soumises à un filtre, celui de la Parole de D.ieu, car hélas, «satan sait se déguiser en ange de lumière» (2 Corinthiens 11/14), ce qui constitue un avertissement à tous les enfants de D.ieu, prophètes ou non.

    Elever le sexe au rang de fléau du paradis (et par extension de toute la création), c’est lui apposer implicitement la marque DU péché, alors qu’il est le geste humain qui produit la vie. Il est bon de se souvenir que c’est D.ieu qui a fait la dimension sexuelle, avant la chute, et que cette prédisposition voulue par le créateur rend fragile le fondement de la théorie de la semence du serpent.
    Pourquoi en effet D.ieu aurait-Il créé l’homme et la femme avec la capacité de se reproduire, les aurait-Il encouragés «Et D.ieu (Elohim) les bénit; et D.ieu leur dit: Fructifiez, et multipliez et remplissez la terre» (Genèse 1:28) avant la chute, si le sexe avait été en fait le fruit de l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal ? C’est une question majeure posée à la théorie de la semence du serpent, et à laquelle elle ne répond pas.

    Se présentant comme plus spirituelle parce que révélée, cette théorie révèle en fait, à l’examen, une dimension charnelle et bibliquement superficielle, et qui apparaîtra finalement bien décevante à ceux dont qui placeront les Écritures au-dessus des raisonnements.

    Le monde spirituel du jardin d’Eden était parfait (Eden, signifie délices, plaisirs [voir aussi psaume 16, v. 11]); l’Eternel (YHWH) avait placé sa créature au milieu de ce jardin, qui était rempli de choses spirituelles à l’attrait spirituel donnant un bonheur spirituel et des joies spirituelles.

    La nécessité pour les Ecritures d’user de métaphores et d’anthropomorphismes ne doit pas nous faire oublier que D.ieu est Esprit, et que nous avons été créés à Son image : notre axe principal, notre essence est donc spirituelle. C’est donc plus probablement sur ce terrain-là que le serpent a parlé et séduit, faute de quoi il faudrait imaginer qu’il a proposé à Eve – qui baignait dans l’Esprit – une expérience dans le corps…
    Une expérience sexuelle, ce serait cela «être comme D.ieu» ? Ce serait cela qui ouvre les yeux «pour connaître le bien et le mal»? Le sexe serait donc la clé de toute connaissance ? La forme de cette théorie est, sous cet aspect, assez primaire. Or elle repose presqu’entièrement sur ce postulat sexuel.
    Il n’est pas possible non plus d’envisager que c’est la désobéissance qui est le fruit de l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal, car le moyen de la désobéissance reste toujours le sexe (dans cette théorie).

    CONSÉQUENCES DES AFFIRMATIONS DE CETTE THÉORIE

    Le second fait que cette théorie cherche à établir est que Eve devint enceinte, et enfanta (après avoir également connu Adam) deux fils jumeaux – c’est ce qui est prétendu – dont l’aîné, Cain, était de la postérité du serpent (puisque satan se serait servi du serpent, créature évoluée, pour souiller Eve par un acte sexuel). Il s’ensuit donc que la semence du serpent pourra ainsi se répandre ainsi dans l’humanité, et que l’on en trouvera trace tout au long de l’histoire des hommes, cette supposition permettant d’expliquer pourquoi certains hommes sont si mauvais.
    Le maillon faible de cette théorie, c’est qu’il faut admettre non seulement un rapport sexuel entre le serpent et Eve, mais encore que satan (pur esprit) transmet des gênes de méchanceté au travers du serpent, par une opération physiologico-spirituelle que nul ne peut expliquer, parmi ceux qui croient à cette doctrine, sauf à faire appel à des hypothèses floues et nébuleuses.
    Ajoutons à cela que l’explication de la double paternité d’Abel et Caïn n’est pas avancée sur des bases scripturaires, ce qui fragilise sérieusement la crédibilité de l’ensemble.

    Une question importante doit être posée ici :
    De qui Cain est-il le fils biologique ? du serpent ou de satan ?

    Réponse biblique progressive :
    Qui a parlé à Eve ? c’est le serpent, inspiré par le malin.
    Qui aurait eu un rapport sexuel avec Eve ? c’est le serpent encore, inspiré et animé par satan. Eve devient enceinte : qui est le père biologique ? c’est le serpent toujours, et non satan qui est un ange. Il s’ensuit dans ce raisonnement un peu mécanique, mais assez imparable, que nous devons dire «Caïn est du serpent» (biologiquement parlant) et non «Caïn est du malin» (1 jean 3/12). C’est un nouveau porte-à-faux avec les Écritures.

    C’est donc au moyen de cet argumentaire  que cette théorie expliquerait l’introduction de l’animalité dans le genre humain, et de l’héritage spirituel de méchanceté. Mais cela pose un autre problème : car il nous faudrait admettre – dans la suite logique du raisonnement de la théorie – que le serpent, issu du règne animal, a pu féconder la femme; or on a prouvé scientifiquement que le génome humain n’est pas compatible avec celui de l’animal (du moins pour la procréation, car quelques greffes ou cultures cellulaires sont possibles, puisque des résultats encourageants ont été obtenus grâce à des cellules souches (de foie notamment) d’un des animaux les plus proches génétiquement de l’homme, c’est-à-dire le porc); pour que cette théorie puisse éventuellement aller plus loin, il nous faudrait admettre que satan, pur esprit, a le pouvoir de transmettre des gênes au travers du corps d’un homme lors d’un rapport sexuel, ou de manipuler l’ADN, ou de provoquer un phénomène de parthénogénèse (ce que D.ieu fit avec Marie).

    Mais si nous décidons de lui concéder ce pouvoir, alors faisons-lui le crédit qu’il s’en servira souvent dans l’Histoire, et non une seule fois en Eden – ce qui laisse rêveur sur les possibilités de satan de pervertir l’humanité car chaque acte sexuel devient potentiellement utilisable par le malin (il lui suffirait de «posséder» une personne du couple). Cette théorie nous entraîne dans l’absurde.

    AUTRES PROBLÈMES DE POSTÉRITÉ DE LA SEMENCE DU SERPENT

    Caïn et sa descendance seraient donc une race hybride, permettant à la semence du serpent peut de se répandre dans l’humanité. Malheureusement pour la théorie, et alors que les hommes parlent encore tous la même langue, le déluge intervient, et seules, huit personnes sont sauvées. Noé et sa famille portent-ils en eux une trace de la semence du serpent ? Normalement non, car ils sont de la lignée de Seth, présenté par ailleurs par cette théorie comme de la semence non souillée des fils de D.ieu … (il est bon de noter au passage toute la dangerosité du ferment d’une idée biblique de race pure et de race impure). Il s’ensuit à cause des arguments qui précèdent que la pseudo-semence du serpent disparaît dans les eaux du déluge. Il ne reste alors qu’une seule hypothèse envisageable pour «sauver» la théorie de la semence du serpent, menacée de «naufrage» dans les eaux du jugement, et qui consiste à imaginer que quelqu’un de la semence de Caïn (une femme par exemple — et au hasard !) se cacherait parmi les épouses des fils de Noé.

    Malheureusement, nous voyons dans la suite des événements bibliques, que le péché ne tardera pas à refaire son apparition après le déluge, mais pas où on l’attendrait (en tous cas pas chez une femme) : c’est Noé d’abord qui chute, puis un de ses fils (Genèse 9/21 et 22), tous deux hommes de la lignée de Seth, fils d’Adam, fils de D.ieu (Luc 3/38). La Bible ne laisse donc pas de place au prolongement de cette théorie.

    Dans cette perspective, il est permis de comprendre plus clairement certains passages des Ecritures comme Actes 13/10 par exemple, si on parvient à se dégager du carcan de cette théorie et de son interprétation génétique du mal :«fixant ses yeux sur lui, dit: O homme plein de toute fraude et de toute méchanceté, fils du diable, ennemi de toute justice, ne cesseras-tu pas de pervertir les voies droites du Seigneur?». Quiconque supposerait, ou croirait, à cause de la théorie de la semence du serpent, qu’Elymas est de la lignée génétique du serpent ou de satan ferait foncièrement preuve d’incohérence. Il faut donc explorer d’autres pistes d’explications.

    LES DEUX SEMENCES : EXPLICATION BIBLIQUE

    La notion de semence, ou de lignée génétique de Caïn (dont parle abondamment cette doctrine) est dépassée notamment par Jude, qui parle, lui, du «chemin de Caïn», ou de la voie de Cain (1/11).

    Le chemin de Caïn, c’est (pour ceux qui viendront après lui) suivre son mauvais exemple, obéir à ses pulsions, épouser ses choix, adhérer à sa philosophie.
    La nécessité d’un sacrifice expiatoire pour être accepté en présence de D.ieu est une révélation dont Caïn ne veut pas, alors il choisit délibérément un autre chemin, qui sera inévitablement emprunté à la suite de son exemple par une partie de sa semence physique, mais surtout par tous ceux qui feront les mêmes choix que lui, non seulement sur le plan de la méchanceté, mais sur le plan religieux aussi. Il s’agit d’un problème d’inspiration, et de choix réalisés … sous l’empire du libre-arbitre, qui a été acquis en Eden, en «mangeant» justement du fruit de l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal.

    La Bible dit que nous devenons esclaves de quiconque à qui nous nous livrons pour lui obéir : esclaves de la mort en cédant au péché, esclaves de la justice en obéissant à l’évangile (Romains 6:16). C’est par ce simple mécanisme, qui est une loi spirituelle, que Caïn est devenu fils du diable. Il a d’abord méprisé la Parole de D.ieu, négligé Ses enseignements auxquels il a préféré des inspirations «spirituelles» plus plaisantes, pour enfin céder aux raisonnements et livrer son coeur à la volonté de son maître … Rebellion, séduction, possession.

    Lorsque Yeshoua (Jésus) dit «vous avez pour père le diable … Lui a été meurtrier dès le commencement» (Jean 8:44), suppose-t-il un seul instant que le diable fasse des enfants ? Il est évident pour chacun que l’allusion est spirituelle, et que ce sont ceux qui marchent dans la voie de Caïn (appelée ainsi parce qu’il fut le premier à y marcher) qui endossent une filiation, tout comme ceux qui marchent dans les voies de D.ieu, ceux qui croient en Son nom, reçoivent le pouvoir, le droit, la possibilité, de devenir enfants de D.ieu. Ce sont nos actes et nos choix, les influences auxquelles nous nous soumettons, qui écrivent les pages de notre vie et nous rattachent, de fait, à une filiation ou une autre.

    «Il (le diable) a été meurtrier dès le commencement» signifie qu’il est l’inspirateur du meurtre d’Abel, dont Caïn n’est que l’instrument, préférant céder à ses pulsions plutôt que d’écouter la Parole de D.ieu: «Si tu fais bien, ne seras-tu pas agréé? Et situ ne fois pas bien, le péché est couché à la porte. Et son désir sera [tourné] vers toi, et toi tu domineras sur lui» (Genèse 4:7). L’homme, chassé de la présence de l’Eternel (YHWH), est devenu une créature vulnérable; son destin est de ne servir qu’un seul maître (Luc 16/13). La voie de Caïn ne pourra mener qu’à une vie qui fera la volonté du maître auquel elle se livrera (Romains 6/13, 16 et 19).

    La suite des paroles de Yeshoua (Jésus) nous montre que le diable est «le père du mensonge»; Yeshoua (Jésus) veut séparer ce qui est précieux de ce qui est vil dans la pensée de ses auditeurs. Le chemin de Caïn, et l’inspiration à laquelle il puise, font de l’inspiré et de l’inspirateur une seule personne, une entité unifiée. Tout comme il nous est demandé de faire UN avec Yeshoua (Jésus).

    1 Jean 3/10 dit clairement que les enfants de D.ieu et les enfants du diable sont [rendus] manifestes par le fait qu’ils pratiquent (ou non) la justice, et aiment (ou non) leurs frères. Si la «semence du serpent» était un principe biblique, ce passage était vraiment l’occasion de nous en dire quelque chose. Mais l’apôtre Jean nous dit nettement qu’un enfant du diable est un homme (ou une femme) qui ne pratique pas la justice, qui pèche et qui désobéit; or Éphésiens 2/3 montre bien que nous sommes nous-mêmes passés d’un camp à l’autre : «…parmi lesquels, nous aussi, nous avons tous conversé autrefois dans les convoitises de notre chair, accomplissant les volontés de la chair et des pensées; et nous étions par nature des enfants de colère comme aussi les autres», ainsi que Éphésiens 5/8 «car vous étiez autrefois ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur; marchez comme des enfants de lumière».
    Nous AVONS tous erré sur le chemin de Caïn, le chemin des enfants de colère, des fils de la désobéissance … avant d’accepter et de connaître le Mashiah (Christ) et la valeur de Son sacrifice, comme rançon pour nous. Il nous a rachetés de tout cela.

    Ici, la théorie de la semence du serpent, qui sépare l’humanité en deux catégories spirituelles sur une base de départ génétique ne tient plus. Car j’ai pu être moi-même un homme «du malin» et être affranchi (par la foi) avant de recevoir le droit «de devenir un enfant de D.ieu» (Jean 1). Par la pratique de notre foi, nous devenons des frères et soeurs de Yeshoua (Jésus), d’abord à cause de la parole de l’évangile de Matthieu (12/50) «car quiconque fera la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma soeur, et ma mère», et de celle de l’épître aux Hébreux (2/11). Par la foi dans le Mashiah Yeshoua (Christ Jésus), «nous devenons tous des fils de D.ieu-Elohim» (Galates 3/26), si nous marchons sur son chemin, et comme il a marché. L’obstination à voir dans la semence du serpent une descendance physique occultera la véritable réalité spirituelle.

    Il existe effectivement une «semence du serpent», si on veut conserver le même vocable, mais elle est spirituelle, et n’a pas besoin de sexe pour se répandre dans l’humanité. Quant à nous, nous sommes de la semence du Mashiah (Christ): «car vous êtes tous fils de D.ieu par la foi en Yeshoua Ha Mashiah (Christ Jésus)» (Galates 3:26) et «ce ne sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de D.ieu; mais les enfants de la promesse sont comptés pour semence» (Romains 9:8).

    RÉALITÉ BIBLIQUE SUR LE PÉCHÉ ORIGINEL

    «… mais la mort régna depuis Adam jusqu’à Moïse, même sur ceux qui ne péchèrent pas selon la ressemblance de la transgression d’Adam, qui est la figure de celui qui devait venir» (Romains 5:14).
    Ce n’est donc pas le péché d’Eve, péché supposé sexuel avec le serpent dans sa dimension souillante génétiquement pour la race humaine qui est la malédiction, mais le péché d’Adam, c’est-à-dire la désobéissance – la distance installée entre l’ordre protecteur et le glissement vers un comportement indépendant de D.ieu … c’est bien cela, le péché, à l’image d’ailleurs de la propre chute de satan dans le ciel, au temps de sa splendeur (Esaïe 14 et Ezéchiel 28), usant de la liberté dont Dieu a doté Ses créatures.

    De même, les Ecritures ne parlent pas du péché d’Eve, qui pourtant fut la première, mais du fait qu’elle a été trompée (par le serpent) et que cet acte a entraîné la transgression : «… Adam ni pas été trompé; mais la femme, ayant été trompée, est tombée dans la transgression» (1 Timothée 2:14), à savoir la transgression de la Parole de D.ieu, et non celle du domaine naturel.

    Nous sommes dans un cycle spirituel, qui n’est pas sans une dimension charnelle et physique, mais dans un monde et dans un contexte spirituel, aux objectifs et aux enjeux spirituels, ce qui est dans la perspective de satan : s’emparer du gouvernement de la création, qui a été remis à l’homme, car D.ieu avait dit : «faisons l’homme à notre image, et qu’il domine sur les poissons, les oiseaux, le bétail, les reptiles … » (Genèse 1/26). D.ieu avait confié à l’homme le gouvernement, que l’homme a perdu au profit de satan, comme ce dernier l’exprimera plus tard (sans être contredit par Yeshoua [Jésus]) : «Et le diable lui dit : Je te donnerai toute cette autorité et la gloire de ces royaumes; car elle m’a été donnée, et je la donne à qui je veux» (Luc 4:6). Jusqu’à la déclaration du Seigneur: «Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre» (Matthieu 28:18).
    C’est cela qui semble avoir été le but du tentateur, et non d’initier la femme à la sexualité.
    «… MAIS JE CRAINS QUE, EN QUELQUE MANIÈRE, COMME LE SERPENT SÉDUISIT EVE PAR SA RUSE, AINSI VOS PENSÉES NE SOIENT CORROMPUES [ET DÉTOURNÉES] DE LA SIMPLICITÉ QUANT AU MASHIAH (CHRIST)» (2 Cor. 11:3).

    Nous ne savons pas en quoi a consisté exactement la transgression de l’homme et de la femme. La Bible ne donne pas de détails. Elle parle d’un fruit et d’un arbre, celui de la connaissance du Bien et du Mal. Cela sous-entend qu’Adam et Eve étaient incapables de faire la différence entre le Bien et le Mal, entre ce qui est juste et ce qui est injuste, et vivaient dans une innocence protectrice, D.ieu étant leur repère en toutes choses, le fondement de leurs choix et de leurs décisions. Une seule manière de vivre leur était proscrite, celle d’entrer dans la connaissance du Bien et du Mal (qui impliquait de ne plus avoir besoin de D.ieu). En lui-même, cet interdit est l’ébauche d’une loi (puisqu’il y a commandement), mais c’est une loi extérieure.

    Nous savons qu’ils n’ont pas craint (dans le sens de respecter, de prendre en considération majeure) la Parole que D.ieu avait dite, ils n’ont pas craint d’écouter et de se ranger aux arguments du serpent (par personne interposée, en ce qui concerne Adam), et ont entrevu que le fait de vivre avec cette nouvelle révélation leur apporterait effectivement une nouvelle dimension : «elle vit que l’arbre était précieux pour ouvrir l’intelligence». Ils sont alors entrés dans une connaissance qui leur était cachée, connaissance de D.ieu, connaissance de la face divine qu’ils n’avaient pas à connaître dans leur dispensation de l’innocence, connaissance de la profondeur, de l’immensité, de la perfection et des exigences de la justice de D.ieu, dont la colère et la jalousie sont des composantes qu’ils ignoraient, parce qu’ils n’avaient pas à les connaître. Cela induisait toutes les lois spirituelles qui sont des réponses au péché et à la transgression (la mort), tout ce qui est préparé pour faire face au mal et à ses pires développements, toute la définition «du mal» enfin, dans toutes ses formes et ses expressions. La connaissance du Bien, et du Mal.
    Ils se sont «découverts», au travers de cette expérience indépendante, et se sont dépouillés de la lumière qui les habillait, pour revêtir les étincelles d’une acquisition hypothétique.
    Leur affranchissement de la tutelle divine, sous promesse de libération et d’élévation, deviendra une servitude, et la justice, par l’éveil de l’organe dormant de la conscience, deviendra désormais une loi intérieure. Leur connaissance a augmenté, et avec elle leur souffrance aussi (Eccl. 1/18).

    Dès cet instant, leur coeur se positionnera de lui-même face au bien et au mal, et le péché sera couché à la porte du coeur de l’homme, son règne s’établissant par cette porte dans toute l’humanité par la mort (Romains 5/21). L’absence de connaissance de la justice les mettait à l’abri du devoir d’être justes, car la Justice de D.ieu était le vêtement de leur innocence, mais la prise de conscience de la justice et de ses exigences accompagnera leur péché, et ils constateront leur nudité, c’est-à-dire le besoin de recouvrir leur péché. L’accusation est là, et la peur de D.ieu, signe de la faute. Satan a réussi. L’homme était une créature à l’abri des principes de la justice – qui englobent la liberté de rejeter D.ieu – liberté dont a usé une partie des anges … «désormais, l’homme est devenu comme l’un de nous» (Gen.3/22).

    UNE AUTRE VISION

    La véritable question réside-t-elle dans le partage de l’humanité en deux semences génétiquement distinctes, ou deux semences spirituelles acquises au mal ou au bien ? Plusieurs indices du Nouveau Testament peuvent nous aider à dépasser cette question, et à en simplifier la réponse.

    L’apôtre Jean dit que «le monde entier gît dans le méchant» (1 Jean 5/19), écrivant ces lignes à une heure où le Seigneur Yeshoua (Jésus) a pourtant effectivement été glorifié, et a été vu assis à la droite de D.ieu par Étienne en vision. Que signifie cette contradiction ?

    Certains pensent que le Seigneur règne aujourd’hui dans le monde, mais cette déclaration nous révèle que sur cette terre, les choses sont moins évidentes. Cela est d’ailleurs confirmé par Apocalypse 11/17 et 19/6, et également Hébreux 2:8 «… car en lui assujettissant toutes choses, il n’a rien laissé qui ne lui soit assujetti; mais maintenant nous ne voyons pas encore que toutes choses lui soient assujetties».
    Dès lors, nous pouvons considérer que L’ENSEMBLE de cette création est corrompue «… dans l’espérance que la création elle-même aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour [jouir de] la liberté de la gloire des enfants de D.ieu» (Romains 8:21), et que nous avons à naître de nouveau (Jean 3), dans une nouvelle création constituée par le nouvel Adam, et en Lui seulement : «car comme dans l’Adam tous meurent, de même aussi dans le Mashiah (Christ) tous seront rendus vivants» (1 Corinthiens 15:22) et c’est ainsi aussi qu’il est écrit: «Le premier homme Adam devint une âme vivante, le dernier Adam (Yeshoua), un esprit vivifiant» (1 Cor. 15:45).

    C’est «en Mashiah (Christ)» qu’il n’y a plus aucune condamnation (Romains 8), «par Mashiah (Christ)» que nous avons la paix (Romains 5), «C’est de lui, et par lui, et pour lui, que sont toutes choses ! A lui soit la gloire éternellement ! Amen» (Romains 11:36).
    Nous avons tous à quitter la corruption de ce monde par la nouvelle naissance pour rejoindre Yeshoua Ha Mashiah (Christ), «premier-né d’entre les morts» (Colossiens 1:18), premier-né de la nouvelle création (Colossiens 1:15), premier-né enfin «entre plusieurs frères» (Romains 8:29), c’est-à dire «sortir de» pour entrer en Lui (sortir de = ekklesia/eglise, assemblée). L’image est en parfaite harmonie dans les Ecritures, avec l’exemple de Moïse («tiré des eaux» d’un jugement inique), des Hébreux sortant de leur esclavage en Egypte, de Noé, etc.

    D’étapes en étapes, nous sortons du monde et de l’esprit du monde, affranchis par la vérité graduellement, en fonction de notre obéissance à la Parole de D.ieu. Tous ceux qui faisaient partie de ce monde qui «gît dans le méchant» en sortent à l’appel de la croix. Ils sortent du monde, et le monde doit aussi sortir d’eux, par une expérimentation personnelle de la crucifixion «Or ceux qui sont du Mashiah (Christ) ont crucifié la chair avec les passions et les convoitises» (Galates 5:24), et «Mais qu’il ne m’arrive pas à moi de me glorifier, sinon en la croix de notre Seigneur Yeshoua Ha Mashiah (Jésus Christ), par laquelle le monde m’est crucifié, et moi au monde» (Galates 6:14).

    C’est pourquoi une acceptation intellectuelle de l’oeuvre du Mashiah (Christ) qui cohabiterait encore avec une expression naturelle n’est pas encore le salut :«Or les oeuvres de la chair sont manifestes, lesquelles sont la fornication, l’impureté, l’impudicité, l’idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les colères, les intrigues, les divisions, les sectes, les envies, les meurtres, les ivrogneries, les orgies, et les choses semblables à celles-là, au sujet desquelles je vous déclare d’avance, comme aussi je l’ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n’ hériteront pas du royaume de D.ieu» (Galates 5:1).
    Non que cela remette en question l’oeuvre de rachat gratuit du sang du Mashiah (Christ), mais plutôt appelle à une union avec les principes du royaume de D.ieu (donc Sa Loi) : «pour cette même raison aussi, y apportant tout empressement, joignez à votre foi, la vertu; et à la vertu, la connaissance; et à la connaissance, la tempérance; et à la tempérance, la patience; et à la patience, la piété; et à la piété, l’affection fraternelle, et à l’affection fraternelle, l’amour; car, si ces choses sont en vous et y abondent, elles font que vous ne serez pas oisifs ni stériles pour ce qui regarde la connaissance de notre Seigneur Yeshoua Ha Mashiah (Jésus Christ); car celui en qui ces choses ne se trouvent pas est aveugle, et ne voit pas loin, ayant oublié la purification de ses péchés d’autrefois.
    C’est pourquoi, frères, étudiez-vous d’autant plus à affermir votre vocation et votre élection, car en faisant ces choses vous ne faillirez jamais; car ainsi l’entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Yeshoua Ha Mashiah (Jésus Christ) vous sera richement donnée.» (2 Pierre 1:5 à 11).
    Ainsi nous étions de la lignée d’Adam, humanité marquée par son péché, et de la semence de Caïn parce que nous avons été comptés au nombre des fils de la désobéissance (Ephésiens 2/2), «par nature des enfants de colère» (Ephésiens 2/3); une nature dévoyée et animée, au mieux, d’une sagesse «humaine, charnelle, diabolique» (Jacques 3/15).

    Il n’y aurait, en fait, «à cause du péché d’un seul», qu’une seule réalité, une seule humanité, une seule semence: «Il n’y a point de juste, pas même un seul; tous sont égarés, tous sont pervertis; il n’en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul … ils se servent de leur langue pour tromper, ils ont sous leurs lèvres un venin d’aspic… ils ont les pieds légers pour répandre le sang, la crainte de D.ieu n’est pas devant leurs yeux» (Romains 3/10). Une seule semence, appelée comme un seul homme, en bloc, à se repentir (Actes 17/30), se réconcilier avec le Père (Colossiens 1/20), qui les a tous rachetés (2 Corinthiens 5/15). Appelés à rejoindre la seule semence divine, celle des fils de D.ieu par le Mashiah (Christ), appelée à "revêtir Mashiah (Christ)", à "demeurer en Mashiah (Christ)" (par Son Esprit) pour régner avec Lui jusque dans l’éternité.

    CONCLUSION

    Après analyse, et si les paramètres de départ de cette étude sont exacts, il apparaît que la doctrine de la semence du serpent est une simplification du plan divin, qui ne peut recueillir un assentiment que grâce à une connaissance incomplète des Ecritures et la foi dans un sceau extrabiblique.

    En conclusion, cette théorie :
    - repose sur une interprétation des Ecritures, et non sur un fondement solide et véritable, cohérent avec l’ensemble;
    - pour y croire, il faut croire d’abord dans l’homme qui la transmet, et croire en lui davantage que dans la Bible;

    Il est à craindre qu’une certaine soumission intellectuelle (et spirituelle) soit donc nécessaire pour pouvoir adhérer à cette «révélation». Nous ne pouvons pas nous permettre de croire aux vérités qui sont révélées aux autres,et nous devons nous garder de penser que plus le serviteur est grand (à cause de la présence du surnaturel par exemple) plus la vérité énoncée est digne de foi, car c’est là le ressort du péché d’Eve, qui écouta le discours spécieux du serpent parce qu’elle croyait en définitive en une parole de D.ieu qu’elle n’avait pas entendue elle-même, adhérant en fait à la foi de quelqu’un d’autre. C’est un pari beaucoup trop dangereux, c’est le chemin de la religion (employé dans son sens péjoratif), tellement décrié et combattu par William Branham. Nous avons le devoir de fonder notre foi sur une rencontre personnelle avec D.ieu, afin de connaître et de comprendre Son coeur. C’est ce qui a fait défaut à Caïn.

     

    JYH
    13/05/2013
    D'après: http://www.lesarment.com/2005/11/la-semence-du-serpent/

    (Copie autorisée et même souhaitable, à condition d'en redonner le texte intégral et les sources)

     

     

    « "cadavre" au lieu de "Corps" !Un ennemi ignoré ou méconnu (mal connu) est un ennemi puissant !!... »
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